Le Sociologue
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Chaque individu est marqué, même à son corps défendant, par des codes symboliques. Cet ouvrage, loin d'être une nouvelle interprétation des symboles, vise à penser le symbolisme dans son fondement et son déploiement à travers le corps collectif et social.
Par-delà les territoires spécialisés du paysage scientifique, cet ouvrage montre que l'unité de ces sciences s'appuie sur l'unité de l'humain à travers l'espace et le temps : que les manières d'expliquer ou de comprendre les personnes, les actions, les représentations ou les oeuvres sont en nombre limité malgré la diversité des cultures et des manières de les aborder. « Copyright Electre »
Sous le nom de mobilité sociale, les sociologues cherchent à identifier et mesurer ces mouvements des individus dans la structure sociale. Comment s'est formée la tradition des enquêtes de mobilité sociale? Comment lire un tableau de mobilité sociale et en apprécier les résultats? A quoi vise la construction d'indices de mobilité? « Copyright Electre »
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L'entreprise se trouve face à cette contradiction de devoir produire de l'intégration à partir d'un milieu social qui ne lui livre plus de l'intégration toute faite. Une étude des figures de cette exigence à travers les modifications actuelles des enjeux techniques et économiques, à propos du détour par les champs de l'éthique et de la motivation que les entreprises doivent s'imposer. « Copyright Electre »
Que sont les différents types de crimes ? Y-a-t'il une hiérarchie socioprofessionnelle de la criminalité ? Existe-t'il une hérédité qui justifierait, du moins en partie, le phénomène criminel ? Quels sont les mécanismes généraux qui régissent les réponses comportementales d'un individu ? Autant de questions, et plus encore, auxquelles Jean-Michel Bessette, professeur des universités, Directeur adjoint du Laboratoire de sociologie et d'anthropologie de l'Université de Franche-Comté et administrateur de l'Association française de criminologie, tente de répondre dans ce livre publié en 1982.
Comment les mutations sociales contemporaines redéfinissent-elles les rapports entre générations ? Les liens de famille de Thierry Blöss offre une analyse sociologique rigoureuse des transformations de la famille française, entre école.
La recherche des réponses appropriées aux problèmes de santé des populations en situation de précarité a amené l'auteur, médecin, à aborder les concepts relatifs à la définition, à la perception et aux déterminants de la santé. La souffrance psychosociale est abordée en soulignant son aspect social, où s'entremêlent les trajectoires de vie, les ruptures et les conditions de vie. « Copyright Electre »
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Comment choisir une piste plus crédible qu'une autre pour suivre la trajectoire de la modernité, alors même que l'inflation des discours désorganise tout effort spéculatif ? Une mise au point s'impose sur la base d'incursions dans les analyses contemporaines, dont celles de McLuhan, Benjamin, Canetti, Baudrillard, Deleuze, Virilio et Polanyi. Le système de masse rayonne alors de tous ses effets, en jouant de deux opérations, endémiques et déroutantes, celle de la réversibilité et celle de la circulation. La modernité poursuit son trajet, mêlant les images, promouvant l'opinion, propulsant la valeur dans une quête de l'inaccessible : faire éprouver le sentiment d'exister.
Dans la société actuelle, on fait de plus en plus appel à des spécialistes extérieurs pour aider à analyser et peut-être résoudre des problèmes que l'on ne sait plus comment aborder. Ainsi, le psycho-sociologue, le thérapeute, l'éducateur, mais aussi l'expert-comptable, le juriste, le linguiste interviennent dans les groupes, les organisations, les institutions pour amener leurs membres à y voir plus clair. Mais l'intervention, c'est aussi l'action du militant qui veut changer les rapports sociaux au niveau de la société : Pour connaître la réalité, il faut la transformer (Marx). Entre l'expert et le militant, le sociologue peut, lui aussi, opter pour une sociologie concrète, faite sur le terrain. C'est la sociologie d'intervention. L'objet du présent ouvrage est de présenter les grands courants de la sociologie d'intervention en France et dans le Monde.
