Bibliothèque allemande
Plongez dans La Mort à Venise, chef-d'œuvre intemporel de Thomas Mann, où un écrivain en quête d'inspiration découvre à Venise une beauté envoûtante et une passion interdite.
1519 : un Portugais nommé Magellan, banni par son roi, persuade Charles Quint de financer une expédition folle. Son objectif ? Trouver un passage vers l’ouest et prouver que la Terre est ronde. Trois ans plus tard, un seul navire rentre à Séville.
Plongez dans Les Buddenbrook, chef-d’œuvre de Thomas Mann, saga familiale culte du déclin d’une dynastie marchande allemande.
1542 : une enfant de six jours devient reine d’Écosse. 1567 : une femme de vingt-cinq ans perd tout. Entre ces deux dates, Marie Stuart incarne l’éclat et la chute, la passion et la trahison.
Stefan Zweig, génie de la nouvelle psychologique (Amok, 1922 ; Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme, 1925 ; Le Joueur d'échecs, 1942, etc...) est entré tôt en dialogue avec le fondateur de la psychanalyse. Dans l'essai qu'il lui consacre en 1931, il trace de lui un portrait particulièrement vivant. Nourri des multiples entretiens qu'eurent les deux hommes, ce texte s'enracine dans la « conception intuitive » qu'avait Zweig de cette nouvelle discipline. L'auteur du Monde d'hier ne fut pas un freudien « de stricte observance ». À l'instar de Freud lui-même, il craignait l'utilisation de la méthode par des « mains maladroites ». Mais surtout l'hommage sincère qu'il rend à une figure à ses yeux incomparable allait de pair avec une prise de distance sur des points importants. Les impulsions reçues comme les convergences mises au jour se doublent ainsi du souci de sauvegarder l'autonomie de sa vision et celle de la création littéraire. À bonne distance des thuriféraires et des renégats, Zweig nous a laissé une présentation exceptionnelle de l'homme Freud, des grands motifs, révolutionnaires, qui structurent ses écrits, de l'évolution de son oeuvre, de Vienne à l'exil londonien.
Salzbourg, 1920. Jedermann, pièce fondatrice du Festival, interroge la condition humaine à travers le destin d’un homme riche et orgueilleux, confronté à la mort et à la rédemption.
Découvrez le destin tragique de Marie-Antoinette, reine de France, à travers le regard perçant de Stefan Zweig.
L'Étude de la poésie grecque représente la partie de l'oeuvre du cadet des Schlegel antérieure à l'avènement du premier romantisme concrétisé par la publication de l'Athenäum dont les initiateurs furent les frères Schlegel et le jeune Novalis. Contrairement à ce que semble indiquer la date d'impression de L'Étude de la poésie grecque (1797), c'est à partir de 1795 que Friedrich Schlegel rédige son traité. À cette date, il est encore tenant d'une esthétique normative du Beau, objective et naturelle. Il lui oppose celle des Modernes qui relève, selon lui, du subjectif, de l'artifice, voire du laid. Pour autant, son analyse, fouillée et subtile, par endroits d'une interprétation délicate, révèle un analyste en chemin vers une conception de l'art qui trouvera à se formuler justement dans les livraisons de la nouvelle revue. Vue sous cet angle, L'Étude de la poésie grecque est le moment clé où se produit le basculement annonciateur de la nouvelle axiologie.
Le Fouché (1929) de Stefan Zweig occupe une place à part dans la série des Vies. L'ouvrage a pour cadre la France de la Révolution et de l'Empire. L'existence de celui qui fut associé à la Terreur, au règne napoléonien et à la Restauration comme « massacreur » et policier impitoyable n'est comparable à aucune autre. À bonne distance de la perspective universitaire illustrée par Louis Madelin (1901), Zweig s'est attaché à retracer la genèse psychologique d'une personnalité dont la cuirasse construite dans les épreuves et les humiliations fait obstacle à tout sentiment de sympathie de la part du lecteur. Chronologique, le récit est découpé en une suite de neuf chapitres. Son trait spécifique est une exceptionnelle intensité dramatique. Les face-à-face de Fouché avec Robespierre jusqu'à Thermidor puis avec un Napoléon dérivant vers la tyrannie avant d'être entraîné dans une chute inexorable, théâtralisent les moments clés d'une histoire aux retournements inattendus. Ces instants où opportunisme, conquête et volonté de conservation amorales du pouvoir se mêlent inexorablement, sont, aux yeux de Zweig, l'image désespérante du temps présent.
