La Suite des Temps
En janvier 1327, le royaume d'Angleterre prit comme souverain Édouard III Plantagenet, fils du très impopulaire Édouard II, chassé du trône ; 13 mois plus tard, le dernier des trois fils de Philippe le Bel, le Capétien Charles IV, mourut au royaume de France. Sans héritier mâle, c'est donc son cousin germain, Philippe VI de Valois qui fut appelé à lui succéder. Ce sont ces deux événements presque concomitants, qui décidèrent d'une nouvelle phase de l'histoire des royaumes d'Occident, caractérisée par une lutte acharnée et plus que séculaire entre les deux dynasties, lutte à laquelle on a réservé le nom de guerre de Cent ans.
Comment, à partir d'un morceau de papier pelure déchiré en deux endroits, grossièrement recollé avec du scotch et portant un texte manuscrit, l'avenir d'un homme va totalement basculer. Jacques Kayser nous offre un livre très complet sur l'Affaire Dreyfus, sur la genèse et la montée en puissance de cette affaire dans laquelle le déferlement de haine, d'antisémitisme, et de dissimulation fut sans précédent.
À chaque étape de la guerre, les femmes ont expérimenté une manière différente de vivre la persécution puis la déportation : des lieux distincts, des dangers spécifiques, d'autres formes de solidarité dessinant les moyens de survie. Cette particularité, Johanna Lehr l'a étudiée en reconstituant la trajectoire exceptionnelle de cinquante-cinq ' Françaises ', des épouses et des mères arrêtées dans la France de Vichy, déportées comme juives à Auschwitz. Elle parvient à raconter la vie quotidienne de ces femmes sélectionnées pour entrer le 2 août 1943 au bloc 10, le bâtiment des expériences pseudo-scientifiques nazies sur la stérilisation. On découvre aussi ce que fut leur existence après Auschwitz, pour celles qui ont survécu. Comment reprendre sa vie de famille ? À quelles indemnités a-t-on droit quand on a été cobaye ? Peut-on se reconstruire sur le plan intime et vivre la maternité après le bloc 10 ? Autant de questions auxquelles ce livre tente de répondre grâce aux archives et à des témoignages inédits.
Anvers, 1899. Édouard Tinchant, marchand réputé de cigares, écrit à un héros de la guerre d'indépendance cubaine dont il aimerait imprimer le portrait sur les boîtes de ses havanes fabriqués en Belgique. Pour le convaincre, il n'hésite pas à dévoiler ses propres origines haïtiennes et son engagement politique dans une Louisiane s'émancipant enfin de l'esclavage. À partir d'un document trouvé aux Archives nationales de Cuba, Jean Hébrard et Rebecca J. Scott tissent le récit d'une épopée familiale, celle des Tinchant. Cinq générations successives les conduisent de la vallée du Sénégal à l'Allemagne en passant par la Caraïbe, les États-Unis, le Mexique, la France et la Belgique. La grand-mère d'Édouard, Rosalie, a été arrachée à sa Sénégambie natale à la fin du XVIIIe siècle et réduite en esclavage à Saint-Domingue, tandis que sa petite-nièce, Marie-José, a été assassinée par les nazis à Ravensbrück. Quelles leçons tirer de ces histoires d'émancipation dans lesquelles des hommes et des femmes ont refusé les stigmates de l'esclavage pour embrasser les promesses d'une liberté aussi généreuse que fragile ?
Avec la fin de la guerre froide, la victoire de la démocratie libérale semblait définitive. Les observateurs se précipitèrent pour proclamer la fin de l'histoire, confiants dans un avenir pacifique et mondialisé. Cette foi était malvenue car l'autoritarisme était déjà de retour en Russie, à travers les idées fascistes que Vladimir Poutine s'employait à utiliser pour justifier le règne du plus fort. Au cours des années 2010, le phénomène s'est propagé d'est en ouest, de la guerre russe en Ukraine à la cyberguerre contre l'Europe et les États-Unis. La Russie s'est partout fait des alliés parmi les nationalistes et les radicaux, et sa volonté de dissoudre les institutions, les États et les valeurs occidentales a trouvé un écho au sein même de l'Occident. La montée du populisme, le Brexit et l'élection de Donald Trump étaient tous des objectifs russes, et leur réalisation a révélé la vulnérabilité des sociétés occidentales. Timothy Snyder réussit ici non seulement à exposer la véritable nature de la menace faite à la démocratie et au droit, mais également à en faire comprendre l'enjeu, pour nous enjoindre de voir, et peut-être de renouveler, les vertus politiques fondamentales offertes par la tradition et exigées par l'avenir. En révélant les choix difficiles qui s'offrent à nous - entre égalité et oligarchie, individualité et totalité, vérité et mensonge -, l'auteur restaure notre compréhension de la base de notre mode de vie, offrant en éclaireur une voie à suivre en cette période de terrible incertitude.
