MUSIQUES
La pop et le sexe ont toujours fait qu'un. C'est à travers la pop que la parole autour du sexe et de la sexualité se libère comme quand dans le punk ou dans le rap, les femmes revendiquent leur droit au plaisir et lorsque le glam, le disco ou la house prônent explicitement la diversité sexuelle. Des artistes les plus subversifs jusqu'aux clips les plus provocants, en passant par les morceaux les plus chauds, les danses suggestives voire carrément lascives, les pochettes érotiques ou les bandes originales de films pornos, cet ouvrage raconte la pop à travers le prisme du sexe, dans ses perspectives festives et jouissives, mais aussi en tant que pulsation sociétale transgressive ou, au contraire, ultra conformiste. Et c'est ainsi que l'hédonisme devient politique. Rosario Ligammari est journaliste pop et sexo depuis quinze ans. Il a écrit pour Gonzaï, Canal+, Magic, Section26 ou Wyylde et travaille désormais pour Tageblatt et Le Quotidien (Luxembourg). Aux éditions Le mot et le reste, il a publié en 2021 Buongiorno Pop : 100 albums italiens de 1960 à nos jours.
Dès l'époque du muet, le cinéma est projeté en musique. Avec le film sonore, celle-ci se mue en bande originale et fait partie intégrante de l'oeuvre, influençant son rythme, sa symbolique, son expressivité. Dans les années 1950, la musique rock apparaît. Des ponts se créent entre les aspirations d'une jeunesse qu'elle cherche à incarner et les récits cinématographiques. Peu à peu, les bandes originales intègrent l'électricité, l'électronique, s'enrichissent de morceaux pop, soul, funk, disco, punk, metal, hip-hop ou techno, interagissant avec le propos visuel et narratif des films. Ce livre retrace cette évolution en examinant - à travers cent films sortis des années 1950 à nos jours - différentes modalités de rencontre entre la pop au sens large et le cinéma : comédies musicales, documentaires, biopics ou fictions de genres divers, tous dotés d'une BO remarquable. Né en 1980, Boris Ryczek a étudié la littérature et la sémiologie. Il a écrit des chroniques musicales et cinématographiques pour Rolling Stone, Radio Libertaire et différents médias en ligne. Auteur, compositeur et interprète, il collabore avec des musiciens de styles variés et travaille dans la communication publique.
Plongez dans l'histoire musicale de Manchester, de Bob Dylan aux Smiths, en passant par Joy Division et Oasis. Streets of Manchester vous guide à travers les lieux mythiques et les légendes du rock anglais.
Poursuivi par le FBI et dans l'attente de sa condamnation pour obscénité et exhibitionnisme lors d'un concert à Miami, Jim Morrison quitte les Doors et l'Amérique pour s'installer à Paris le 12 mars 1971. Il y rejoint sa compagne, Pamela Courson, junkie, flanquée de son amant et dealer, le jeune comte Jean de Breteuil. En exil, Jim espère devenir poète sur les traces de la Lost Generation. Il fréquente Agnès Varda, qu'il a connue à Los Angeles, et se rend à de nombreuses reprises dans le club le plus couru d'Europe de cette époque, le Rock'n'roll Circus. Là, il fait la connaissance de Johnny Hallyday et de Richard Bohringer. Dans la nuit du 3 juillet, il décède d'un infarctus du myocarde - selon le rapport du médecin légiste qui ne répond pas aux nombreuses interrogations laissées en suspens. Ce récit reprend l'enquête, confronte les témoignages, explore le contexte des différents protagonistes de l'histoire, de la guerre menée par la CIA à la contre-culture et des relations troubles qu'entretenait Jean de Breteuil avec la French Connection. Le mystère de la disparition du Sex God des Doors s'épaissit en même temps qu'il s'éclaire... Yves Bigot a présenté de nombreuses émissions sur Europe 1 et France Inter, dirigé les antennes de France 2 et RTL et présidé TV5MONDE jusqu'en juin 2024. Il est désormais président de la Fondation des Alliances Françaises et chroniqueur à Rolling Stone. Aux éditions Le mot et le reste, il est l'auteur de Manu Dibango (2023) et de Bob Dylan, Modern Times (2025).
