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Nos rayons et sélections

Connaissance de l'inconscient

52 livres
Couverture ebook de Hôtel du Brésil, de Pierre Bergounioux
Gallimard | 22 mai 2019

"Si rien n'est plus manifeste que l'inconscient, depuis que Freud a passé, il résidait bien moins en nous, pour moi, pour d'autres, qu'à notre porte, dans les choses qui nous assiégeaient, leur dureté, leur mutisme, la tyrannie qu'elles exerçaient sur nos sentiments, les pensées qu'elles nous inspiraient forcément." Pierre Bergounioux s'explique ici sur un certain éloignement, et d'abord géographique, vis-à-vis de la psychanalyse, que le nom de Freud, gravé dans le marbre au-dessus de l'entrée d'un hôtel parisien, confirmera un peu plus tard. Il raconte comment il a affronté un trouble profond, étroitement localisé, auquel les remèdes qui pouvaient parvenir du dehors - l'apport de Freud, la méthode analytique, le divan - étaient impropres.

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Couverture ebook de Hôtel du Brésil, de Pierre Bergounioux
Gallimard | 22 mai 2019

"Si rien n'est plus manifeste que l'inconscient, depuis que Freud a passé, il résidait bien moins en nous, pour moi, pour d'autres, qu'à notre porte, dans les choses qui nous assiégeaient, leur dureté, leur mutisme, la tyrannie qu'elles exerçaient sur nos sentiments, les pensées qu'elles nous inspiraient forcément." Pierre Bergounioux s'explique ici sur un certain éloignement, et d'abord géographique, vis-à-vis de la psychanalyse, que le nom de Freud, gravé dans le marbre au-dessus de l'entrée d'un hôtel parisien, confirmera un peu plus tard. Il raconte comment il a affronté un trouble profond, étroitement localisé, auquel les remèdes qui pouvaient parvenir du dehors - l'apport de Freud, la méthode analytique, le divan - étaient impropres.

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Couverture ebook de De la perte et d´autres bonheurs, de Jean Mattern
Gallimard | 2 octobre 2016

Longtemps après l'adolescence, Jean Mattern relit la "fantaisie pompéienne" de Wilhelm Jensen, discret écrivain munichois (1837-1911), et le commentaire que Freud en a fait en 1907. À la suite d'un rêve qui redonne vie à une figure de marbre antique, un jeune archéologue se rend dans un état second à Pompéi. La jeune femme de son rêve vit en réalité en bas de chez lui, et n'est autre que son amie d'enfance, oubliée : elle le suivra dans son voyage, le guérira de son délire en y entrant et en utilisant les mêmes médicaments langagiers que le psychanalyste. L'amour est médecin, et la psychanalyse est une archéologie de l'amour. Jean Mattern entre-tisse plusieurs fils dans cet essai : celui de sa propre psychanalyse, de ses pertes et de ses deuils, celui d'une découverte vitale singulière ; le fil de l'éclairage que sa deuxième lecture du Délire et les rêves à trente ans de distance projette sur la première, et sur lui-même ; celui réciproque qu'il porte sur le texte de Freud. L'auteur s'expose et s'explique simplement, directement, au grand jour. Mais l'énigme de son enquête rappelle que, dans Pompéi enseveli, la lumière de midi accueille des fantômes.

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Couverture ebook de De la perte et d´autres bonheurs, de Jean Mattern
Gallimard | 2 octobre 2016

Longtemps après l'adolescence, Jean Mattern relit la "fantaisie pompéienne" de Wilhelm Jensen, discret écrivain munichois (1837-1911), et le commentaire que Freud en a fait en 1907. À la suite d'un rêve qui redonne vie à une figure de marbre antique, un jeune archéologue se rend dans un état second à Pompéi. La jeune femme de son rêve vit en réalité en bas de chez lui, et n'est autre que son amie d'enfance, oubliée : elle le suivra dans son voyage, le guérira de son délire en y entrant et en utilisant les mêmes médicaments langagiers que le psychanalyste. L'amour est médecin, et la psychanalyse est une archéologie de l'amour. Jean Mattern entre-tisse plusieurs fils dans cet essai : celui de sa propre psychanalyse, de ses pertes et de ses deuils, celui d'une découverte vitale singulière ; le fil de l'éclairage que sa deuxième lecture du Délire et les rêves à trente ans de distance projette sur la première, et sur lui-même ; celui réciproque qu'il porte sur le texte de Freud. L'auteur s'expose et s'explique simplement, directement, au grand jour. Mais l'énigme de son enquête rappelle que, dans Pompéi enseveli, la lumière de midi accueille des fantômes.

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Couverture ebook de Des histoires chiffonnées (1938-2018), de Yann Diener
Gallimard | 12 juin 2019

Au retour d'un voyage à Vienne début 2018 - c'est-à-dire au lendemain du retour de l'extrême droite au pouvoir en Autriche -, Yann Diener écrit un texte intitulé 'Vienne, toujours freudienne?' pour la chronique qu'il tient dans Charlie Hebdo. Ce texte l'incite à réunir les chroniques dans lesquelles il traitait déjà du concept de répétition. Comme ces chroniques, les chapitres qui les prolongent ici obéissent à l'exigence d'articuler des concepts de la psychanalyse à des questions politiques, pour pouvoir repérer les plis d'une Histoire chiffonnée. Chiffonnée, comme disait le "petit Hans" à propos de sa girafe ; chiffonnée, comme l'histoire même de ce livre (Yann Diener a en effet pris la suite de la chronique que tenait Elsa Cayat jusqu'à sa mort dans l'attentat du 7 janvier 2015). Mais la connotation négative du mot - qu'est-ce qui te chiffonne? - cède ici la place à une conceptualisation progressive, d'un pli à l'autre. Le chiffonné, qui n'a pas encore beaucoup attiré l'attention des analystes, est un objet théorique qui vient du champ de la physique autant que du rêve d'un jeune garçon de cinq ans vivant à Vienne au début du XXe siècle.

