Wendell Berry
Wendell Berry
Sous la plume de ce « délieur » d'esprits s'exprime en huit essais une sagesse où l'homme atteint de gigantisme se guérit de sa démesure et des maux qu'elle engendre en s'élevant peu à peu à l'échelle de la nature en lui. Dès lors, la paix, la santé et la satisfaction résultent directement d'une pensée et d'une action qui tendent à toujours plus de justesse. Avec Wendell Berry, l'homme et la terre se fécondent mutuellement en un dialogue permanent où le travail redevient plaisir et le plaisir contribue à la santé du monde. Les deux engagent l'être tout entier dans un seul et même mouvement de libération. Ce mouvement est porté par l'assurance de sa propre vocation et le recours à la nature comme étalon de mesure dans l'acceptation de ses propres limites.
Dans ce deuxième volume d'essais, Wendell Berry intercède en faveur de l'"esprit empathique" contre le rationalisme à outrance et ses méfaits. Dans ces quatre essais, il expose ses critères de choix en matière d'innovation et répond avec drôlerie aux attaques du "choeur des crapauds" de l'environnemantalisme bon teint. Il y expose les dangers de toute spécialisation et dénonce la parasitisme des organisations. Toujours, il en va pour Berry de la reconquête du respect de soi et de la terre, et, partant, de la joie de vivre. Le recueil se referme sur un texte qui met en scène une descente en canot de la rivière Kentucky. L'oeil de l'écrivain naturaliste y embrasse d'un même regard l'humain et la nature sauvage, rendant justice aux deux, sans pourtant jamais les idéaliser.