Partout le jazz a suscité de nouvelles musiques passionnantes et originales, en pollinisant les pratiques indigènes, de façon intuitive et spontanée, ou bien alors de façon planifiée et analytique. Les meilleurs jazzmen ont souhaité ces échanges, depuis l'introduction des rythmes afro-cubains dans le be-bop de Dizzy Gillespie jusqu'à celle de la musique classique indienne dans les productions de Jan Garbarek ou de John McLaughlin. Les musiques traditionnelles du monde ont grandement participé à maintenir le jazz en vie Il se conjugue aujourd'hui avec l'art choral arménien multiséculaire, les musiques fourmillantes de la forêt amazonienne ou les comptines du Grand Nord. Le lecteur trouvera ici des références de ce jazz, trempé dans les eaux d'autres fleuves, parfois loin du Mississipi. Lionel Besnard est historien de l'art et collectionneur de disques. Chroniqueur musical régulier dans un webzine breton, il a participé à la réédition d'un disque de jazz swing et a publié Musiques ultramarines aux éditions Le mot et le reste (2022). Il vit en Guyane.
Ils n'ont jamais cessé de clamer qu'ils étaient le meilleur groupe du monde. Connus pour leur arrogance, les frères Noel et Liam Gallagher ont réussi à hisser Oasis au panthéon du rock. Comment ce succès s'est-il construit ? Comment expliquer l'engouement que les frères Gallagher ont suscité après une séparation de quinze ans ? Alors qu'ils sont repartis en tournée mondiale en 2025 et que des dates en France sont espérées, Oasis, les derniers rois d'Angleterre propose de se pencher sur le succès phénoménal d'un groupe parfois décrié, que certains jugent surestimé mais dont les chansons sont devenues des classiques. L'histoire d'une folle ascension, d'un retour tonitruant mais aussi de la fin d'une époque. Après Oasis, quel groupe de rock à guitare pourra prétendre à une gloire pareille ? Né en 1976 à Rennes, Philippe Mathé est journaliste depuis une vingtaine d'années à Ouest-France. Il y a été secrétaire de rédaction, localier, unier et travaille actuellement au desk multimédia. Il y écrit sur la musique depuis une dizaine d'années : chroniques, portraits, interviews, reportages... Il collabore également depuis dix ans à Magic, revue pop moderne. Oasis, Les derniers rois d'Angleterre est son premier ouvrage.
La vie du pianiste Arthur Rubinstein a tout d'un roman d'aventures. Des fumées charbonneuses de sa Pologne natale aux lumières d'Hollywood où il remporta un Oscar, de ses difficiles années d'apprentissage à Berlin aux excès de sa vie parisienne, son destin épouse les soubresauts du XXe siècle qu'il traversa de part en part. Fantasque et séducteur, Rubinstein prit grand soin de façonner sa propre légende dans les médias : celle d'un pianiste dilettante menant une existence mondaine effervescente, cédant volontiers aux plaisirs de la vie et au charme des femmes. Pourtant, derrière son regard pétillant et son sourire irrésistible se cachait un homme tourmenté, rongé par le doute, exigeant, intransigeant, parfois même intolérant, et qui alla jusqu'à tenter de mettre fin à ses jours. De cette personnalité complexe et contrastée naquit un interprète exceptionnel, virtuose accompli et maître de son art, dont l'existence tout entière était en réalité vouée à la musique qu'il vivait avec une intensité presque mystique. Emilie Munera est journaliste et titulaire d'un diplôme d'enseignement de l'histoire de la musique de l'Ecole normale de Musique de Paris. Après avoir travaillé à Piano Magazine et France Bleu, elle intègre France Musique et présente "En Pistes" depuis septembre 2014. Emilie Munera est également l'autrice de grands entretiens d'artistes et de podcasts sur de grands interprètes. Avec Alexis Goyer, elle a co-écrit les deux tomes de Rocktionary.
