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Nos rayons et sélections

Alternatives Sud

32 livres
Couverture ebook de Les déchets du monde : envers du décor, de Aurélie Leroy
Syllepse | 1 janvier 2026

Les mots façonnent nos perceptions. «Déchet» n'échappe pas à cette règle. Dans son sens premier, il désigne ce qui est tombé en dehors, ce qui n'a plus de place, ce qui doit être mis de côté. Cette étymologie en dit long sur notre rapport à ces objets devenus indésirables. Le déchet, c'est l'inutile, l'invisible, l'indigne. Celui qu'on rejette, qu'on exile hors de notre champ visuel pour retrouver la propreté rassurante de nos espaces de vie. Cette vision dominante organise tout un système, celui de la consommation moderne. Elle nourrit un récit où le gaspillage et la pollution seraient les effets collatéraux «naturels» du progrès, et où la solution technique incarnée par le recyclage industriel ou la valorisation énergétique viendrait refermer la boucle. Cette logique est rassurante, mais elle est trompeuse. Elle éclipse les questions fondamentales: qui produit les déchets? Qui en paie le prix? Qui profite de leur gestion? Elle occulte les asymétries entre pays riches et pays pauvres, entre centres de pouvoir et périphéries sacrifiées, entre consommateurs privilégiés et travailleurs précarisés. Elle passe sous silence la réalité économique: la transformation des déchets en marché, l'exploitation des ressources résiduelles, la course au rendement orchestrée par le capital financier sur l'ensemble des circuits mondiaux des détritus. Réfléchir aux déchets, ce n'est donc pas se limiter à une question technique ou logistique comment les collecter, les trier, les valoriser. C'est interroger les fondements mêmes de notre modèle économique: son obsession de la croissance, son extractivisme destructeur, ses logiques néocoloniales qui déplacent la pollution des uns vers les autres. C'est comprendre que nos «restes» ne disparaissent jamais vraiment. Ils voyagent. Ils circulent. Ils redessinent les cartes du monde en silence, en créant des zones sacrifiées où s'entassent nos rebuts et, avec eux, les stigmates de nos choix collectifs.

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Couverture ebook de Nouvelle géopolitique de l'Afrique, de POLET FRANCOIS
Syllepse | 17 septembre 2025

L'expulsion de la France du Sahel constitue un retournement géopolitique. Il s'inscrit dans un mouvement de redistribution des influences en Afrique, dans le contexte des recompositions à l'oeuvre depuis le début de la guerre russo-ukrainienne. Indubitablement, la nouvelle guerre froide redonne un poids stratégique au continent, du fait de la compétition entre puissances - grandes mais aussi moyennes - pour ses ressources naturelles, ses marchés, ses bases militaires, ses votes dans les enceintes onusiennes. Et en dépit de son dédain apparent pour l'Afrique, l'administration Trump y poursuit l'ambition états-unienne de contrer la Chine dans le domaine des minerais stratégiques. Si cette nouvelle configuration rend des espaces de souveraineté aux États, qu'en est-il de la capacité du continent à formuler un point de vue africain pour peser sur les grands enjeux mondiaux, en matière de sécurité collective, de changement climatique ou d'ordre économique?? Cette capacité progresse globalement quoique de manière très inégale, du fait de la pesanteur des hiérarchies internationales comme du déficit de coordination entre diplomaties, y compris dans le cadre de la coopération Sud-Sud. Ces difficultés reflètent les blocages dans la marche vers l'intégration politique de la région. Destinée à mettre en oeuvre le vieux projet panafricain, l'Union africaine éprouve les plus grandes peines à imposer un cadre collectif à ses membres, en témoigne son impuissance face à la crise qui ravage l'est du Congo.

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Couverture ebook de Business vert en pays pauvres, de Duterme bernard
Syllepse | 12 mars 2025

Dans la lutte contre les dérèglements climatiques et la destruction de la biodiversité, la communauté internationale n'en fait pas assez. Les pays riches rechignent à s'engager à la hauteur de leurs responsabilités, tandis que les pays pauvres dénoncent l'imposition intéressée de nouvelles normes environnementales non compensées. Pis, nombre de politiques dites «vertes» menées chez ces derniers par les premiers - par entreprises multinationales ou relais locaux interposés - aggravent la crise écologique et les injustices sociales. Les activistes écosocialistes d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, certes minoritaires dans leur propre société, qualifient ces politiques de «fausses solutions», en cela qu'elles perpétuent un modèle de développement capitaliste prédateur, repeint en nouveau pacte durable. En cause, en vrac, la mise sous cloche conservationniste d'aires protégées, les mégaprojets de compensation carbone en échange de droits de polluer, les politiques de dépossession des terres, de privatisation, d'extraction de minerais, les accords commerciaux sur les ressources, les monocultures d'agrocarburants, la financiarisation du vivant, la marchandisation des services écosystémiques, le green business du capital naturel,?etc. L'ensemble procède d'une absorption de l'écologie par la logique libérale d'accumulation privative et, à ce titre, est taxé de «néocolonialisme vert» ou encore de «transition hégémonique». La tendance grève d'autant la dette écologique des pays riches à l'égard des pays pauvres. Et éloigne les uns et les autres des voies d'un développement partagé, juste et équilibré.

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Couverture ebook de Anticolonialisme(s), de Thomas frederic
Syllepse | 4 octobre 2023

Alors que l'anti-impérialisme est régulièrement réduit à une stratégie reproduisant les postulats sinon les réflexes de la Guerre froide, le décolonial tend à se concentrer sur les enjeux intellectuels et académiques. L'anticolonialisme - son histoire et sa permanence - demeure hors-champ. Les luttes anticoloniales, toujours d'actualité, offrent un éclairage autrement plus complexe sur nombre de questions d'aujourd'hui, au croisement de la géopolitique et des mouvements sociaux. Le passage à un monde multipolaire est-il acté? Signifie-t-il, à terme, l'effacement du ou des impérialisme(s)? Faut-il en parler au singulier ou au pluriel?? Et uniquement selon l'axe Nord-Sud? Comment, enfin, mettre en avant les combats émancipateurs sans céder à l'«anti-impérialisme des imbéciles» qui disqualifie des soulèvements populaires en soutenant des régimes autoritaires du «bon» côté de la frontière impériale? L'anticolonialisme permet de se dégager quelque peu d'une double fixation sur les États et sur le culturel, pour interroger à nouveaux frais les résistances aux processus de domination néocoloniale, ancrées dans le temps long des mobilisations sociales dans le Sud.

