Les grands mots
Qu'est-ce que le travail ? Pourquoi occupe-t-il une place si essentielle dans nos vies et dans la société ? Facteur d'émancipation, de bien-être, source de reconnaissance sociale, le travail est aussi synonyme d'effort, de contrainte, d'inégalités, et parfois d'usure extrême. Dominique Méda interroge notre rapport complexe au travail sous toutes ses formes : rémunéré, bénévole, domestique, créatif. Elle mobilise analyses philosophiques, historiques et sociologiques, convoque Karl Marx, Hannah Arendt ou Simone Weil, tout comme le cinéma, la littérature et le théâtre, en plus de son expérience personnelle. Sa réflexion éclaire l'époque et nous invite à repenser le sens, la place et la valeur du travail dans notre existence pour renouer avec nos besoins et nos espoirs.
Qu'est-ce que le travail ? Pourquoi occupe-t-il une place si essentielle dans nos vies et dans la société ? Facteur d'émancipation, de bien-être, source de reconnaissance sociale, le travail est aussi synonyme d'effort, de contrainte, d'inégalités, et parfois d'usure extrême. Dominique Méda interroge notre rapport complexe au travail sous toutes ses formes : rémunéré, bénévole, domestique, créatif. Elle mobilise analyses philosophiques, historiques et sociologiques, convoque Karl Marx, Hannah Arendt ou Simone Weil, tout comme le cinéma, la littérature et le théâtre, en plus de son expérience personnelle. Sa réflexion éclaire l'époque et nous invite à repenser le sens, la place et la valeur du travail dans notre existence pour renouer avec nos besoins et nos espoirs.
La honte est une émotion singulière. Elle est partout - dans nos corps, nos silences, nos imaginaires, nos relations. Que savons-nous vraiment de ce sentiment qui nous écrase et nous constitue ? De ce qui le produit et l'entretient ? De Cyrano de Bergerac au procès Pelicot, de Sartre, Ernaux et Guibert à bell hooks et La Lettre écarlate, ce livre propose une traversée philosophique, littéraire et intime de l'une des émotions les plus universelles et les moins comprises. Il montre comment la honte naît du regard des autres, circule des coupables vers les victimes, mais dévoile aussi les ressources insoupçonnées qu'elle recèle. Tissant théorie et expérience vécue, Aïda N'Diaye ne propose pas de guérir de la honte mais d'apprendre à vivre avec cette marque qui nous définit.
« Lorsque la surprise est bonne, il fait soudain jour en pleine nuit ; lorsqu'elle est mauvaise, il fait nuit en plein jour. » Comment questionner l'inattendu ? Quelles traces laissent en nous la stupeur ou l'éblouissement ? Souvent négligée car vite évanouie, la surprise est en réalité un état fondamental de nos vies : elle crée une dimension que nous ne possédions pas. Si certaines surprises, plus discrètes, ne donnent pas le sentiment que tout bascule, elles n'en sont pas moins dignes d'attention. Valérie Zenatti examine avec vivacité et profondeur de quoi la surprise est faite, et dessine le portrait en mouvement de ce qui nous met d'abord à l'arrêt. Coups de foudre, bouleversements intimes, catastrophes collectives, toutes ces surprises viennent percuter notre vision du monde, elles nous transforment.
« Lorsque la surprise est bonne, il fait soudain jour en pleine nuit ; lorsqu'elle est mauvaise, il fait nuit en plein jour. » Comment questionner l'inattendu ? Quelles traces laissent en nous la stupeur ou l'éblouissement ? Souvent négligée car vite évanouie, la surprise est en réalité un état fondamental de nos vies : elle crée une dimension que nous ne possédions pas. Si certaines surprises, plus discrètes, ne donnent pas le sentiment que tout bascule, elles n'en sont pas moins dignes d'attention. Valérie Zenatti examine avec vivacité et profondeur de quoi la surprise est faite, et dessine le portrait en mouvement de ce qui nous met d'abord à l'arrêt. Coups de foudre, bouleversements intimes, catastrophes collectives, toutes ces surprises viennent percuter notre vision du monde, elles nous transforment.
Nous avons tous un répertoire intime de nos silences : les paroles que nous n'avons pas voulu prononcer, celles que nous aurions aimé entendre. Le silence abrite et protège ; il peut tout autant enfermer, humilier. Laurence Joseph nous invite à réfléchir au rôle qu'il occupe dans nos vies. L'écoute, la concentration, le secret, le deuil, la rupture mais aussi les traumatismes, les hontes... chacun peut trouver dans cet essai sensible et poétique une expérience qu'il a éprouvée. Avec beaucoup de grâce, l'autrice convoque littérature, arts, philosophie, mythologie et expériences universelles du silence pour nous plonger dans ses vices et ses vertus.