Plongez dans l’énigme musicale la plus fascinante de l’histoire : pourquoi L’Art de la fugue de Bach reste-t-il inachevé ? Code B.A.C.H. décrypte les secrets du testament musical du Cantor, entre symboles cachés et mystère insondable.
Earth, Wind & Fire est la concrétisation d'un rêve né dans l'esprit du génial Maurice White, un batteur de studio qui a forgé son expérience au sein des labels de blues/soul/jazz de Chicago et du Ramsey Lewis Trio. Son ambition est de produire une musique mêlant un riche panel d'influences, à la fois sophistiquée et accessible et porteuse d'un message universel de paix et d'amour. Pour mener à bien son projet visionnaire, il s'entoure tout au long de son parcours de fabuleux musiciens, chanteurs, compositeurs, arrangeurs et producteurs dont les plus illustres sont Verdine White, Philip Bailey, Larry Dunn, Al McKay ou Charles Stepney. Depuis sa création en 1970, EW&F a conquis la planète avec des hits intemporels et s'est hissé au panthéon des groupes majeurs de l'histoire du funk. Belkacem Meziane est musicien, enseignant, conférencier et chroniqueur radio/presse. Aux éditions Le mot et le reste, il a publié plusieurs ouvrages sur l'histoire des musiques noires américaines : On The One (2019), This Is How We Do It (2021), Rhythm'n'Blues (2023) et Disco (2025).
Décembre 1976. Le batteur américain Stewart Copeland, pour l'heure membre de Curved Air, découvre un bassiste talentueux dans un club de Newcastle. C'est sous son impulsion que les chemins d'Henri Padovani, un jeune corse ambitieux, guitariste de son état, et Gordon Sumner, alias Sting, ne tardent pas à se croiser engendrant un trio qui se revendique de la mouvance punk. Rapidement cependant, Padovani est remplacé par un guitariste à la carrière déjà solide, Andy Summers. Toutes les pièces sont alors réunies pour que naisse l'un des grands power trio que le rock ait compté, The Police. Cet ouvrage, en passant au crible les cinq albums studios et deux live (celui de la reformation inclus) tente de resituer la place de chacun des trois membres dans l'histoire et la production du groupe. Guitariste, spécialiste de l'histoire et de l'analyse des musiques actuelles, Philippe Gonin enseigne à l'université de Bourgogne. Aux éditions Le mot et le reste, il a dejà publié des ouvrages sur les disques Dark Side Of The Moon, The Wall et Wish you were here des Pink Floyd ainsi que sur les groupes The Cure et Magma.
Avec la richesse de ses sonorités et ses possibilités expressives quasi infinies, le piano occupe une place singulière dans la musique savante. Des pièces composées pour clavier de l'ère baroque à la période contemporaine, son répertoire colossal est en constante évolution, à la croisée de la création artistique, des innovations techniques et des bouleversements sociaux. Chaque pianiste, issu de différentes traditions, formé au sein des conservatoires et auprès d'illustres pédagogues, apporte une approche unique à une oeuvre. Au service de la partition et de son compositeur, les interprètes engagent tout leur art pour façonner des lectures personnelles sans cesse renouvelées. Des concertos de Beethoven par Artur Schnabel dans les années trente aux études de Dusapin par Vanessa Wagner de nos jours, en passant par Glenn Gould, Maria João Pires, Yuja Wang ou Daniil Trifonov, cette anthologie propose un parcours dans l'histoire de l'instrument, de son patrimoine et de celles et ceux qui le font vivre. Coraline Aim est journaliste, autrice et rédactrice. Aux éditions Le mot et le reste, elle a publié Red Flag, Une histoire du rock chinois et Néo-classique, Une musique pour le XXIe siècle.