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Couverture ebook de Des histoires chiffonnées (1938-2018), de Yann Diener
Gallimard | 12 juin 2019

Au retour d'un voyage à Vienne début 2018 - c'est-à-dire au lendemain du retour de l'extrême droite au pouvoir en Autriche -, Yann Diener écrit un texte intitulé 'Vienne, toujours freudienne?' pour la chronique qu'il tient dans Charlie Hebdo. Ce texte l'incite à réunir les chroniques dans lesquelles il traitait déjà du concept de répétition. Comme ces chroniques, les chapitres qui les prolongent ici obéissent à l'exigence d'articuler des concepts de la psychanalyse à des questions politiques, pour pouvoir repérer les plis d'une Histoire chiffonnée. Chiffonnée, comme disait le "petit Hans" à propos de sa girafe ; chiffonnée, comme l'histoire même de ce livre (Yann Diener a en effet pris la suite de la chronique que tenait Elsa Cayat jusqu'à sa mort dans l'attentat du 7 janvier 2015). Mais la connotation négative du mot - qu'est-ce qui te chiffonne? - cède ici la place à une conceptualisation progressive, d'un pli à l'autre. Le chiffonné, qui n'a pas encore beaucoup attiré l'attention des analystes, est un objet théorique qui vient du champ de la physique autant que du rêve d'un jeune garçon de cinq ans vivant à Vienne au début du XXe siècle.

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Couverture ebook de Topique de l'instant, de François Gantheret
Gallimard | 14 mars 2018

"Comme souvent je me regardais dans le miroir. Je scrutais mon visage. Pour voir quoi? J'ai souri et haussé les épaules, en pensant que j'en étais encore à mon âge à vérifier mes attributs de séduction, quand tout a basculé. J'ai vu, j'ai réalisé, j'ai eu la certitude et connu cette évidence : ce n'était pas moi qui contemplais mon image, c'est ce visage dans le miroir qui me regardait ; ce sont ces yeux qui me scrutaient, qui me demandaient raison d'être tel que je suis, ces yeux qui exploraient le fond des miens, à la recherche de mon âme. J'étais sommé de répondre et j'étais muet. Il me fallait en ressortir : celui qui, d'au-delà la surface du miroir, me jaugeait, s'est absenté peu à peu, j'ai rassemblé les morceaux de ce qu'il regardait et je les apporte. Que voyez-vous, vous?" Je ne réponds pas. Je laisse ouvert ce vide de lui, ce vide en moi. Je laisse entrouverte la seule porte donnant sur le temps.

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Couverture ebook de Topique de l'instant, de François Gantheret
Gallimard | 14 mars 2018

"Comme souvent je me regardais dans le miroir. Je scrutais mon visage. Pour voir quoi? J'ai souri et haussé les épaules, en pensant que j'en étais encore à mon âge à vérifier mes attributs de séduction, quand tout a basculé. J'ai vu, j'ai réalisé, j'ai eu la certitude et connu cette évidence : ce n'était pas moi qui contemplais mon image, c'est ce visage dans le miroir qui me regardait ; ce sont ces yeux qui me scrutaient, qui me demandaient raison d'être tel que je suis, ces yeux qui exploraient le fond des miens, à la recherche de mon âme. J'étais sommé de répondre et j'étais muet. Il me fallait en ressortir : celui qui, d'au-delà la surface du miroir, me jaugeait, s'est absenté peu à peu, j'ai rassemblé les morceaux de ce qu'il regardait et je les apporte. Que voyez-vous, vous?" Je ne réponds pas. Je laisse ouvert ce vide de lui, ce vide en moi. Je laisse entrouverte la seule porte donnant sur le temps.

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Couverture ebook de Où étiez-vous ?, de Miguel De Azambuja
Gallimard | 29 mars 2017

Dans les lignes invisibles de tout curriculum vitae, on trouve le récit de quelques rêves, l'émerveillement des premières lectures, l'histoire des apparitions et des disparitions qui ont forgé nos existences. Comment quelqu'un apparaît-il dans ma vie ? Comment quelqu'un en disparaît-il ? M. L. disait dans une séance qu'il avait réalisé, de manière soudaine, qu'il ne retrouvait plus son sourire : "Je ne comprends pas, c'est justement son sourire qui m'avait attiré en premier, son sourire ouvrait quelque chose en moi, ici, dedans." Et il se touchait la poitrine. Son sourire, sa démarche, la courbe de ses hanches, tous ces signes qui lui avaient permis de (re)trouver l'objet aimé désertaient désormais, dans un strip tease irréversible et cruel. Il a fallu se rendre un jour à l'évidence : la femme qu'il avait aimée avait disparu, et il partageait maintenant sa vie avec une inconnue. "Cela me faisait penser à une phrase de Rita Hayworth, déesse désabusée : They go to bed with Gilda, they wake up with me." On est saisi, avec l'auteur, par les apparitions et les disparitions, légères et graves, qui sont l'ordinaire de la séance d'analyse et - différemment - de la vie. On est saisi par leurs questions : où étais-je passé ? Pourquoi as-tu disparu ? Où étiez-vous ? Vous : le temps passé, nos rêveries, les personnes chères. Ce livre se lit aussi comme l'hommage discret et souriant de l'auteur à son ami J.-B. Pontalis.