Nous avons tous un répertoire intime de nos silences : les paroles que nous n'avons pas voulu prononcer, celles que nous aurions aimé entendre. Le silence abrite et protège ; il peut tout autant enfermer, humilier. Laurence Joseph nous invite à réfléchir au rôle qu'il occupe dans nos vies. L'écoute, la concentration, le secret, le deuil, la rupture mais aussi les traumatismes, les hontes... chacun peut trouver dans cet essai sensible et poétique une expérience qu'il a éprouvée. Avec beaucoup de grâce, l'autrice convoque littérature, arts, philosophie, mythologie et expériences universelles du silence pour nous plonger dans ses vices et ses vertus.
« J'écris ce livre pour dire ma gratitude à tous ceux à qui je dois tant de choses : ma famille, mes amis, quelques professeurs, quelques médecins, d'innombrables invisibles, des artistes, la nature, la vie. Et aussi pour réfléchir aux circonstances dans lesquelles oser être ingrat m'aurait permis d'avancer. J'invite chacun de mes lecteurs à effectuer cet exercice avant de commencer sa lecture. Puis à le refaire après avoir lu tout le livre et, en particulier, avoir compris le rôle social, culturel, écologique, économique et politique de la gratitude et de l'ingratitude, et les différences entre gratitude et reconnaissance. Je l'invite à noter ce qu'il peut faire pour réparer ce qui est encore réparable ; à vivre le plaisir qu'il peut tirer de la gratitude, tout en échappant à la soumission qui peut en découler. Il en déduira, je l'espère, quelques moyens nouveaux d'être heureux et utile au monde. Soyez toujours reconnaissant ; osez parfois être ingrat. » J.A.
« J'écris ce livre pour dire ma gratitude à tous ceux à qui je dois tant de choses : ma famille, mes amis, quelques professeurs, quelques médecins, d'innombrables invisibles, des artistes, la nature, la vie. Et aussi pour réfléchir aux circonstances dans lesquelles oser être ingrat m'aurait permis d'avancer. J'invite chacun de mes lecteurs à effectuer cet exercice avant de commencer sa lecture. Puis à le refaire après avoir lu tout le livre et, en particulier, avoir compris le rôle social, culturel, écologique, économique et politique de la gratitude et de l'ingratitude, et les différences entre gratitude et reconnaissance. Je l'invite à noter ce qu'il peut faire pour réparer ce qui est encore réparable ; à vivre le plaisir qu'il peut tirer de la gratitude, tout en échappant à la soumission qui peut en découler. Il en déduira, je l'espère, quelques moyens nouveaux d'être heureux et utile au monde. Soyez toujours reconnaissant ; osez parfois être ingrat. » J.A.
Découvrez La marche. Sauver le nomade qui est en nous de Pascal Picq, une exploration captivante du lien entre la marche, la pensée et notre survie.
L'être humain est un bipède, un animal qui marche. Et c'est avec la marche que la pensée prend forme. Intimement lié à la pensée et à l'imagination, l'exercice physique de la marche est souvent à l'origine même de l'oeuvre des plus grands philosophes, de Socrate à Emmanuel Kant. Pascal Picq prend ici le chemin de la philosophie et s'interroge : « Est-ce que je marche, donc je suis ? » Ou faut-il dire : « Je suis, donc je marche » ? Dans nos sociétés toujours plus sédentaires, le geste de la marche est menacé d'oubli. Pourtant, la survie de notre espèce et notre liberté en dépendent.
Au XVIII siècle, un nouveau fluide fascine le monde : l'électricité. L'intensité devient un idéal ordinaire pour l'homme et un concept savant de philosophie, de la puissance nietzschéenne au vitalisme de Deleuze, de l'excitation nerveuse des libertins à l'adrénaline du désir, de la performance aux sports extrêmes. L'intensité est une puissance qui organise le monde, et vivre le plus fort possible représente la valeur suprême de l'existence. Un idéal contemporain séduisant, mais aussi un piège qui produit peut-être le contraire de ce qu'il promet Écartant tout renoncement au désir d'intensité, Tristan Garcia en appelle à la « résistance » pour retrouver, enfin, sa vie électrique.
