Encres Noires
"Les jeunes filles de Fulani sont enfermées ainsi, parfois pendant des années, dans l'obscurité, jusqu'à leur mariage imposé." A travers des portraits de femmes aux destins rebelles, de conflits de cultures, Frieda Ekotto bouscule les préjugés pour nous proposer une autre vision des rapports humains. Riche de son écriture composite, éclaté, ce récit échappe ainsi aux formes traditionnelles de la narration.
Tchicaya U TAM'SI mêle dans une écriture subversive son angoisse existentielle à la passion du Congo, son pays natal. En rupture avec la poésie de la négritude, il propose des poèmes éclatés, à la syntaxe désarticulée, travaillés par des ruptures de tons, de collages baroques, qui juxtaposent le prosaïque et le sublime, provoquant ainsi une tension, qui, à son tour, provoque l'intranquillité du lecteur. "Epitomé" fut initialement publié en 1962, et "Arc musical" en 1968.
Après un échec scolaire qui lui ferme les portes du baccalauréat, Kolooh, un jeune camerounais de vingt ans décide d'aller tenter sa chance en France. Alors que rien ne l'y prédisposait, il s'engage alors dans un parcours périlleux et plein d'enseignements passant par la Guinée Equatoriale et l'Espagne. Le voyage éprouvant de Kolooh nous propose une réflexion sur les motivations et les circonstances qui conduisent souvent les jeunes africains à quitter leurs pays, pour se lancer dans une aventure périlleuse vers l'Europe, continent de tous les rêves...
Voici un ensemble de textes qui nous plonge dans une atmosphère de mystère, pour les uns, dans la vie quotidienne de Libreville, pour les autres. A l'exemple du Mystère de Nguema, la nouvelle qui donne son titre au livre, les dimensions du réel et de l'irréel se confondent et nous entraînent dans une confusion à nous faire sombrer dans la démence. En effet, comment savoir de Nguema, l'époux exemplaire, ou de Rose, l'épouse contrariée, qui est le Revenant ou pas?
Si " 980 000 " a fait de Maxime N'Debeka le poète du peuple congolais, il est aujourd'hui, avec Le Président, un dramaturge populaire dont l'efficacité s'unit au talent. En effet, en passant de la poésie au théâtre, il va vers un public plus large, celui d'une population tout entière qui, l'obstacle de la lecture levé, retrouvera dans le spectacle de cette pièce une autre forme de la tradition orale.
Roman réaliste inspiré par l'expérience carcérale de l'auteur. Ibrahima Ly dénonce certaines pratiques traditionnelles (le mariage forcé, etc.) et les régimes militaires au pouvoir en Afrique noire (au Mali, en particulier) dans les années 1970.
Dzila, quinquagénaire, n'a jamais été père. Il épouse une adolescente et espère avoir un garçon. Mais sa jeune femme accouche d'une fille. C'est la consternation : Dzila rejette tout ce qui est féminin en sa fille et lui donne un nom mixte : Dzibayo. Dzibayo parviendra-t-elle à rendre le féminin permis ? L'auteure nous invite dans un pays de l'Afrique d'aujourd'hui à la rencontre d'une jeune femme dont le destin est tout tracé par les exigences paternelles.
Au XXIème siècle, des intellectuels africains tentent une reconstitution des évènements des années 70. A travers ce roman de politique-fiction, l'auteur sénégalais fait un bilan des vingt première années de l'indépendance. La multiplicité des temps et des points de vue narratifs nous offrent cette vision à facettes d'une société en décomposition.
Aydia, Fati, deux femmes, deux visages, deux destins. Nées à Kallé, quartier des oubliés, leur vie semble scellée d'avance. Frappées par la terrible malédiction des "désenfantés", elles portent néanmoins en elles le rêve d'échapper au destin : Aydia par le travail, laborieux, ardu, et Fati à travers l'école. Après une série d'échecs, elles basculent dans la débauche. Mais l'espoir semble renaître au travers de la rencontre de deux hommes : Lucien et Fernand.
Dans un Dakar en pleine évolution, les aspirations à l'émancipation de deux jeunes femmes sont lestées par les pesanteurs d'une société hostile à la modernisation des valeurs. Ndèye et Awa, figures d'un individualisme naissant et nécessaire, nous entraînent dans leur univers fait d'échecs qui se révèlent constructifs, et de victoires souvent amères. "Cette liberté de choisir ta destinée que tu revendiques, es-tu sûre de la vouloir réellement ?"
Ici, douze tableaux denses et colorés laissent déferler un kaléidoscope de thèmes poignants : en plus d'être un jeu enthousiasmant, le football a d'autres vertus bien plus précieuses; le corps d'un haut fonctionnaire est abandonné pendant cinq mois dans une morgue; dans un crash d'avion disparaît un homme d'affaires à la filiation plutôt ténébreuse; la vertu féminine triomphe d'un obsédé sexuel puissant et cynique , etc. Bien épicées et romancées, ces réalités africaines d'aujourd'hui constituent un alliage hétéroclite de graînes et de chaînes - donc d'espérances et de souffrances.