Est-ce le sexe qui fait la société ? Mais qu'est-ce qui fait le sexe ? Pendant des siècles, les réponses ont paru évidentes mais, aujourd'hui, il n'en est plus ainsi. Qu'il s'agisse, par exemple, des mères porteuses, des activités respectives de l'homme et de la femme dans diverses sociétés, des différences de comportements féminins et masculins, du statut de l'homosexualité, de l'inceste, des représentations féminines de l'art préhistorique..., la frontière des sexes apparaît toujours plus incertaine à mesure que les recherches s'approfondissent. L'observation des singes, les enquêtes ethnographiques et les découvertes archéologiques montrent que, ni la nature seule, ni la culture seule, ne peuvent expliquer les contrastes que chaque société reconnaît entre l'homme et la femme. C'est cette ambivalence qui est explorée sous ses multiples manifestations au cours des neuf chapitres de ce livre.
Quand l'individu se présente comme une personne, au sens juridique, psychologique et philosophique du mot, est-il un produit de la société ? Sa responsabilité n'est-elle pas atténuée, diluée dans ce que son entourage a fait de lui ? Le problème est important. Pour l'aborder, on étudie ici l'histoire même de la notion de personne, la façon dont chaque individu connaît et conçoit autrui. L'ethnologie, l'anthropologie, la sociologie aident à préciser ce que la personne doit à sa culture. En ce qui concerne la société moderne, on étudie l'influence des relations publiques, celle de la télévision, et les problèmes de l'insertion sociale. De nombreux points de vue sont ici rappelés, avec les enseignements qu'on en peut tirer pour situer la personne dans sa relation avec les cadres sociaux.
Depuis quelques mois, on n'a jamais parlé autant de télétravail. Ce mode de travail n'est pourtant pas si nouveau, il y a de nombreux domaines où il existe depuis des années, mais sans que l'on ait pensé à le baptiser. Ainsi, les premiers astronautes qui ont mis le pied sur la Lune en 1969 étaient-ils déjà, sans le savoir, des télétravailleurs puisqu'ils effectuaient un travail qui était analysé et exploité à des milliers de kilomètres d'eux. On ne parle pas seulement du télétravail, on l'étudie, scientifiquement ou pragmatiquement, sous toutes ses facettes, de tous les points de vue et à tous les niveaux. On le fait en partant généralement de données supposées fiables et qui sont en fait invérifiables. Le télétravail est une nébuleuse qui a presque autant de formes qu'il a de pratiquants, et toute tentative pour en donner une définition générale, est vouée à l'échec par les nombreuses réalités et possibilités qu'il recouvre. Cet ouvrage considère le télétravail dans les principaux pays du monde. Il constate que le verbe télétravailler se conjugue aujourd'hui au passé et au futur et, plus rarement, au présent. Il tente, notamment, en exposant le formidable enjeu économique que constituent la télématique aujourd'hui et l'atout non négligeable qu'est le télétravail dans la partie en cours actuellement, de répondre à cette question : pourquoi y a-t-il un tel engouement pour le télétravail et qui a intérêt à le mettre en avant ? Il s'interroge sur ce que ce mode de travail suppose de modifications dans les relations entre les employeurs et les employés. Et sur les nouveaux modèles de société qu'il peut contribuer à mettre en place : peut-il réellement répondre au besoin de liberté auquel les individus aspirent dans un monde de plus en plus organisé ?
La pratique de la ville affecte profondément la culture de la famille émigrée. Rapidement, l'exposition à l'espace public - surtout pour les enfants, un temps préservés par l'espace privé - les mots, les objets, les formes de consommation conjuguent leurs effets. Il en résulte l'hybridation des pratiques quotidiennes, urbaines et domestiques. La famille n'est plus la même du point de vue de sa composition, mais aussi du point de vue de la répartition des pouvoirs, des identités et des positions relatives de ses membres. La maison du retour, envisagée comme terme d'un nomadisme résidentiel nécessaire, devient vite une résidence secondaire, appendice d'une résidence principale placée dans la périphérie d'une grande ville française. L'analyse de ces transformations est au centre de cet ouvrage. C'est le résultat d'une recherche collective, menée sur plusieurs sites en France, mais aussi au Maghreb. L'ambition des auteurs est de renouveler la compréhension du rapport des immigrés de France à la société et à l'espace, à partir d'une étude ethno-sociologique.