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Couverture ebook de Dissidences dans la «nouvelle» Inde, de Collectif, Aurélie Leroy
Syllepse | 8 septembre 2024

Selon sa Constitution, l'Inde est toujours une république socialiste, laïque et démocratique. Force est de constater cependant que la «nouvelle» Inde s'est écartée des idéaux d'antan. En lieu et place du socialisme, un capitalisme de copinage résultant de la collusion entre conglomérats et dirigeants politiques a acculé le pays dans une croissance sans emploi, aux coûts socio-économiques et environnementaux exorbitants. Exit les valeurs d'égalité et de diversité, bafouées par un extrémisme religieux haineux qui assimile la nation et l'identité indiennes à la seule majorité hindoue. Quant à la démocratie, elle est à la dérive. Ses institutions sont mises sous pression, les pouvoirs concentrés, les oppositions muselées. La direction du pays est passée maître dans l'art du parler démocratique et de l'agir autocratique. Dans ce climat hostile, où anxiété économique et frénésie identitaire se renforcent mutuellement, des contestations s'élèvent. Agriculteur·trices et travailleur·euses font plier le gouvernement sur les réformes agraires. Des minorités musulmanes persécutées, au Cachemire ou à Delhi, s'insurgent contre leur invisibilisation. Des groupes dalits et adivasis résistent aux dépossessions, à la militarisation et à la colonisation de leurs terres. Et des femmes défendent leurs droits dans un pays aux structures patriarcales ancrées. Néanmoins, ces luttes sont prises à partie par les milices extrémistes hindoues au service du pouvoir, qui prolifèrent et traquent les «antinationaux» et les voix dissidentes.

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Couverture ebook de Amérique latine: les nouveaux conflits, de Collectif, Bernard Duterme
Syllepse | 29 novembre 2023

Rêve ou cauchemar latino-américain? Pays par pays, un tour d'horizon des politiques économiques, des questions de liberté et de démocratie et des nouveaux mouvements sociaux et indigènes. Aborder l'Amérique latine comme un seul et même ensemble, au risque de négliger les singularités nationales, relève de la gageure. Comment comparer 7 millions de Nicaraguayen·nes sous l'emprise d'un révolutionnaire (Daniel Ortega) qui s'est transformé en despote accaparant les richesses de son pays et 220 millions de Brésilien·nes qui tanguent entre Bolsonaro et Lula? Comment amalgamer l'apparente modernité chilienne et l'instabilité structurelle dont souffre Haïti, la «4e transformation » mexicaine et les imbroglios de la gouvernance péruvienne, les conservatismes centraméricains et les progressismes du cône Sud? Pour autant, plusieurs grandes tendances communes, à l'oeuvre depuis le début du 21e siècle, traversent le continent de part en part: du boom des matières premières et des euphories extractivistes et exportatrices aux crises économiques et politiques actuelles; de la vague de pouvoirs de gauche à la tête des États aux alternances populistes ou plus classiques en cours. Aux quatre coins de l'Amérique latine, sur fond de bras de fer hégémonique Chine-États-Unis, d'instabilité démocratique et de remilitarisation rampante, des manifestations revendiquent de meilleurs emplois ou pensions, des mouvements indigènes s'essayent aux autonomies de droit ou de fait, des mobilisations féministes ou décoloniales tentent de gagner en reconnaissance et en égalité, des organisations écologistes ou paysannes défendent leurs territoires... tandis que de puissantes dynamiques réactionnaires et populaires s'opposent au changement et prônent l'ordre et la sécurité.

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Couverture ebook de Obsolètes, les réformes agraires ?, de Collectif, Laurent Delcourt
Syllepse | 9 juin 2025

Autrefois au coeur des stratégies de développement des pays du Sud, les réformes agraires redistributives ont progressivement disparu des agendas internationaux et des priorités politiques nationales depuis les années 1980. Dans un contexte marqué par la crise de la dette, l'ajustement néolibéral et le dogme productiviste, elles ont été supplantées par des approches technicistes et dépolitisées de la question agraire, axées sur la formalisation et la délivrance de titres fonciers, en phase avec les impératifs du marché. Présentés comme des solutions miracles pour stimuler les économies locales et améliorer les conditions d'existence de ceux et celles qui vivent de la terre, ces dispositifs expurgés de toute visée émancipatrice, n'ont pas tenu leurs promesses. Pauvreté, inégalités et exode rural se sont perpétués dans les campagnes d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine. Face à ce constat d'échec et alors que s'intensifient les pressions - démographiques, commerciales, climatiques - sur la terre et la biodiversité, l'urgence d'une nouvelle génération de réformes s'impose. S'appuyant sur les leçons du passé, elles devront s'inscrire dans un projet plus vaste de transformation sociale, politique et écologique. Et être portées, au-delà du monde rural, par l'ensemble des forces progressistes, condition sine qua non pour modifier un rapport de forces aujourd'hui défavorable et inverser les dynamiques de re-concentration foncière à l'oeuvre.

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Couverture ebook de Monde en guerre, de Collectif, Frédéric Thomas
Syllepse | 8 janvier 2025

L'Ukraine et Gaza ont abruptement remis la guerre au centre des agendas occidentaux. La médiatisation au Nord de ces deux affrontements ne doit cependant pas occulter la permanence, la multiplicité et l'intensité des conflits armés au Sud. Du Soudan à la Birmanie, en passant par le Yémen, les conflits entre États ne cessent de se multiplier. Auxquels il faut ajouter les guerres «transversales» déclarées au terrorisme, au narcotrafic, aux gangs. Dans un contexte d'insécurité et de violences - à la fois réelles et perçues -, la militarisation de la politique semble s'affirmer. Les prérogatives des armées s'étendent, des militaires accèdent - par la voie légale ou par un coup d'État - au pouvoir, tandis que nombre de gouvernants surenchérissent sur le virilisme et la manière forte, dans une sorte de populisme punitif. Ces conflits montrent également que les instruments de la guerre ne sont plus seulement les divers armements «classiques» aussi sophistiqués soient-ils mais aussi l'eau, les céréales, les enfants et bien entendu les outils de communication. Marqueur d'une délégitimation de la démocratie, cette hybridation politico-militaire oppose les prétendues vertus de forces armées morales, efficaces et nationalistes à des gouvernements peu représentatifs, incapables et corrompus. Elle tend, ainsi, à brutaliser les rapports sociaux, à naturaliser la violence étatique et à banaliser les états d'exception, mettant à mal le contrôle des institutions, la défense des droits et la protestation sociale. Un ouvrage qui fait le point sur les guerres «locales» au Sud qui pourraient bien embraser le monde.

