Vincent Holzer
Vincent Holzer
L'IMAGINATION THEOLOGICO-POLITIQUE DE L'EGLISE - VERS UNE ECCLESIOLOGIE NARRATIVE AVEC WILLIAM T. CA
La question du rapport de l'Église au monde est marquée par un double constat d'échec. D'un côté, la théologie politique a largement négligé le thème de l'Église de l'autre, la théologie récente l'a renvoyée aux domaines du droit et de l'éthique. Ainsi de nombreuses questions se posent : une théologie politique chrétienne est-elle réellement possible ? Les chrétiens sont-ils contraints à condamner le monde ou à le fuir ? Le religieux doit-il être inexorablement séparé de la sphère civile ? Comment l'Église participe-t-elle à l'avènement du Royaume de Dieu en ce monde ?C'est à ces questions capitales que répond l'essai de Sylvain Brison en analysant comment la notion d'imagination implique un rapport renouvelé de l'Église au monde. En s'inscrivant dans la lignée du théologien William T. Cavanaugh, il explore la manière dont l'imagination à l'oeuvre dans l'Église opère une double fonction de critique du monde et de transformation de celui-ci en vue du Royaume de Dieu.Cet essai passionnant constitue un traité exigeant sur la liberté, illustrant le devoir éthique et l'engagement moral des disciples de Jésus à réparer le monde.Prêtre du diocèse de Nice, Sylvain Brison est directeur au Séminaire des Carmes et maître-assistant au Theologicum- Faculté de théologie de l'Institut catholique de Paris, spécialisé en ecclésiologie.
Le Christ devant la raison reprend la question du rapport entre théologie et philosophie sous l'angle inattendu de la christologie dans ses métamorphoses modernes et contemporaines. Le projet paraît ambitieux, mais il s'attache ici à un segment de temps qui correspond à une période que l'on peut qualifier de « seconde modernité », là où la christologie comme discipline de la théologie tend à se détacher de plus en plus du domaine où l'avait confinée l'apologétique défensive, celui de la preuve, pour s'épanouir en un domaine de signification jusqu'alors inédit et qui porte le nom très précis de Christozentrik : le Christ au centre d'un ordo rerum dont il est la synthèse idéale. Mais le « christocentrisme », né d'une intensification métaphysique en théologie, n'est pas sans ambivalences. Il pourrait mettre à mal la logique de la foi et le paradoxe fondamental qui la soutient et dont la christologie est précisément la forme intelligible. Les ambitions spéculatives de la christologie ecclésiale n'en demeurent pas moins intactes. Vincent Holzer, né en 1963, est enseignant-chercheur à l'Institut catholique de Paris. Docteur et professeur en théologie, il est titulaire de la chaire de philosophie et de théologie Dominique Dubarle et membre ordinaire de l'Académie pontificale de théologie. Il a consacré de nombreux travaux à la pensée de Hans Urs von Balthasar et à la théologie trinitaire.