Au XVIII siècle, un nouveau fluide fascine le monde : l'électricité. L'intensité devient un idéal ordinaire pour l'homme et un concept savant de philosophie, de la puissance nietzschéenne au vitalisme de Deleuze, de l'excitation nerveuse des libertins à l'adrénaline du désir, de la performance aux sports extrêmes. L'intensité est une puissance qui organise le monde, et vivre le plus fort possible représente la valeur suprême de l'existence. Un idéal contemporain séduisant, mais aussi un piège qui produit peut-être le contraire de ce qu'il promet Écartant tout renoncement au désir d'intensité, Tristan Garcia en appelle à la « résistance » pour retrouver, enfin, sa vie électrique.
La loi de la nuit se décline suivant une grande variété de situations : festives ou angoissées, solitaires ou politiques. Consentir à la nuit, c'est accepter de se soumettre aux expériences singulières qu'elle seule rend possibles. Bonne ou mauvaise, intime et sensible, elle ouvre un espace où l'on peut, enfin, vivre sans témoin. Au fil des pages, le lecteur s'apercevra qu'il peut être minuit à midi, et que les expériences nocturnes contribuent à montrer les choses sous un nouveau jour.
La loi de la nuit se décline suivant une grande variété de situations : festives ou angoissées, solitaires ou politiques. Consentir à la nuit, c'est accepter de se soumettre aux expériences singulières qu'elle seule rend possibles. Bonne ou mauvaise, intime et sensible, elle ouvre un espace où l'on peut, enfin, vivre sans témoin. Au fil des pages, le lecteur s'apercevra qu'il peut être minuit à midi, et que les expériences nocturnes contribuent à montrer les choses sous un nouveau jour.
Seul l'exercice de l'échec permet d'élargir le champ des possibles. Si, comme le disait Beckett, il importe d'échouer mieux, c'est sans doute parce que créer ne veut pas dire réussir, mais plutôt soutirer à l'obscurité un aveu de lumière. Au risque, consenti, d'aboutir à une impasse - c'est là non une malédiction, mais une chance. Dans cet essai personnel, Claro convoque entre autres Kafka, Pessoa, Cocteau et Hitchcock pour nous plonger dans les failles ouvertes par l'échec. Non sans humour et avec une grande sensibilité, allant jusqu'à dresser la liste de ses propres errements, il nous invite à repenser nos limites et nos fêlures, et à en considérer les bienfaits.
Seul l'exercice de l'échec permet d'élargir le champ des possibles. Si, comme le disait Beckett, il importe d'échouer mieux, c'est sans doute parce que créer ne veut pas dire réussir, mais plutôt soutirer à l'obscurité un aveu de lumière. Au risque, consenti, d'aboutir à une impasse - c'est là non une malédiction, mais une chance. Dans cet essai personnel, Claro convoque entre autres Kafka, Pessoa, Cocteau et Hitchcock pour nous plonger dans les failles ouvertes par l'échec. Non sans humour et avec une grande sensibilité, allant jusqu'à dresser la liste de ses propres errements, il nous invite à repenser nos limites et nos fêlures, et à en considérer les bienfaits.
Qu'est-ce qu'un début dans la vie ? Ressource infatigable de nos récits familiaux, le début d'une vie se réinvente chaque fois, signant la marque du romanesque dans nos existences. Pourquoi recommence-t-on et jusqu'à quand ? Qu'est-ce qui nous fait rechercher l'intensité du sentiment de vivre, l'impatience et l'innocence des commencements ? Et comment conserver cette ardeur au fil des épreuves ? Pour explorer ces débuts, Claire Marin déploie toutes les nuances de son extraordinaire art de comprendre, en lectrice accomplie de nos tourments et de nos joies. « Loin des promesses marketing de « nouvelle vie » Claire Marin nous rappelle que naître à soi-même exige une maturation intérieure et le soutien des autres. » LA CROIX « Les Débuts marque l'accomplissement du travail sensible de la philosophe, dans lequel chaque lecteur reconnaît ses propres expériences. » TROIS COULEURS « Elle est accessible et elle parle au lecteur - une sacrée qualité. » LIRE LE MAGAZINE LITTERAIRE « Une langue limpide. » PHILOSOPHIE MAGAZINE « Un très beau livre. Une pause bienvenue dans une réalité marquée par l'urgence. » LES INROCKS « Les mots si justes de Claire Marin touchent en plein coeur ce que nous sommes » TELERAMA « Claire Marin explore [les premiers instants] avec finesse et élégance. Un essai attachant. » LE MONDE DES LIVRES « Un ardent petit opus » MARIE CLAIRE « Dans un discours parfois intime, Claire Marin revient sur la quête fondamentale de l'origine, qu'elle soit personnelle ou collective.[...] Une quête philosophique et poétique. » PANORAMA « Un livre passionnant qui nous invite à relire notre passé pour mieux nous projeter vers l'avenir. » PSYCHOLGIES MAGAZINE « Une riche réflexion sur les débuts [...] Avec autant de délicatesse que de savoir. » LA LIBRE BELGIQUE « Une langue à la fois poétique et limpide, accessible et belle » LE COURRIER