Avec la fin de la guerre froide, la victoire de la démocratie libérale semblait définitive. Les observateurs se précipitèrent pour proclamer la fin de l'histoire, confiants dans un avenir pacifique et mondialisé. Cette foi était malvenue car l'autoritarisme était déjà de retour en Russie, à travers les idées fascistes que Vladimir Poutine s'employait à utiliser pour justifier le règne du plus fort. Au cours des années 2010, le phénomène s'est propagé d'est en ouest, de la guerre russe en Ukraine à la cyberguerre contre l'Europe et les États-Unis. La Russie s'est partout fait des alliés parmi les nationalistes et les radicaux, et sa volonté de dissoudre les institutions, les États et les valeurs occidentales a trouvé un écho au sein même de l'Occident. La montée du populisme, le Brexit et l'élection de Donald Trump étaient tous des objectifs russes, et leur réalisation a révélé la vulnérabilité des sociétés occidentales. Timothy Snyder réussit ici non seulement à exposer la véritable nature de la menace faite à la démocratie et au droit, mais également à en faire comprendre l'enjeu, pour nous enjoindre de voir, et peut-être de renouveler, les vertus politiques fondamentales offertes par la tradition et exigées par l'avenir. En révélant les choix difficiles qui s'offrent à nous - entre égalité et oligarchie, individualité et totalité, vérité et mensonge -, l'auteur restaure notre compréhension de la base de notre mode de vie, offrant en éclaireur une voie à suivre en cette période de terrible incertitude.
L'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022 a été un choc pour le monde entier. Pourquoi Poutine a-t-il déclenché cette guerre ? Et pourquoi cela paraissait-il inimaginable auparavant ? Les Ukrainiens ont résisté à une armée supérieure à la leur ; l'Occident s'est uni, tandis que la Russie a accru son isolement international. Serhii Plokhy, éminent historien de l'Ukraine et de la guerre froide, offre une analyse incomparable de ce conflit, de ses origines, de son déroulement et de ses conséquences probables et déjà apparentes. Les racines de cet affrontement s'enfoncent au plus lointain de l'effondrement impérial et des tensions post-soviétiques des XIXe et XXe siècles. Dressant un large tableau du contexte historique et culturel de l'Ukraine et de la Russie, Plokhy soutient que si cette nouvelle guerre froide n'était pas inévitable, elle était prévisible. L'Ukraine est restée au centre de l'idée que la Russie se fait d'elle-même, alors que les Ukrainiens ont suivi une voie radicalement différente. Dans un nouvel environnement mondial marqué par la prolifération des armes nucléaires, la désintégration de l'ordre international post-guerre froide et une résurgence du nationalisme populiste, l'Ukraine est plus que jamais la ligne de fracture la plus sensible entre le monde de l'autoritarisme et l'Europe démocratique.
L'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022 a été un choc pour le monde entier. Pourquoi Poutine a-t-il déclenché cette guerre ? Et pourquoi cela paraissait-il inimaginable auparavant ? Les Ukrainiens ont résisté à une armée supérieure à la leur ; l'Occident s'est uni, tandis que la Russie a accru son isolement international. Serhii Plokhy, éminent historien de l'Ukraine et de la guerre froide, offre une analyse incomparable de ce conflit, de ses origines, de son déroulement et de ses conséquences probables et déjà apparentes. Les racines de cet affrontement s'enfoncent au plus lointain de l'effondrement impérial et des tensions post-soviétiques des XIXe et XXe siècles. Dressant un large tableau du contexte historique et culturel de l'Ukraine et de la Russie, Plokhy soutient que si cette nouvelle guerre froide n'était pas inévitable, elle était prévisible. L'Ukraine est restée au centre de l'idée que la Russie se fait d'elle-même, alors que les Ukrainiens ont suivi une voie radicalement différente. Dans un nouvel environnement mondial marqué par la prolifération des armes nucléaires, la désintégration de l'ordre international post-guerre froide et une résurgence du nationalisme populiste, l'Ukraine est plus que jamais la ligne de fracture la plus sensible entre le monde de l'autoritarisme et l'Europe démocratique.
Qu'est-ce qui rend l'Ukraine si spéciale ? Ce n'est qu'avec l'annexion de la Crimée par la Russie que s'est développée la prise de conscience de l'indépendance de ce pays, que ses agresseurs veulent désormais faire disparaître de la carte. C'est en parcourant les paysages urbains de l'Ukraine que Karl Schlgel, historien allemand de l'Europe orientale, mesure ce qui se joue à nos portes. Ses nombreux voyages de Lviv à Donetsk en passant par Odesa, Kyiv ou Kharkiv nous font comprendre la profondeur de la culture liée à chacune de ces villes, cités autrefois florissantes. Mais c'est faute de s'y être intéressé, d'après l'auteur, que l'Occident a finalement encouragé Poutine à poursuivre sa politique expansionniste, nous laissant spectateurs du désastre renouvelé de villes européennes menacées de disparition, presque quatre-vingts ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale. La guerre ne fait qu'accentuer la controverse sur l'indépendance politique et culturelle du pays. À travers le récit de ses voyages réguliers, Karl Schlgel nous montre que, si nous voulons vraiment savoir ce qui se passe actuellement en Europe, nous devons regarder les villes d'Ukraine. C'est là-bas que se joue l'avenir de notre continent.
