Bibliothèque Albin Michel poche
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« Marcel Brion, dans ce florilège de nouvelles, exprime d'une manière protéiforme le génie fantastique des lieux, jardins, demeures, villes, des objets, robes, statues, tableaux, et des climats, brouillard, crépuscule et nuit ; les sortilèges et les enchantements qu'ils recèlent pour révéler aux créatures humaines l'effraction éblouie de l'amour, la fascination funèbre de la mort, l'intrusion bouleversante de la mystique. Objets inanimés avez-vous donc une âme ? demandait le poète : Marcel Brion répond oui, et son art tout en subtilités allégoriques, en nuances féeriques, en glissements oniriques et initiatiques nous invite à le croire. » Joël Schmidt
Les premiers temps, d’ordinaire, la grève comporte un certain charme, pour les hommes surtout. On ne quitte plus le cabaret. On discute interminablement, on boit le reste de ses « dimanches », on rentre saoul chaque soir. Et c’est le bon temps pour les cabaretiers. Puis, l’argent se fait rare. Le crédit se lasse. S’il fait beau, ce n’est rien encore. Les uns s’en vont pêcher. D’autres jardinent. D’autres se promènent dans les champs. Des tas de gens vautrés dans l’herbe dorment au soleil, tels des rentiers. Mais quand la mauvaise saison arrive, et avec elle la disette, on commence à déchanter. La femme, elle, depuis le premier jour, a crié misère.
"Ce qui domine dans L'Enfer, c'est le fougueux désir du Corps, parfois le cri mystérieux du plus profond amour. C'est la plainte des opprimés, des peuples qui souffrent. Elle enflamme la ferveur révolutionnaire du romancier."