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Couverture ebook de BRICS+ : une alternative pour le Sud global ?, de Collectif, Laurent Delcourt
Syllepse | 13 mars 2024

Coalition hétérogène de puissances émergentes, les Brics+ s'affirment sur la scène mondiale, bousculent les équilibres géopolitiques et mettent en question les hiérarchies du système postcolonial dominé par l'Occident. OEuvrant à la construction d'un monde multipolaire, plus en phase avec leur poids économique et démographique, ils cristallisent les aspirations du «Sud global» à s'affranchir d'un ordre international injuste, incapable de répondre à ses besoins de développement et aux grands défis de l'humanité. La montée en puissance des Brics+ est-elle pour autant synonyme d'alternative anti-impérialiste, voire anticapitaliste, pour ces majorités marginalisées, comme d'aucuns s'en félicitent?? Préfigure-t-elle l'émergence de relations plus équilibrées et de nouvelles formes de solidarité entre pays en développement? Ou traduit-elle d'abord la volonté de ses membres de rebattre les cartes en leur faveur, sans changer fondamentalement les règles du jeu? En dépit de leur rhétorique progressiste, ne tendent-ils pas à reproduire, dans leur sphère d'influence respective, les logiques de domination et d'exploitation qui caractérisent les rapports Nord-Sud, sur fond de rivalités interimpérialistes? Au-delà d'une idéalisation ou d'une diabolisation a priori, des voix s'élèvent pour pointer ces contradictions, ces limites et ces risques. Si elles saluent l'avènement d'un monde moins asymétrique et plus inclusif, elles n'en dénoncent pas moins les pratiques prédatrices et antidémocratiques de ces forces montantes.

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Couverture ebook de Le Brésil de Bolsonaro: le grand bond en arrière, de Laurent Delcourt
Syllepse | 3 juin 2020

Pourquoi et comment un médiocre parlementaire d'extrême droite, nostalgique de la dictature militaire, ouvertement raciste, misogyne et homophobe a-t-il pu se hisser à la tête du plus grand pays d'Amérique latine? L'arrivée de Bolsonaro à la présidence du Brésil n'est ni un événement fortuit, ni une parenthèse sans lendemain. Portée par une lame de fond, elle est à la fois le produit des circonstances et la conséquence d'un travail de conquête et de formatage de l'opinion par de nouvelles droites radicales et militantes. Dans un contexte marqué par une profonde crise économique, morale et institutionnelle, ces courants ont exploité les frustrations et les ressentiments de la société brésilienne, pour s'imposer aux affaires. Avec l'appui des vieilles oligarchies et des secteurs les plus conservateurs, ils entendent aujourd'hui solder l'héritage du «lulisme» et dicter leur agenda ultralibéral, rétrograde et autoritaire. Révision des droits sociaux, démantèlement des protections environnementales, privatisation des entreprises publiques, réalignement de la politique étrangère sur les É

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Couverture ebook de Soulèvements populaires, de Collectif, Frédéric Thomas
Syllepse | 6 janvier 2021

La simultanéité, l'ampleur et la radicalité des soulèvements populaires de l'automne 2019 au Chili, en Équateur et au Liban surprennent. Elles obligent à réévaluer d'autres mouvements, débutés plus tôt et toujours en cours - en Haïti, au Soudan, en Algérie, à Hong Kong... -, et à porter un regard plus attentif sur la conflictualité sociale dans le monde. Au-delà des affinités relevées, la coïncidence dans le temps et la diffusion dans l'espace marquent-elles un nouveau «printemps des peuples»? Si les revendications et les modes d'action convergent jusqu'à un certain point, le développement des luttes demeure tributaire du mode de gestion étatique de la contestation et de la cohésion des élites au pouvoir. Et les soubassements politiques et moraux de ces mobilisations sont ancrés dans des histoires nationales, dont l'héritage est revendiqué. Le visage des révoltes - celui d'une jeunesse urbaine précarisée au sein de laquelle les femmes jouent un rôle important -, ainsi que l'évidence médiatique de ressorts communs - l'utilisation des réseaux sociaux, le recours aux cultures populaires, la spontanéité et l'horizontalité des modes d'organisation... - méritent d'être interrogés. Ces soulèvements répondent à des contextes particuliers, mais traduisent aussi de nouvelles circulations internationales des luttes. Assiste-t-on dès lors à une mondialisation de la protestation sociale?

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Couverture ebook de Moyen-Orient et Afrique du Nord, de Frédéric Thomas
Syllepse | 2 janvier 2019

Huit ans plus tard, que reste-t-il des «printemps arabes»? Une situation de guerre et de contre-révolution domine la région. Au premier chef, en Syrie, au ­Yémen et en Libye, bien sûr. Mais, en réalité, sous une forme menaçante, larvée ou discontinue, aucun pays n'y échappe complètement. Instrumentalisés par les grandes puissances, ces conflits deviennent également, et de plus en plus, la scène où s'affirment et s'entrechoquent les intérêts et rivalités des puissances régionales émergentes (Iran, Arabie saoudite, Turquie...). Le risque, toutefois, est de s'en tenir à une lecture uniquement géopolitique et occidentalo-centrée, autour des stéréotypes que les révolutions arabes avaient justement fait voler en éclats, pour se figer dans le (faux) dilemme de la dictature ou du chaos. Et d'occulter les acteurs, les enjeux et la dynamique des luttes sociales à l'oeuvre. La déclinaison des guerres actuelles renvoie moins aux effets qu'aux causes et revendications des soulèvements de 2010-2011, dont l'onde de choc se fait encore ressentir aujourd'hui. Ainsi, ces dernières années, du Rif marocain à l'Iran, de Kobané à Gaza, en passant par la Jordanie, de fortes mobilisations sociales ont secoué une région, marquée par les inégalités et la jeunesse de sa population... et continueront de la secouer à hauteur de la demande de «pain, liberté et justice sociale».