Quand Miles Davis s'attelle à la conception de Bitches Brew durant l'été 1969, sa réputation de sideman bebop, de pionnier du cool et du jazz modal le précède, mais à 40 ans passés, le trompettiste ne suscite plus le même enthousiasme chez les critiques et le public. Il entreprend pourtant une mue à la fin des sixties, accélérée par la rencontre avec Betty Mabry, qui l'oriente vers les musiques funk, rock et psychédéliques de James Brown, Jimi Hendrix et Sly Stone. Sous sa direction, un large ensemble comptant, entre autres, Chick Corea, John McLaughlin, Bennie Maupin et Wayne Shorter assure des jam sessions que le producteur Teo Macero réagence sous la forme du double album studio le plus vendu de l'histoire du jazz. Non seulement Bitches Brew rompt avec les codes du hard bop et du free jazz qui l'ont précédé, mais il replace Miles Davis au premier plan et ouvre la brèche du jazz fusion dans laquelle s'engouffrent The Headhunters, Weather Report, Mahavishnu Orchestra et Return To Forever. Cette édition révisée de Bitches Brew ou le jazz psychédélique raconte ainsi le tournant électrique de Miles Davis influencé par la pop, et analyse les sessions d'enregistrement ainsi que le travail de post-production à l'origine de ce disque. Matthieu Thibault est l'auteur de Sonic Youth, l'avant-garde pop, de David Bowie et de Radiohead, publiés aux éditions Le mot et le reste. Diplômé en musicologie et fort de son expérience d'enseignement au collège et à l'université, il donne des conférences et produit également des albums au sein du groupe de rock The Snobs sous le nom Duck Feeling.
Si certains observateurs ont très tôt laissé entendre que Gojira pouvait incarner l'avenir du metal en France, nul n'aurait pu imaginer leur future trajectoire. C'est donc à la surprise du grand public et devant l'immense fierté de leurs fans que les quatre musiciens se sont produits lors de la Cérémonie d'Ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024. Gojira, groupe de death metal technique, ambassadeur du metal français particulièrement aux États-Unis, qui faisait les premières parties de Metallica dès 2009 et n'a jamais fait de compromis pendant ses 30 années de carrière, est devenu un phénomène mondial. En témoignent leur Grammy de la meilleure prestation metal reçu lors la cérémonie 2025 et la tournée annoncée sur la fin de l'année dans tous les zeniths et arena de l'Hexagone. Né en 1975 à Biarritz, Jean-Charles Desgroux est un spécialiste du hard rock et du heavy metal. Ayant oeuvré pour Rock Sound, Crossroads ou Rock&Folk, il est aujourd'hui journaliste pour le magazine New Noise et la WebTV Metal XS, animateur radio sur Heavy1 et chroniqueur pour Hard Force. Aux éditions Le mot et le reste, il a déjà publié les quatre anthologies Hair Metal, Stoner, Rock Fusion et High Energy Rock'n'Roll, ainsi que les biographies d'Alice Cooper et d'Iggy Pop.
Philippe Brossat, appareil photo autour du cou, entraîne ses lecteurs dans les rues de New York, l'une des capitales mondiales de la musique et celle qui a consacré Elvis Presley et les Beatles avant que Bob Dylan (et toute la scène folk avec lui) ne pose ses valises à Greenwich Village. On se faufile à la suite de Leonard Cohen et des Sex Pistols au Chelsea Hotel, on assiste à la naissance du Velvet Underground et à celle du punk dont l'East Village et le CBGB seront le berceau, accueillant les prestations déroutantes de Suicide, Patti Smith, Blondie, des New York Dolls et des Talking Heads. On succombera ensuite à l'appel du disco au club 54 avec Madonna, pour finir dans le Bronx et à Brooklyn en pleine block party, prémices d'une révolution qui mènera au règne du hip-hop. Philippe Brossat est né en 1954, la même année que le rock. Publicitaire, il a consacré une bonne partie de ses loisirs à arpenter le monde à la recherche des lieux mythiques de l'histoire de sa musique préférée. Aux éditions Le mot et le reste, il a publié Places I Remember (2013), Londres et Liverpool, avec les Beatles (2021), Streets of Los Angeles (2023) et Streets of Chicago (2024).
