Aparté
« Je crevais d'être vue par eux, voulue par eux, admirée d'eux. Leur approbation conditionnait ma vie. Alors je les flattais et leur donnais ce qu'ils attendaient, je croyais ainsi m'émanciper, m'éloigner de ma mère, défier des règles ancestrales ou religieuses. J'étais en vérité leur esclave. » Quand Lila emménage à Paris pour y étudier le droit, tout lui semble à portée de main. Pourtant, à la faculté, la réalité des rapports sociaux la rattrape. Ses camarades des beaux quartiers respirent l'assurance et la sécurité, elle enchaîne les petits boulots pour payer son loyer. Une situation qui la rend invisible. Alors, protégée par un pseudonyme, Lila commence à se prostituer sur Internet. Elle fixe le prix, rencontre des hommes choisis, aidée par ses consoeurs de la « putosphère ». D'abord enivrée de sa puissance, la jeune femme perd peu à peu le contrôle sur ce corps dangereusement étranger. En mettant en scène les rapports de domination et les fractures sociales sous le prisme de la prostitution, puis de la pornographie, Aure Hajar signe un roman bouleversant sur le conditionnement et la liberté de choisir sa vie.
Quand Pauline, étudiante brillante mais issue d’un milieu modeste, se jette du toit de son lycée d’élite, Maya, psychologue spécialiste des suicides, est envoyée à Sète pour percer ce mystère.
Août à Paris, sa chaleur écrasante. Margot Louve vient d'avoir 17 ans. Elle est brillante et tous les possibles s'ouvriront à elle bientôt. Mais pour le moment, sa vie lui paraît étriquée. Pire, elle se sent invisible. Dans l'ombre d'une mère, actrice de théâtre en vue cultivant avec elle une distance délibérée et qu'elle rêverait de pouvoir appeler Maman. Fille d'un père dont on ne parle pas, parce qu'il a une autre vie, légitime celle-là. Alors Margot décide de faire craquer les coutures de son monde, de prendre la lumière à son tour. À ce journaliste puissant et respecté qui semble s'intéresser à elle vraiment, elle révèle le secret de sa famille. L'Affaire Margot est un roman d'apprentissage sensible sur le passage à l'âge adulte. Il explore les détours que prend l'amour entre une mère et sa fille. Extrait « Nous étions si nombreux, nous les enfants de ces doubles vies, à rêver de l'autre camp. Cette nuit-là, comme toutes les nuits depuis que nous avions croisé Madame Lapierre, je me suis réveillée le corps baigné d'une sueur glacée, avec un besoin impérieux de basculer de l'autre côté, de faire entrer en collision les deux sphères de nos vies. Je suis restée paralysée par l'envie de faire exploser cette routine - un désir fort, sauvage et excitant, qui pulsait en moi. » La presse en parle « L'affaire Margot dresse un portrait sensible de la complexité de l'amour familial. » Marie-Claire « Un premier roman étonnant et captivant, signé d'une autrice qui maîtrise sont art. » The New York Times « Révélation. L'un des événements de la rentrée littéraire américaine ! Le premier roman fascinant d'une autrice d'origine française. » Madame Figaro
Nour, 15 ans, fuit le Bénin pour l’Europe, prête à tout pour survivre. Seul le mensonge est vrai plonge dans l’enfer des migrants, où chaque choix peut coûter une vie. Un roman noir, sans concession, qui ne lâche pas.
Le bac en poche, Marie quitte sa province pour prendre un job d'été à Paris. Tous les possibles s'offrent à elle. Elle sera journaliste peut-être comme Olivier, l'ami de son père qui l'héberge avec sa femme pendant son séjour. L'homme se montre froid et distant d'abord. Puis il finit par lui prêter attention et Marie se réjouit de leurs tête-à-tête complices dans son bureau. Leur belle relation pourtant dérape. Quand Olivier s'invite dans sa chambre, elle se débat, mais cela ne suffit pas. Marie est dévastée. Aurait-elle séduit Olivier sans le vouloir ? Alors elle se tait. Elle étouffe sa honte et sa douleur qui font grossir la bête en elle. Marie n'est pas seule. Elle vit en 2009 ce que d'autres jeunes femmes de 17 ans comme elle ont vécu en un autre temps. Claudine en 1937, Isabelle en 1973 et Amandine en 1990. Traversant les époques, ce roman saisissant nous donne à lire la même histoire : le tragique et l'arbitraire du viol qui vient briser les destins.