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Couverture ebook de Où étiez-vous ?, de Miguel De Azambuja
Gallimard | 29 mars 2017

Dans les lignes invisibles de tout curriculum vitae, on trouve le récit de quelques rêves, l'émerveillement des premières lectures, l'histoire des apparitions et des disparitions qui ont forgé nos existences. Comment quelqu'un apparaît-il dans ma vie ? Comment quelqu'un en disparaît-il ? M. L. disait dans une séance qu'il avait réalisé, de manière soudaine, qu'il ne retrouvait plus son sourire : "Je ne comprends pas, c'est justement son sourire qui m'avait attiré en premier, son sourire ouvrait quelque chose en moi, ici, dedans." Et il se touchait la poitrine. Son sourire, sa démarche, la courbe de ses hanches, tous ces signes qui lui avaient permis de (re)trouver l'objet aimé désertaient désormais, dans un strip tease irréversible et cruel. Il a fallu se rendre un jour à l'évidence : la femme qu'il avait aimée avait disparu, et il partageait maintenant sa vie avec une inconnue. "Cela me faisait penser à une phrase de Rita Hayworth, déesse désabusée : They go to bed with Gilda, they wake up with me." On est saisi, avec l'auteur, par les apparitions et les disparitions, légères et graves, qui sont l'ordinaire de la séance d'analyse et - différemment - de la vie. On est saisi par leurs questions : où étais-je passé ? Pourquoi as-tu disparu ? Où étiez-vous ? Vous : le temps passé, nos rêveries, les personnes chères. Ce livre se lit aussi comme l'hommage discret et souriant de l'auteur à son ami J.-B. Pontalis.

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Couverture ebook de Lettres 1904-1937, de Eugen Bleuler, Sigmund Freud
Gallimard | 19 octobre 2016

Voici sans doute la dernière des grandes correspondances de Freud. Eugen Bleuler l'inventeur du concept de schizophrénie, et d'autisme dans un autre sens que celui d'aujourd'hui est le premier psychiatre universitaire à prendre au sérieux les thèses freudiennes, en les important dans la théorie et au Burghlzli, clinique psychiatrique de Zurich, qu'il dirige (où se forment Carl G. Jung, Max Eitingon, Karl Abraham, Abraham Brill, Ludwig Binswanger). Là, ensemble, chaque matin, les médecins analysent avec enthousiasme leurs rêves de la nuit et, au vu de ce qu'ils y découvrent, ils interdisent à leurs épouses d'en faire autant Bleuler fait une "psychanalyse" par lettres, avec Freud, et non sans résistance : il croit à l'expérimentation, veut des preuves, a du mal avec ses rêves, n'aime guère la sexualité, surtout inconsciente. Rien ne le prédispose à suivre la découverte freudienne, sinon son honnêteté intellectuelle et sa passion de soignant. Freud, de son côté, souhaite introduire la psychanalyse dans le champ de la psychiatrie et, parallèlement, la sortir de Vienne : Zurich deviendra le centre mondial de la psychanalyse, à la fois universitaire et clinique, jusqu'à la rupture avec Jung en 1912-1913. À l'arrière-plan de ces lettres et de leurs visées divergentes, se dessine l'histoire conflictuelle du mouvement analytique création de l'Association psychanalytique internationale, dissension avec Jung, séparation de Freud et de l'école dite de Zurich. L'échange dure trente-trois ans, et il est plus étroit et vif que ce que l'on savait, entre deux hommes droits, passionnés, qui ont de fortes divergences. Au coeur du désaccord, le rapport ambigu que la psychiatrie entretient déjà avec l'analyse. Tina Joos-Bleuler rappelle en avant-propos les difficultés qui ont retardé cette publication. Michael Schrter, spécialiste de la correspondance de Freud, étudie les rapports de Bleuler avec la psychanalyse. Bernhard Küchenhoff, directeur adjoint de la clinique du Burghlzli, envisage les conceptions divergentes de la psychose par Freud et par Bleuler. Thomas Lepoutre, chercheur associé au Centre de recherches psychanalyse, médecine et société, et François Villa, membre de l'Association psychanalytique de France, professeur des universités, présentent cette correspondance comme un écho anticipé du divorce entre la psychiatrie française actuelle et la psychanalyse.

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Couverture ebook de Lettres 1904-1937, de Eugen Bleuler, Sigmund Freud
Gallimard | 19 octobre 2016

Voici sans doute la dernière des grandes correspondances de Freud. Eugen Bleuler l'inventeur du concept de schizophrénie, et d'autisme dans un autre sens que celui d'aujourd'hui est le premier psychiatre universitaire à prendre au sérieux les thèses freudiennes, en les important dans la théorie et au Burghlzli, clinique psychiatrique de Zurich, qu'il dirige (où se forment Carl G. Jung, Max Eitingon, Karl Abraham, Abraham Brill, Ludwig Binswanger). Là, ensemble, chaque matin, les médecins analysent avec enthousiasme leurs rêves de la nuit et, au vu de ce qu'ils y découvrent, ils interdisent à leurs épouses d'en faire autant Bleuler fait une "psychanalyse" par lettres, avec Freud, et non sans résistance : il croit à l'expérimentation, veut des preuves, a du mal avec ses rêves, n'aime guère la sexualité, surtout inconsciente. Rien ne le prédispose à suivre la découverte freudienne, sinon son honnêteté intellectuelle et sa passion de soignant. Freud, de son côté, souhaite introduire la psychanalyse dans le champ de la psychiatrie et, parallèlement, la sortir de Vienne : Zurich deviendra le centre mondial de la psychanalyse, à la fois universitaire et clinique, jusqu'à la rupture avec Jung en 1912-1913. À l'arrière-plan de ces lettres et de leurs visées divergentes, se dessine l'histoire conflictuelle du mouvement analytique création de l'Association psychanalytique internationale, dissension avec Jung, séparation de Freud et de l'école dite de Zurich. L'échange dure trente-trois ans, et il est plus étroit et vif que ce que l'on savait, entre deux hommes droits, passionnés, qui ont de fortes divergences. Au coeur du désaccord, le rapport ambigu que la psychiatrie entretient déjà avec l'analyse. Tina Joos-Bleuler rappelle en avant-propos les difficultés qui ont retardé cette publication. Michael Schrter, spécialiste de la correspondance de Freud, étudie les rapports de Bleuler avec la psychanalyse. Bernhard Küchenhoff, directeur adjoint de la clinique du Burghlzli, envisage les conceptions divergentes de la psychose par Freud et par Bleuler. Thomas Lepoutre, chercheur associé au Centre de recherches psychanalyse, médecine et société, et François Villa, membre de l'Association psychanalytique de France, professeur des universités, présentent cette correspondance comme un écho anticipé du divorce entre la psychiatrie française actuelle et la psychanalyse.

