Yvon Quiniou
Yvon Quiniou
Dans ce nouveau livre, Yvon Quiniou, toujours habité par la réflexion politique dans une optique progressiste, s'empare d'une question terriblement inquiétante aujourd'hui et pour demain : celui de la crise écologique provoquée par la croissance non maîtrisée de la production technique qui pourrait amener l'humanité à sa mort. Mais il ne se contente pas d'accuser la consommation individuelle qui l'alimente, il pointe l'influence considérable du productivisme capitaliste dans le travail humain, comme le consumérisme et le rôle de la publicité qui y contribue. Il va même jusqu'à envisager une volonté de puissance ou de croissance infinie que certains penseurs (comme Nietzsche) ont pu mettre au compte de l'homme et pouvant même abîmer sa fonction de « sujet » responsable de l'histoire. Il conclut alors en refusant cependant toute critique absolue de la croissance, refusant la dérive naturaliste d'un nouvel écologisme (Descola, Latour) au profit d'une maîtrise éclairée du développement scientifico-technique non régi par le seul souci du profit économique. Un complément personnel nous invite à retrouver un goût de la nature et du bonheur de la côtoyer que l'humanité semble avoir oublié !
Ce livre entend démontrer la réalité d'une essence matérielle de toutes les choses, qu'il s'agisse du monde physique, vivant et humain. Il le fait en s'appuyant sur la science qui connaît progressivement tous ces domaines et nous en révèle la nature, et ce contre les diverses formes d'idéalisme philosophique, nourris spécialement par la religion. La théorie de l'évolution y est convoquée, mais aussi les sciences humaines comme l'anthropologie historique de Marx ou l'approche psychologique du sujet humain selon Freud, qui dépassent la conscience immédiate que l'homme a de lui-même (comme du monde extérieur). Mais cela implique aussi que le réel soit compris scientifiquement dans sa réalité concrète, évolutive et multiple, tout en étant unifié sous la catégorie philosophique de « matière ». Il s'agit donc de dépasser la seule spéculation qui se contente d'« interpréter » idéologiquement les choses et d'en révéler la vérité. On s'apercevra que l'humanité a tout à y gagner : le matérialisme nous éclaire sur le pouvoir émancipateur que nous avons sur les choses via la science et la pratique qu'elle fonde.
La souffrance - dans toute son extension, individuelle ou collective -, n'a pas été vraiment traitée dans l'histoire de la pensée. Cet essai l'aborde donc à la lumière de la raison, à la fois pour la comprendre et envisager des remèdes pour la résorber. Il le fait sous un double point de vue : philosophique ou spéculatif d'abord, à l'aide des sagesses anciennes jusqu'à Spinoza ou des philosophies politiques de Kant ou de Rousseau. Puis à l'aide des sciences humaines et sociales : la psychanalyse par exemple pour la souffrance individuelle, ou l'apport essentiel de Marx et de ses continuateurs pour la souffrance engendrée par la domination de classe en régime capitaliste, que le libéralisme actuel ne fait que renforcer. L'auteur y ajoute cette douleur inédite provoquée et aggravée par la crise écologique, dont la solution véritable ne peut être que politique, dans une société libérée de la recherche égoïste du profit.
Dans ce nouveau livre, Yvon Quiniou aborde la question importante de l'égalité de la femme et de l'homme. Il prend résolument parti pour un féminisme issu des luttes des femmes du début du 20e siècle, avec une identité absolue des droits dans les fonctions sociales, mais dans une différence de genre. Il s'oppose alors à un nouveau féminisme qui veut la nier et masculiniser la femme avec les défauts de l'homme, dont Virginie Despentes constitue un exemple caricatural. Cette réflexion anthropologique et sociologique, peut se réclamer de ceux qui, comme Aragon, souhaitent que la femme soit « l'avenir de l'homme » et que la féminité, dans ses qualités spécifiques, soit aussi un idéal humain partagé.
Ce livre propose une réflexion critique sur la notion complexe d'« interprétation », au-delà de Ricoeur, dans le champ de la réalité et de sa connaissance. Il part d'une critique de la religion comme interprétation fallacieuse de l'univers et de l'homme, qui a pourtant prétendu en fournir une vérité dogmatique. À l'inverse, il montre l'origine humaine de l'interprétation comme obstacle à la vérité, en tant qu'idéologie ayant pesé sur la philosophie elle-même depuis des siècles, selon Marx, tout en étant un fait social dont on peut comprendre la source et les effets. Mais l'interprétation s'est aussi transformée en source illusoire de connaissance chez Nietzsche, interprétant l'humanité à l'aune de la « volonté de puissance », avec ses méfaits humains naïvement revendiqués. Enfin, elle peut être aussi, paradoxalement, un instrument de connaissance à partir de Freud, qui interprète les comportements conscients en les déchiffrant à la lumière de l'hypothèse de l'inconscient. À la philosophie de s'inspirer de cette approche critique pour interroger la science elle-même, afin d'en extraire le sens implicite et de le formuler dans ses propres catégories. Loin de condamner l'interprétation en bloc, l'ouvrage en propose une relecture rigoureuse, distinguant ses usages idéologiques de ses potentialités cognitives, et invitant à une vigilance critique renouvelée.
