La coïncidence
Ces quelques poèmes sont cris d'humeur poussés en "taire" de banlieue. Simples jongleries, leurs jeux de mots ? Ou tentative de saisir ambiguïté et résonances du quotidien ? De cerner un relief des relations ? Je de société, Moi, les gens.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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...Où s'ouvrent l'arbre, la caresse, la pluie où les choses veillent - encloses, dociles, dedans. Le regard s'y enfonce, s'y brûle, c'est le lieu de l'image, du temps rond, des saisons intactes, un lieu d'avant la déchirure d'une enfance qui n'en finit pas. La parole restitue, refond le corps magique. On est un à nouveau - fragments du monde, qui rêve enroulé dans la voix.
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Longtemps (notamment aux éditions des Cahiers du Sud), Forêt, Dialogues pour la nuit, Le songe et le portrait, Pierre Delisle a poursuivi le même poème. Toujours une manière de conte fait de versets - "On a tôt fait, dit Jaccottet dans son Entretien des Muses (Gallimard), de découvrir les ancêtres. Claudel, Milosz et l'Eliot de Meurtre dans la cathédrale" - une marche obstinément reprise dans un pays plein d'éclairs et de visions. On avance et l'on retrouve l'antique combat entre la mort et la chair de l'amour et la chair du désir. Avec Airs oubliés, on arrive aujourd'hui dans un village d'Auvergne, à une poésie apparemment apaisée. Mais, là encore, entre les vieilles maisons, dans le chemin en pente, le hurlement du loup promène parfois sa blême fiancée, la mort.
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Lorsque j'écrivis ces pages, en septembre 81, je pensais être arrivée au terme d'une existence banale, dérisoire. J'attendais. C'est alors que je m'aperçus de ce que je risquais de perdre, ma famille, mes amis, et même tous les autres, ces inconnus, qui souffraient ou qui étaient seuls, mais dont, tout à coup, j'étais proche. J'en parlai. Aujourd'hui, je suis guérie. Je ne sais cependant si j'arriverai à garder, longtemps encore, le bénéfice de ces merveilleuses découvertes, celle du quotidien et celle de l'humain.
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Ce recueil est divisé en cinq chapitres, cinq "Géographiques" qui sont comme des lieux ouverts, lieux du vécu et du rêvé : le langage, le temps, la géographie du poème, la géographie de la mémoire, les horizons. Nous allons des grands espaces de la Terre, de la mémoire et du discours, aux révélations du toucher du monde et à l'envers des apparences. Avec une sorte d'enthousiasme, dans un onirisme de grand écran se déploie l'épopée du verbe, les mots partant à la conquête de leur sens le plus sonore, frémissant, profond. Le poète chante l'élémentaire, le léger et l'immense, la musique des écarts, les journées de bruit ou de magie, le corps dans l'espace, l'extase. Faire un poème, c'est piocher, "défier la parole", "être anonyme dans sa parole d'identité". Il y a là une confiance dans le pouvoir sans merci de l'imaginaire. Si chaque pas nous est question, si "l'écrit symphonique" est un voyage dans la culture et dans le monde, si nous acceptons de nous plier au "rite du passage", alors le poème symbolise bien la quête du sacré "parmi la diaspora des visages".