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Couverture ebook de Un personnage en quête de sublimations, de Mathilde Girard
Gallimard | 23 octobre 2019

La sublimation - la dérivation des pulsions vers des objets non sexuels, socialement valorisés - est un concept psychanalytique insatisfaisant : depuis 1905 que Freud l'a décrite, on ne voit clairement ni son mécanisme ni sa genèse. Le 'personnage' en question est donc d'abord l'auteur, en quête du concept. Mais c'est aussi, c'est surtout, le Léonard de Freud, le Monsieur Teste de Valéry, le Richard III de Shakespeare, le Valéry de Pontalis, sans oublier ces femmes 'à passions élémentaires, enfants de la nature qui refusent d'échanger le matériel contre le psychique' : autant de personnages vivant d'une vie intermédiaire, mi-héros de papier, mi-personnes réelles. Mathilde Girard fragmente ainsi le concept de sublimation en petites quantités - rencontres, parcours croisés, passions discrètes, dérives nouvelles. Elle en étudie la survenue, l'activité : quand? de quelle manière? Pourquoi chez l'un et pas chez l'autre, pourquoi chez ce personnage qui est 'souvent un homme, et même un homme génial'? 'Dans son génie, il ressemble à l'enfant qu'il était, qu'il a gardé en lui. Il fait des projets, des croquis d'espaces, des dessins d'oiseau. Parfois il part dans ses pensées pendant longtemps. Il s'abstrait. Il s'excepte du monde.' Ce livre est l'histoire d'un personnage passionnel qui se heurte exemplairement à nos raisons culturelles.

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Couverture ebook de Un personnage en quête de sublimations, de Mathilde Girard
Gallimard | 23 octobre 2019

La sublimation - la dérivation des pulsions vers des objets non sexuels, socialement valorisés - est un concept psychanalytique insatisfaisant : depuis 1905 que Freud l'a décrite, on ne voit clairement ni son mécanisme ni sa genèse. Le 'personnage' en question est donc d'abord l'auteur, en quête du concept. Mais c'est aussi, c'est surtout, le Léonard de Freud, le Monsieur Teste de Valéry, le Richard III de Shakespeare, le Valéry de Pontalis, sans oublier ces femmes 'à passions élémentaires, enfants de la nature qui refusent d'échanger le matériel contre le psychique' : autant de personnages vivant d'une vie intermédiaire, mi-héros de papier, mi-personnes réelles. Mathilde Girard fragmente ainsi le concept de sublimation en petites quantités - rencontres, parcours croisés, passions discrètes, dérives nouvelles. Elle en étudie la survenue, l'activité : quand? de quelle manière? Pourquoi chez l'un et pas chez l'autre, pourquoi chez ce personnage qui est 'souvent un homme, et même un homme génial'? 'Dans son génie, il ressemble à l'enfant qu'il était, qu'il a gardé en lui. Il fait des projets, des croquis d'espaces, des dessins d'oiseau. Parfois il part dans ses pensées pendant longtemps. Il s'abstrait. Il s'excepte du monde.' Ce livre est l'histoire d'un personnage passionnel qui se heurte exemplairement à nos raisons culturelles.

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Couverture ebook de Pour et contre l'amour, de Jean-Claude Lavie
Gallimard | 12 septembre 2018

En attendant la femme aimée, au restaurant, un homme fait l'éloge de son amour - il s'appelle Pour. Un autre (le même) - c'est Contre - s'emploie à l'interrompre, à lui montrer qu'il est dans l'illusion, que cette femme est son invention. À mesure que l'échange avance, que les arguments se tendent et qu'on ne sait plus parfois si Pour l'est encore, le lecteur qui évoque ses expériences en pareille occurrence amoureuse reconnaît volontiers qu'il est convaincu par l'un et... par l'autre. En invoquant les paradoxes de la vie amoureuse - que de détours dans nos sincérités successives !-, l'auteur fait saisir dans quelle dépendance permanente nous sommes au registre de la pensée. Mais si nos pensées étaient soumises à nos passions ? Penser, n'est-ce pas avant tout être pour, être contre ? Aimer, n'est-ce pas avant tout penser qu'on aime ?

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Couverture ebook de Pour et contre l'amour, de Jean-Claude Lavie
Gallimard | 12 septembre 2018

En attendant la femme aimée, au restaurant, un homme fait l'éloge de son amour - il s'appelle Pour. Un autre (le même) - c'est Contre - s'emploie à l'interrompre, à lui montrer qu'il est dans l'illusion, que cette femme est son invention. À mesure que l'échange avance, que les arguments se tendent et qu'on ne sait plus parfois si Pour l'est encore, le lecteur qui évoque ses expériences en pareille occurrence amoureuse reconnaît volontiers qu'il est convaincu par l'un et... par l'autre. En invoquant les paradoxes de la vie amoureuse - que de détours dans nos sincérités successives !-, l'auteur fait saisir dans quelle dépendance permanente nous sommes au registre de la pensée. Mais si nos pensées étaient soumises à nos passions ? Penser, n'est-ce pas avant tout être pour, être contre ? Aimer, n'est-ce pas avant tout penser qu'on aime ?