Qu'est-ce qu'un début dans la vie ? Ressource infatigable de nos récits familiaux, le début d'une vie se réinvente chaque fois, signant la marque du romanesque dans nos existences. Pourquoi recommence-t-on et jusqu'à quand ? Qu'est-ce qui nous fait rechercher l'intensité du sentiment de vivre, l'impatience et l'innocence des commencements ? Et comment conserver cette ardeur au fil des épreuves ? Pour explorer ces débuts, Claire Marin déploie toutes les nuances de son extraordinaire art de comprendre, en lectrice accomplie de nos tourments et de nos joies. « Loin des promesses marketing de « nouvelle vie » Claire Marin nous rappelle que naître à soi-même exige une maturation intérieure et le soutien des autres. » LA CROIX « Les Débuts marque l'accomplissement du travail sensible de la philosophe, dans lequel chaque lecteur reconnaît ses propres expériences. » TROIS COULEURS « Elle est accessible et elle parle au lecteur - une sacrée qualité. » LIRE LE MAGAZINE LITTERAIRE « Une langue limpide. » PHILOSOPHIE MAGAZINE « Un très beau livre. Une pause bienvenue dans une réalité marquée par l'urgence. » LES INROCKS « Les mots si justes de Claire Marin touchent en plein coeur ce que nous sommes » TELERAMA « Claire Marin explore [les premiers instants] avec finesse et élégance. Un essai attachant. » LE MONDE DES LIVRES « Un ardent petit opus » MARIE CLAIRE « Dans un discours parfois intime, Claire Marin revient sur la quête fondamentale de l'origine, qu'elle soit personnelle ou collective.[...] Une quête philosophique et poétique. » PANORAMA « Un livre passionnant qui nous invite à relire notre passé pour mieux nous projeter vers l'avenir. » PSYCHOLGIES MAGAZINE « Une riche réflexion sur les débuts [...] Avec autant de délicatesse que de savoir. » LA LIBRE BELGIQUE « Une langue à la fois poétique et limpide, accessible et belle » LE COURRIER
Au départ, il y a une question, émouvante : pourquoi, se demande Barbara Cassin, suis-je en proie à la nostalgie dès que je mets les pieds en Corse, alors que je n'y ai pas mes racines ? C'est peut-être que cette île appartient à la Méditerranée, mer de l'Odyssée et de l'impossible retour. Dans cette enquête cheminant en compagnie d'Ulysse, d'Énée et de Hannah Arendt, la philosophe montre, avec une érudition polyglotte, que la nostalgie est moins une affaire de sol que de langue natale.
Au départ, il y a une question, émouvante : pourquoi, se demande Barbara Cassin, suis-je en proie à la nostalgie dès que je mets les pieds en Corse, alors que je n'y ai pas mes racines ? C'est peut-être que cette île appartient à la Méditerranée, mer de l'Odyssée et de l'impossible retour. Dans cette enquête cheminant en compagnie d'Ulysse, d'Énée et de Hannah Arendt, la philosophe montre, avec une érudition polyglotte, que la nostalgie est moins une affaire de sol que de langue natale.
La loi de la nuit se décline suivant une grande variété de situations : festives ou angoissées, solitaires ou politiques. Consentir à la nuit, c'est accepter de se soumettre aux expériences singulières qu'elle seule rend possibles. Bonne ou mauvaise, intime et sensible, elle ouvre un espace où l'on peut, enfin, vivre sans témoin. Au fil des pages, le lecteur s'apercevra qu'il peut être minuit à midi, et que les expériences nocturnes contribuent à montrer les choses sous un nouveau jour.
La loi de la nuit se décline suivant une grande variété de situations : festives ou angoissées, solitaires ou politiques. Consentir à la nuit, c'est accepter de se soumettre aux expériences singulières qu'elle seule rend possibles. Bonne ou mauvaise, intime et sensible, elle ouvre un espace où l'on peut, enfin, vivre sans témoin. Au fil des pages, le lecteur s'apercevra qu'il peut être minuit à midi, et que les expériences nocturnes contribuent à montrer les choses sous un nouveau jour.