Qu'est-ce qui rend l'Ukraine si spéciale ? Ce n'est qu'avec l'annexion de la Crimée par la Russie que s'est développée la prise de conscience de l'indépendance de ce pays, que ses agresseurs veulent désormais faire disparaître de la carte. C'est en parcourant les paysages urbains de l'Ukraine que Karl Schlgel, historien allemand de l'Europe orientale, mesure ce qui se joue à nos portes. Ses nombreux voyages de Lviv à Donetsk en passant par Odesa, Kyiv ou Kharkiv nous font comprendre la profondeur de la culture liée à chacune de ces villes, cités autrefois florissantes. Mais c'est faute de s'y être intéressé, d'après l'auteur, que l'Occident a finalement encouragé Poutine à poursuivre sa politique expansionniste, nous laissant spectateurs du désastre renouvelé de villes européennes menacées de disparition, presque quatre-vingts ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale. La guerre ne fait qu'accentuer la controverse sur l'indépendance politique et culturelle du pays. À travers le récit de ses voyages réguliers, Karl Schlgel nous montre que, si nous voulons vraiment savoir ce qui se passe actuellement en Europe, nous devons regarder les villes d'Ukraine. C'est là-bas que se joue l'avenir de notre continent.
Historienne américaine spécialiste de la mémoire du XXe siècle en Europe de l'Est, Marci Shore raconte le destin de l'Ukraine depuis les guerres soviéto-polonaises du début des années 1920, en passant par la Seconde Guerre mondiale, l'incorporation à l'URSS, la chute du Mur, jusqu'au point culminant qu'est la révolution de Maïdan de février 2014, à laquelle succédera la guerre civile dans le Donbas, prélude au conflit actuel. L'originalité de cet ouvrage - initialement paru aux Yale University Press fin 2017 et dont l'actualité renouvelée depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022 nous vaut un nouvel avant-propos - vient de ce récit suivant le fil des différents témoins, acteurs de cette révolution : russophones, ukrainophones, Polonais, catholiques, orthodoxes, juifs, dont le principal, Jurko Prokhasko, est un uniate de Galicie, cas rare de patriote ukrainien à la fois dénué de nationalisme exclusif et tourné vers l'Europe et les valeurs libérales. En écrivaine engagée, Marci Shore entend laver Maïdan des accusations de fascisme, de racisme, d'ultranationalisme, d'antisémitisme encore tenaces aujourd'hui et montrer cette Ukraine éprise de liberté.
Historienne américaine spécialiste de la mémoire du XXe siècle en Europe de l'Est, Marci Shore raconte le destin de l'Ukraine depuis les guerres soviéto-polonaises du début des années 1920, en passant par la Seconde Guerre mondiale, l'incorporation à l'URSS, la chute du Mur, jusqu'au point culminant qu'est la révolution de Maïdan de février 2014, à laquelle succédera la guerre civile dans le Donbas, prélude au conflit actuel. L'originalité de cet ouvrage - initialement paru aux Yale University Press fin 2017 et dont l'actualité renouvelée depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022 nous vaut un nouvel avant-propos - vient de ce récit suivant le fil des différents témoins, acteurs de cette révolution : russophones, ukrainophones, Polonais, catholiques, orthodoxes, juifs, dont le principal, Jurko Prokhasko, est un uniate de Galicie, cas rare de patriote ukrainien à la fois dénué de nationalisme exclusif et tourné vers l'Europe et les valeurs libérales. En écrivaine engagée, Marci Shore entend laver Maïdan des accusations de fascisme, de racisme, d'ultranationalisme, d'antisémitisme encore tenaces aujourd'hui et montrer cette Ukraine éprise de liberté.
Simon Leys (1935-2014) fut partagé entre la Belgique, où il est né, la France, où il a publié et connu les temps forts de sa vie intellectuelle, l'Australie, où il a trouvé les conditions idéales pour concevoir son oeuvre, et la Chine, qu'il a découverte en 1955 et dont il a dénoncé avec une rare clairvoyance le naufrage maoïste dans ses pamphlets mondialement célèbres : Les Habits neufs du président Mao (1971) et Ombres chinoises (1974). De Victor Hugo, Leys disait que l'exil avait été pour lui une 'seconde naissance' parce que ce fut sa période la plus féconde. L'Australie ne fut jamais un exil pour Leys, mais elle fut assurément le lieu d'une nouvelle naissance. Pas une deuxième, mais une troisième : quand il devint auteur de langue anglaise, Simon Leys était déjà un écrivain non seulement de langue française, mais de langue chinoise. Et sa calligraphie fait toujours l'admiration des Chinois. Car avant de s'ériger en pourfendeur du maoïsme, Simon Leys fut, sous le nom de Pierre Ryckmans, un grand sinologue et un spécialiste de la peinture chinoise. Il fut aussi romancier, essayiste et critique littéraire, en anglais comme en français. Il fut enfin marin. Adolescent, il s'était initié à la voile aux Glénans, et sa passion pour la mer ne le céda bientôt plus qu'à celle pour la Chine. Leys consacra sa vie à naviguer sur les mers et les océans, mais aussi entre les langues, les cultures et les mondes. Prix de la meilleure biographie 2016 LiRE
