Economie et société
La tâche des communes est immense : elles y consacrent chaque année plus de 40 milliards de francs, 600 000 agents communaux y collaborent. Mais le pouvoir des 38 000 collectivités locales n'est le plus souvent qu'un fiction : il a glissé des mains des maires et retourne, comme inéluctablement, vers la capitale. Par la variété de ses tutelles, par la constance de ses « aides » financières, par la minutie de ses réglementations, l'État est présent dans la moindre bourgade. Les « citoyens de l'État » ne sont-il pas responsables de cette lourde subordination des « citoyens des communes » ? La solution n'est pourtant pas de promouvoir les communes - telle qu'elles sont - contre l'État : c'est de les reconstruire et de libérer ainsi de nouvelles énergies démocratiques.
À la fin du XVIIe siècle, à la charnière de deux époques et de deux mondes, une problématique émerge, cohérente et nouvelle, dont quelques idées-forces retentiront tout au long des siècles suivants. Héritières d'une triple tradition politique, scientifique et philosophique issue de Bodin, de Descartes et surtout de la pensée janséniste de Port-Royal, les oeuvres de Boisguilbert ne marquent pas seulement la naissance et le développement, au plan théorique, des thèmes fondateurs du libéralisme économique. Au travers d'une analyse rigoureuse de la structure sociale, des marchés, du comportement des agents et du rôle décisif que jouent leur information et leurs anticipations dans l'élaboration de leurs stratégies de marché, c'est toute une articulation entre la prospérité, la crise et la dépression économiques qui nous est proposée, devançant ainsi les recherches les plus actuelles. L'objet de cet ouvrage est de restituer cette théorie fondatrice dont bien des aspects essentiels ont malheureusement été gommés ou oubliés par la suite. Et de montrer en fin de compte qu'avec Boisguilbert, l'économie politique naît adulte.
Les élites dirigeantes du tiers monde dénoncent l'injustice du système économique international qui favorise la croissance dans une minorité de pays et provoque le sous-développement de tous les autres. Mais les exploités participent eux aussi à l'exploitation. Les parasites de la pauvreté prospèrent en Afrique, en Asie et en Amérique latine, comme dans les pays industrialisés. Ils ne peuvent remettre en cause un système d'exploitation auquel ils sont associés. C'est pourquoi, malgré des options idéologiques parfois opposées et des résultats en apparence différents, tous les États du tiers monde mènent en réalité la même politique socio-économique. Pour tous les peuples du tiers monde, le développement qu'ils proposent n'est qu'une croissante intégration dans un système national et international d'exploitation, une régression politique, économique et sociale. Que pourrait être le développement, non plus pour un État, mais pour un peuple ? Comment abattre concrètement les pouvoirs qui s'y opposent ? Par une tactique souple et quasi clandestine : la guérilla économique.
La spéculation fait partie intégrante de l'économie libérale : la liberté d'entreprendre contient celle de spéculer : nul besoin là de fabriquer ou de transformer, il suffit de posséder. À l'entreprise succède ainsi l'agiotage, à l'économie de production l'économie de rente. Le jeu chasse l'effort, et le désordre s'étend. La valeur du bon tuyau est telle, que la structure même de l'information, qui constitue désormais un nouveau champ d'inégalités au sein de la société, est profondément modifiée. On spécule sur les terrains à bâtir, sur les oeuvres d'art, sur les monnaies, sur les matières premières, etc., entraînant inévitablement l'inflation et le désordre des marchés. L'accroissement de la dépendance des économies nationales vis-à-vis d'un marché mondial incontrôlé et incontrôlable, laisse prévoir une évolution chaotique, des crises renouvelées, voire des dislocations du système. À quelles conditions un gouvernement de gauche pourrait-il maîtriser la spéculation ?
Les commerçants sont les nouveaux contestataires de la société française. Ils barrent les routes, enlèvent des personnalités, mettent à sac des perceptions ou des caisses de retraite. Ils s'en prennent aux pouvoirs publics qui, il est vrai, ont commis à leur égard un certain nombre d'erreurs. Mais la vraie raison de leur révolte est ailleurs : c'est la révolution commerciale qui bouleverse les structures économiques et sociales de la distribution française, comme elle a bouleversé celle de tous les pays industrialisés.. Par l'imagination et le génie commercial d'hommes seuls et sans capitaux, le commerce français a plus bougé, depuis quinze ans, que durant tout les siècle précédent. Ces novateurs sont la bête noire des commerçants traditionnels, mais sont aussi la providence des consommateurs. L'État va-t-il entraver leur action pour apaiser la fronde des commerçants ? Va-t-il, de la sorte, bloquer un secteur de plus dans la société française ? Les révoltés auront-ils raison des révolutionnaires ? Une industrie qui tente d'épouser son siècle va-t-elle demeurer tributaires d'une distribution qui divorce du sien ?
