L'Art de la guerre
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La politique étrangère des pharaons du Nouvel Empire, marquée par des batailles célèbres comme celles de Qadesh ou de Mégiddo, est généralement conçue comme une phase d'expansion " impérialiste " conduite par des souverains belliqueux, tels Ramsès II ou Thoutmosis III, animés du seul désir d'exhiber leur puissance et de subjuguer des peuples jugés inférieurs, quoique riches de ressources utiles à l'Égypte. Une relecture critique des sources ainsi que la prise en compte de données géographiques jusqu'ici sous-évaluées révèlent au contraire que la guerre, bien moins fréquente d'ailleurs qu'on ne le conçoit, ne fut, avec la diplomatie, que l'un des moyens employés par les pharaons pour assurer leur approvisionnement régulier en étain, métal indispensable à la fabrication du bronze, sur lequel était fondée toute leur technologie. L'Égypte, qui s'était auparavant procuré cette ressource par des voies commerciales, dut, à partir de Thoutmosis Ier, défendre militairement et diplomatiquement ses intérêts dans ce domaine, au cours de deux grands conflits, contre les ambitions contraires de deux grandes puissances du Proche-Orient, le Mitanni et le Hatti, non moins dépendantes à l'égard de l'étain, et avides d'en soumettre le commerce à leur monopole. Cet ouvrage est l'histoire de ces conflits, de la pensée stratégique qui leur servit de guide et des solutions négociées qui leur servirent de conclusion.
Les Romains ont longtemps que leur armée était invincible. Mais ils ont eu la preuve du contraire lors de la "crise du IIIe", une crise fondamentalement militaire, avec économiques, sociales et même culturelles et religieuses. Pendant des décennies, les historiens ont cru qu'ils pouvaient faire l'économie de l'histoire militaire pour écrire l'histoire du me siècle. A quoi bon étudier les guerres ? Et l'armée romaine ? Ils n'ont jamais pensé, non plus, aux ennemis. Bien pire, ils ne se sont même pas demandé comment la guerre était financée, et encore moins si elle pouvait l'être. Yann Le Bohec, qui enseigne l'histoire romaine à la Sorbonne, a abordé le sujet. Non sans jubilation, et avec une ironie discrète, il pointe du doigt les préjugés qui ont fait naître des erreurs parfois énormes. C'est ainsi qu'on a reproché aux fantassins romains de se laisser distancer par les cavaliers barbares, alors que ces derniers étaient eux aussi des fantassins. Les lecteurs retrouveront ici ses qualités de récit et d'écriture, la rigueur et la méthode dont il a fait preuve dans d'autres livres consacrés à l'armée romaine... et à ses ennemis.