Quand elle reprend conscience à la maternité, Betty ne se souvient pas des circonstances dramatiques de son accouchement. Elle ne comprend pas pourquoi son mari reste injoignable. Elle découvre avec effroi que son bébé a été baptisé Noé et qu'un inconnu rôde autour de lui. Elle se débat, impuissante à le confondre. Mais peut-elle se faire entendre alors qu'on la prétend folle ? Accueillie au sein de l'unité mère-bébé par un psychiatre peu conventionnel, soutenue par une équipe de choc, Betty va renouer, peu à peu, avec sa mémoire confisquée. À commencer par ce prénom, Noé, qui ravive une douleur longtemps endiguée. Lorsque le barrage cède, la vérité a des allures de cadavre... Thriller psychologique oppressant, On noie bien les petits chats nous entraîne, sans répit, entre quête personnelle et implacable traque policière.
Et brusquement, le monde rassurant s'écroule. Le père de Nina part, son frère s'endurcit, sa mère se met au lit. Elles vont désormais rester toutes les deux. Nina guette les infimes variations de la présence de sa mère, dans le souffle de sa respiration ensommeillée, dans les silences de sa mélancolie. L'étau se resserre, les instants de joie hors de la maison sont des moments volés. L'enfant le sait, sa mère est devenue incapable de survivre sans elle. Personne ne doit deviner ce qui leur manque. Parfois, lorsque Nina est seule, l'odeur de la forêt revient. Celle de bois pourri, de fougère et de mousse trempée. « Elle m'exaspère d'autant plus que je hais cette étreinte intérieure me saisissant dans le même temps, cette impression d'être injuste, mauvaise, dure face à son visage peiné, à la toute petite fille qu'elle paraît être à cet instant. - Maman, te couche pas trop tard... - T'inquiète pas, répond-elle avec son sourire à fendre mon coeur, cette tristesse qui reprend le pouvoir et se mêle à la tendresse furieuse que j'éprouve pour elle. Je la laisse seule et ferme la porte de ma chambre, m'allonge sur ma couette, coupable et courroucée de l'être. »
Premier prix : Vous détestez la grisaille et la nuit qui tombe à 16 h 30 ? Vivez une année sans mois de novembre ! Lorsqu'elle tombe sur un petit flyer vantant les mérites d'une tombola locale en ces termes, Camille comprend d'emblée qu'elle va jouer, et gagner. Durant ce mois de non-novembre, un étrange temps suspendu l'invite à emprunter quelques chemins inexplorés, tandis qu'alentour, le monde continue son petit manège habituel. En acceptant de perdre ses repères, d'abord un peu hésitante, puis entièrement chamboulée, Camille se laissera porter par l'étrangeté dont jaillira peu à peu la compréhension de sa propre histoire. « Je suis prise d'un vertige étourdissant. L'espace d'un instant, je me demande si je vais réussir à tenir debout, ou m'écrouler sur place. Mais je tiens bon - je veux ce lot. Je parviens jusqu'à l'homme, en ayant la sensation d'avoir gravi un volcan dont l'éruption est proche. Je transpire, je bouillonne, j'ai presque l'odeur du soufre dans les narines. Il me tend une enveloppe terriblement insignifiante d'un air joyeux, en me faisant la bise. J'ai l'impression d'être dans un mauvais jeu télévisé. Au passage, il me souffle six mots à l'oreille. - Vous seule devez ouvrir ce pli. Bien que murmurée, cette phrase est dite avec autorité. Le genre d'autorité qui ne se discute pas, tant elle semble évidente, et respectable. »
Les chemins de Gaby, Marianne, et Juliette convergent inexorablement vers un même événement tragique : un attentat. Mais pas de revendication derrière ce complot-là. Une préparation plus rageuse que minutieuse. Un attentat domestique plus que politique. Gaby, la quarantaine, est amoureuse de Vasco, jeune ingénieur agronome. Elle supporte avec abnégation son égoïsme et sa goujaterie jusqu'à ce que le détail de trop la fasse exploser. Juliette, passionnée de pyrotechnie, prépare un projet terriblement secret. Marianne s'inquiète de la présence incongrue et menaçante d'une femme, devant chez elle. Et si cette silhouette grise avait quelque chose à voir avec la disparition tragique de son père ? L'instigatrice de l'attentat parviendra à ses fins. L'explosion aura bien lieu, influant sur le destin des trois femmes.
Melchior, aristocrate schizophrène, Spot, voyou notoire, et Doudou, prétentieuse élégante, se partagent une maison, un jardin, une impasse à Shanghai. La cohabitation n'est pas de tout repos, mais les saisons passent, rythmées par les mêmes constantes : l'heure des croquinettes, l'observation des bipèdes de compagnie aux moeurs déconcertantes, les siestes sur le sol chaud de la terrasse, la chasse à la blatte ou aux kikis. Un jour, pourtant, rien ne va plus sous les bambalous... Melchior, Spot et Doudou sont des chats. Leurs aventures félines se déploient en chroniques drôles, poétiques, souvent fantasques, ignorantes du drame qui se joue pour leurs domestiques humains. Le charme de ce roman inclassable tient à la grâce et à la dérision dont se parent nos vies, contemplées avec des yeux de chats.