Thomas chatterton Williams
Thomas chatterton Williams
Dans ce livre percutant, Thomas Chatterton Williams dresse le tableau des idées et des événements qui ont préparé le terrain au changement de paradigme en matière de justice sociale, le glissement vers un dogmatisme identitaire comme unique grille de lecture de nos sociétés. S'attaquant à la "théorie critique de la race" et à la toute-puissance des réseaux sociaux, il interroge le basculement qui a mené de la présidence d'Obama à la première élection de Trump, ainsi que le double choc qu'ont représenté la crise de la COVID-19 et le meurtre de George Floyd à l'été 2020. Williams montre à quel point cela a façonné notre manière de penser la diversité et la liberté d'expression, mais aussi modifié la manière dont on conçoit le maintien de l'ordre, le traitement de l'information, l'éducation, le langage et la création artistique. Thomas Chatterton Williams déplore que le libéralisme politique - fondement même d'une société ouverte et dynamique - traverse une crise existentielle, pris en étau entre les attaques conjuguées de la droite et de la gauche, renforcées par la prédominance de la vie numérique. Analyse incisive et ouvertement polémique de l'orthodoxie de la justice sociale, L'été de notre colère offre une réflexion aussi percutante que nécessaire sur notre place dans un monde en radicale mutation. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Colin Reingewirtz
Avec cet émouvant Autoportrait en noir et blanc, Thomas Chatterton Williams explore la question de l'identité en prenant pour point de départ la naissance de sa fille aînée, Marlow. Dans une maternité parisienne, lorsqu'il voit pour la première fois la petite tête blonde et les grands yeux bleus de son bébé, Williams, lui-même « métis », pense à tous les gens qui voudront la désigner comme « blanche ». Assigner sa fille à une « race » a-t-il un sens alors que ses gènes et ses héritages culturels sont multiples ? Afin de répondre à cette question, l'auteur conduit une réflexion nourrie par son expérience et ses lectures, pour défendre l'idée d'une société post-raciale. Il fait par exemple un test ADN afin d'objectiver ses origines et finalement découvrir qu'il n'est qu'à 39,9% d'origine sub-saharienne. Le « premier président américain noir » n'est-il pas en réalité, lui aussi, « métis » ? Thomas Chatterton Williams réfléchit ainsi à une fluidité de la « race », en fonction du regard de l'autre, d'un espace géographique ou d'une époque, et cherche à balayer toute tentation de cloisonner l'identité. Texte incisif mais également lettre d'amour à ses enfants, cet autoportrait raconte le cheminement identitaire d'un père américain dans la société française contemporaine. Après Une soudaine liberté, Thomas Chatterton Williams s'inscrit plus que jamais dans le débat intellectuel d'aujourd'hui. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Colin Reingewirtz
En 2011, Thomas C. Williams est encore inconnu du public américain lorsqu'il publie Une soudaine liberté. Le jeune journaliste y décrit son enfance dans le New Jersey, celle d'un garçon né d'un père noir et d'une mère blanche qui a décidé de se fondre dans la masse des jeunes afro-américains de son âge grâce aux cultures urbaines, et notamment au hip-hop. Un vocabulaire cru, une démarche spécifique, une façon de s'habiller, un rapport trouble à l'argent et aux filles reproduisant l'imaginaire des clips qui se succèdent à la télévision. Une vision de l'histoire et de l'art aussi, lorsqu'on respecte une minute de silence pour l'anniversaire de la mort d'un rappeur assassiné mais qu'on ne connaît pas la date du décès de Martin Luther King, qu'on célèbre Jay-Z mais qu'on n'a jamais entendu parler de Toni Morrison. La littérature et l'imaginaire n'ont plus leur place lorsqu'on cherche à reproduire des codes au nom d'une identité, tournant le dos à la culture. Une adolescence aux teintes « gangsta » donc, également marquée par l'obsession du père de Thomas pour les livres et les échecs. Grâce à l'éducation parallèle que ce dernier s'obstine à donner à ses fils, Thomas réussit finalement à entrer à l'université de Georgetown, à Washington. Il réalise alors qu'une autre voie est possible, il découvre de nouvelles manières de penser le monde, de nouvelles musiques, et les voyages qui lui permettront d'aller vers des cultures radicalement différentes. Puis Thomas passera plusieurs mois à Paris avec l'impression d'avoir fait exploser le carcan des cultures urbaines, cette « colle invisible ». Une soudaine liberté est un texte qui pointe avec justesse les dérives de certaines cultures qu'il est aujourd'hui difficile de critiquer, malgré leur violence et leur misogynie. Un récit d'une grande sensibilité sur le métissage, les identités noires et la possibilité de s'affranchir de son milieu. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Colin Reingewirtz.