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Couverture ebook de Neuf lettres sur la dissonance sexuelle, de Gilberte Gensel
Gallimard | 4 octobre 2017

Huit lettres, plus une au lecteur en manière d'épilogue - mais le lecteur est le vrai destinataire de ces lettres à : Lou Andreas-Salomé, Christine Angot, Alexis Géra (c'est alors à Monique Thiébaut, l'héroïne de Marguerite Yourcenar, que l'auteur prête sa plume), "En haut lieu" (c'est-à-dire à Freud), à Winnicott, Adam Phillips, Jacques Lacan, et à Michel Gribinski. Gilberte Gensel relève chaque fois une dissonance, un son désaccordé, et prend la plume pour tenter d'obtenir une sorte d'explication franche que sa lettre va imaginer, détailler et discuter. Or la fêlure incriminée est de près ou de loin de nature sexuelle. De très près, même, comme lorsque Lou Andreas-Salomé se permet d'écrire que "chez la femme l'appareil génital n'est guère qu'une partie du cloaque prise en location" ("en location!" s'agace Gilberte Gensel, avant de s'en prendre à ce bizarre "cloaque") ; ou lorsque Christine Angot évoque son père incestueux dans Un amour impossible, "comme s'il n'était pas mon père et que je n'étais pas son enfant" - et l'une de rappeler à l'autre qu'il n'y eut pas plus 'père' que le mythique "père de la horde primitive", qui possédait toutes les femmes et toutes les (ses) filles, et de lui poser la question indélicate s'il en est : "Qu'est-ce qu'un père ?" De plus loin, comme avec une singulière erreur répétitive de Lacan qui assagit involontairement une phrase célèbre de Freud. Et, à Freud, justement, que veut l'auteur ? Elle veut savoir, comme nous, ce qu'il aurait pensé du mariage pour tous. La dernière lettre, celle au lecteur, fait l'éloge de la dissonance sexuelle : la dissonance est sexuelle et ce qui ne dissone pas est monocorde, "ne trouvez-vous pas ? Et terriblement monotone".

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Couverture ebook de Neuf lettres sur la dissonance sexuelle, de Gilberte Gensel
Gallimard | 4 octobre 2017

Huit lettres, plus une au lecteur en manière d'épilogue - mais le lecteur est le vrai destinataire de ces lettres à : Lou Andreas-Salomé, Christine Angot, Alexis Géra (c'est alors à Monique Thiébaut, l'héroïne de Marguerite Yourcenar, que l'auteur prête sa plume), "En haut lieu" (c'est-à-dire à Freud), à Winnicott, Adam Phillips, Jacques Lacan, et à Michel Gribinski. Gilberte Gensel relève chaque fois une dissonance, un son désaccordé, et prend la plume pour tenter d'obtenir une sorte d'explication franche que sa lettre va imaginer, détailler et discuter. Or la fêlure incriminée est de près ou de loin de nature sexuelle. De très près, même, comme lorsque Lou Andreas-Salomé se permet d'écrire que "chez la femme l'appareil génital n'est guère qu'une partie du cloaque prise en location" ("en location!" s'agace Gilberte Gensel, avant de s'en prendre à ce bizarre "cloaque") ; ou lorsque Christine Angot évoque son père incestueux dans Un amour impossible, "comme s'il n'était pas mon père et que je n'étais pas son enfant" - et l'une de rappeler à l'autre qu'il n'y eut pas plus 'père' que le mythique "père de la horde primitive", qui possédait toutes les femmes et toutes les (ses) filles, et de lui poser la question indélicate s'il en est : "Qu'est-ce qu'un père ?" De plus loin, comme avec une singulière erreur répétitive de Lacan qui assagit involontairement une phrase célèbre de Freud. Et, à Freud, justement, que veut l'auteur ? Elle veut savoir, comme nous, ce qu'il aurait pensé du mariage pour tous. La dernière lettre, celle au lecteur, fait l'éloge de la dissonance sexuelle : la dissonance est sexuelle et ce qui ne dissone pas est monocorde, "ne trouvez-vous pas ? Et terriblement monotone".

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Couverture ebook de Quatre essais sur la vie de l´âme, de Jean-Claude Rolland
Gallimard | 16 avril 2015

"Un jour je ramènerai l'âme au bout de mon scalpel !" proclamait le maître de mon professeur d'anatomie. L'audace de ce défi qui m'arrachait au sommeil "bien-pensant" et aux tentations de l'obscurantisme me subjuguait. C'est ce même défi que j'ai trouvé, cette fois relevé chez Freud avec la notion d'appareil d'âme - le Seelischer Apparat - dont la représentation, sous le scalpel de la théorie, ne peut pas ne pas convaincre un esprit exigeant. Né du mariage de l'intérêt scientifique et de la passion culturelle, le concept d'appareil d'âme est si moderne qu'il n'est pas encore totalement admis dans les mentalités. La notion d'appareil, apparue là où on ne l'attendait vraiment pas, n'est pas une simple représentation de l'objet "âme" : elle rend à cet objet la réalité qui lui est propre - l'âme est le lieu où l'homme se révèle dans son irréductible "appareil". Cet appareil est immatériel, mais vivant. Il rayonne dans la durée, a une étendue - et "n'en sait rien", ajoutait Freud. Il a une épaisseur parce qu'il se développe par à-coups, chaque vague de sa croissance laissant des traces qui se superposent." La douleur, l'image, le processus et l'attente stratifient ces quatre essais sur la vie de l'âme et sa consistance indéniable. Au fil de pages inspirées, Jean-Claude Rolland retrouve cette consistance même dans la pratique de l'analyse et dans une clinique exploratrice où son invention de l'interprétation analogique entre en écho avec d'autres inventions, littéraires et picturales.