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Couverture ebook de De l'usage du genre, de Aurélie Leroy
Syllepse | 13 juin 2018

Affirmons-le d'emblée, le genre n'est pas un concept éthéré, délié des contextes de son émergence ou de son importation. Il est ouvertement politique, pour le meilleur et quelque fois pour le pire. Conçu comme un outil d'analyse critique, il a dénaturalisé et révélé le caractère socialement construit de l'ordre traditionnel des sexes, ouvrant de nouvelles voies aux luttes des femmes. Le succès de la notion a néanmoins un prix, celui de sa reprise par des acteurs dominants, dont beaucoup l'ont réduite à un outil technocratique de gestion et plus encore, de contrôle social et de pouvoir. Le recours aux droits des femmes, devenu emblème de la modernité démocratique, a ainsi servi de caution morale à l'entreprise coloniale, aux guerres « humanitaires » et au racisme institutionnel. Il est un des discours légitimateurs de la mondialisation néolibérale. Les usages « impérialistes » du genre, tout comme son instrumentalisation pour masquer d'autres enjeux, ou encore sa politisation réactionnaire témoignent de l'ambiguïté de l'expression. Tantôt au service d'un «communautarisme majoritaire», tantôt d'une élite soucieuse de ses intérêts et privilèges. Pour inverser la tendance et rendre au genre sa force politique originale, des espaces de mobilisation se réinventent. L'«intersectionnalité» des luttes, en cherchant à aborder de manière égalitaire et imbriquée, critique et dynamique, les rapports sociaux de classe, de race et de sexe, offre de nouvelles perspectives et rend possible de nouvelles alliances.

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Couverture ebook de Congo (RDC): reproduction des prédations, de François Polet
Syllepse | 18 septembre 2024

Le drame qui se joue depuis trois décennies à l'est du Congo ne semble pas intéresser la plupart des grands médias. Son sort nécessiterait enfin une mobilisation diplomatique digne de ce nom. Les dynamiques conflictuelles qui ravagent cette partie du pays sont complexes, mais elles sont indubitablement liées à la présence de ressources minières dont la valeur aiguise les appétits d'une chaîne de groupes armés et d'opérateurs mafieux, souvent soutenus depuis les pays voisins. Que l'enjeu soit de les exploiter ou de les protéger, notamment dans le cadre de la lutte pour le climat, ses ressources naturelles ont redonné une importance géostratégique au Congo, théâtre de la rivalité entre impérialismes pour l'accès aux matériaux critiques nécessaires à la transition écologique. Les mécanismes de la prédation se logent aussi dans la société politique. La fin de l'ère Kabila n'a pas modifié le rapport des élites à l'État, théâtre d'affrontements pour l'accès aux positions permettant de s'enrichir rapidement. Le «mal zaïrois» a la peau dure. Facteur d'inégalités, la redistribution clientéliste assèche les politiques publiques, de l'éducation à l'armée, et nourrit les ressentiments ethniques et intergénérationnels. Même sur le plan démocratique, le président Félix Tshisekedi fait à peine mieux que son prédécesseur, entre manipulations électorales et répression. Le tableau n'est néanmoins pas désespéré. Sur fond d'insertion croissante de la société congolaise dans les flux internationaux, les changements sociaux et culturels se nourrissent aussi de nouvelles formes de résistance populaire et de mobilisation patriotique et citoyenne.

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Couverture ebook de Transition «verte» et métaux «critiques», de Delcourt laurent
Syllepse | 20 juin 2023

Promesse d'un monde libéré de sa dépendance aux combustibles fossiles, la transition énergétique n'est ni écologiquement neutre ni socialement juste. Substituant une addiction à une autre, elle réclame pour se déployer des quantités infinies de métaux dits «rares», «critiques» ou «stratégiques». En relançant la course entre grandes puissances pour sécuriser leur approvisionnement, elle participe d'une «extension du domaine de la mine», repousse les frontières de l'extractivisme et sape les écosystèmes locaux et les droits des populations exposées. Présentée aux pays du Sud riches en minerais comme levier de développement, elle les enferme dans le rôle historique de fournisseurs de matières premières, pérennisant ainsi les rapports d'exploitation néocoloniaux et les inégalités systémiques. Du moins pour les plus pauvres d'entre eux, peu outillés pour profiter du boom technologique ou transformer sur place leurs ressources, alors qu'ils assument déjà l'essentiel des coûts sociaux et écologiques du verdissement des économies riches et émergentes. Si des solutions (mécanismes de compensation, climate smart mining facilities...) sont avancées pour adoucir l'impact de cette conversion aux énergies dites «renouvelables», aucune ne questionne les fondements et les limites de ce nouveau « capitalisme vert ». Une juste transition doit s'attaquer aux asymétries dans la distribution des coûts et bénéfices. Et passer nécessairement par une révision en profondeur du productivisme et du consumérisme élitaire à l'origine des déséquilibres planétaires.

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Couverture ebook de Migrations en tout «genre», de Aurélie Leroy
Syllepse | 15 mars 2023

Les femmes ont toujours migré, de longue date et en nombre, mais leur mobilité a longtemps été occultée par celle d'un référent masculin considéré neutre et universel. Selon une perspective étroitement économique, l'homme migrant, pourvoyeur de revenus, apparaît comme l'acteur principal de ces flux, tandis que la femme migrante, dépendante, campe dans des rôles sociaux secondaires de mère et d'épouse ou incarne la figure passive de victime. Ces dernières décennies, la mise en visibilité du genre dans les théories des migrations et des femmes immigrées dans un champ féministe longtemps centré sur la femme occidentale a permis de déconstruire des catégories englobantes et des tendances faussement universelles, contribuant à complexifier l'approche des réalités migratoires et à cerner les effets réciproques des dynamiques de mobilité et de genre. Dans les pays à hauts revenus d'Amérique du Nord, d'Europe, d'Asie et du Golfe persique, la «féminisation de la migration» fait généralement écho à la proportion croissante de migrantes internationales devenues pionnières de chaînes migratoires. Plus fondamentalement, cette expression renvoie, dans un contexte d'austérité néolibérale, à une division sexuelle et racisée du travail et à des schémas inégalitaires qui - redéployés du Sud au Nord ou à l'intérieur des Suds - exposent une majorité de femmes migrantes à la violence, aux réseaux informels et à l'exploitation, dans les métiers du care, le travail domestique ou les services sexuels.

