Thomas King
Thomas King
Thomas King signe un premier recueil de poésie. Soixante-dix-sept fragments où alternent mythes réactualisés, commentaires politiques, tranches de vie et traits d'humour. Le tout porté par la puissance tellurique et le style iconoclaste de ce grand écrivain autochtone.
Jeremiah Camp, alias l'oracle, a le pouvoir de voir au coeur de l'humanité. Après avoir prédit l'avenir au profit des riches et des puissants, Jeremiah Camp, dégoûté, fait voeu de silence et décide de se cacher du monde dans l'ancien pensionnat d'une réserve autochtone. Or, son passé au sein du consortium multinational, le Groupe Locken, ne tarde de le rattraper. Quand les milliardaires figurant sur une liste que Camp avait créée commencent à mourir, la directrice et héritière du consortium, Ash Locken, finit par le retrouver et exige de lui une dernière prédiction. Seuil de tolérance expose l'extrême richesse de la directrice héritière et la disparité flagrante entre son monde et celui de la réserve autochtone. Quel est le coût social et moral de l'accumulation de richesses par des milliardaires ? Et que peuvent faire les gens ordinaires face à tant d'injustice? Pour Jeremiah le reclus, la vie en communauté devient à la fois sa damnation et son salut.Portrait satirique des fractures de l'existence moderne, Seuil de tolérance est un roman audacieux et provocateur sur les conséquences sociales et politiques de l'inégalité créée par les privilèges et le pouvoir.
C'était il y a très longtemps, alors que les animaux parlaient encore aux humains... Coyote était alors le plus grand fauteur de troubles de la forêt. Un jour, il mit Lune dans une colère telle, qu'elle se cacha tout au fond de l'étang et plongea le monde dans l'obscurité. Vieille-femme et les autres animaux durent user de toute leur imagination pour la faire remonter dans le ciel. Un jour encore, Coyote s'empara des habits des autres animaux. Gênés par cette nouvelle nudité, les animaux commencèrent à se vêtir avec tout ce qui séchait sur la corde à linge des humains.
En éliminant le sous-bois qui gêne le passage d'un oléoduc, la multinationale Domidion provoque un déversement mortel sur la côte de la Colombie-Britannique. Dorian Asher, le PDG, s'amuse à oublier son divorce et son mal-être par des dépenses somptuaires. Le chercheur Gabriel Quinn, responsable de la catastrophe, retourne s'enfermer près de la réserve de sa mère, désormais condamnée. Il y rencontre des survivants : Mara Reid, peintre ayant grandi sur la réserve, Nicholas Crisp, sage et coloré doyen des lieux, Sonny, jeune maître des tortues, collectionneur d'objets vomis par la marée, et le chien Soldat qui semble vouloir sauver tout ce beau monde.
«C'est fou comme le passe sait vous rattraper», pense Thumps DreadfulWater quand ce vieux Noah Ridge débarque à Chinook pour présenter son autobiographie. Puis très vite, l'ancien policier s'interroge: pourquoi diable le leader charismatique du Red Power Movement, qui a toujours soigné son image, choisit-il cette minuscule réserve pour évoquer ses combats d'autrefois? À l'époque, le mouvement comptait de nombreux militants prêts à défendre les droits des Indiens et leurs terres. Et Thumps se souvient que l'une de leurs actions avait mal tourné, entraînant la mort de plusieurs hommes et la disparition d'une jeune femme native de Chinook S'il s'écoutait, il roulerait vers le sud et ne rentrerait que quand Noah Ridge et l'hiver auraient quitté la ville. Mais sa curiosité est la plus forte, d'autant qu'un agent du FBI choisit ce moment pour venir faire du tourisme dans les parages et que les cadavres, du passé comme du présent, s'amoncellent. Alors, en bougonnant et en grelottant dans son mauvais blouson, Thumps accepte d'assister le shérif, et d'affronter les démons, vivants ou morts. Un Cherokee dans l'ombre des luttes passées.
«C'est fou comme le passe sait vous rattraper», pense Thumps DreadfulWater quand ce vieux Noah Ridge débarque à Chinook pour présenter son autobiographie. Puis très vite, l'ancien policier s'interroge: pourquoi diable le leader charismatique du Red Power Movement, qui a toujours soigné son image, choisit-il cette minuscule réserve pour évoquer ses combats d'autrefois? À l'époque, le mouvement comptait de nombreux militants prêts à défendre les droits des Indiens et leurs terres. Et Thumps se souvient que l'une de leurs actions avait mal tourné, entraînant la mort de plusieurs hommes et la disparition d'une jeune femme native de Chinook S'il s'écoutait, il roulerait vers le sud et ne rentrerait que quand Noah Ridge et l'hiver auraient quitté la ville. Mais sa curiosité est la plus forte, d'autant qu'un agent du FBI choisit ce moment pour venir faire du tourisme dans les parages et que les cadavres, du passé comme du présent, s'amoncellent. Alors, en bougonnant et en grelottant dans son mauvais blouson, Thumps accepte d'assister le shérif, et d'affronter les démons, vivants ou morts. Un Cherokee dans l'ombre des luttes passées.
