Véronique Pollet
Véronique Pollet
Initiation aux plaisirs SM softs dans une boutique d'accessoires coquins... « Elle allongea doucement Géraldine sur le canapé, mains toujours attachées dans le dos, la laissant seule, le temps d'aller chercher un petit vibreur de poche discret et suffisamment silencieux pour ne pas troubler la musique de leur souffle. Elle ne prit rien de plus. Le plaisir, c'était le long de ses doigts qu'elle voulait le sentir monter, dans la chaleur animale du ventre de Géraldine. D'une main elle caressait le sexe ouvert et humide de Géraldine ; de l'autre, à l'aide des vibrations insistantes, elle jouait avec son clitoris gonflé de désir. » Ska a rassemblé 4 nouvelles de Véronique Pollet dont une inédite. Elle y déploie son art de la fiction SM, « soft et hard », avec tact et affirmation dans un domaine qui ravira les amateurs du genre.
Le feu couve toujours sous la cendre des cheveux gris ; le désir c'est la vie. « D'un geste sec du genou, j'écarte ses jambes, assez pour lui entrouvrir les fesses, sans briser son équilibre. Il titube légèrement, laisse échapper un cri de surprise. Il est à moi maintenant, entièrement, totalement. Ma main gauche enserre son cou sans douceur, il ne faut pas qu'il bouge. Je suis prête, tout autant que lui, je peux commencer. Je lève le bras bien haut, dans un geste ample et souple, les lanières de cuir s'abattent... » Dans ce dernier volet de la carrière d'une dominatrice, Véronique Pollet redonne vigueur au dicton « tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir » pour ranimer le désir élimé au crépuscule d'une existence. Un texte littéraire d'une grande beauté d'évocation.
La stratégie amoureuse peut emprunter des chemins tortueux pour retrouver l'être ayant su combler votre libido au-delà du raisonnable. « Je l'avais cherchée longtemps, reconnue parfois, perdue toujours. De cette rencontre, j'avais gardé non pas les stigmates mais le désir violent de revivre sa peau, sa bouche. L'espoir fou de retrouver un matin, entre factures et publicités, une enveloppe noire et prometteuse. Mais rien ne vint. J'avais donc pris les choses en main, acheté une série d'enveloppes rouges, au grain froid et sec, et m'étais forgé une personnalité de Maîtresse sur différents sites spécialisés... » Véronique Pollet, dans le prolongement de Blind date, nous entraine dans l'insondable quête de l'autre, l'aiguillon de la passion au creux des reins.
Une peau de soie, une cravache... un vertige inoubliable à la recherche duquel l'héroïne pourrait bien se perdre. [...] D'un geste élégant, elle sort de sa poche la si douce enveloppe, la hume avec appétit mélange d'épices et de sueur, mélange enivrant. À l'intérieur, juste un carton tout aussi noir, tout aussi doux. Une écriture fine et ferme et juste un mot, en lettres d'argent TOUT. Elle commande un whisky pur malt, sans glaçons bien sûr, à un garçon intimidé et le boit à petites gorgées, à l'écoute de la chaleur dans son ventre, de ce léger vertige, et des premiers frémissements du désir. La clé est chaude maintenant dans sa main. » Les paroxysmes du désir, puis du plaisir, dans une nouvelle qui nous réserve une suite tout aussi voluptueuse et sombre à la fois.