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Couverture ebook de Économies du Sud: toujours sous conditions néolibérales?, de POLET FRANCOIS
Syllepse | 20 septembre 2022

La pandémie avait suscité l'espoir d'un changement de paradigme. Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale y ont plutôt vu l'occasion de libéraliser plus avant les économies. Les aides d'urgence consenties par le premier en réponse au Covid engagent les pays emprunteurs dans une nouvelle décennie d'austérité - réduction de la masse salariale publique, baisse des subventions aux biens essentiels, hausse des taxes sur la consommation, etc. - aux effets sociaux dramatiques. Les programmes de «financement du développement» poussés par la Banque mondiale à la faveur de la crise promeuvent une «bonne gouvernance», synonyme d'amélioration du «climat des affaires» au bénéfice des entreprises transnationales. Les émeutes de la faim, la crise asiatique et la progression des donateurs émergents avaient pourtant délégitimé le conditionnement des aides financières ou des allègements de dette à l'adoption de réformes économiques libérales. La conditionnalité avait été «révisée», subordonnée à l'«appropriation» par le pays bénéficiaire, mise au service des objectifs de développement durable. Or, dans les faits, cette ingérence subsiste à travers un ensemble de dispositifs véhiculant l'influence des bailleurs de fonds en matière de politique économique et budgétaire, au détriment de la souveraineté des pays concernés et des investissements publics considérables qu'exigent la lutte contre les inégalités et la catastrophe environnementale.

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Couverture ebook de Panser la santé mondiale, de Cédric Leterme
Syllepse | 7 juin 2022

La crise du covid a mis en lumière les profondes inégalités mondiales en la matière. Et si l'on suit l'OMS en définissant la santé non pas uniquement comme l'absence de maladie, mais comme un état de complet bien-être physique, mental et social, alors les fractures entre pays, mais aussi entre classes, genres et identités ethnoraciales apparaissent encore plus ­abyssales. Au-delà de l'accès à la santé, c'est aussi dans sa production même que s'observent les déséquilibres et les relations de pouvoir entre et au sein des pays. La lutte autour des brevets, par exemple, montre à quel point les savoirs médicaux sont encore trop souvent produits et appropriés par une poignée de sociétés privées du Nord pour répondre aux besoins de santé... du Nord. Face à ces injustices, les appels à une «?décolonisation de la santé mondiale?» se multiplient, non sans soulever leur propre lot de débats et de luttes de pouvoir. Reste un enjeu fondamental?: comment élaborer d'authentiques «?politiques publiques sanitaires mondiales?» permettant de réduire les inégalités, de démocratiser les savoirs et de sortir la santé des logiques marchandes dans lesquelles elle est enfermée aujourd'hui. Les méfaits de la gestion néolibérale de la question du 4e âge, viennent d'être mis sous les feux des projecteurs avec la parution du livre de Victor Castanet, Les fossoyeurs.

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Couverture ebook de Un système alimentaire à transformer, de Delcourt laurent
Syllepse | 11 janvier 2022

Plus d'une décennie après la dernière crise alimentaire, la pandémie de Covid-19 a de nouveau mis en lumière les dysfonctionnements et l'extrême vulnérabilité du système agro-industriel ­mondialisé. En dépit des engagements de la communauté internationale à éradiquer la faim dans le monde, le nombre de personnes en situation d'insécurité alimentaire augmente, les disparités se creusent et la crise écologique s'aggrave, à mesure que le modèle d'agriculture commerciale et productiviste se généralise. Face à ce constat d'échec, un consensus se fait jour sur la nécessité et l'urgence d'une révision en profondeur des systèmes alimentaires. Mais l'orientation d'une telle transformation fait débat. Reprenant à leur compte la rhétorique du changement, les grandes firmes agro-industrielles entendent garder le contrôle. Fortes du soutien des puissances agro-exportatrices, elles comptent imposer leur modèle de «?révolution verte?», c'est-à-dire leur approche techno-productiviste rebaptisée «durable», comme seule réponse possible au triple défi de la faim, du changement climatique et de la croissance démographique. Les mouvements paysans et leurs alliés dénoncent cette mainmise. Contre les nouvelles logiques d'accumulation à l'oeuvre, ils en appellent une démocratisation de la gouvernance internationale et à un changement radical de paradigme: la transition vers un modèle de souveraineté alimentaire qui s'appuie sur des modes de production agroécologiques et fasse du droit à l'alimentation une réalité.

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Couverture ebook de Démondialisation?, de François Pollet
Syllepse | 16 juin 2021

La crise sanitaire a achevé de dédiaboliser la démondialisation, soit l'idée d'un recul de l'interdépendance des économies. La nécessité de récupérer des formes de souveraineté politique sur la production et l'échange de biens met désormais tout le monde d'accord, ou presque. Si, derrière la rhétorique, la plupart des dirigeants envisagent des ajustements pragmatiques, soit le rapatriement des secteurs industriels jugés stratégiques, une défi ance plus profonde vis-à-vis du libre-échange s'est installée dans l'opinion occidentale, alimentée par les délocalisations, la paupérisation des classes populaires et la conversion au « local » d'une classe moyenne « ouverte sur le monde », mais tourmentée par la crise environnementale. Le rôle de champions du libre-échange a-t-il dès lors été récupéré par les pays émergents, que d'aucuns présentent comme les gagnants de la mondialisation? En partie seulement, comme le montre la décision de l'Inde de tourner le dos à l'immense zone de libre-échange asiatique. Plus largement, l'intégration aux chaînes de valeur internationales coexiste avec la volonté de se recentrer sur les marchés intérieurs et de protéger des importations certains secteurs productifs. Dans le même temps, la prétention des États au monopole du contrôle sur les territoires, au nom du développement national, est contestée par des acteurs paysans et indigènes, qui défendent une conception plus populaire et locale de la souveraineté.