Pas une âme à Chinook ne pourrait s'offrir un appartement au Buffalo Mountain Resort, complexe immobilier de luxe au pied des Rocheuses. Même pas le petit studio avec vue sur le parking et le toit du casino. D'ailleurs, personne dans la réserve n'y songe. Tous savent que seuls les riches citadins blancs en mal de nature ou de jeux d'argent pourront se le permettre. Ce projet apporterait du travail aux Autochtones mais, soucieux de préserver leur culture, les activistes des Aigles rouges s'y opposent. DreadfulWater sait tout cela quand le shérif l'appelle pour prendre les photos d'un mort retrouvé dans un appartement-témoin, mais il refuse d'emblée le coupable tout désigné. Il faut dire que si DreadfulWater a abandonné la Californie et son insigne de flic pour une vie solitaire et peinarde, il n'en a pas oublié pour autant les vieux réflexes du métier. D'autant qu'il aime Claire et que, parce qu'elle le lui demande, il est prêt à reprendre du service. Mais à sa manière, un poil iconoclaste et décalée... Au risque de ne pas se faire que des amis et de devenir, aux yeux de beaucoup de monde, «un Indien qui dérange».
Pas une âme à Chinook ne pourrait s'offrir un appartement au Buffalo Mountain Resort, complexe immobilier de luxe au pied des Rocheuses. Même pas le petit studio avec vue sur le parking et le toit du casino. D'ailleurs, personne dans la réserve n'y songe. Tous savent que seuls les riches citadins blancs en mal de nature ou de jeux d'argent pourront se le permettre. Ce projet apporterait du travail aux Autochtones mais, soucieux de préserver leur culture, les activistes des Aigles rouges s'y opposent. DreadfulWater sait tout cela quand le shérif l'appelle pour prendre les photos d'un mort retrouvé dans un appartement-témoin, mais il refuse d'emblée le coupable tout désigné. Il faut dire que si DreadfulWater a abandonné la Californie et son insigne de flic pour une vie solitaire et peinarde, il n'en a pas oublié pour autant les vieux réflexes du métier. D'autant qu'il aime Claire et que, parce qu'elle le lui demande, il est prêt à reprendre du service. Mais à sa manière, un poil iconoclaste et décalée... Au risque de ne pas se faire que des amis et de devenir, aux yeux de beaucoup de monde, «un Indien qui dérange».
Un roman aux multiples facettes, aux personnages attachants, puisant dans la culture amérindienne et la proximité de la nature les remèdes aux blessures causées aux hommes et à leur environnement par la férocité du capitalisme. Une catastrophe écologique provoquée par la multinationale Domidion lors de la construction d'un oléoduc élimine toute forme de vie dans l'océan près de Samaritan Bay, sur la côte de Colombie-Britannique, et fait des victimes parmi les autochtones de la réserve voisine qui jadis accueillait la migration annuelle des tortues, des oiseaux et des touristes. Les deux personnages principaux du roman sont les responsables de cette catastrophe et vont chercher leur rédemption, chacun à sa manière. Le chercheur Gabriel Quinn, scientifique génial qui a mis au point le défoliant mortel GreenSweep, puis lutté contre sa mise en vente, dévoré de culpabilité, vient s'installer secrètement dans la réserve polluée, d'où est originaire sa propre mère, dans l'intention de se suicider. Il y rencontre des survivants qui vont lui redonner goût à la vie : Mara Reid, peintre ayant grandi sur la réserve, dont la sexualité décomplexée initiera Gabriel ; Nicholas Crisp, sage et coloré doyen des lieux ; Sonny, jeune maître des tortues, collectionneur d'objets vomis par la marée. Dorian Asher, le PDG de Domidion, narcissique et attachant à la fois, ne lit rien, n'aime pas les Arts, est même indifférent à la procédure de divorce instruite par sa femme. Il tente d'oublier un nouveau scandale écologique qui s'annonce (cette fois-ci dans une rivière de l'Alberta) en fuyant dans de luxueux hôtels, savourant sa solitude et avec pour unique obsession le choix de sa nouvelle montre... Gabriel et Dorian ne se reverront pas mais, liés par le désastre, ils connaîtront des sorts inattendus. La femme tombée du ciel est un livre à l'humour satirique dévastateur. Thomas King use habilement des traditions amérindiennes pour mieux faire ressortir la monstruosité de l'homme contemporain vis-à-vis de son environnement : le lobby des armes, l'industrie chimique, l'agriculture à haut rendement, le capitalisme sont férocement critiqués tout au long de ce roman foisonnant et engagé, baigné d'une lumière poétique des origines, indispensable et guérissante. Prix du Gouverneur général en 2014, le plus prestigieux du Canada