Simon Leys (1935-2014) fut partagé entre la Belgique, où il est né, la France, où il a publié et connu les temps forts de sa vie intellectuelle, l'Australie, où il a trouvé les conditions idéales pour concevoir son oeuvre, et la Chine, qu'il a découverte en 1955 et dont il a dénoncé avec une rare clairvoyance le naufrage maoïste dans ses pamphlets mondialement célèbres : Les Habits neufs du président Mao (1971) et Ombres chinoises (1974). De Victor Hugo, Leys disait que l'exil avait été pour lui une 'seconde naissance' parce que ce fut sa période la plus féconde. L'Australie ne fut jamais un exil pour Leys, mais elle fut assurément le lieu d'une nouvelle naissance. Pas une deuxième, mais une troisième : quand il devint auteur de langue anglaise, Simon Leys était déjà un écrivain non seulement de langue française, mais de langue chinoise. Et sa calligraphie fait toujours l'admiration des Chinois. Car avant de s'ériger en pourfendeur du maoïsme, Simon Leys fut, sous le nom de Pierre Ryckmans, un grand sinologue et un spécialiste de la peinture chinoise. Il fut aussi romancier, essayiste et critique littéraire, en anglais comme en français. Il fut enfin marin. Adolescent, il s'était initié à la voile aux Glénans, et sa passion pour la mer ne le céda bientôt plus qu'à celle pour la Chine. Leys consacra sa vie à naviguer sur les mers et les océans, mais aussi entre les langues, les cultures et les mondes. Prix de la meilleure biographie 2016 LiRE
Début 1941 : des groupes de militaires, d'hommes politiques et d'intellectuels échafaudent chacun de leur côté des plans de résistance à grande échelle sur le plateau du Vercors. De tous horizons politiques et sociaux, ces hommes sont unis par des objectifs communs : vaincre l'occupant, restaurer la fierté de la France et faire du Vercors le lieu de naissance d'une nouvelle République. Grâce aux armes et aux agents parachutés par les Alliés, ils devront se soulever le jour du Débarquement afin de détourner les Allemands des plages de Normandie. Mais sitôt passés à l'action ils sont abandonnés et laissés seuls face à la puissance de l'armée allemande : quatre mille cinq cents jeunes maquisards mal équipés face à douze mille Allemands lourdement armés. Ce livre retrace le parcours héroïque de ces maquisards du Vercors, depuis l'idéalisme des débuts et les erreurs de jugement, jusqu'à la trahison des états-majors et au désespoir des combattants, pour finir dans un des pires massacres de la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, après une écrasante défaite initiale, les survivants, aussi inexpérimentés, mal dirigés, sous-armés et submergés par le nombre qu'ils soient, parviennent à se réfugier dans la forêt. Traqués par l'ennemi, affamés, ils trouvent les ressources pour riposter et transformer une défaite quasi certaine en une victoire finale. Cette histoire est celle de la plus grande bataille livrée par la Résistance durant toute la guerre et celle des représailles les plus brutales jamais infligées par les Allemands en Europe occidentale. C'est une histoire d'hommes aux proportions épiques.
Début 1941 : des groupes de militaires, d'hommes politiques et d'intellectuels échafaudent chacun de leur côté des plans de résistance à grande échelle sur le plateau du Vercors. De tous horizons politiques et sociaux, ces hommes sont unis par des objectifs communs : vaincre l'occupant, restaurer la fierté de la France et faire du Vercors le lieu de naissance d'une nouvelle République. Grâce aux armes et aux agents parachutés par les Alliés, ils devront se soulever le jour du Débarquement afin de détourner les Allemands des plages de Normandie. Mais sitôt passés à l'action ils sont abandonnés et laissés seuls face à la puissance de l'armée allemande : quatre mille cinq cents jeunes maquisards mal équipés face à douze mille Allemands lourdement armés. Ce livre retrace le parcours héroïque de ces maquisards du Vercors, depuis l'idéalisme des débuts et les erreurs de jugement, jusqu'à la trahison des états-majors et au désespoir des combattants, pour finir dans un des pires massacres de la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, après une écrasante défaite initiale, les survivants, aussi inexpérimentés, mal dirigés, sous-armés et submergés par le nombre qu'ils soient, parviennent à se réfugier dans la forêt. Traqués par l'ennemi, affamés, ils trouvent les ressources pour riposter et transformer une défaite quasi certaine en une victoire finale. Cette histoire est celle de la plus grande bataille livrée par la Résistance durant toute la guerre et celle des représailles les plus brutales jamais infligées par les Allemands en Europe occidentale. C'est une histoire d'hommes aux proportions épiques.