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Couverture ebook de L'urgence écologique vue du Sud, de Bernard Duterme
Syllepse | 2 septembre 2020

L'ampleur du désastre écologique, chiffrée à l'envi, sidère. Scientifiques et acteurs de la société civile auront mis cinquante ans à agiter les consciences, avant que l'évidence s'impose. Ses causes sont connues, enfin admises. Ou presque. Principaux responsables du gâchis environnemental, le productivisme et le consumérisme des grands producteurs et des gros consommateurs. Un mode d'exploitation séculaire de la nature, irresponsable, sans limites, mû par l'appât du gain et la logique de l'accumulation. Et dont les effets délétères s'accélèrent et réactualisent la sentence de Victor Hugo - «c'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches» -, la vulnérabilité des premiers étant sans commune mesure avec celle des seconds. Les pollueurs majeurs tardent à passer à la caisse, tandis que les secteurs populaires et les pays non industrialisés en font les frais. Comment les États du Sud, «émergents» ou «moins avancés», se positionnent-ils dans les négociations climatiques internationales? Quelles politiques mener en vertu du principe des «responsabilités communes mais différenciées»? Green Deal velléitaire ou System Change assumé? Les concepts d'éco-impérialisme, de justice verte, d'écologie décoloniale convoqués par les mouvements qui, en Afrique, en Amérique latine et en Asie, à rebours des opinions publiques, se mobilisent sur des enjeux environnementaux, apportent des réponses. Au carrefour des luttes sociales, des combats indigènes, du féminisme et des luttes multiples des peuples du Sud, la question écologique est devenue un prisme indispensable pour qui veut comprendre l'avenir et les possibles de l'humanité.

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Couverture ebook de Asie: des pouvoirs et des luttes, de Aurélie Leroy
Syllepse | 8 janvier 2020

Au tournant du 21e siècle, l'Asie affichait des résultats de croissance parmi les plus rapides au monde et des avancées politiques qui donnaient corps à l'idée de «troisième vague de démocratisation». Les sociétés civiles, plus encore que les États, apparaissaient comme les chevilles ouvrières des transitions en cours et leurs résistances étaient auréolées de légitimité. Vingt ans plus tard, l'optimisme a cédé la place au désenchantement. Une majorité de pays du continent sont en «récession démocratique». Glisser son bulletin de vote dans l'urne n'a pas suffi à produire les changements escomptés en termes de droits sociaux et politiques. Au contraire. De Rangoun à Manille, de Bangkok à Delhi, ces processus ont plusieurs fois conduit à l'avènement de forces politiques régressives et autoritaires, porteuses de nationalismes populistes et liguées aux minorités économiquement dominantes. Là où il y a domination, il y a résistance. Si cette affirmation se vérifie souvent, les offensives réactionnaires sapent néanmoins les oppositions en réduisant leurs champs de manoeuvre et leurs ressources. Elles jettent en outre une lumière crue sur les tensions qui les traversent. Les manifestations anti-blasphèmes en Indonésie, l'appui des chemises jaunes aux coups d'État militaires en Thaïlande, les exactions des organisations intégristes hindoues en Inde ou bouddhistes en ­Birmanie démontrent la plasticité des acteurs sociaux qui peuvent autant défendre que s'opposer aux idées démocratiques et progressistes. Une vingtaine d'auteur·es asiatiques, au profil universitaire ou acteurs de terrain, analysent dans ce livre les dynamiques sociales à l'oeuvre dans leur pays, ainsi que les principaux enjeux rencontrés par les sociétés civiles dans des contextes marqués par la croissance des inégalités et la poussée des forces politiques conservatrices et réactionnaires.

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Couverture ebook de Les nouveaux territoires de l'agrobusiness, de Laurent Delcourt
Syllepse | 18 septembre 2019

Une nouvelle et terrible «révolution verte» gagne le monde, l'agrobusiness. Dopée par une demande alimentaire croissante, elle gagne du terrain au Sud et dévaste tout sur son passage. Son modèle commercial et productiviste colonise de nouveaux territoires, du bassin amazonien aux confins de la Papouasie-Occidentale en passant par le continent africain, l'«ultime frontière». Avec l'appui de gouvernements, d'institutions inter­nationales, d'agences de coopération et d'une poignée de fondations philanthropiques, ce nouveau mode de production et de commercialisation agricole s'impose peu à peu sur la planète. Pointées du doigt pour leur responsabilité dans la crise alimentaire de 2008 et dans le mouvement d'accaparement des terres qui a suivi, les grandes firmes de ce secteur ont renouvelé leur discours et remodelé leurs stratégies. Comble! Elles se veulent désormais actrices «incontournables» de la lutte contre la faim. Épousant le langage onusien de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, elles se positionnent comme les garantes d'une transition durable et inclusive, axée sur la modernisation des agricultures familiales. Séduits par leurs promesses financières et techno- logiques, les pays en développement leur déroulent le tapis rouge et scellent avec elles des alliances décisives. Tandis que les organisations paysannes dénoncent l'imposture, les recettes proposées, prétendument «gagnant-gagnant» risquent d'aggraver le morcellement des communautés rurales, d'accentuer la dépendance des petits producteurs et d'accélérer le processus de privatisation des ressources au profit des acteurs dominants. Fort de la contribution de plusieurs spécialistes de différents pays du Sud, l'ouvrage offre toutes les données factuelles et éclaircit les enjeux actuels et futurs de cette folie agricole et écologique.

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Couverture ebook de Multinationales, en finir avec l'impunité, de Thomas frederic
Syllepse | 4 janvier 2023

Un traité régulant les activités des entreprises transnationales en matière de droits humains est en cours de négociation au sein de l'ONU. Alors que se multiplient les mesures nationales imposant un «devoir de vigilance» contraignant aux entreprises, une directive européenne allant dans le même sens est discutée. Autant de signes de la volonté des États, sous la pression des mouvements sociaux, de (re)prendre quelque peu le contrôle. La remise en question du pouvoir de l'acteur économique le plus puissant de la globalisation néolibérale marque-t-elle une nouvelle phase de l'ordre mondial?? Au cours de ces dernières années, l'impact et l'impunité des grandes entreprises devenait plus visible, tout comme leurs violations des droits humains, sociaux, économiques et environnementaux. Leur image auprès du grand public du Nord s'est largement détériorée. Leur prétendue autorégulation est apparue pour ce qu'elle est, un mythe. Mais les multinationales ne continuent pas moins de bénéficier de politiques publiques accommodantes, voire complices, et d'une architecture économique mondiale à leur avantage, sinon à leur service, tandis que les organisations sociales, plus encore dans les pays du Sud, n'ont toujours pas un véritable accès à la justice. Au-delà du contrôle des acteurs économiques, l'enjeu est la priorité aux droits humains par rapport au commerce et le renversement de l'asymétrie des pouvoirs. Or, dans les faits, cette dernière se maintient à travers un ensemble de dispositifs véhiculant l'influence des bailleurs de fonds en matière de politique économique et budgétaire, au détriment de la souveraineté des pays concernés et des investissements publics considérables qu'exigent la lutte contre les inégalités et la catastrophe environnementale.