Il est un sud géographique, gorgé de soleil, associé aux sourires faciles et aux fruits savoureux, ou à l'extrême, au sahel aride et au désert inhospitalier. Il nourrit des images auxquelles se superpose la réalité d'énormes villes cruelles, d'hommes et de femmes qui vivent de leur mieux un quotidien à la fois capricieux et terriblement prévisible. Il y a aussi un autre sud : celui qui oppose les humbles aux riches, les femmes aux hommes, le mandingue au français. c'est un sud mental, un imaginaire. L'on y croise des êtres perdus dans leurs rêves ou leurs peurs. Voici l'univers que nous dépeint ces nouvelles.
Frédéric, jeune journaliste africain, fuit son pays ravagé par les guerres civiles et terrorisé par la dictature pour rejoindre le Royaume-Uni, où il demande l'asile politique. Il décrit à un rythme haletant ses mille et une péripéties -"son parcours du combattant"- dans un style alerte et dépouillé où l'humour noir se mêle à l'amertume. Ce premier roman, au propos sincère, va à l'essentiel : braquer le projecteur sur les harassantes et interminables démarches du demandeur d'asile politique en Grande-Bretagne.
Ce roman se déroule sur un plateau tournant de personnages issus de milieux divers et aux destins agités mais parfois inventifs. Un passioné de littérature décide de devenir écrivain. Il écrit l'histoire d'un écrivain de son imagination qui rencontre dans le hall d'un aéroport un homme de théâtre "entre deux cultures", sur le point de retourner dans son pays, ravagé par les guerres, après plusieurs années passées en Suisse. Son avion explosera en plein ciel, au dessus de l'Atlantique. Entre fiction et réalité, l'auteur laisse libre cours au lecteur de jouir du plan de sensibilité sur lequel il souhaite se situer.S
Guinguinéo, paisible village africain au coeur de la France coloniale, vit au rythme de l'harmattan et de l'hivernage. Mais au cours d'un conseil de village convoqué afin de statuer sur la paternité d'un nouveau-né à l'aspect fort inquiétant, des personnages se révèlent, qui s'allient et s'affrontent au fil des circonstances narrées avec un humour renversant par le vieux conteur Ablaye Banana. Mais à l'orée des indépendances, sauront-ils tirer leur épingle du jeu ?
"Nous n'allons quand même pas couper nos orteils pour trouver chaussure à notre pied ?" bredouilla-t-il. Sa voix éteinte susurrait, sans véritablement formuler une question. Ahakpala pensait vivre en dehors de ce monde importé, qui enchaîne les hommes avec ses promesses et ses illusions. Il croyait en des valeurs autres que l'argent. Mais, très vite, il comprit que son monde à lui n'existait plus.
Le mythe génésique de l'"évu", principe de la sorcellerie chez les Beti, peuple bantu du Cameroun, relate ceci : Evu vivait dans la forêt, dans le creux d'un arbre. Il se nourrissait de l'âme des animaux dont il jetait les dépouilles. Une femme qui les récupérait pour nourrir les siens a cédé à sa proposition de quitter la forêt pour aller vivre au village. La femme devait le laisser se glisser dans son ventre à travers son sexe. Les fictions contenues dans le présent recueil s'inspirent toutes d'anecdotes sur la sorcellerie, et son principe actif l'évu.
"J'ai 44 ans et je ne suis pas célèbre. Un jour, un ami de Manhattan m'a dit que le récit d'un fils de paysan de l'Afrique profonde, du fin fond du Tchad, qui aboutit au milieu des gratte-ciel, serait fascinant." Voici donc un récit de sa vie, écrit pour le partager avec les immigrants et avec tous ceux qui les acceptent sur leurs terres.
Née dans un quartier défavorisé de Montréal d'une mère africaine, archétype du parent absent et irresponsable, et d'un père canadien qui a pris la poudre d'escampette bien avant sa naissance, Lucie-Espoir Grenier-Ngassam grandit dans l'immeuble du « prince du taudis ». C'est dans cet espace insalubre, qu'elle fait la connaissance d'hommes et de femmes issus de différentes communautés culturelles... Le roman aborde la principale question identitaire : « Qui suis-je ? », que se posent les enfants issus de l'immigration.
Ce roman retrace l'enfance d'un garçon dans la banlieue de Djibouti ville. Une enfance partagée entre la misère et le combat pour réussir. A cela s'ajoutent des récits véridiques sur la guerre entre les deux grands voisins, l'Ethiopie et la Somalie. L'auteur s'engage également pour l'égalité sociale grâce au tableau, sans concessions, de la vie des Madibanes, ce petit peuple qui vit en corne d'Afrique et jusque-là marginalisé.