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Couverture ebook de Quatre essais sur la vie de l´âme, de Jean-Claude Rolland
Gallimard | 16 avril 2015

"Un jour je ramènerai l'âme au bout de mon scalpel !" proclamait le maître de mon professeur d'anatomie. L'audace de ce défi qui m'arrachait au sommeil "bien-pensant" et aux tentations de l'obscurantisme me subjuguait. C'est ce même défi que j'ai trouvé, cette fois relevé chez Freud avec la notion d'appareil d'âme - le Seelischer Apparat - dont la représentation, sous le scalpel de la théorie, ne peut pas ne pas convaincre un esprit exigeant. Né du mariage de l'intérêt scientifique et de la passion culturelle, le concept d'appareil d'âme est si moderne qu'il n'est pas encore totalement admis dans les mentalités. La notion d'appareil, apparue là où on ne l'attendait vraiment pas, n'est pas une simple représentation de l'objet "âme" : elle rend à cet objet la réalité qui lui est propre - l'âme est le lieu où l'homme se révèle dans son irréductible "appareil". Cet appareil est immatériel, mais vivant. Il rayonne dans la durée, a une étendue - et "n'en sait rien", ajoutait Freud. Il a une épaisseur parce qu'il se développe par à-coups, chaque vague de sa croissance laissant des traces qui se superposent." La douleur, l'image, le processus et l'attente stratifient ces quatre essais sur la vie de l'âme et sa consistance indéniable. Au fil de pages inspirées, Jean-Claude Rolland retrouve cette consistance même dans la pratique de l'analyse et dans une clinique exploratrice où son invention de l'interprétation analogique entre en écho avec d'autres inventions, littéraires et picturales.

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Couverture ebook de Éloge du Visible. Fondements imaginaires de la science, de Jean Clair
Gallimard | 25 septembre 2013

Intelligere et eligere sont proches dans la langue. Choix dans le fouillis du visible, la distinction est compréhension et beauté. Intelligence et élégance ont partie liée. Voir, comprendre, distinguer sont une même chose. Le vieux mot français de mire, pour dire le médecin, atteste encore l'affinité entre l'art de l'artiste, qui produit des choses "admirables", et le savoir du savant, qui regarde et qui garde. La science et l'art prennent soin du monde. Dans ce dialogue entre l'art et la science, la psychanalyse, prise entre le verbe et l'image, joue un rôle majeur. Elle n'est pas seulement contemporaine de Bcklin et de Klinger. Questionnant un corpus iconographique particulier pour valider sa démarche, de Moïse à Léonard de Vinci, se voulant à l'occasion, dans la Traumdeutung, une "science" de l'image, elle est aussi l'héritière du Symbolisme, et peut-être sa prisonnière. Rappelant les privilèges de ce que Goethe appelait Die Welt des Auges, cette suite d'essais se développe comme un plaidoyer pour une science romantique.

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Couverture ebook de Éloge du Visible. Fondements imaginaires de la science, de Jean Clair
Gallimard | 9 septembre 2013

Intelligere et eligere sont proches dans la langue. Choix dans le fouillis du visible, la distinction est compréhension et beauté. Intelligence et élégance ont partie liée. Voir, comprendre, distinguer sont une même chose. Le vieux mot français de mire, pour dire le médecin, atteste encore l'affinité entre l'art de l'artiste, qui produit des choses "admirables", et le savoir du savant, qui regarde et qui garde. La science et l'art prennent soin du monde. Dans ce dialogue entre l'art et la science, la psychanalyse, prise entre le verbe et l'image, joue un rôle majeur. Elle n'est pas seulement contemporaine de Bcklin et de Klinger. Questionnant un corpus iconographique particulier pour valider sa démarche, de Moïse à Léonard de Vinci, se voulant à l'occasion, dans la Traumdeutung, une "science" de l'image, elle est aussi l'héritière du Symbolisme, et peut-être sa prisonnière. Rappelant les privilèges de ce que Goethe appelait Die Welt des Auges, cette suite d'essais se développe comme un plaidoyer pour une science romantique.

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Couverture ebook de Une femme a passé, de Christian Jouhaud
Gallimard | 16 janvier 2019

L'historien qu'est Christian Jouhaud 'bégaie Gradiva' - l'héroïne du roman éponyme de Wilhelm Jensen - sur le mode des variations et fugues. Elle est 'fragment' du discours amoureux de Barthes, 'charme' chez Pontalis, modèle de peintre et maîtresse d'Eugène Delacroix au Maroc chez Alain Robbe-Grillet dans C'est Gradiva qui vous appelle ; 'escort girl de la théorie du rêve et Jeanne d'Arc de la jeune psychanalyse' chez un Freud qui réussit à transmettre le 'trouble poétique de cette histoire un peu niaise', en estompant - c'est un comble - la part la plus érotique du récit. Or Gradiva - c'est une vraie trouvaille de ce livre - n'est pas, voire pas du tout, celle que l'on croyait, et cela change tout - 'l'intrigue de Jensen a une voie d'eau'. Au bout d'une enquête qui ouvre sur le lecteur ordinaire de fiction qu'est Freud, l'auteur rendra malgré tout Gradiva, et nous avec elle, à l'énigme qu'elle est aussi : image intime et insaisissable - 'la passante de toujours. Celle des ruines là-bas et celle de Paris, celle du trouble et de l'émotion incomprise, celle des Fleurs du mal'. Une femme a passé.

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Couverture ebook de Une femme a passé, de Christian Jouhaud
Gallimard | 16 janvier 2019

L'historien qu'est Christian Jouhaud 'bégaie Gradiva' - l'héroïne du roman éponyme de Wilhelm Jensen - sur le mode des variations et fugues. Elle est 'fragment' du discours amoureux de Barthes, 'charme' chez Pontalis, modèle de peintre et maîtresse d'Eugène Delacroix au Maroc chez Alain Robbe-Grillet dans C'est Gradiva qui vous appelle ; 'escort girl de la théorie du rêve et Jeanne d'Arc de la jeune psychanalyse' chez un Freud qui réussit à transmettre le 'trouble poétique de cette histoire un peu niaise', en estompant - c'est un comble - la part la plus érotique du récit. Or Gradiva - c'est une vraie trouvaille de ce livre - n'est pas, voire pas du tout, celle que l'on croyait, et cela change tout - 'l'intrigue de Jensen a une voie d'eau'. Au bout d'une enquête qui ouvre sur le lecteur ordinaire de fiction qu'est Freud, l'auteur rendra malgré tout Gradiva, et nous avec elle, à l'énigme qu'elle est aussi : image intime et insaisissable - 'la passante de toujours. Celle des ruines là-bas et celle de Paris, celle du trouble et de l'émotion incomprise, celle des Fleurs du mal'. Une femme a passé.