Plongez dans l’univers fascinant de Bob Dylan, où musique, poésie et culture moderne s’entremêlent. Découvrez comment ses chansons, de la Bible à la Beat Generation, ont marqué l’inconscient collectif et transcendé le XXe siècle.
The Downward Spiral (1994) de Nine Inch Nails est considéré comme l'un des albums les plus marquants des années 1990, à la fois pour son audace sonore, sa noirceur émotionnelle et son influence sur la musique industrielle et alternative. L'auteur propose une analyse approfondie des quatorze titres qui forment cet album culte, avec l'apport des propos de Trent Reznor ainsi que les témoignages de ses musiciens et producteurs. Une immersion totale dans la genèse, le contexte, la forme et le fond de The Downward Spiral, ce disque charnière qui a propulsé Nine Inch Nails au rang de groupe mythique. C'est aussi l'occasion de revenir sur la tournée Self Destruct Tour et ses 178 dates jouées à travers la planète pendant dix-huit mois et les stigmates indélébiles qu'elle laissera sur le groupe. Chanteur guitariste au sein de plusieurs formations rock, Paul publie deux albums avec le groupe Lézard et un disque avec le collectif Even If. Parallèlement à cette carrière de musicien, il est auteur de bandes dessinées depuis une vingtaine d'années et collabore à de nombreuses publications en tant que coloriste. Il est également l'auteur de deux ouvrages sur The Cure et John Lennon.
De 2005 à 2011, une nouvelle génération de DJ et de producteurs a profité de l'émergence des blogs et de MySpace pour fomenter sa propre révolution. Justice, DJ Mehdi, Surkin, Para One, Boys Noize, Uffie, Aeroplane ou encore Crookers et A-Trak : tous embrassent les métamorphoses de leur époque (la dématérialisation, la crise du disque, la démocratisation des logiciels de production), tous participent à l'avènement du home-studio et tous s'adonnent à des morceaux volontiers excessifs où les genres musicaux se frottent au sein d'un immense pogo. En convoquant la mémoire de nombreux protagonistes de l'époque, Les Années bloghouse est à la croisée du reportage, de l'analyse critique et du roman collectif. Il offre une plongée dans les coulisses d'une période où le MP3 règne en maître, où des hordes de fluokids délaissent les CD au profit de l'iPod, où les musiques électroniques incarnent le sommet du cool et où des artistes, soutenus par des labels comme Ed Banger, Kitsuné et Institubes, inventent en direct l'un des premiers grands mouvements musicaux et culturels du XXIe siècle. Spécialisé en musique et culture, Maxime Delcourt est rédacteur en chef du magazine Fisheye Immersive et collaborateur régulier de Tsugi, Harper's Bazaar, New Noise, Brain Magazine et Slate. Aux éditions Le mot et le reste, il est l'auteur d'Il y a des années où l'on a envie de ne rien faire (2015), Free Jazz (2016), Tupac (2016) et The Neptunes & Timbaland (2020).
Formé en 1980 par Mohammed et Mokhtar Amini à Rillieux-la-Pape, dans l'agglomération lyonnaise, rejoints par le chanteur Rachid Taha puis divers autres musiciens, Carte de séjour défend un rock métissé engagé contre le racisme et pour la justice sociale. Le braconnage de la langue (un arabe de banlieue mâtiné d'anglicismes et de parlers populaires lyonnais baptisés « rhorho ») et des sons est au coeur de l'aventure de cet ensemble musical mêlant sonorités électriques et instrumentations traditionnelles du Maghreb. Contemporain des luttes des descendants d'immigrés, Carte de Séjour exprime pendant deux décennies une forme originale de création musicale et de résistance aux assignations identitaires. Devenant ainsi l'ambassadeur d'une certaine culture cosmopolite, en Europe et au Maghreb. Philippe Hanus, historien et anthropologue, coordonne l'ethnopôle « Migrations, Frontières, Mémoires » au Cpa de Valence. Au sein du Laboratoire de recherches historiques Rhône-Alpes, il a travaillé sur l'histoire des mouvements migratoires à travers la frontière franco-italienne ainsi que sur celle des luttes des travailleurs immigrés et des mobilisations de leurs descendants dans les années 1970-80. L'auteur s'intéresse également aux différents modes d'expression des « cultures populaires ».