Développement économique vertigineux, montée en puissance impressionnante, modernisation militaire sans précédent, passions nationalistes souvent incandescentes, confrontation de plus en plus intense avec les États-Unis, tous ces ingrédients connus semblent conduire immanquablement la Chine à la guerre. Les causes immédiates d'un conflit armé ne manquent pas : les prétentions de Pékin en mer de Chine du Sud, le conflit territorial sino-japonais autour des Senkaku (Diaoyu) et surtout la volonté farouche de Xi Jinping de réunifier Taiwan à la République populaire constituent les principaux barils de poudre qui peuvent à tout moment exploser. De fait, les prédictions d'un affrontement militaire dans le détroit de Formose d'où la Chine sortirait vainqueur se multiplient. Pour l'heure, ce que l'on observe avant tout est une utilisation de plus en plus fréquente par le gouvernement chinois de ce qu'on appelle les "zones grises" entre la paix et la guerre. Cette stratégie s'est étendue, en 2020, à la longue frontière sino-indienne. Ce nouveau modus operandi permet aussi à l'Armée populaire de libération (APL) et aux autres agences de sécurité chinoises d'améliorer leur capacité de projection de forces et leur préparation au combat. Mais les enjeux d'une guerre ouverte, et pas uniquement avec les États-Unis, restent énormes, incitant l'APL à d'abord envisager des "opérations extérieures" plus limitées et moins dangereuses. Pour ces raisons, bien que nul ne puisse contrôler les passions humaines, et sans pour autant exclure l'irruption de crises militaires, la Chine et les États-Unis s'orientent plus vers une guerre froide d'un nouveau type que vers une guerre chaude qui pourrait rapidement se nucléariser.
Développement économique vertigineux, montée en puissance impressionnante, modernisation militaire sans précédent, passions nationalistes souvent incandescentes, confrontation de plus en plus intense avec les États-Unis, tous ces ingrédients connus semblent conduire immanquablement la Chine à la guerre. Les causes immédiates d'un conflit armé ne manquent pas : les prétentions de Pékin en mer de Chine du Sud, le conflit territorial sino-japonais autour des Senkaku (Diaoyu) et surtout la volonté farouche de Xi Jinping de réunifier Taiwan à la République populaire constituent les principaux barils de poudre qui peuvent à tout moment exploser. De fait, les prédictions d'un affrontement militaire dans le détroit de Formose d'où la Chine sortirait vainqueur se multiplient. Pour l'heure, ce que l'on observe avant tout est une utilisation de plus en plus fréquente par le gouvernement chinois de ce qu'on appelle les "zones grises" entre la paix et la guerre. Cette stratégie s'est étendue, en 2020, à la longue frontière sino-indienne. Ce nouveau modus operandi permet aussi à l'Armée populaire de libération (APL) et aux autres agences de sécurité chinoises d'améliorer leur capacité de projection de forces et leur préparation au combat. Mais les enjeux d'une guerre ouverte, et pas uniquement avec les États-Unis, restent énormes, incitant l'APL à d'abord envisager des "opérations extérieures" plus limitées et moins dangereuses. Pour ces raisons, bien que nul ne puisse contrôler les passions humaines, et sans pour autant exclure l'irruption de crises militaires, la Chine et les États-Unis s'orientent plus vers une guerre froide d'un nouveau type que vers une guerre chaude qui pourrait rapidement se nucléariser.
Nouvelle version de "The Compatriots, The Brutal and Chaotic History of Russia's Exiles", Émigrés, and Agents abroad publié aux États-Unis en 2019, cet ouvrage - dont Jonathan Littell a eu l'idée de la traduction française - relate l'histoire de l'instrumentalisation par le pouvoir soviétique puis russe de la diaspora exilée, ou comment la Russie dès Lénine a utilisé les citoyens russes pour former une diaspora d'espions, de politiques, ou d'oligarques pour servir les intérêts de la mère-patrie, Russie d'hier et d'aujourd'hui en passant par l'ex-URSS. Cette nouvelle édition est largement enrichie de leur enquête sur les empoisonnements récents de Vladimir Kara-Murza et d'Alexeï Navalny et sur la récente vague d'immigration massive d'opposants depuis le début de la guerre en Ukraine - dont leur expérience personnelle et douloureuse fait partie. La guerre en Ukraine, l'effrayante répression de Poutine contre les leaders opposants, les dissidents politiques et les journalistes ont provoqué une nouvelle vague d'immigration, de la Géorgie à la Thaïlande, de la France aux Pays Baltes. Ces nouveaux émigrés ont pour traits communs un haut niveau d'éducation, un état d'esprit libéral et d'être originaire des grandes villes. Ils n'ont d'espoir de retour qu'à la condition d'un changement de régime. Ces nouveaux exilés ne veulent pas attendre les bras croisés que le changement advienne. Ils se sentent l'âme de la nation ; ils ont maintenu vivant leur lien avec le public russe en l'abreuvant tous les jours d'informations non-censurées grâce à la globalisation et à Internet. Parmi eux, les auteurs de ce livre. Émigrés eux-mêmes deux ans avant la guerre au début de laquelle ils furent inscrits sur la Wanted list des autorités russes pour leurs enquêtes, ils risquent aujourd'hui dix ans de prison s'ils reviennent en Russie.
