Thierry jacques Laurent
Thierry jacques Laurent
André Maurois, auteur à succès de son vivant, n'est plus guère lu aujourd'hui. Ecrivain polyvalent, il s'est constamment présenté comme un observateur des hommes, qui nous fait part de son expérience et livre des conseils. Mais le moraliste qui indique les conséquences de nos actes et les voies à suivre, réfute la littérature à thèse. Dans ses fictions, ses biographies, ses travaux d'historien, il est parvenu, tout en révélant ses propres points de vue à éviter le dogmatisme et le didactisme.
Camus ne devint jamais gaulliste. Pourquoi a-t-il d'emblée gardé ses distances vis-à-vis d'un dirigeant politique qui séduisait quand même une partie de ses anciens camarades de gauche ? Plus tard, le pied-noir épris de justice, mais qu'inquiétait l'éventuelle indépendance de l'Algérie, n'a-t-il pas été tenté de faire confiance à "l'homme providentiel" de 1958 ? De son côté, le Général appréciait-il les romans, les essais philosophiques ainsi que les prises de position du jeune écrivain ?
Au vu de l'évolution du genre romanesque depuis quelques décennies, la notion d'engagement en littérature ne revêt plus forcément un sens politique. Cet essai vise à faire apparaître l'ambiguïté et l'ambivalence de l'engagement et du désengagement aux plans "idéologique" ou "moral" dans le travail créatif et présente la réflexion théorique de quelques romanciers français extrêmement différents des XXe et XXIe siècles : Jean Mauclère, Albert Camus, Michel Déon, Pascal et Alexandre Jardin, Patrick Modiano, Andreï Makine.