Dans les groupes contemporains, l'exigence d'équité est omniprésente. Comment répartir les ressources ? En fonction de quels droits ? En réponse à quels besoins ? La définition de normes de justice - qu'il s'agisse de légitimer les inégalités ou de mobiliser des aspirations progressistes - est un problème majeur et universel du fonctionnement des groupes. Or, les critères du juste sont souvent contradictoires. Les principes d'égalité, de mérite et de besoin s'affrontent aussi bien dans la famille que dans l'entreprise ou à l'école. De surcroît, plusieurs conceptions de l'égalité (des chances, des droits, des résultats, etc.) s'y font concurrence. Cette pluralité des principes d'équité soulève trois questions sociologiques fondamentales : - comment les formes principales du sentiment de justice varient-elles selon l'identité sociale des acteurs ?- Les divers genres de groupes engendrent-ils des principes de justice différents ? - Comment les groupes résolvent-ils leurs conflits normatifs en matière d'équité ?
Lire des tableaux croisés est un exercice souvent pratiqué par le sociologue : cet ouvrage lui propose un choix de méthodes d'analyse des données qui vont d'une technique simple comme la lecture rapide, jusqu'à des méthodes plus complexes qui supposent l'utilisation de l'informatique. Certaines d'entre elles, comme l'analyse factorielle, ont été mises au point dans d'autres disciplines, d'autres ont été développées par l'auteur pour répondre aux questions spécifiques du sociologue, comme la méthode Tri-deux, méthode post-factorielle de dépouillement d'enquête. Les nombreux graphiques utilisés dans cet ouvrage ne sont pas considérés comme de simples illustrations, mais comme de véritables outils de recherche. Dans le cas de l'analyse factorielle, ils permettront une compréhension visuelle de la méthode, complémentaire de celle faite par l'auteur dans la collection Que sais-je ? : L'analyse factorielle, n° 2095.
La vie quotidienne est un attribut des acteurs ; elle n'en est pas moins aliénée. Alors que l'éventail des usages, l'éligibilité, s'élargit et que, pour le plus grand nombre, les possibilités d'intervenir sur sa destinée propre augmentent, chacun participe de moins en moins à ce qui conditionne les routines journalières. Alors que le quotidien reste répétitif, ses facteurs changent de plus en plus vite. Ce livre montre le fondement socio-anthropologique de ces paradoxes apparents. Après avoir retracé la genèse et décrit les enjeux du champ de la vie quotidienne, il présente une perspective originale, combinant explication et compréhension, et l'applique à la description des genres et formes de vie les plus typiques dans la France actuelle. Les principaux thèmes abordés, en montrant le caractère indissociable du symbolique et du matériel, sont notamment : la culture de classe et de masse, la morphologie sociale, la fragmentation des activités, la vie domestique.
Dans une société définie par le mouvement, existe-t-il des systèmes d'usages - ou genres de vie - suffisamment stables pour être observables par le sociologue ? Peut-il construire des morphologies culturelles ? Le livre s'attache à identifier les conditions sociologiques d'une recherche des formes culturelles, ainsi que les principales précautions théoriques et méthodologiques nécessaires à la compréhension de ce que l'on appelait autrefois les moeurs. À partir de l'étude critique de quelques thèmes (consommation, famille, croyances au divinatoire, réseaux de sociabilité), il contribue à une nouvelle analyse du champ commun, au culturel et au social. Selon la thèse défendue par l'auteur, les genres de vie ne peuvent se comprendre que dans la distance relative aux normes de la culture de classe - distance intimement liée aux facteurs de mobilité sociale. Ce qui situe l'approche sociologique des usages dans la double dynamique des processus de stratification et d'institutionnalisation.
Qu'est-ce qu'une génération ? Comment se forme-t-elle ? A-t-elle un esprit ? Une mémoire collective ? Et que désigne-t-on en parlant de la génération de 68 ou de la bof génération ? Pour répondre à ces questions, ce livre entraîne dans un parcours critique à travers l'histoire, l'anthropologie, la démographie, la psychanalyse, la sociologie ; il renouvelle la réflexion sur la succession des générations et les âges de la vie. L'auteur présente des thèses nouvelles sur les générations sexuées - produit de la libération des femmes - ou encore sur la correspondance entre la confrontation des générations et ces étapes de la vie que sont l'adolescence et la maturescence. À la recherche des processus par lesquels se constitue, sans se connaître, une génération et se marque l'empreinte du temps aux sources mêmes de la pensée, ce livre débouche sur la définition d'un espace générationnel qui conduit à une sociologie du temps.