« Tu dois devenir celui que tu es *. » La formule est célèbre mais paradoxale : ne suis-je pas déjà moi-même ? Qui donc pourrait être cet « autre moi » que l'on m'enjoint d'atteindre ? De Pindare à Nietzsche, de Freud à Deleuze, en passant par Socrate et Rousseau, les philosophes se sont interrogés sur ce mot d'ordre. Pour Dorian Astor, devenir soi ne signifie pas qu'il faille devenir maître de son destin, ni même qu'on doive devenir quelque chose ou quelqu'un. Devenir ce que l'on est, c'est aussi et surtout une disposition qui nous élève, une manière d'être plus libre. * Nietzsche, Le Gai Savoir, § 270.
« Tu dois devenir celui que tu es *. » La formule est célèbre mais paradoxale : ne suis-je pas déjà moi-même ? Qui donc pourrait être cet « autre moi » que l'on m'enjoint d'atteindre ? De Pindare à Nietzsche, de Freud à Deleuze, en passant par Socrate et Rousseau, les philosophes se sont interrogés sur ce mot d'ordre. Pour Dorian Astor, devenir soi ne signifie pas qu'il faille devenir maître de son destin, ni même qu'on doive devenir quelque chose ou quelqu'un. Devenir ce que l'on est, c'est aussi et surtout une disposition qui nous élève, une manière d'être plus libre. * Nietzsche, Le Gai Savoir, § 270.
Saturés de connexions, sommés d'être libres, comptables de l'amour et entrepreneurs de nous-mêmes, nous sommes épuisés par la société de la performance. Ayant perdu la faculté de désirer, le sujet contemporain, tel un personnage du best-seller 50 nuances de Grey, ne voit plus dans le monde que son propre reflet. C'est l'"enfer de l'identique", cette aporie née d'une jouissance pauvre qui rapporte tout à soi, au moindre coût. Dès lors, comment résister à cette mort programmée du désir ?
Saturés de connexions, sommés d'être libres, comptables de l'amour et entrepreneurs de nous-mêmes, nous sommes épuisés par la société de la performance. Ayant perdu la faculté de désirer, le sujet contemporain, tel un personnage du best-seller 50 nuances de Grey, ne voit plus dans le monde que son propre reflet. C'est l'"enfer de l'identique", cette aporie née d'une jouissance pauvre qui rapporte tout à soi, au moindre coût. Dès lors, comment résister à cette mort programmée du désir ?
Dans une société qui valorise le paraître et les confessions à grand spectacle, la discrétion est une forme heureuse et nécessaire de résistance. Plaisir baudelairien de flâner anonymement parmi la foule, joie silencieuse de regarder son amour dormir ou ses enfants jouer sans qu'ils remarquent notre présence, soulagement de voir s'éloigner enfin le désir de triompher : loin de la dissimulation, du calcul prudent ou de la peur d'être vu, l'âme discrète offre une juste présence au monde. Pierre Zaoui convoque les grands penseurs de la discrétion, de Kafka à Blanchot et Deleuze, en passant par Virginia Woolf et Walter Benjamin, pour cerner cette expérience «rare, ambiguë et infiniment précieuse».
Dans une société qui valorise le paraître et les confessions à grand spectacle, la discrétion est une forme heureuse et nécessaire de résistance. Plaisir baudelairien de flâner anonymement parmi la foule, joie silencieuse de regarder son amour dormir ou ses enfants jouer sans qu'ils remarquent notre présence, soulagement de voir s'éloigner enfin le désir de triompher : loin de la dissimulation, du calcul prudent ou de la peur d'être vu, l'âme discrète offre une juste présence au monde. Pierre Zaoui convoque les grands penseurs de la discrétion, de Kafka à Blanchot et Deleuze, en passant par Virginia Woolf et Walter Benjamin, pour cerner cette expérience «rare, ambiguë et infiniment précieuse».
"Le noir symbolise, indistinctement, et le manque et l'excès." Qui n'a pas fait l'expérience effrayante d'avancer à tâtons dans la nuit noire ? Cette terreur primitive, Alain Badiou la traverse en inventant, avec ses camarades, le jeu de « Minuit sonnant ». La découverte furtive du continent noir dans des magazines interdits, la beauté de l'encre sur le papier, mais aussi les mystères du cosmos et la douleur du deuil : le philosophe nous promène dans son théâtre intime, au gré des souvenirs. Musique, peinture, politique, sexualité, métaphysique : le noir n'aura jamais été aussi lumineux.