Valérie Galent-Fasseur
Valérie Galent-Fasseur
Polyvalente, protéiforme, la figure du pèlerin constitue le vecteur d'une analyse conduite à travers plus de quatre-vingts oeuvres de la chanson de geste. Le pèlerin, caution du poète, représentant et modèle du récepteur, se porte garant de la vérité de la matière épique, dont il assure l'impact sur le public. L'importance de son rôle structurel dévoile les enjeux profonds de l'épopée médiévale. « Copyright Electre »
Les chansons de geste nous présentent la chrétienté en état de tension. Le héros doit lutter contre les Sarrasins, soit pour repousser leurs invasions, soit pour conquérir de nouveaux territoires. Les deux camps s'opposent et semblent souvent inconciliables. Pourtant, si l'on se réfère à la réalité historique, Orient et Occident ne représentent pas, au Moyen Âge, deux univers séparés, étanches ou sans communication. On constate au contraire des jeux d'influences et des transferts réciproques entre deux mondes enchevêtrés. Pourquoi les oeuvres littéraires choisissent-elles une vision manichéenne ? Est-ce uniquement pour mettre en évidence des traits spécifiques de chaque parti ? N'est-il pas possible d'apercevoir, à travers les Sarrasins épiques, une sorte de miroir des chrétiens ?