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Couverture ebook de Fuir l'Amérique centrale, de Bernard Duterme
Syllepse | 9 mars 2022

Quelque 500000 personnes - dont de plus en plus de femmes et d'enfants - tenteraient d'atteindre les États-Unis chaque année. Pour pouvoir de là-bas, aider financièrement leur famille restée au pays. Les sommes envoyées représenteraient un huitième à un quart du PIB de leur contrée d'origine. Le phénomène, en croissance depuis les conflits politico-militaires qui ont déchiré l'isthme et les «ajustements» néolibéraux qui ont suivi, dévoile d'abord le bilan d'un modèle de développement inique. Guatemala, Honduras, Nicaragua, Salvador... Autant d'États de non-droit où la concentration des pouvoirs le dispute à la corruption et à l'impunité. L'exportation dérégulée de matières premières et la sous-traitance dans les zones franches restent la colonne vertébrale de ces économies. L'insécurité alimentaire, la précarité sociale et la vulnérabilité climatique qui en résultent sont à l'origine de l'envie de fuir. La violence sans frein des gangs - l'ONU qualifie l'Amérique centrale de «région la plus dangereuse au monde» - précipite cet exode. Et ce alors que, sur les routes de l'exil, les écueils se multiplient au gré des politiques migratoires des pays à franchir ou à atteindre. Les États-Unis accueillent les migrant·es au compte-gouttes, expulsent ou refoulent à tour de bras. Et externalisent leur frontiè

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Couverture ebook de Violences de genre et résistances, de Aurélie Leroy
Syllepse | 12 septembre 2021

Dans l'imaginaire collectif, les violences de genre - au même titre que la pauvreté - sont souvent considérées avec fatalisme. Phénomène social banalisé, elles renvoient à l'ordre «naturel» des choses, réduites au seul fait d'«hommes violents». De la sorte, on oublie l'essentiel. Féminicides, viols, harcèlements ne résultent pas seulement de comportements isolés ou «déviants» ils témoignent de ressorts patriarcaux profonds et indiquent une même représentation de l'infériorité des femmes. Ces agissements s'inscrivent dans un continuum de violences qui se déploie à toutes les étapes de la vie, dans les espaces privés ou publics et sous de multiples formes - physiques, symboliques, institutionnelles... -, afin de conforter l'emprise masculine. La violence patriarcale a ses propres spécificités, mais pour l'aborder dans sa complexité, elle doit être articulée à d'autres structures de domination telles que le mode de production capitaliste - particulièrement abusif pour les femmes - et la matrice coloniale, qui exerce des effets concrets et durables sur les territoires et les corps - principalement ceux des travailleuses pauvres racisées. Dans un climat délétère pour les droits des femmes - crise sanitaire et économique, campagnes antigenre, offensives réactionnaires -, un renouveau féministe s'est affirmé ces dernières années, à partir de l'Amérique latine, autour de l'enjeu central de la violence. Et s'est amplifié, en Asie et en Afrique, par son articulation avec d'autres luttes sociales et politiques.

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Couverture ebook de Chine: l'autre superpuissance, de Bernard Duterme
Syllepse | 10 mars 2021

L'essor de la Chine ne date pas d'hier. Les inquiétudes qu'il soulève non plus, surtout dans le camp occidental. Mais l'histoire s'accélère depuis une dizaine d'années. Aujourd'hui, les États-Unis n'hésitent plus à faire de la Chine leur principal adversaire stratégique. Ailleurs, et en particulier dans les pays du Sud, les réactions sont plus contrastées. En effet, la Chine a beau être devenue une puissance capitaliste de premier plan, elle joue selon des règles qui diffèrent de celles que suivent les Occidentaux. Pour le meilleur... comme pour le pire. Analyser l'essor international de la Chine sous le seul angle de la «menace» se révèle donc doublement trompeur. D'abord, parce que celle-ci porte sur un ordre mondial dont les bénéfices historiques sont loin d'avoir été équitablement répartis. Ensuite parce que ce faisant, on sous-estime la pluralité des intérêts et des contradictions qui existe entre la Chine et les autres régions du monde, mais aussi au sein même de la société chinoise.

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Couverture ebook de Impasses numériques, de Cédric Leterme
Syllepse | 18 mars 2020

Aujourd'hui, le «numérique» est partout. Du transport à l'alimentation en passant par la santé ou le logement, difficile de trouver une sphère d'activité qui échappe encore à son emprise. Du moins dans les pays du Nord. Au Sud, les progrès de la numérisation restent plus inégaux. Ils n'en posent pas moins question. D'abord, parce que les technologies numériques reposent sur une exploitation massive des ressources de la nature - ce qu'on appelle l'«extractivisme» - et une fuite en avant écologique dont le Sud est la première victime à l'échelle mondiale. Ensuite, parce que leur déploiement profite avant tout à une poignée de multinationales qui concentrent un pouvoir inédit grâce à l'exploitation de quantités toujours croissantes de «?données?». Enfin, parce que la gouvernance et l'infrastructure globales du numérique sont aujourd'hui dominées par le Nord et le secteur privé, avec à la clé de nouvelles formes de dépendance et d'exploitation. Mais les résistances s'organisent. Des États cherchent à promouvoir leur «industrialisation numérique» ou plus largement leur «souveraineté technologique». En parallèle, des mouvements sociaux défendent un usage démocratique, écologique et émancipateur du numérique, face aux instrumentalisations du capitalisme de plateforme, mais aussi de la surveillance étatique.

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Couverture ebook de Quêtes d'industrialisation au Sud, de François Polet
Syllepse | 18 juin 2019

Transformer ses matières premières plutôt que les exporter à des prix vils ou instables. Longtemps considérée comme la « voie royale du développement », l'industrialisation est aujourd'hui un enjeu marginal au sein des discours internationaux sur le développement. Révolution néolibérale, lutte contre la pauvreté et urgence écologique sont passées par là. Autrefois clé du «Nouvel ordre économique international» défendu par les forces se réclamant du « tiers-monde », elle a pris le rôle de « mère de tous les maux » - pollutions, exploitation des travailleurs et des travailleuses, expropriations... - dans le plaidoyer d'une certaine société civile post-industrielle. Il existe, dans ce domaine comme dans tant d'autres, un déphasage Nord-Sud indéniable: davantage que ses effets négatifs potentiels, ce sont les ingrédients du décollage industriel qui sont au centre des préoccupations des élites intellectuelles et politiques dans beaucoup de pays pauvres et émergents. En la matière, bonne gouvernance et libéralisation ne font plus recette, l'exemple est-asiatique démontrant le rôle décisif des politiques industrielles et des marges de manoeuvres nationales. Si l'essor de la Chine fascine, il est aussi à l'origine du mouvement inquiétant de «désindustrialisation précoce» qui touche les économies latino-américaines et africaines. L'inversion de cette tendance est possible et ne dépend pas de la seule faculté des États à attirer les investisseurs étrangers en misant sur le moins-disant social, environnemental ou fiscal.

