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À l'heure où la biomécanique et les modèles informatiques font espérer à de grandes avancées dans la recherche sur les plantes, arrêtons-nous sur une discipline vieille comme l'humanité : la botanique. Faisons un pas du côté de la flore, entre recherche scientifique et expérience sensible, et traçons une autre voie pour saisir la nature. Regardons le règne végétal d'un oeil nouveau, osons le côtoyer en cartographiant les disparitions, en prêtant attention aux discrètes interactions, en dessinant l'architecture complexe des arbres ou en humant l'odeur d'un jardin après la pluie. Au cours de ce voyage en terra incognita, des forêts tropicales aux parcs urbains, Francis Hallé interroge notre rapport aux plantes et à leur radicale altérité. Qui sont-elles ? Reconnaître, apprécier et valoriser cette altérité, n'est-ce pas poser les bases d'un changement à venir ?
Faut-il sonner le glas des classes moyennes ? L'image d'Épinal présente les classes moyennes comme de petits bourgeois au mode de vie étriqué fait de replis sur soi où l'épanouissement réside dans le seul confort matériel. Pourtant les classes moyennes étaient à la Révolution (moment d'apparition de l'expression) porteuses d'un maillage social qui a assuré la vitalité de la société jusqu'à récemment. Que s'est-il passé ? faillite des institutions ? délitement du lien social ? illusion de la méritocratie ? peur du déclassement ? Loin de s'en tenir à une disparition annoncée des classes moyennes au profit d'un antagonisme riche/pauvre, Vincent Bourdeau ravive la part fédératrice dont les classes moyennes étaient porteuses. Lui-même enfant d'une classe moyenne, Vincent Bourdeau en perçoit la sensibilité et dresse un tableau complet : culturel, historique, sociologique, politique et philosophique. Un plaidoyer saisissant en faveur des classes moyennes comme ciment de la société.
Devant la constellation des philosophes, le foisonnement de leurs oeuvres et plus encore la diversité de ses objets, l'unité de la philosophie semble se perdre. Il existe pourtant un petit nombre de structures philosophiques qui guident l'ensemble. Ces structures qui désignent des relations problématiques sont au nombre de cinq : le familier et l'étrange ; l'actif et le passif ; l'un et le multiple ; l'être et le temps ; le sens et le non-sens. S'appuyant sur des exemples concrets et des grands textes de la philosophie, Guillaume Pigeard de Gurbert propose une philosophie qui s'appuie sur notre expérience concrète. Les structures fondamentales sont pareilles à des outils qui domptent ce qui se montre indocile à notre pensée.
Mon visage, est-ce moi ? Des photos d'identité à la reconnaissance faciale, tout semble indiquer que c'est bien dans le visage que notre identité transparaît. Pourtant, cette supposée évidence est le fruit d'une longue construction sociale et culturelle. À partir du XVIe siècle, avec l'émergence du concept d'individu, le visage devient l'emblème de la singularité, le miroir des émotions. D'aucuns prétendent pouvoir y lire le caractère ou la criminalité future d'un individu. Alors que ces théories sont aujourd'hui largement disqualifiées sur le plan scientifique, elles n'en demeurent pas moins fermement ancrées en nous. Mais que deviennent ces certitudes lorsque le visage est défiguré, greffé ou transformé ? Est-il toujours si facile d'y trouver les traces d'une identité ? En croisant la pensée de Lévinas avec l'histoire, la photographie ou le cinéma, Aurore Mréjen examine la signification du visage et la façon dont il nous appelle dans la rencontre avec autrui.