En reliant passé et avenir, pouvoir et négritude, espace développé et monde traditionnel, le personnage principal de ce roman sonde les profondeurs de l'homme. Prophète, il tisse à sa façon les bases d'une civilisation plus juste qui ne reposerait plus sur le mépris, le marchandage et l'exploitation humaine. Au sein de son troisième roman, Alexis Allah affirme son attachement à une Afrique source et ressource qui pose le problème du droit identitaire.
Les Mindjula sont enfin là ! Cette confrérie ultra-secrète du pays Kongo, crainte pour ses pouvoirs mystiques fabuleux, ses rites de profanation de tombes et d'exhumation de cadavres, a su garder l'anonymat : on ne trouve aucune mention d'elle dans les oeuvres de fiction des écrivains congolais. Cette lacune est comblée grâce à cette oeuvre.
Récit imaginaire, la légende est souvent reçue comme une vérité car la morale sous-jacente qu'elle recèle réfère à un ordre qui tient du vraisemblable. Mais à la différence des légendes régulières qui, faute d'auteur, appartient à la mémoire sociale, celle d'Ebamba - pays imaginaire - est l'oeuvre de Tata Motumabé : est-il humain, divin, ni l'un ni l'autre ou les deux en même temps ? Avec lui, la vie devient une comédie et chaque homme, même le plus redouté, un acteur tous les istants.
Après avoir connu dans sa chair la douloureuse épreuve de l'excision, une femme subit une intervention chirurgicale qui la ramène à la vie et à l'amour. Journaliste de renom, Abdou Latif Coulibaly aborde avec délicatesse et franchise le problème des mutilations sexuelles. Raconté par un homme, ce livre apparaît comme un des meilleurs témoignages sur la condition féminine africaine. Un roman fiévreux, palpitant, à lire absolument.
Le République suppliciée ou le récit du paradoxe du bien qui engendre le mal. Dans Tongolo, principale ville de La République des Makondjis, une république qui ne manque pas d'imagination pour détruire ou brûler tout ce qu'elle peut produire de bien, les manoeuvre politico-judiciaires ont précipité Tuby Dangaye, une étoile montante de la vie publique, dans la cellule la plus noire de la tristement célèbre geôle de Saragba, pour des raisons extraordinairement obscures...
C'est le récit de la vie d'un homme, Ngniamoto, et de son destin particulier : les conditions difficiles de sa naissance et la maladie qui contraignit sa mère à quitter le village de son époux, pour aller se réfugier chez son grand frère NzeMeye, un nganga aux pouvoirs illimités. Celui-ci, après avoir guéri l'enfant Ngniamoto, ira le faire initier chez les pygmées. Ce roman épique s'inspire de la tradition orale Fang et, plus particulièrement, de l'épopée Mvett, ou la légende d'un homme aux capacités surnaturelles.
En reportage pour le compte de CNN, Célia plonge au coeur de l'affrontement des milices qui ont mis à feu et à sang tout un pays. Vitrine ouverte sur les enfants enrôlés dans le ventre des groupements armés, les familles éclatées et les nombreux déplacés, son voyage en Afrique lui permet d'approcher l'une des réalités contemporaines du continent africain. Célia porte ainsi son regard troublé sur un pays d'Afrique Centrale qui, à l'instar des autres pays du continent, tente malgré ses plaies de se reconstruire.
Ce roman ressuscite avec humour et sensibilité quelques réalités africaines emportées par le vent de la modernité. Incontestablement, les jeunes d'aujourd'hui y trouveront des choses inconnues d'eux et les autres des souvenirs qui les feront sourire ou rire aux éclats.
Symbole de la fourberie et de la bêtise, Demmbayal-L'Hyène tient le mauvais rôle face à un Bodiel-Le-Lièvre dont la ruse et les tours pendables n'épargnent aucun habitant de la forêt et de la savane où les animaux, à l'image des hommes, évoluent cahin-caha. Hier comme aujourd'hui - et sûrement demain -, l'animal ne serait, de par sa nature et son comportement, qu'un humain attardé.
Alors que Raya se débat à Irtaabi pour élever ses trois enfants, son époux Wadou, incarcéré à Bulala, la prison la plus répressive de Wirfaaba, confie à son journal sa solitude, ses blessures et ses doutes sur l'avenir. SL'auteure nous introduit au coeur de la politique africaine, et personne ne s'étonnera devant le tableau qu'elle peint de ces dictatures abominables qui ont régenté le continent. Derrière la poésie qui se dégage de cette oeuvre engagée, il y a la réalité révoltante du sort fait au peuple, la volonté de le voir sortir de ses fers et la conviction qu'il porte en lui-même les lumières de son émancipation.
Jeune fonctionnaire, vivant dans la capitale, enthousiaste et épanoui, Kaïli Hari tombe brusquement malade. A la recherche du médicament miracle, il passera de la médecine moderne à la médecine traditionnelle, en traversant des péripéties souvent douloureuses...