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Couverture ebook de Droites militantes et mobilisations réactionnaires, de Laurent Delcourt
Syllepse | 21 mars 2018

L'inquiétante montée des ultra-droites et des mouvements populistes conservateurs, de nouvelles droites militantes, identitaires, néolibérales ou ultra-conservatrices, des ethno-nationalismes, des fondamentalismes religieux... n'est pas un phénomène propre aux pays du Nord. Conséquences de la destruction des sociabilités traditionnelles, de la dissolution des repères culturels et du déclin des utopies politiques, sur fond d'une aggravation des inégalités, ces forces sociales réactionnaires prennent également racine dans le Sud, où elles sapent les fragiles bases de ses démocraties fragiles. Manifestations pro-impeachment au Brésil, mobilisations monarchistes en Thaïlande ou encore montée des fondamentalismes en Inde, dans le monde arabe et ailleurs... À rebours des luttes émancipatrices qui ont fleuri dans le Sud au cours des dernières décennies, les mouvements réactionnaires ont aujourd'hui le vent en poupe. Gardiens de l'ordre moral, nostalgiques d'un passé fantasmé, pourfendeurs de l'universalisme des droits humains et adversaires de l'État social, ils ont consolidé leur assise populaire, au point d'être désormais en mesure de peser sur l'agenda politique, voire de faire et de défaire des gouvernements. Marqueurs de l'explosion des inégalités, de la dissolution des tissus sociaux et du brouillage des repères culturels, religieux et identitaires, engendrés par l'ouverture indiscriminée des marchés, ces «?contre-mouvements?» sociaux exploitent les ressentiments des perdants de la mondialisation au profit d'intérêts particuliers ou de groupes dominants. En ce sens, ils constituent un inquiétant indicateur des évolutions en cours et de l'état des rapports de force. Pour la première fois, ce volume d'Alternatives Sud s'intéresse à ces «?contre-mouvements sociaux?» ou «?contre-sociétés civiles?». Quels sont leurs ressorts?? Comment expliquer leur succès?? Quelle est leur incidence sur les politiques nationales?? Telles sont les questions auxquelles entendent répondre les analyses d'auteurs du Sud rassemblées ici. En croisant points de vue et éclairages nationaux sur cette offensive réactionnaire, l'idée est finalement de mieux cerner les tensions et les conflits qui traversent ces sociétés, dans un contexte international de concurrence exacerbée. Mais aussi de jauger l'état des rapports de forces sociales et politiques qui les modèlent, dans une perspective globale, critique et comparative.

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Couverture ebook de Amérique latine, de Bernard Duterme
Syllepse | 11 décembre 2017

Toujours rebelle, l'Amérique latine? L'analyse pays par pays donne des clés pour répondre à cette question. Pour comprendre aussi, avec une distance critique, les ressorts de la contestation, les logiques des mobilisations, le renouvellement des revendications. Leurs formes oscillent entre singularités nationales et tendances continentales. La couleur des pouvoirs - conservateurs ou progressistes - et l'orientation des politiques - libérales ou souverainistes - surdéterminent le ton des mouvements sociaux. Face à la poussée «extractiviste» qui a boosté les économies nationales, de droite comme de gauche, en période d'enchérissement des matières premières, la protestation ne s'est pas unifiée. Elle s'est manifestée tantôt pour la redistribution des gains, contre la pauvreté et les écarts sociaux; tantôt pour le buen vivir (vivre bien) et le respect de l'environnement, contre l'accaparement des territoires et des ressources. L'enjeu qui s'impose est de surmonter les principaux facteurs de division des «gauches sociales» latino-américaines, sur fond de crise du «socialisme du 21e siècle» et de retour des oligarchies à la tête de plusieurs États. Luttes contre l'ordre établi, mises en cause syndicales du néolibéralisme, voire du capitalisme, résistances indigènes au saccage des forêts, expressions citoyennes antiracistes, alternatives pratiques au modèle de développement dominant, affirmations féministes, dynamiques sociales et politiques émancipatrices, actions en faveur de la démocratisation des institutions et des sociétés... L'agitation rebelle n'a pas fini de hanter le continent des inégalités extrêmes.

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Couverture ebook de ONG, DÉPOLITISATION DE LA RÉSISTANCE AU NEOLIBÉRALISME, de Julie Godin
Syllepse | 31 juillet 2017

"Vingt ans après la première édition d'un Alternatives Sud consacré au rôle des ONG (Organisations non gouvernementales) dans la mondialisation néolibérale, la question reste d'actualité. Si, par définition, ces organisations se veulent indépendantes des États, promotrices des intérêts des citoyens et protectrices de la nature, dans les faits, le financement de leurs activités reste fortement dépendant de gouvernements et d'institutions porteuses d'un modèle uniformisé: «?bonne gouvernance?» et «?développement durable?». Selon les pays, les contraintes légales et la répression plus ou moins ouverte restreignent les capacités de mobilisation et d'interpellation de ces acteurs. Le risque de la dépolitisation, renforcé par les injonctions à une professionnalisation de type managérial, s'étend au Sud comme au Nord et tend à réduire les ONG à des prestataires au service de leurs bailleurs de fonds, publics ou privés. Pour autant, certaines structures ont conquis les moyens financiers et symboliques d'une autonomisation relative, qui leur permet de jouer un rôle d'autorité morale, voire de productrices de normes, dans bien des débats sociaux et environnementaux globaux. Quelles sont les marges de manoeuvre des ONG instigatrices de modèles de société alternatifs?? Quels liens ces organisations entretiennent-elles avec les mouvements sociaux?? Quel ancrage populaire pour quelle efficacité politique?? Creuser ces questions et prendre conscience des enjeux qui redéfinissent l'action des ONG apparaît indispensable à la construction d'autres possibles et à l'appui aux résistances, locales et globales."

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