En quoi la musique africaine-américaine est-elle inséparable des luttes contre le racisme systémique américain ? Cet ouvrage entend répondre à cette question partant de l'arrivée des premiers déportés africains sur le sol américain en 1619 jusqu'au mouvement de Black Lives Matter. À la fois témoignage des réalités sociales et célébration de l'identité noire, la musique a toujours été un instrument de combat contre les injustices structurelles. Au-delà de faire danser ou de vendre des disques, la soul, le jazz ou le hip hop expriment avant tout l'aspiration à un changement social. Nina Simone, Marvin Gaye, Bessie Smith, Public Enemy, Odetta et Archie Shepp pour ne citer qu'eux sont autant de figures emblématiques du combat des Africains-Américains pour l'égalité, la justice et la dignité. Né en 1972, Christophe Ylla-Somers est titulaire d'un master d'histoire médiévale (Paris 1 La Sorbonne) et DJ (Soul, Funk, Disco, Boogie). Depuis plus de vingt ans il promène ses vinyles de clubs en soirées, du Baron au Bus Palladium, du Mellotron à Radio Meuh, en passant par Bruxelles, Tunis, New York et le Festival de Cannes... Il est aussi auteur de deux livres jeunesse en collaboration avec Yvan Pommaux, Nous, notre histoire et La Commune chez l'École des Loisirs.
En 1967 James Brown sort « Cold Sweat », un titre qui signe l'acte de naissance du funk. Il révolutionne la soul en basant sa musique sur le rythme, et son groove sur le premier temps de la mesure, le fameux « One », inaugurant un nouveau style plus dansant. Le funk puise dans tous les styles dominants et influencera ceux à venir (hip-hop, house). Nombreux sont les musiciens qui participent à son essor (Sly Stone, Funkadelic, Kool & The Gang, Stevie Wonder), à son anoblissement (Miles Davis, Herbie Hancock), à sa complexification (George Clinton, Cameo) et à sa domination des charts (Michael Jackson, Prince). Cette anthologie explore l'univers complexe du funk et dessine une histoire qui s'écrit encore avec Bruno Mars, Justin Timberlake ou Daft Punk. Belkacem Meziane est musicien, enseignant, conférencier et chroniqueur radio/presse. Aux éditions Le mot et le reste, il a publié plusieurs ouvrages sur l'histoire des musiques noires américaines : Disco (2020), This Is How We Do It (2021) et Rhythm'n'Blues (2023).
Découvrez Plantes rescapées : dix récits captivants de sauvetages de plantes menacées d'extinction, portés par des botanistes et des institutions du monde entier.
Depuis sa disparition en janvier 2016, David Bowie continue de fasciner. Les rééditions et sorties posthumes se multiplient pour tenter de percer les mystères d'un artiste total, nourri par soixante ans de passion pour la musique, le théâtre, la littérature, le cinéma, la peinture... La constellation d'influences, de collaborateurs et d'héritiers qui gravite autour de lui touche à toutes les époques et tous les arts. Au fil des chapitres de sa carrière se croisent, en vrac, William Burroughs, Brian Eno, David Lynch, Stanley Kubrick, Nine Inch Nails, Iggy Pop, Nile Rodgers, Nicolas Roeg, Andy Warhol et bien d'autres encore.Cette nouvelle édition du livre de Matthieu Thibault retrace la carrière de David Bowie depuis ses premiers singles sixties jusqu'à l'album Blackstar en 2016. Matthieu Thibault est l'auteur de Miles Davis, Bitches Brew, Radiohead et Sonic Youth aux éditions Le mot et le reste. Diplômé en musicologie, enseignant au collège et à l'université, il donne des conférences sur la musique et produit des albums au sein du groupe de rock The Snobs.