L'expansion urbaine - croissance des villes et développement de l'urbanisation - est un fait majeur de notre époque. Toutefois les villes ne datent pas d'aujourd'hui ; elles ont eu un rôle social et culturel dans un grand nombre de civilisations. Il convient donc, si l'on s'interroge sur l'avenir des villes et sur l'urbanisme contemporain lui-même, de faire la sociologie du phénomène urbain, c'est-à-dire de le situer par rapport aux sociétés et aux systèmes sociaux dans lesquels il apparaît et aussi par rapport aux divers aspects et niveaux de la vie sociale. C'est le propos de ce livre qui ne traite pas les villes comme des entités ou des objets autonomes. Chaque type de ville y apparaît comme un mode d'organisation de la vie collective qui possède diverses dimensions majeures, en particulier une dimension politique (c'est une structure de pouvoir), une dimension spatiale (c'est un réseau de formes concrètes) et une dimension culturelle (c'est un style de vie). Sur la ville en général et sa fonction sociale, sur les types de ville et leurs dimensions, l'auteur apporte des faits, des analyses et des thèses, un regard historique et des perspectives pratiques. Il jette les bases d'un urbanisme critique.
Cet ouvrage reprend et analyse les débats qui, dans les dernières décennies du XIXe siècle et au début du XXe, ont marqué la science historique française lorsque la sociologie prenait son essor. L'objectif est de mieux comprendre un moment capital du développement de l'histoire et de la sociologie, en focalisant sur les problèmes méthodologiques et théoriques, traités à l'époque par les praticiens de ces deux savoirs concurrents. La démarche comporte trois étapes. L'auteur présente, tout d'abord, un échantillon des principaux travaux des historiens et théoriciens faisant la promotion d'une histoire-science à la fin du XIXe siècle (Fustel de Coulanges, Bourdeau, Lacombe, Langlois et Seignobos) ; ce faisant, deux perspectives antinomiques sont dégagées : l'une réduit l'histoire à la narration et au fait singulier, l'autre privilégie un implacable déterminisme. Il montre ensuite comment s'articule, dans la synthèse historique d'Henri Berr, la quête d'un compromis entre une histoire historisante et une histoire sociologisante. Enfin, il examine la place accordée à l'histoire dans l'oeuvre de Durkheim, et de quelques uns de ses disciples, dont Bouglé, Simiand et Halbwachs.
Élaborée dans une optique évolutionniste, ou selon la méthode dialectique, ou dans un cadre psychosociologique, la théorie de la dynamique sociale demeurait, jusqu'à présent, mal synthétisée. Cet ouvrage vise, d'une part, à évaluer systématiquement les modèles théoriques d'explication dynamiste de la société, parmi lesquels ceux de l'anthropologie moderne, d'autre part, à présenter les instruments d'analyse des changements sociaux (facteurs, processus, mesure, prévision, planification). Afin de maîtriser les mutations erratiques de nos sociétés en crise, s'impose une approche de la réalité sociale, en termes non seulement de structure et de fonction, mais de forces, d'énergie et de tensions. La sociologie des conflits se situe au coeur même de cette étude.
Nous avons souhaité nous démarquer de nombreux ouvrages concernant les sectes : témoignages, investigations, cris d'indignation de parents ou de proches, et tenter une analyse dépassionnée du phénomène, grâce à une nombreuse documentation et notre expérience de terrain. Nous avons voulu identifier et interpréter les mécanismes d'allégeance, la construction d'un univers-prothèse, les emprunts faits par les groupes au domaine thérapeutique, religieux, éthique, et le détournement de ces emprunts. Au terme de ce travail, nous avons trouvé des groupes totalitaires dans leurs discours, leurs structures, leur vision de l'humanité. Et une interrogation majeure : qu'est donc devenue notre société pour sécréter ces groupes où certains se trouvent temporairement mieux qu'à l'extérieur ?
Voici l'objectif essentiel que je poursuis, et l'idée centrale que j'ai voulu développer dans ce travail. Nos sociétés connaissent, en ce moment une mutation culturelle, très profonde. Pour agir sur cette mutation, pour rester acteur dans et de ce changement, il faut que nous soyons capables de le penser et, pour cela, nous devons disposer d'instruments d'analyse adéquats. Or, les paradigmes, les théories et les concepts que nous propose la sociologie d'aujourd'hui, sont intimement liés au modèle culturel de l'industrialisation, hérité des siècles passés, et surtout du XIXe. Si, comme d'aucuns le croient, la mutation actuelle est si profonde qu'elle atteint les principes de légitimité et de sens du modèle culturel industriel lui-même, alors nous sommes en droit de craindre que les théories sociologiques dont nous disposons, soient devenues inadéquates pour comprendre ce changement. Nous risquons de penser le XXIe siècle avec des concepts du XIXe. Dès lors, il devient indispensable et urgent de fonder, sur nos acquis mais aussi en les dépassant, un paradigme, une théorie et des concepts, qui ne soient plus tributaires du modèle industriel, et qui permettent d'analyser la mutation en cours dans un nouveau cadre intellectuel. Évidemment, la tâche est immense et il faudra beaucoup de contributions diverses pour en venir à bout : le but que je poursuis, en écrivant ce livre, est d'y apporter, modestement, la mienne.