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Couverture ebook de Les plaisirs non défendus, de Adam Phillips
Gallimard | 7 mars 2018

"On reconnaît à l'enfant sa bonté naturelle, son désir de s'oublier lui-même, de se désintéresser de lui-même, de s'absorber dans autre chose. Et l'extraordinaire vitalité de son désir : à la fois son hédonisme enthousiaste, amusé, et sa dureté. Il possède une ouverture au monde que le fait de grandir met en danger. En grandissant, l'innocence naturelle est remplacée par un péché sans originalité. L'intensité des plaisirs autorisés de l'enfance est reprise dans les travaux freudiens de Winnicott, et de Marion Milner. Ce que Winnicott a initié avec son idée du jeu, Marion Milner l'élabora en termes de capacité enfantine d'absorption. Dans ses travaux, les plaisirs interdits et autorisés de l'enfance furent vus comme inextricables, réciproquement stimulants, et jamais exclusifs. Pour elle, la pathologie impliquait un clivage entre l'interdit et l'autorisé." Inspirée par la grande littérature comme par les auteurs inventifs de la psychanalyse, la pensée originale d'Adam Phillips propose par touches claires une morale psychanalytique moderne, exigeante, qui est un enchantement pour l'intelligence.

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Couverture ebook de Les plaisirs non défendus, de Adam Phillips
Gallimard | 7 mars 2018

"On reconnaît à l'enfant sa bonté naturelle, son désir de s'oublier lui-même, de se désintéresser de lui-même, de s'absorber dans autre chose. Et l'extraordinaire vitalité de son désir : à la fois son hédonisme enthousiaste, amusé, et sa dureté. Il possède une ouverture au monde que le fait de grandir met en danger. En grandissant, l'innocence naturelle est remplacée par un péché sans originalité. L'intensité des plaisirs autorisés de l'enfance est reprise dans les travaux freudiens de Winnicott, et de Marion Milner. Ce que Winnicott a initié avec son idée du jeu, Marion Milner l'élabora en termes de capacité enfantine d'absorption. Dans ses travaux, les plaisirs interdits et autorisés de l'enfance furent vus comme inextricables, réciproquement stimulants, et jamais exclusifs. Pour elle, la pathologie impliquait un clivage entre l'interdit et l'autorisé." Inspirée par la grande littérature comme par les auteurs inventifs de la psychanalyse, la pensée originale d'Adam Phillips propose par touches claires une morale psychanalytique moderne, exigeante, qui est un enchantement pour l'intelligence.

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Couverture ebook de Des gens ordinaires. Avec George Orwell et Donald Woods, de Jean-françois Le goff
Gallimard | 14 février 2018

Le docteur Jean-François Le Goff était un homme intransigeant, comme ses deux héros, et, comme eux, il ne se payait pas de mots. Il a été emporté par une rechute imprévue de ce qu'il ne lui serait jamais venu à l'idée d'appeler une 'longue maladie'. Dans ce livre à son image, à la fois discret et engagé, se côtoient et se rencontrent deux auteurs peu conformes qui ne se sont pas connus : George Orwell (1903-1950) et Donald W. Winnicott (1896-1971) pour qui les gens ordinaires ont été un objet de pensée, d'écriture, de théorie. Orwell, qui prend leur parti les armes à la main en Espagne, finira par rejoindre les marginaux, les quelconques, et par être lui-même marginalisé dans le (petit) monde intellectuel ; Winnicott se battra pour que l'on écoute ce que les ordinary mothers (l'expression revient sans cesse dans ses travaux) ont à dire de leur propre ordinaire, mères banales vivant dans l'East End - quartier défavorisé -, mères aux enfants élevés avec les moyens du bord, femmes aux manières communes, passables, good-enough. Être ordinaire, c'est être de tous les jours. C'est aussi le début de la déshumanisation. L'écrivain et le psychanalyste ont lutté contre la déshumanisation. Dans de courts chapitres, l'auteur les fait se rencontrer, entre deux pages, deux citations, dans les couloirs de la BBC, dans un courrier. Il juxtapose, éloigne, compare, assemble ou dérange des pièces d'un puzzle imparfait, mais éclairant : pour faire entendre comment l'ordinaire informe les passions et la vie, il faut être soi-même insolite. En toile de fond, l'auteur évoque le vif de ses propres engagements et la Julia de 1984 se confond, à la fin du livre, avec une autre Julia, sans doute disparue en Amérique du Sud quand certains, après 1968, ne pouvaient renoncer à la vie extraordinaire et sont devenus des personnages de Chris Marker.

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Couverture ebook de Des gens ordinaires. Avec George Orwell et Donald Woods, de Jean-françois Le goff
Gallimard | 14 février 2018

Le docteur Jean-François Le Goff était un homme intransigeant, comme ses deux héros, et, comme eux, il ne se payait pas de mots. Il a été emporté par une rechute imprévue de ce qu'il ne lui serait jamais venu à l'idée d'appeler une 'longue maladie'. Dans ce livre à son image, à la fois discret et engagé, se côtoient et se rencontrent deux auteurs peu conformes qui ne se sont pas connus : George Orwell (1903-1950) et Donald W. Winnicott (1896-1971) pour qui les gens ordinaires ont été un objet de pensée, d'écriture, de théorie. Orwell, qui prend leur parti les armes à la main en Espagne, finira par rejoindre les marginaux, les quelconques, et par être lui-même marginalisé dans le (petit) monde intellectuel ; Winnicott se battra pour que l'on écoute ce que les ordinary mothers (l'expression revient sans cesse dans ses travaux) ont à dire de leur propre ordinaire, mères banales vivant dans l'East End - quartier défavorisé -, mères aux enfants élevés avec les moyens du bord, femmes aux manières communes, passables, good-enough. Être ordinaire, c'est être de tous les jours. C'est aussi le début de la déshumanisation. L'écrivain et le psychanalyste ont lutté contre la déshumanisation. Dans de courts chapitres, l'auteur les fait se rencontrer, entre deux pages, deux citations, dans les couloirs de la BBC, dans un courrier. Il juxtapose, éloigne, compare, assemble ou dérange des pièces d'un puzzle imparfait, mais éclairant : pour faire entendre comment l'ordinaire informe les passions et la vie, il faut être soi-même insolite. En toile de fond, l'auteur évoque le vif de ses propres engagements et la Julia de 1984 se confond, à la fin du livre, avec une autre Julia, sans doute disparue en Amérique du Sud quand certains, après 1968, ne pouvaient renoncer à la vie extraordinaire et sont devenus des personnages de Chris Marker.