Dans cet ouvrage, Ludovic Villard entend balayer les quatre décennies durant lesquelles le rap du Sud des États-Unis ou dirty south, qui a pris ses sources dans les particularismes culturels méridionaux, s'est imposé face aux deux côtes Est et Ouest, et cela par le truchement de labels locaux et indépendants et de personnalités originales. Nous traverserons ainsi le Miami de la bass music du milieu des années 1980, le Houston de J. Prince puis de DJ Screw et de UGK. Après Memphis et sa révolution crunk, nous irons du côté de la Nouvelle Orléans et des empires constitués par No Limit et Cash Money. Depuis l'Atlanta de Laface Records et après l'émergence d'Outkast, nous vivrons la grande prise de pouvoir de la trap dès le début des années 2000. Né à Villeurbanne en 1983, Ludovic Villard enregistre une soixantaine de projets musicaux entre 2007 et 2023 sous le nom de Lucio Bukowski et est l'auteur de recueils poétiques, dont le dernier est paru au Castor Astral, Il faut toujours se préparer à perdre (2022). Récemment il a publié Bandes originales et cinéma de genre (Le mot et le reste, 2023) et Cartilages (Castor Astral, 2024).
La vague #MeToo a touché le domaine de la musique tardivement, mais elle a révélé le vaste spectre des violences sexistes systémiques touchant professionnelles et fans. En parallèle, le féminisme n'a jamais été aussi revendiqué par les chanteuses. À partir de ces constats, Morgane Giuliani pose de nombreuses questions, aujourd'hui incontournables, interrogeant la place de la féminité, de l'amour, du féminisme dans la musique. C'est à travers l'étude contextualisée des discours des chanteuses populaires contemporaines majeures _ de Madonna à Beyoncé, en passant par Taylor Swift, Angèle, Lizzo ou Diam's _ de leur réception et des enjeux qui leur sont liés, qu'elle entend y répondre mettant ainsi en lumière les luttes et stratégies de ces artistes. Morgane Giuliani est une autrice et journaliste vivant à Paris. Après avoir étudié le journalisme à Sciences Po, elle s'est spécialisée dans les questions culturelles et sociétales, avec un prisme féministe et pop-culture. Elle a notamment été cheffe de rubrique Culture et Société pour le site du mensuel fé
Fondé en 1968, Black Sabbath a changé l'histoire du rock. Leur deuxième album Paranoid est considéré comme une des pierres angulaires du heavy metal. Issus du milieu prolétaire de Birmingham, Ozzy Osbourne, Tony Iommi, Geezer Burler et Bill Ward ont redessiné le visage du heavy rock compensant des qualités techniques limitées par une approche stylistique radicale. L'auteur revient sur les cinquante-huit années de carrière de cette formation qui, outre le metal, a influencé le grunge et le stoner. Il analyse la genèse et la discographie du groupe d'origine puis suit la trajectoire d'un projet qui, gangrené par la drogue et au gré d'incessants changements d'effectif, a terni sa propre image, avant d'opérer un retour en grâce à partir de 2013 jusqu'à la disparition d'Ozzy Osbourne en 2025. Aux éditions Le mot et le reste, Nicolas Merrien est également l'auteur de Guns N' Roses, Reckless Life (2018).