Le système soviétique s'effondre ; le capitalisme libéral subsiste seul mais, hors quelques rares pays, il ne conduit qu'à des désordres. Une autre voie doit être tracée, dans laquelle les hommes seraient libres de refuser l'ingouvernabilité du monde, l'incapacité dont il souffre d'orienter son dynamisme technologique dans le sens d'un projet délibéré : est inacceptable en effet toute résignation aux misères, aux sociétés duales, aux désespoirs généralisés, aujourd'hui partout présents. C'est dans cette voie que Paul Ladrière et Claude Gruson, l'un sociologue, l'autre économiste, ont mené leur réflexion. Ils traitent des rapports entre éthique et économie en passant par une interprétation sociologique de la modernité, celle de Max Weber d'abord, celle de Jürgen Habermas ensuite. Dans l'analyse qu'ils font de la crise radicale vers laquelle les sociétés actuelles sont entraînées, l'appel à une exigence éthique transformatrice est maintenue malgré tout, comme sensée et possible. Mais, ils démontrent que cette exigence éthique ne s'inscrira dans l'action qu'au prix d'un progrès révolutionnaire des techniques qui permettent de comprendre l'évolution économique et sociale, et d'en déceler les développements virtuels. Ce progrès implique l'affirmation d'une volonté politique et le renouvellement du débat démocratique. Les acteurs, constatant la multiplicité et l'étendue des liens d'interdépendance qui les enserrent, doivent se regarder comme solidaires dans la recherche de l'intelligibilité, laquelle n'est accessible que dans un cadre dépassant la nation, en tout cas un cadre européen. Telle pourrait être la clé du renouvellement, tant attendu aujourd'hui, de la pensée politique.
Ce livre présente l'analyse des processus de déstructuration et de mobilisation des sous-prolétaires qui vivent à la rue. Une double logique sociale est ainsi restituée : d'un côté les effets éprouvés et observables des conditions de vie extrêmes, de l'autre, les tactiques de mobilisation d'acteurs infra-humanisés, qui disposent de marges de manoeuvre étroites pour s'adapter à l'autre monde et y survivre. En recourant au concept de violences extrêmes, il est possible de montrer que le monde décrit est un espace traversé exerçant des effets spécifiques. Des effets qui se retrouvent dans des situations, apparemment aussi différentes, qu'un bidonville, un camp de concentration ou les espaces interstitiels publics. Face à ces situations extrêmes, les sous-prolétaires utilisent des tactiques ponctuelles de survie. Le ressourcement individuel, autrement dit, la mobilisation solitaire de l'habitus par l'onirisme social (processus de déréalisation de la réalité insupportable à vivre), les tactiques de débrouillardise (prélèvement des ressources, lié à différentes modalités de gestion de l'identité) et la mobilisation de soi centrée sur la préservation de l'intégrité corporelle. En sollicitant des pairs, les sous-prolétaires peuvent nouer des alliances ou prélever du sens social contre le monde ordinaire. Le groupe offre une identité de substitution ou entre dans une logique économique de survie.
Les grands frères sont devenus, en une dizaine d'années, des visages familiers dans les cités. Leurs actions donnent lieu à des controverses, en faisant soit de véritables héros du social, soit de simples m'as-tu-vu médiatisés pour cacher la misère des quartiers difficiles. Pour reconnaître leur engagement et en évaluer l'efficacité, il a fallu suivre leur travail de médiation entre la famille, l'école et les différents acteurs sociaux locaux. En n'intervenant pas uniquement dans leur propre fratrie, mais par extension auprès des autres jeunes des cités, les grands frères posent, en effet, un ensemble de questions : Est-il encore légitime de parler de parenté quand l'encadrement ne concerne plus sa propre famille ? Quelle est la place réservée aux aînés dans les cités ? Quelle est la vie quotidienne des soeurs ? Quels sont les modes d'accès aux responsabilités sociales des jeunes ? Refusant de voir comme inconciliables les antagonismes entre communautarisme et nationalisme, laïcité et appartenance religieuse, ou encore entre tradition et modernité, les grands frères les intègrent dans une conception originale de la citoyenneté. Sociologie mais aussi, indissociablement, anthropologie de la fraternité dans les cités, cet ouvrage nourrira aussi bien la réflexion des chercheurs et des étudiants en sciences sociales, que celle des travailleurs sociaux ou des responsables politiques.