Nouvelle version de "The Compatriots, The Brutal and Chaotic History of Russia's Exiles", Émigrés, and Agents abroad publié aux États-Unis en 2019, cet ouvrage - dont Jonathan Littell a eu l'idée de la traduction française - relate l'histoire de l'instrumentalisation par le pouvoir soviétique puis russe de la diaspora exilée, ou comment la Russie dès Lénine a utilisé les citoyens russes pour former une diaspora d'espions, de politiques, ou d'oligarques pour servir les intérêts de la mère-patrie, Russie d'hier et d'aujourd'hui en passant par l'ex-URSS. Cette nouvelle édition est largement enrichie de leur enquête sur les empoisonnements récents de Vladimir Kara-Murza et d'Alexeï Navalny et sur la récente vague d'immigration massive d'opposants depuis le début de la guerre en Ukraine - dont leur expérience personnelle et douloureuse fait partie. La guerre en Ukraine, l'effrayante répression de Poutine contre les leaders opposants, les dissidents politiques et les journalistes ont provoqué une nouvelle vague d'immigration, de la Géorgie à la Thaïlande, de la France aux Pays Baltes. Ces nouveaux émigrés ont pour traits communs un haut niveau d'éducation, un état d'esprit libéral et d'être originaire des grandes villes. Ils n'ont d'espoir de retour qu'à la condition d'un changement de régime. Ces nouveaux exilés ne veulent pas attendre les bras croisés que le changement advienne. Ils se sentent l'âme de la nation ; ils ont maintenu vivant leur lien avec le public russe en l'abreuvant tous les jours d'informations non-censurées grâce à la globalisation et à Internet. Parmi eux, les auteurs de ce livre. Émigrés eux-mêmes deux ans avant la guerre au début de laquelle ils furent inscrits sur la Wanted list des autorités russes pour leurs enquêtes, ils risquent aujourd'hui dix ans de prison s'ils reviennent en Russie.
Entre le décret du 12 novembre 1938, qui permit d'interner les «indésirables étrangers» dans des centres spécialisés, et la libération du dernier interné en 1946, six cent mille hommes, femmes et enfants ont été enfermés dans les camps français. Denis Peschanski fait ici l'histoire d'un phénomène à la fois durable et massif, que de rares ouvrages pionniers n'avaient abordé que partiellement. La France des camps, à partir d'une cartographie précise, dessine la géographie inattendue d'un archipel. Deux cents camps, avec leurs bâtiments, leurs aménagements, une administration, des ministères de tutelle aux gardiens, des rapports socio-économiques avec leur région, une société internée, des solidarités, une entraide officielle et non officielle, dont la description concrète est permise par des archives abondantes, auxquelles s'ajoutent les témoignages poignants des internés eux-mêmes. Un épisode crucial de l'histoire de la France en guerre est là retracé, face aux simplifications des reconstructions mémorielles dans sa diversité, sa complexité : son exacte réalité.
Entre le décret du 12 novembre 1938, qui permit d'interner les «indésirables étrangers» dans des centres spécialisés, et la libération du dernier interné en 1946, six cent mille hommes, femmes et enfants ont été enfermés dans les camps français. Denis Peschanski fait ici l'histoire d'un phénomène à la fois durable et massif, que de rares ouvrages pionniers n'avaient abordé que partiellement. La France des camps, à partir d'une cartographie précise, dessine la géographie inattendue d'un archipel. Deux cents camps, avec leurs bâtiments, leurs aménagements, une administration, des ministères de tutelle aux gardiens, des rapports socio-économiques avec leur région, une société internée, des solidarités, une entraide officielle et non officielle, dont la description concrète est permise par des archives abondantes, auxquelles s'ajoutent les témoignages poignants des internés eux-mêmes. Un épisode crucial de l'histoire de la France en guerre est là retracé, face aux simplifications des reconstructions mémorielles dans sa diversité, sa complexité : son exacte réalité.
Bernard Faÿ n'est plus guère connu aujourd'hui que pour son rôle dans la répression de la franc-maçonnerie sous le régime de Vichy. Son action à la tête de la Bibliothèque nationale de 1940 à 1944 lui valut les travaux forcés à la Libération. Intrigué par le destin de cet intellectuel passé de Proust à Pétain et de l'avant-garde à la collaboration, Antoine Compagnon, dont Bernard Faÿ fut un lointain prédécesseur à l'université Columbia de New York, puis à Paris, au Collège de France, renouvelle en profondeur une enquête entamée par les historiens. Car l'homme demeurait très mystérieux. Quels démons ont pu pousser cet américaniste éclairé, ouvert au monde moderne, familier de Gide, Cocteau, Crevel et Picasso, intime de Gertrude Stein, aux engagements les plus funestes auprès des autorités d'occupation et de leurs complices français, aux compromissions les plus basses avec la police et la SS ? Comment cet homme de haute culture, infirme et esthète, inverti et religieux, a-t-il pu consentir à l'ignominie de la délation ? Et pourquoi ne s'est-il jamais repenti ? Tragique époque, ténébreux caractère, troublant portrait.
Bernard Faÿ n'est plus guère connu aujourd'hui que pour son rôle dans la répression de la franc-maçonnerie sous le régime de Vichy. Son action à la tête de la Bibliothèque nationale de 1940 à 1944 lui valut les travaux forcés à la Libération. Intrigué par le destin de cet intellectuel passé de Proust à Pétain et de l'avant-garde à la collaboration, Antoine Compagnon, dont Bernard Faÿ fut un lointain prédécesseur à l'université Columbia de New York, puis à Paris, au Collège de France, renouvelle en profondeur une enquête entamée par les historiens. Car l'homme demeurait très mystérieux. Quels démons ont pu pousser cet américaniste éclairé, ouvert au monde moderne, familier de Gide, Cocteau, Crevel et Picasso, intime de Gertrude Stein, aux engagements les plus funestes auprès des autorités d'occupation et de leurs complices français, aux compromissions les plus basses avec la police et la SS ? Comment cet homme de haute culture, infirme et esthète, inverti et religieux, a-t-il pu consentir à l'ignominie de la délation ? Et pourquoi ne s'est-il jamais repenti ? Tragique époque, ténébreux caractère, troublant portrait.