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Couverture ebook de Sigmund Freud - Benedictus de Spinoza. Correspondance 1676-1938, de Michel Juffé
Gallimard | 16 mars 2016

Alors que Freud déclare à son ami Romain Rolland qu'il va écrire une série de textes sur Moïse, celui-ci l'invite à lire le Traité des autorités théologiques et politiques. Freud, proche de ses quatre-vingts ans, n'a jamais lu Spinoza, qu'il admire... de loin. Il s'y met et y trouve l'élan pour "profaner" - rendre profane - la figure de Moïse. Spinoza, ce juif renégat, le fascine bientôt. Le désir de savoir ce qu'il aurait pensé de son Moïse le décide à lui écrire, à deux cent soixante ans de distance. Spinoza, surpris, ravi, lui répond. Commence un échange de seize lettres, dont l'intensité, l'intimité, la variété et la nouveauté vont crescendo. Chacun d'eux a enfin trouvé un interlocuteur en dépit et à cause de fortes divergences (la primauté du narcissisme, l'extension du complexe d'OEdipe, les va-et-vient entre conscient et inconscient, etc.). Ils se rejoignent sur l'essentiel : il n'existe aucune autorité supérieure à la Nature. Il n'existe aucun Père de l'humanité, excepté ceux qu'elle se donne à elle-même. Il n'existe aucun mystère, mais des énigmes, à résoudre par les moyens de la Raison. Les deux hommes se savent près de la mort : ils sont exigeants, se font confiance, parlent de ce qui importe. La connaissance, le salut par la Raison ou par la religion, le sort des juifs, la psychothérapie, leur histoire de famille, la place des femmes : autant de questions qui se répondent et se taisent, pour le plaisir du lecteur, véritable destinataire de ces lettres.

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Couverture ebook de Sigmund Freud - Benedictus de Spinoza. Correspondance 1676-1938, de Michel Juffé
Gallimard | 16 mars 2016

Alors que Freud déclare à son ami Romain Rolland qu'il va écrire une série de textes sur Moïse, celui-ci l'invite à lire le Traité des autorités théologiques et politiques. Freud, proche de ses quatre-vingts ans, n'a jamais lu Spinoza, qu'il admire... de loin. Il s'y met et y trouve l'élan pour "profaner" - rendre profane - la figure de Moïse. Spinoza, ce juif renégat, le fascine bientôt. Le désir de savoir ce qu'il aurait pensé de son Moïse le décide à lui écrire, à deux cent soixante ans de distance. Spinoza, surpris, ravi, lui répond. Commence un échange de seize lettres, dont l'intensité, l'intimité, la variété et la nouveauté vont crescendo. Chacun d'eux a enfin trouvé un interlocuteur en dépit et à cause de fortes divergences (la primauté du narcissisme, l'extension du complexe d'OEdipe, les va-et-vient entre conscient et inconscient, etc.). Ils se rejoignent sur l'essentiel : il n'existe aucune autorité supérieure à la Nature. Il n'existe aucun Père de l'humanité, excepté ceux qu'elle se donne à elle-même. Il n'existe aucun mystère, mais des énigmes, à résoudre par les moyens de la Raison. Les deux hommes se savent près de la mort : ils sont exigeants, se font confiance, parlent de ce qui importe. La connaissance, le salut par la Raison ou par la religion, le sort des juifs, la psychothérapie, leur histoire de famille, la place des femmes : autant de questions qui se répondent et se taisent, pour le plaisir du lecteur, véritable destinataire de ces lettres.

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Couverture ebook de Fins de moi difficiles, de François Gantheret
Gallimard | 4 novembre 2015

Le moi, instance rassurante que nous prenons pour notre meilleur camarade, est un compagnon plus inattendu qu'il n'y paraît. En vérité, le moi est fragile, contradictoire, peut-être en danger par nature et, comme nous passons notre vie avec lui, nous chantons ses louanges. Mais qui vante mon moi sinon moi - c'est-à-dire lui ? Nous voilà pris, comme certaine truite de ce recueil, appâtée par une illusion. La lecture de Fins de moi difficiles n'aidera pas à se déprendre. Sous des formes diverses - plus elles sont plaisantes, plus elles sont sérieuses -, et toujours en lien avec la théorie, François Gantheret met le moi en péril : c'est une condition de la psychanalyse et de la liberté qu'on y rencontre.

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Couverture ebook de Fins de moi difficiles, de François Gantheret
Gallimard | 4 novembre 2015

Le moi, instance rassurante que nous prenons pour notre meilleur camarade, est un compagnon plus inattendu qu'il n'y paraît. En vérité, le moi est fragile, contradictoire, peut-être en danger par nature et, comme nous passons notre vie avec lui, nous chantons ses louanges. Mais qui vante mon moi sinon moi - c'est-à-dire lui ? Nous voilà pris, comme certaine truite de ce recueil, appâtée par une illusion. La lecture de Fins de moi difficiles n'aidera pas à se déprendre. Sous des formes diverses - plus elles sont plaisantes, plus elles sont sérieuses -, et toujours en lien avec la théorie, François Gantheret met le moi en péril : c'est une condition de la psychanalyse et de la liberté qu'on y rencontre.

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