Stephane Lepine
Stephane Lepine
Un magnifique livre-hommage illustré Michelle Rossignol « la jeune femme, la comédienne, la citoyenne, la fervente, la battante, la visionnaire, la metteure en scène, l'amie, la féministe, la généreuse, la pédagogue, la muse, l'engagée, la critique, la québécoise, la lectrice, la passionnée, la solidaire, l'inquiète, la directrice, l'exigeante, la blessée, la glorieuse, la familière, l'importante ». Cette citation de Robert Blondin qui ouvre ce livre au sous-titre emprunté à Réjean Ducharme, en donne le ton et la saveur. Au fil de ces pages parsemées de photographies magnifiques, de ces témoignages émouvants de ceux et celles qui ont connu, côtoyé la grande actrice - de Robert Lepage à Denise Filiatrault, d'André Brassard à feu Michel Garneau, de Robert Lalonde à Marcel Sabourin, en passant par Michel Tremblay, Évelyne de la Chenelière, son frère Serge Rossignol, son conjoint Jacques Desmarais et tant d'autres -, se dessine le portrait d'une femme complexe, forte, rassembleuse, d'une icône de la dramaturgie québécoise. Michelle Rossignol nous a quittés en 2020. Ce livre de Stéphane Lépine contribuera à garder bien vivante sa mémoire.
Régine Robin est décédée en février 2021 des suites d'un cancer. Jusqu'au dernier moment, elle a travaillé avec Stéphane Lépine à ce qui devait être son dernier livre. Pourquoi des entretiens avec Régine Robin alors que bon nombre de ses textes ont déjà une portée autobiographique ? Parce que Régine Robin fait partie de ces voix parallèles au sein de la communauté intellectuelle du Québec qui nous apprennent beaucoup sur nous-mêmes même lorsqu'elles ne nous interpellent pas directement. Régine Robin était l'une de ces voix critiques, à la fois entièrement engagée dans la société québécoise et en marge de celle-ci. Née ailleurs, vivant un peu partout dans le monde, surtout en France, mais demeurant toujours attachée à Montréal en raison de son travail universitaire et du caractère multiple, bigarré, voire hétéroclite de cette ville. Lire ces entretiens, c'est entrer à la fois dans la bibliothèque et dans la mythologie de Régine Robin. Plus encore qu'une introduction à son oeuvre, c'est une invitation à comprendre le discours de l'exil, de l'extériorité, ce qui est peut-être au final le meilleur moyen d'enfin répondre aux vieilles antiennes du discours identitaire.