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Nos rayons et sélections

L'Homme et l'événement

4 livres
Couverture ebook de Héliogabale et le Sacre du soleil, de Robert Turcan
Albin Michel | 30 juin 2015

Un descendant de Bédouins fixés à Emèse, en Syrie, passe pour le fils adultérin d'un empereur assassiné. Il sert passionnément le culte d'un aérolithe qui passe pour figurer le soleil : Elagabal. Il continuerait volontiers à danser devant l'idole si une grand-mère avide de régner sous son nom ne le faisait proclamer empereur. Loin de renoncer à sa vocation sacerdotale, l'empereur-prêtre, qu'on surnommera Héliogabale, prétend imposer à Rome et aux Romains, à la barbe de Jupiter Capitolin, l'adoration de la pierre noire, ramenée des confins du désert. Rome réagit mal à cette volonté. L'exotisme audiovisuel d'une liturgie barbare choque son sens de la dignité. De surcroît, l'adolescent joue de son pouvoir pour jouir et régner autrement que ses prédécesseurs. Les gamineries, les farces cruelles, la gourmandise inventive, la sexualité frustrée ou pseudo-érotique de ce prince immature ont alimenté la chronique scandaleuse de l'historiographie romaine, qui fait paradoxalement d'Héliogabale un précurseur du premier empereur chrétien. Ce règne éphémère ressemble aux Saturnales d'une révolution manquée, le tout sur fond de complot familial, avec une aïeule inquiète de perdre sa position à la cour et une tante soucieuse de pousser son fils Sévère-Alexandre sur l'échiquier du pouvoir. Le cadavre de l'empereur-prêtre sera jeté dans le Tibre, en pâture aux poissons qu'il aimait naguère servir à table. Ancien élève de l'Ecole normale supérieure, ancien membre de l'Ecole française de Rome, professeur à l'Université de Lyon, Robert Turcan s'est consacré à l'étude des religions du monde romain, en particulier à l'archéologie figurée du dionysisme et des cultes orientaux (Mithra, Cybèle et Attis).

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Couverture ebook de Henri V, comte de Chambord, de Christine de Buzon
Albin Michel | 31 mars 2016

Henri V est le dernier représentant de la branche aînée des Bourbons. Son père meurt en février 1820 et sa naissance, sept mois plus tard est saluée comme celle de « l'enfant du miracle ». Il reçoit le plus extraordinaire des cadeaux de naissance : le château de Chambord, acquis par souscription nationale. Cependant, à dix ans, il prend le chemin de l'exil : Charles X et son fils aîné, le duc d'Angoulême, avaient vainement abdiqué en sa faveur et Louis-Philippe d'Orléans devenait roi des Français. Cet exil dura plus d'un demi-siècle : il ne fut interrompu que par deux courts séjours dans cette France où il ne voulait revenir qu'en roi. Aucune majorité monarchiste à la Chambre ne put réussir une restauration légitimiste que le comte de Chambord - il avait pris ce nom dans l'exil - plaçait délibérément sous le signe du drapeau blanc. On ne cessa, dès lors, de lui reprocher un échec qui, selon lui, sauvegardait le principe de la légitimité. Auteur de nombreuses lettres politiques et de grands manifestes, il continua de régner par correspondance de Frohsdorf, où il mourut en 1883. Cette continuelle absence de la scène politique française, le modèle idéal de la royauté chrétienne qu'il défendait, l'appui constant de quelques grandes figures de son siècle - dont Chateaubriand - le destinaient à entrer dans la légende de la double majesté du malheur et de la vertu. Ancienne élève de l'E.N.S. de Fontenay-aux Roses, agrégée de lettres modernes, Christine de Buzon est professeur à l'Ecole normale de Blois et collabore au Service éducatif du château de Chambord.

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Couverture ebook de Le Mariage du Roi-Soleil, de Claude Dulong
Albin Michel | 31 octobre 2015

Le mariage de Louis XIV, ce fut d'abord la paix rendue à l'Europe après des guerres atroces et interminables, et c'est ainsi que le ressentirent les contemporains. Mais la cérémonie du 9 juin 1660 à Saint-Jean-de-Luz marquait aussi le début du règne personnel du Roi-Soleil (le plus long de notre histoire) et elle préludait à une ère de prépondérance française à la fois politique et culturelle. Claude Dulong s'attache en historienne à dégager la signification profonde de l'événement, mais c'est avec une vivacité de romancière qu'elle nous en révèle les dessous et les péripéties. Elle n'oublie jamais que les acteurs et victimes de l'Histoire sont des êtres de chair et de sang, et que, dans le cas présent, le facteur humain fut capital. Sans la volonté de paix de la reine mère Anne d'Autriche, sans l'habileté de Mazarin, rien n'eût été possible. Car Louis XIV lui-même, à vingt et un ans, amoureux de la belle Marie Mancini, hésitait encore devant son destin et il s'en fallut de peu que son coeur ne l'emportât sur la raison. Ce n'est pas le moins émouvant du livre que ce portrait sensible, inattendu d'un monarque en formation, avant que la gloire et l'étiquette n'en fissent un symbole : celui de l'absolutisme. Claude Dulong, chartiste, s'est spécialisée dans l'histoire du XVIIe siècle. Elle a fait paraître quatre ouvrages sur cette période, dont deux ont été couronnés par le Grand Prix Gobert de l'Académie française (Anne d'Autriche et L'Amour au XVIIe siècle).

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Couverture ebook de Saint Louis et le crépuscule de la féodalité, de Régine Pernoud
Albin Michel | 31 juillet 2015

Le 25 août 1270, Louis IX meurt devant Carthage. Le lent et solennel convoi funèbre qui ramène jusqu'à Saint-Denis les ossements du saint Roi semble présager, avec ses étapes tragiques, l'assombrissement qui va suivre. Et curieusement le déclin des mentalités précède les grandes catastrophes dont sera victime, au cours du XIVe siècle, le royaume de France. S'il est un temps en effet pour lequel on peut employer sans crainte d'exagération les termes trop souvent galvaudés de mutation, d'évolution, de tournant de l'Histoire, c'est bien celui qui suit immédiatement le règne de Saint Louis. À une époque lumineuse, celle que peuvent symboliser pour nous les vitraux de la Sainte-Chapelle, succède un long et angoissant crépuscule. Ce déclin touche le régime même de la féodalité et les usages régissant alors les relations des hommes entre eux et avec la terre qui les fait vivre; il frappe aussi les fondements de la pensée ou de l'expression artistique. Des changements profonds s'amorcent qui transformeront le visage de l'Occident. Peut-être un sommet avait-il été atteint, après lequel le déclin était inévitable ? C'est en tout cas l'occasion de constater à quel point sont impliqués et indissolublement liés dans l'Histoire l'homme et l'événement. Régine Pernoud, conservateur honoraire aux Archives Nationales, a fait paraître sur le Moyen Age de très nombreux ouvrages qui font autorité : Vie et mort de Jeanne d'Arc, Les Croisades, Aliénor d'Aquitaine, La Reine Blanche, Pour en finir avec le Moyen Age, La Femme au temps des cathédrales.

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