Depuis la fin du système soviétique, nous connaissons une crise sans équivalent de la politique qui paraît renoncer à intervenir moralement dans la marche du monde. Comment lui redonner une ambition tout en évitant le risque totalitaire ? L'ouvrage répond en distinguant clairement l'éthique individuelle et la morale prise dans sa dimension collective. S'appuyant sur Kant et Rousseau, se réclamant d'une manière originale de Marx, multipliant les références polémiques et les débats (Nietzsche, Foucault, Hayek, Comte-Sponville), l'auteur entend ainsi revitaliser "l'hypothèse communiste".
La possibilité du communisme est ici interrogée dans une conjoncture politique mondiale catastrophique à tous points de vue (économique, sociale et écologique) qui exige qu'on l'envisage à nouveaux frais. Mais il faut le penser en toute lucidité, par-delà l'échec de l'expérience soviétique qui n'en a été qu'une dramatique caricature : le communisme n'est pas mort car il n'a jamais vécu tel que Marx le préconisait. Reste qu'on peut lui opposer des obstacles anthropologiques et, surtout, la complexité de la mondialisation actuelle du capitalisme néo-libéral. Cet ouvrage entend répondre à ces objections pour contribuer à rouvrir l'avenir.
Le matérialisme a toujours fait problème, étant donné les enjeux idéologiques et donc politiques qu'il a impliqués et qu'il implique toujours. Cet ouvrage tente d'examiner le matérialisme sous ses différentes formes prises au cours des siècles et de justifier ses bases. Ce qui est en jeu, c'est l'existence de la matière, la conception que l'on doit s'en faire, son extension et, bien entendu, notre capacité de la connaître et d'en expliquer les diverses formes, des plus humbles aux plus hautes. Il s'agit aussi de le confronter à différentes questions comme la foi religieuse, l'art, la dimension métaphysique des choses (si elle existe) et, question finale, celle du Sens (avec une majuscule). Il faudra aussi envisager lucidement la question des limites éventuelles de l'ontologie matérialiste, quitte à surprendre et à la rendre plus modeste... mais aussi plus convaincante dans son ordre propre.
Dans cet ouvrage à deux voix, le matérialisme est interrogé : sur son statut scientifique d'abord, que l'idéologie spiritualiste dominante tend à nier malgré l'apport de Darwin. Mais aussi en comparant le matérialisme classique de Marx et celui, vitaliste, de Nietzsche. Mais aussi sur des questions plus larges qui interpellent la pensée matérialiste : comment concevoir la morale ? Implique-t-elle nécessairement l'athéisme ? Comment concevoir l'aliénation humaine ? D'où l'intérêt de revenir au matérialisme historique marxien et de l'éclaircir.
« Comment penser l'homme aujourd'hui, dans une perspective matérialiste désormais imposée par les sciences ? Celui-ci est incontestablement soumis aux déterminismes de la biologie, de l'histoire et de la psychologie, lesquels ne font pas de place au libre arbitre traditionnel. Mais il ne suffit pas d'en reconnaître l'efficience ; encore faut-il les articuler de manière fine et éviter de verser dans l'idée qu'une de ces instances l'emporterait fondamentalement sur les deux autres » Extrait de: Yvon Quiniou. « L'Homme selon Marx. » iBooks.
« La lecture des Lois de l'imitation, pour qui s'intéresse à l'histoire de la sociologie française, produit l'effet d'une démystification. L'ouvrage, dans la diffusion critique qui trop souvent se substitua à l'examen attentif de ses thèses, semble avoir fait l'objet d'un faux procès. Et plus encore, on est conduit à se demander si la grande opposition entre Tarde et Durkheim, dont on sait qu'elle alimente le débat sociologique à la fin du XIXème et dans les premières décennies du XXème siècle [1] , ne repose pas en définitive sur un profond malentendu. » Extrait de: Gabriel de Tarde. « Les lois de l'imitation. » iBooks.
« Marx croit au progrès », « La lutte des classes est une pure invention de Marx », « Pour Marx, l'histoire est écrite d'avance », « Le communisme, c'est l'état omniprésent », « Pour Marx, la religion est "l'opium du peuple" », « Marx veut rendre tous les hommes égaux », « Le communisme est une utopie, il a échoué partout » ... Yvon Quiniou procède ici, d'une manière vivante et précise, au bilan d'une pensée complexe et mal connue, souvent déformée par ceux-là même qui se déclarent « marxistes ».