Cet ouvrage, rédigé par une historienne et un psychiatre spécialiste des phénomènes de groupe, aborde le thème du conflit, en se démarquant radicalement des approches habituelles qui privilégient l'idéologie, l'intérêt ou l'agressivité comme origine des affrontements humains. L'observation à l'échelle du couple, des institutions mais aussi au plan sociologique et historique, a convaincu les auteurs de l'existence de déterminismes du conflit fort différents de ceux qui sont allégués. Une lecture systémique permet de considérer l'adversaire désigné comme un partenaire dans un jeu partagé. Il devient rapidement mon irremplaçable ennemi. Et si je suis engagé dans la joute, je devrai construire, de toutes pièces, un univers répondant à une logique rigoureuse. Les auteurs, exemples à l'appui, montrent à quel point la dynamique conflictuelle pouvait s'autonomiser et échapper aux protagonistes, devenant alors difficilement réversible. L'ouvrage se termine par une revue critique des différentes méthodes de résolution du conflit, et des conditions qu'elles supposent pour être efficaces. Cet ouvrage s'adresse à l'historien, au sociologue, au psychologue, au consultant d'entreprise, mais aussi aux travailleurs sociaux et aux professeurs et élèves des Terminales ES.
Que s'est-il donc passé, dans les mutations de la vie adulte, depuis les années 1960 ? On magnifiait alors l'adulte en termes de développement de la personne, d'entrée dans la vie et d'inachèvement humain. Un tiers de siècle plus tard, nous nous retrouvons face à un individu incertain, parfois requalifié d'individu en friche. Dans une culture de transition à la recherche de nouveaux repères, la vie adulte a perdu ses perspectives maturationnelles, pour devenir l'âge problématique des défis à affronter : ceux liés à l'avènement d'une civilisation de l'immatériel, ceux d'une crise de l'action instrumentale, ceux aussi de temporalités malmenées et en voie de recomposition. Aussi, à l'instar des autres âges générationnels, la vie adulte s'identifie-t-elle désormais à une période existentielle faite de grandes perplexités génératrices de formes d'immaturité. Celles-ci vont se manifester, entre autres, dans des crises transitionnelles, un mal de reconnaissance identitaire, des situations limites à vivre, une expérience à régulièrement recycler, la tyrannie d'une multitude de décisions à prendre. À travers ces différentes épreuves, se manifeste une figure plurielle de l'immaturité, en même temps que s'impose une déconstruction du concept de vie adulte comme catégorie d'âge homogène. Cette catégorie ne relève plus de la banale normalité, mais d'un traitement que l'actualité rend de plus en plus capricieux. C'est ce traitement qui est ici identifié et situé face à un possible escamotage à venir de la vie adulte : un tel escamotage réduirait le cycle de vie à une dichotomie, d'une part une jeunesse adolescentrique qui se prolongerait indéfiniment, d'autre part un vieillissement de plus en plus précoce qui fait de notre société une société gérontocratique. La vie adulte en serait alors réduite à n'être qu'un passage plus ou moins flou, plus ou moins durable, entre les deux étants.
Les individus, ou les groupes, peuvent former une coalition pour obtenir des avantages plus grands que ceux qu'ils auraient obtenus s'ils n'en avaient pas fait partie. Entre les individus ou les groupes qui se coalisent, les relations sont généralement constituées de coopération et de conflit à la fois, si bien que le maintien de la coalition ne va pas sans difficulté. Il est d'ailleurs de la nature des coalitions d'être temporaires et de se défaire après un certain temps. Cet ouvrage porte sur les formes de la coalition dans différents milieux : place publique, organisations, collectivités locales, gouvernements et relations internationales. Il cherche à montrer que la formation et le maintien des coalitions dépendent des liens internes et externes propres à chacune d'entre elles, de la répartition des coûts et des bénéfices entre les participants, et surtout de l'exercice du contrôle au sein de la coalition et sur les adversaires.