Des palais de la monarchie des Habsbourg aux chambres de torture de l'Union soviétique, ce livre fait le récit d'un vie hors du commun, suspendue entre l'effondrement des empires centraux, consécutif à la Première Guerre mondiale, et l'émergence de l'Europe moderne. William de Habsbourg, le Prince rouge, porta l'uniforme d'un officier autrichien, l'habit de cour d'un archiduc de Habsbourg, le simple costume d'un exilé parisien, le collier de l'ordre de la Toison d'or et, de temps à autre, une robe. Il parlait le polonais dans lequel il avait été élevé, l'italien de sa mère, l'allemand de son père, l'anglais de ses amis britanniques de sang royal et l'ukrainien de la terre sur laquelle il espérait régner. Parvenu à la majorité pendant la Grande Guerre, il avait rejeté sa famille pour se battre aux côtés des Ukrainiens. Quand le rêve de devenir leur roi s'effondra, il devint tour à tour un allié des impérialistes allemands, un célèbre noceur français, un monarchiste autrichien enragé, un adversaire de Hitler et un espion de Staline pour le compte des Anglais et des Français. Sur fond de capitales européennes et de champs de bataille, de stations de ski et de cellules de prison, Le Prince rouge saisit un moment unique de l'histoire de l'Europe où l'ordre ancien cède brutalement la place à un avenir incertain dans lequel toute chose, y compris l'identité elle-même, semble à saisir.
Des palais de la monarchie des Habsbourg aux chambres de torture de l'Union soviétique, ce livre fait le récit d'un vie hors du commun, suspendue entre l'effondrement des empires centraux, consécutif à la Première Guerre mondiale, et l'émergence de l'Europe moderne. William de Habsbourg, le Prince rouge, porta l'uniforme d'un officier autrichien, l'habit de cour d'un archiduc de Habsbourg, le simple costume d'un exilé parisien, le collier de l'ordre de la Toison d'or et, de temps à autre, une robe. Il parlait le polonais dans lequel il avait été élevé, l'italien de sa mère, l'allemand de son père, l'anglais de ses amis britanniques de sang royal et l'ukrainien de la terre sur laquelle il espérait régner. Parvenu à la majorité pendant la Grande Guerre, il avait rejeté sa famille pour se battre aux côtés des Ukrainiens. Quand le rêve de devenir leur roi s'effondra, il devint tour à tour un allié des impérialistes allemands, un célèbre noceur français, un monarchiste autrichien enragé, un adversaire de Hitler et un espion de Staline pour le compte des Anglais et des Français. Sur fond de capitales européennes et de champs de bataille, de stations de ski et de cellules de prison, Le Prince rouge saisit un moment unique de l'histoire de l'Europe où l'ordre ancien cède brutalement la place à un avenir incertain dans lequel toute chose, y compris l'identité elle-même, semble à saisir.
Produit de la guerre froide, née de la volonté de l'URSS de coordonner l'activité des polices politiques communistes, l'Internationale tchékiste s'enracine dans une idéologie inventée au milieu des années 1920 à la mort du fondateur de la Tcheka, Felix Dzerjinski. Le tchékisme se caractérise par sa capacité de transferts vers les démocraties populaires après 1945 et par sa résilience idéologique. Si chaque police politique défendait clairement des intérêts nationaux, ces derniers pouvaient parfaitement être compatibles avec un intérêt supérieur commun à tous les pays du bloc de l'Est. Au lieu d'opposer les dimensions internationale et nationale, l'auteur les associe dans le cadre d'une analyse à l'échelle d'un espace géopolitique encore trop souvent marqué par des clichés hérités de la guerre froide.
Produit de la guerre froide, née de la volonté de l'URSS de coordonner l'activité des polices politiques communistes, l'Internationale tchékiste s'enracine dans une idéologie inventée au milieu des années 1920 à la mort du fondateur de la Tcheka, Felix Dzerjinski. Le tchékisme se caractérise par sa capacité de transferts vers les démocraties populaires après 1945 et par sa résilience idéologique. Si chaque police politique défendait clairement des intérêts nationaux, ces derniers pouvaient parfaitement être compatibles avec un intérêt supérieur commun à tous les pays du bloc de l'Est. Au lieu d'opposer les dimensions internationale et nationale, l'auteur les associe dans le cadre d'une analyse à l'échelle d'un espace géopolitique encore trop souvent marqué par des clichés hérités de la guerre froide.
