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Tout le monde connaît le Petit Chose (1868), les Lettres de mon moulin (1869), Tartarin de Tarascon (1872), les Contes du lundi (1873) et aussi l'Arlésienne dont Bizet a tiré un célèbre opéra. On lit encore avec beaucoup d'intérêt et de plaisir ces chefs-d'oeuvre d'Alphonse Daudet. Ils sont tous largement autobiographiques. Le premier conte son expérience de « répétiteur » pauvre dans un collège d'Alès. Les autres sentent bon la Provence et se souviennent de sa naissance à Nîmes en 1840, de ses vacances au pays du soleil, de la bonne humeur et de la galéjade. Mort à 57 ans en 1897, Alphonse Daudet reste bien vivant dans l'imaginaire collectif. On aura plaisir à en savoir un peu plus sur lui, sa famille et son entourage, sur ses autres oeuvres et sa façon d'écrire, sur sa vie d'homme célèbre et sa fin douloureuse, grâce à ce petit livre écrit par Alain Gérard avec un entrain digne de celui dont il fait revivre le destin.
Né à Marseille en 1868, Isaac dit André Suarès est mort en 1948, il y a un demi-siècle, à Saint-Maur-des-Fossés. Auteur dramatique, poète, essayiste, il a consacré toute une vie solitaire à une oeuvre qui témoigne de son goût exclusif pour l'héroïsme, la force et la grandeur. Dans ses récits de voyages, ses essais et ses romans, il montre comment on n'atteint la paix intérieure que par la possession simultanée de soi-même et de la beauté. Historien, musicologue, critique littéraire, poète et moraliste, il a donné une oeuvre variée, pleine d'un lyrisme amer. Il a laissé une importante correspondance avec Romain Rolland, son ami depuis 1888 (publiée en 1954), avec Claudel (en 1951), Péguy (en 1961), Rouault (en 1960) et Gide (en 1963). On a même publié un recueil insolite des lettres qu'il n'avait pas envoyées (Ignorées du destinataire, 1955). En 1939, il a imprimé de prémonitoires Vues sur l'Europe et a écrit sur Marseille, en 1931, un Marsiho à son image, c'est-à-dire débordant d'un dépit amoureux. Le fulgurant récit de Robert Parienté retrace avec passion la vie et l'oeuvre de celui qui tira en 1910 son premier chef-d'oeuvre, Voyage du Condottiere, d'un séjour au pays de toutes les beautés, l'Italie.
La Cigale et la Fourmi, le Corbeau et le Renard, chacun connaît au moins le titre et le sujet de quelques Fables de La Fontaine. Mais on ignore que sa célébrité, tardive, lui est venue de ses Contes, dont les premiers ont été publiés en 1664 (il a 43 ans), quatre ans avant ses premières Fables (1668). Il considérait ces chefs-d'oeuvre comme des « bagatelles » et il s'est toute sa vie efforcé d'acquérir le succès dans d'autres « genres », plus à la mode ou plus prestigieux. Il a écrit des élégies, des comédies, des opéras, un roman, plusieurs sortes d'épopées dont une sur la chasteté conjugale, un poème scientifique sur le Quinquina, remède qu'on venait de découvrir. Quand il meurt en 1695, à l'âge de 74 ans, il s'applique à une traduction des Psaumes en vers français. Nul, plus que lui, n'a davantage parlé de soi dans son oeuvre, en un siècle où on disait le « moi haïssable ». Nul n'est cependant plus mystérieux. Spécialiste de l'époque où vivait La Fontaine, Roger Duchêne conte avec une affectueuse sympathie les contradictions d'un grand poète qui a toujours hésité entre la difficile liberté du loup et les « félicités » de la servitude du chien.