Que savez-vous des promoteurs ? Tout le monde affirme qu'ils gagnent trop d'argent, qu'ils organisent la spéculation, qu'ils favorisent l'inflation et qu'ils détruisent le paysage urbain. S'il gagnent trop d'argent, comment et combien ? S'ils organisent la spéculation, peut-on s'en défendre ? Et sont-ils les seuls à profiter de la pénurie des terrains ou des logements ? S'ils favorisent l'inflation, ne peut-on trouver une politique de la construction qui préserve l'équilibre économique ? S'ils détruisent le paysage urbain, n'est-ce pas avec l'accord tacite, si ce n'est avec les encouragements, de la classe politique au pouvoir ? L'action des promoteurs est au coeur des problèmes quotidiens de chaque citoyen. Connaître les rouages du système de la promotion est donc une condition pour agir sur l'environnement, pour modifier le cadre de vie, pour intervenir dans la politique de l'habitat. Comment naît une tour, quelles sont les grandes banques qui dirigent des groupes immobiliers, y a-t-il beaucoup de dérogations, quel est le principe de la publicité immobilière, peut-on être protégé par la loi en acquérant un logement ? Au-delà des scandales qui défraient périodiquement la chronique, il est temps d'aborder sans fard les vrais problèmes de la promotion et des promoteurs.
L'inflation nous concerne tous et tous nous créons l'inflation. Elle provient moins de la carence des politiciens, de la course aux profits, de la course aux salaires dénoncées par les uns ou par les autres que du prix de la réalisation de nos désirs, du prix de la qualité de la vie : lutte contre la pollution, amélioration des équipements collectifs (transports en commun, enseignement, téléphone, etc.). La demande est forte, il faut y céder ; or les impôts sont impopulaires. On en fera payer à qui ne veut pas dire son nom : l'inflation. Le phénomène n'est donc plus conjoncturel mais structurel. C'est pourquoi les recettes classiques contre la hausse des prix sont inopérantes. Dévaluation, réévaluation enregistrent les conséquences des phénomènes sans en supprimer les causes. Nous sommes désormais dans une société d'inflation. Comment s'en accommoder ?
L'autre société Le culte de l'individu et la mondialisation du capitalisme n'ont pas accompli la promesse moderne de l'émancipation. Ils ont défait les liens sociaux, sans lesquels aucune liberté ne peut grandir. L'hyperlibéralisme engendre une dissociété violente et désordonnée, qui finit par susciter un rappel à l'ordre obscurantiste et antidémocratique. Le défi du XXIe siècle est ainsi de penser une autre société instituant des liens sociaux qui libèrent les individus. Ainsi Généreux renoue avec l'essence du projet socialiste, mais en le refondant sur l'état contemporain des savoirs quant au fonctionnement des êtres humains. À la lumière des sciences de l'homme, et à l'opposé d'une gauche " moderne " qui court derrière des idées libérales dépassées, l'auteur dessine une République sociale et écologique, une " société du progrès humain " qui dépasse la modernité pour en accomplir la promesse. Jacques Généreux Auteur de plus d'une vingtaine d'ouvrages, est professeur à Sciences Po. Cet ouvrage est le deuxième opus d'une refondation anthropologique de la philosophie politique, économique et sociale inaugurée par La Dissociété (Seuil, 2006 ; 3e éd ., 2011). http : //genereux.info Cet ouvrage a fait l'objet d'une 1re édition sous le titre Le Socialisme néomoderne ou l'Avenir de la liberté (Seuil, 2009).
Histoire du capitalisme Né de la finance et du négoce dans des cités-États d'Europe, le capitalisme s'est en cinq siècles imposé dans le monde entier, avec les dominations successives de la Hollande, de l'Angleterre, des États-Unis et bientôt de la Chine. Partout soutenu par l'État, il prône le libéralisme mais pratique le monopole comme la concurrence. La manufacture et l'usine ont été ses premières sources de profit, il en a créé bien d'autres en se diversifiant. Simple logique de profit à ses débuts, le capitalisme se perpétue à travers d'incessants changements: création et destruction d'activités et d'emplois, expansions et crises, multiplication des besoins, compétitions technologiques, guerres... Le lecteur trouvera dans ce livre, ramassée et fulgurante, l'histoire du capitalisme. Michel Beaud Professeur émérite de l'université Paris-VII. Ses travaux, éclairés par l'histoire, s'inscrivent dans la mouvance de l'économie politique. Il travaille aujourd'hui sur les futurs possibles qu'engendrent les mutations en cours.
La réflexion prospective contemporaine considère que l'avenir des sociétés est indéterminé et ouvert. Explorant, en fonction des connaissances du passé et du présent, les chemins envisageables vers le futur, elle pourrait constituer un outil précieux de la gouvernance territoriale. Cet ouvrage présente de façon simple les éléments théoriques et conceptuels utiles à une telle démarche, leur mise en oeuvre et leur adaptation éventuelle. Dans les années 1990, la région Midi-Pyrénées s'est lancée dans ces expériences, déjà multiples sur le territoire national. Après avoir revisité « Les chemins de 2010 », la section Prospective du Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) de Midi-Pyrénées élabore aujourd'hui des scénarios à l'horizon d'une trentaine d'années : « Les chemins de 2040 ».