Dans la chaleur torride d'un début d'été, la très belle Cécile, épouse d'un riche officier en retraite, rencontre l'ingénieur civil Gordon. C'est un coup de foudre. L'atmosphère dans les montagnes du Harz est idyllique mais l'issue tragique est inévitable. Rebelle à la misogynie qui habite les lettres française et allemande, Fontane fait de Cécile une victime de la société et des préjugés masculins. À l'arrière-plan du récit, mais pour mieux l'éclairer, Fontane nous livre un tableau politique, social et religieux d'une Allemagne bismarckienne encore dominée par une aristocratie qui répugne à abandonner ses privilèges.
La publication de ce texte, fruit de la découverte fortuite d'une copie authentique du manuscrit, date de 1910/1911 seulement. Il s'agit de la première mouture des Années d'apprentissage de Wilhelm Meister. Les similitudes (personnages, situations...) sont fortes entre les deux versions. Mais La Vocation est plus proche du monde du théâtre dont elle dessine un tableau coloré, évoquant le monde des actrices et des acteurs, ses intrigues, ses affaires parfois louches. Elle offre également un panorama des formes populaires que sont les spectacles de foire, les jeux de marionnettes, les improvisations. C'est un Goethe jeune qui s'exprime ici au moment où se constitue un répertoire national nourri de Shakespeare. On s'est interrogé sur les raisons pour lesquelles Goethe a interrompu prématurément son récit. C'est en fait l'enfermement du protagoniste dans l'imitation d'Hamlet, ce « procrastinateur mélancolique », et la confusion de la fiction et du réel qui rendent compte de l'inaboutissement d'un projet appelé à s'accomplir à la lumière d'une anthropologie renouvelée.
À travers les huit nouvelles publiées entre 1862 et 1881 et réunies dans ce volume, Storm apparaît comme le maître d'un genre narratif dans lequel l'Allemagne a affirmé sa suprématie. Organisé autour de motifs et d'intrigues d'une grande âpreté, l'univers stormien s'y révèle dans toute sa profondeur. Les personnages, ballottés au gré d'événements qu'ils ne maîtrisent pas, se heurtent aux préjugés, aux contraintes de la société, à des obstacles imprévus ou insidieux. La révolte toutefois n'est pas leur fait. Face à l'inexorable écoulement du temps, ils optent le plus souvent pour une résignation douce-amère. Plus que tout autre écrivain de son temps, Storm incarne très tôt l'« inquiétante étrangeté » (das Unheimliche) freudienne, consubstantielle à sa perception du monde.
À travers ses trois drames dont les sujets sont empruntés à l'histoire et à la mythologie grecques, Sappho (1818), La Toison d'or (1821) et Les Vagues de la mer et de l'amour (1831), Franz Grillparzer (1791-1872) s'inscrit dans la tradition de la grande tragédie allemande (Goethe et Schiller) dont il est sans doute l'ultime héritier. Revisitant l'Antiquité avec le regard nostalgique de celui qui se voit comme « le dernier des poètes dans une époque prosaïque », il brosse trois remarquables portraits d'héroïnes mythiques (Sappho, Médée, Héro) écartelées entre une vocation sacrée et un amour profane qui tout à la fois les arrache et les rend à elles-mêmes, mais au prix de la vie. Placée sous le double signe d'Éros et de Thanatos, cette expérience transgressive de la passion met à l'épreuve la relation de l'individu à l'autre, au monde et à soi. Franz Grillparzer, ce fils des Lumières profondément enraciné dans la culture classique et antique, explore les ressorts de cette crise d'identité avec une acuité psychologique et une sensibilité analytique qui, à maints égards, font de lui un des pionniers de la modernité viennoise.