La Corée du Nord est le pays le plus haï, mais aussi le plus mal connu de la planète. Comprendre les ressorts d'un système totalitaire sans équivalent par son monolithisme idéologique, l'inscrire dans son espace et dans son temps pour en saisir l'ancrage et décrypter le fonctionnement d'une économie émergente, de facto de marché : tel est l'objet de ce livre. La Corée du Nord est le fruit d'une histoire disputée : colonisée par le Japon (1910 1945) puis divisée par les États-Unis et l'URSS en 1945, partition entérinée trois ans plus tard et contestée par une guerre fratricide (1950-1953), et restée depuis sans traité de paix. Kim Il Sung au pouvoir a élevé la lutte de libération au rang de récit fondateur et organisé le pays sur le modèle d'une unité de guérilla, entretenant la population dans une mentalité d'assiégé permanent. La résilience de cet 'État-guérilla' est sans doute à chercher moins dans son caractère stalinien que dans un nationalisme invétéré. La Corée du Nord évolue néanmoins vers une économie hybride, où la frontière entre secteur public et initiative privée est de plus en plus floue et qui génère de profondes mutations sociales. Cette évolution interne a pour toile de fond des enjeux géostratégiques : les risques entraînés par les ambitions nucléaires de Pyongyang, les visées hégémoniques du puissant voisin chinois et le retour de la Russie dans le Grand Jeu diplomatique.
La Corée du Nord est le pays le plus haï, mais aussi le plus mal connu de la planète. Comprendre les ressorts d'un système totalitaire sans équivalent par son monolithisme idéologique, l'inscrire dans son espace et dans son temps pour en saisir l'ancrage et décrypter le fonctionnement d'une économie émergente, de facto de marché : tel est l'objet de ce livre. La Corée du Nord est le fruit d'une histoire disputée : colonisée par le Japon (1910 1945) puis divisée par les États-Unis et l'URSS en 1945, partition entérinée trois ans plus tard et contestée par une guerre fratricide (1950-1953), et restée depuis sans traité de paix. Kim Il Sung au pouvoir a élevé la lutte de libération au rang de récit fondateur et organisé le pays sur le modèle d'une unité de guérilla, entretenant la population dans une mentalité d'assiégé permanent. La résilience de cet 'État-guérilla' est sans doute à chercher moins dans son caractère stalinien que dans un nationalisme invétéré. La Corée du Nord évolue néanmoins vers une économie hybride, où la frontière entre secteur public et initiative privée est de plus en plus floue et qui génère de profondes mutations sociales. Cette évolution interne a pour toile de fond des enjeux géostratégiques : les risques entraînés par les ambitions nucléaires de Pyongyang, les visées hégémoniques du puissant voisin chinois et le retour de la Russie dans le Grand Jeu diplomatique.
Du tournant des années 1930 à la fin de la IVe République, certains écrivains, des littérateurs se sont engagés à l'extrême droite. Leur définition : un refus violent de la démocratie. On trouve, au départ, l'Action française de Charles Maurras et ses surgeons : les rebelles (Combat, L'Insurgé), les fils ingrats et reniés (les fascistes de Je suis partout, qui se précipiteront dans la collaboration) et aussi, loin de l'Action française qui parlait de roi, d'élite, d'inégalités, le parti populaire français de Doriot : ce parti qui voulait réunir l'"émotion révolutionnaire" et des préoccupations sociales aux promesses de "grandeur", attira (aussi) des intellectuels - Drieu la Rochelle, par exemple, alla y chercher un public, une action, des émois. L'occupation et le régime de Vichy firent éclater ces courants. Après la Libération, de nouvelles configurations se sont formées, réunissant des ennemis hier irrémissibles, devenus plus sensibles à l'identité de leur haine - la démocratie - qu'à leurs affinités, en fait mal décelables. Ce parcours conduit, en particulier, à éclairer trois objets : la France des années de l'occupation, qu'il faut réévaluer ; le rôle de franges intellectuelles dans de douteux combats antidémocratiques ; enfin, la fragilité de la démocratie : faisant appel à la liberté individuelle, à la raison, elle laisse inassouvis, aux extrêmes, ceux qui attendent de la politique le bonheur (à gauche) et la «grandeur» (à l'extrême droite).
Du tournant des années 1930 à la fin de la IVe République, certains écrivains, des littérateurs se sont engagés à l'extrême droite. Leur définition : un refus violent de la démocratie. On trouve, au départ, l'Action française de Charles Maurras et ses surgeons : les rebelles (Combat, L'Insurgé), les fils ingrats et reniés (les fascistes de Je suis partout, qui se précipiteront dans la collaboration) et aussi, loin de l'Action française qui parlait de roi, d'élite, d'inégalités, le parti populaire français de Doriot : ce parti qui voulait réunir l'"émotion révolutionnaire" et des préoccupations sociales aux promesses de "grandeur", attira (aussi) des intellectuels - Drieu la Rochelle, par exemple, alla y chercher un public, une action, des émois. L'occupation et le régime de Vichy firent éclater ces courants. Après la Libération, de nouvelles configurations se sont formées, réunissant des ennemis hier irrémissibles, devenus plus sensibles à l'identité de leur haine - la démocratie - qu'à leurs affinités, en fait mal décelables. Ce parcours conduit, en particulier, à éclairer trois objets : la France des années de l'occupation, qu'il faut réévaluer ; le rôle de franges intellectuelles dans de douteux combats antidémocratiques ; enfin, la fragilité de la démocratie : faisant appel à la liberté individuelle, à la raison, elle laisse inassouvis, aux extrêmes, ceux qui attendent de la politique le bonheur (à gauche) et la «grandeur» (à l'extrême droite).