Vincent Viet
Vincent Viet
Sommaire Remerciements Préface LES MAINS-D’ŒUVRE EN GUERRE OU L’HISTOIRE D’UNE CATÉGORISATION ADMINISTRATIVE PREMIÈRE PARTIE POLITIQUE DE LA MAIN-D’ŒUVRE POLITIQUE GÉNÉRALE ET RÉGLEMENTATION MARCHÉS, PLACEMENT ET ORGANISATION DU TRAVAIL DEUXIÈME PARTIE LA GESTION INTERSTATUTAIRE DE LA MAIN-D’ŒUVRE GENRE ET TRAVAIL MAIN D’ŒUVRE IMMIGRÉE ET MAIN D’ŒUVRE COLONIALE CORPS ET SANTÉ TROISIÈME PARTIE TERRITOIRES ET MAINS-D’ŒUVRE DE PART ET D’AUTRE DU FRONT Conclusion
Des paysages taillés au scalpel par la révolution industrielle, que reste-t-il aujourd'hui ? Sans doute bien plus de traces que n'en ont laissé les guerres : des saignées profondes, des cicatrices, des mutilations de toutes sortes, très souvent la morne désolation d'usines en ruines, fermées aux visiteurs. La lenteur avec laquelle ces vestiges tendent à disparaître, en dit long sur la violence et l'importance des mutations produites. Comment la société française a-t-elle réagi à cet ébranlement qui l'a si profondément atteinte ? À cette question peu explorée, l'histoire des premiers inspecteurs du travail apporte des réponses essentielles et inédites. Voici donc l'histoire d'hommes et de femmes qui ont beaucoup vu, entendu et écrit. Odieux pour les uns, incompris des autres, ils se percevaient et étaient perçus comme des intrus. Mais qui étaient-ils, d'où venaient-ils, quelle fut leur action, qu'ont-ils vu au hasard de leurs tournées dans les manufactures et les ateliers ? Si proches par certains côtés des hussards noirs de la République, ces inspecteurs nous invitent à poser leur regard sur les enjeux d'une industrialisation vécue dans la sueur et l'effroi. Laissons-les nous guider...
1914 : avant la Grande Guerre, des hommes et des femmes parcouraient la France pour défendre les droits des ouvriers. Les voltigeurs de la République révèle leur combat méconnu, entre usines insalubres et réformes audacieuses.
Après plus d'un demi-siècle d'anarchie politique et militaire, l'arrivée au pouvoir de Dioclétien (244-311), soldat sorti du rang, a permis un redressement spectaculaire de l'Empire romain. Soucieux d'assurer la continuité du pouvoir impérial, Dioclétien a mis en place un système politique original, la tétrarchie, associant deux Augustes (Dioclétien, Maximien) et deux Césars (Constance Chlore, Galère). Dorénavant, l'Empire est partagé en quatre zones (Asie/Egypte; Italie/Afrique/Hispanie; Illyrie/Danube; Bretagne/Gaule). L'ouvrage montre comment en vingt et un ans de règne, Dioclétien a réalisé de très importantes réformes politiques et administratives, fiscales et monétaires qui ont transformé en profondeur le monde romain entre 284 et 311. Malgré une action efficace, le « système tétrarchique » de Dioclétien n'a pas résisté au retrait volontaire de son fondateur. Il faudra plus de vingt ans pour que la stabilité revienne, avec l'arrivée au pouvoir d'un empereur unique, Constantin. L'auteur, spécialiste de l'Empire romain tardif, propose ici une biographie fouillée et originale qui met en avant le poids de cette figure unique, mêlant réalisme et utopie, liée à jamais à l'expérience inédite du pouvoir partagé.
La première guerre mondiale va provoquer une hécatombe. En quatre ans, elle occasionnera en France près de 1,4 million de morts, 4 millions de blessés hospitalisés, 5 millions de malades et quelque 400 000 victimes de la grippe espagnole. Dès les premiers jours du conflit, la situation réclame des décisions cruciales : reconstituer le capital humain pour renvoyer les soldats au front est la priorité. Dans cet univers imprévisible, tributaire d'armes nouvelles et exposé aux germes pathogènes, le Service de santé militaire met en place des procédures d'évacuation, de soin, de veille, d'alerte, d'accréditation, de contrôle et de régulation par l'État. À travers des hôpitaux, des formations sanitaires mobiles et une logistique, tout un système de santé s'instaure, voué à l'urgence médicale, à la protection réciproque des populations civiles comme militaires contre les épidémies et à la réadaptation des mutilés et des traumatisés mentaux. De fait, la période constitue un moment de vérité pour le « gouvernement des risques », puisque le pronostic vital de centaines de milliers de citoyens est engagé, et un cas d'école, puisque pour la première fois les pouvoirs publics ont pleine autorité sur le corps médical. C
La France immigrée s'est faite dans la douleur, la violence et les fantasmes, au rythme de son développement économique, de ses besoins démographiques et des tragédies qui ont façonné son histoire depuis un siècle. Entre les " enracinés ", qui pouvaient être Français ou étrangers, et les " déracinés " originaires de l'empire colonial français ou des pays européens voisins, la nécessité de construire une politique d'immigration et de régulation de la présence " étrangère " s'est tôt fait sentir. S'il existe assurément des formes de régulation spontanées qui ne laissent guère de traces, il en est d'autres qui impliquent des institutions ou des structures. Ce furent celles qui, nées à des moments différents, se donnèrent mission d'insérer des populations de culture hétérogène, sans qu'il en résulte pour la population nationale des retombées négatives. Faire en sorte que nationaux et étrangers vivent en bonne intelligence, se trouvent ou se forgent, malgré leurs différences, des références communes, serait ainsi l'une les constantes de la politique française d'immigration. Mais comment éviter que cette intelligence, garante d'une certaine cohésion nationale, se transforme en rejet ou en concurrence ? Derrière cette interrogation séculaire, que d'appréhensions, d'ambiguïtés et de combinaisons possibles pour inventer un " vivre ensemble " et gérer les relations d'interdépendance entre population étrangère de France et la population de France ! Comment les " frontières " entre ces deux populations ont-elles évolué ? À partir d'une analyse minutieuse des procédures, des rouages administratifs, Vincent Viet retrace la construction, la Première Guerre mondiale, d'une politique d'immigration que l'histoire n'a en fait jamais cessé de déborder. Diplomé de l'Institut d'études politiques de Paris et docteur en histoire, Vincent Viet s'est spécialisé dans l'histoire des administrations à vocation sociale. Il est aujourd'hui chercheur associé à l'Institut d'histoire du temps présent (CNRS).