Lorsque le 16 novembre 1959, à New York, Ornette Coleman invente le free jazz, il est accusé d'être un destructeur, un dangereux fabricant de dissonances, un imposteur. Il ouvre plutôt un éventail de possibilités insoupçonnées, invitant les jazzmen à s'affranchir des conventions et règles musicales du jazz, à dynamiter les processus musicaux et à accorder une place centrale à l'expression spontanée. C'est dans les années soixante que le free jazz afro-américain se développe, parallèlement au mouvement des droits civiques. Tous les grands musiciens noirs américains participent au bouleversement et au renouveau de la société, l'expression et la forme de leur engagement variant d'une légende à l'autre : Max Roach, Albert Ayler, Archie Shepp, Sun Ra, Don Cherry, etc. À l'approche de mouvements contestataires en Europe, nombreuses sont les figures du free jazz à venir bousculer le Vieux Continent, apportant un modèle, une idée à détourner, à adapter. En France notamment, les associations de Brigitte Fontaine et l'Art Ensemble of Chicago ou François Tusques et Colette Magny émergent de ce creuset expérimental. Aujourd'hui encore, le genre évolue sans contrainte et avec génie grâce à une nouvelle génération de musiciens tels que Kamasi Washington ou Matana Roberts. Spécialisé en musique et culture, Maxime Delcourt collabore notamment avec Les Inrockuptibles, New Noise, Brain Magazine, Slate etc. Du même auteur aux éditions Le mot et le reste : - Il y a des années où l'on a envie de ne rien faire - Tupac - The Neptunes & Timbaland
Quarante ans après la naissance de la techno et de la house, les musiques électroniques sont devenues incontournables. Longtemps cantonnées à l'underground, la recherche ou l'expérimentation, leur arrivée sur le devant de la scène a essaimé dans tous les recoins de la culture occidentale, sonorisant l'ensemble de nos vies. Constituant l'une des dernières grandes ruptures musicales, l'usage d'instruments de musique électroniques, souvent désignés comme machines, a révolutionné la conception du musicien et de l'auditeur, suscitant la création de genres entièrement nouveaux, avec leurs courants, leurs codes, leurs modes de vie et surtout leurs disques. Dans ce qui est devenu un univers en expansion foisonnant de singles et de maxis, de mixes et de remixes, de pseudonymes multiples et de chapelles incertaines s'élèvent des jalons, des chefs-d'oeuvre et des incontournables dont ce livre propose une sélection, cent albums qui tous portent en eux l'élan de la révolution électronique. Edgar Varèse et Vangelis, Derrick May et Chromatics, Daft Punk et Aphex Twin sont présents, parmi beaucoup d'autres, dans ce panorama de disques porteurs d'une émotion et d'une humanité peu communes. Né à Paris en 1971, Olivier Pernot est un journaliste indépendant (Trax Magazine, Musique Info Hebdo, À Nous Lille, Midi Libre). Il suit depuis vingt ans l'évolution des musiques électroniques.
Plongez dans l'histoire complète et inédite de Queen, le groupe mythique qui a révolutionné le rock. Ce livre monumental de 852 pages retrace chaque album, chaque concert et chaque anecdote, pour les fans comme pour les passionnés de musique.
Sur les cendres du mouvement punk, quatre courants musicaux ont tracé la voie d'une approche nouvelle basée sur l'expérimentation et le non-conformisme : le post-punk ; la no wave ; la musique industrielle ; et enfin le noise. En ce qui concerne le post-punk, dès la fin des années soixante-dix, la démarche s'est enracinée dans une déconstruction des canons du rock n'excluant toutefois pas l'idée de mélodie. Ce n'est qu'avec la no wave, puis la musique industrielle et enfin le noise, que toutes les concessions au rock seront quasiment abandonnées au seul profit de recherches d'un état que l'on pourrait qualifier de pré-harmonique. Au travers de nombreux chassés-croisés, cette histoire est racontée chronologiquement, au fil d'albums sortis entre 1978 et 2020. Philippe Robert, entre autres ancien collaborateur des Inrockuptibles, Mouvement, Jazz Magazine, Octopus et Revue & Corrigée, a publié plusieurs ouvrages chez le mot et le reste. On lui doit aussi des disques avec Thurston Moore et Lee Ranaldo de Sonic Youth.
Fondé en 1969 à Jacksonville, dans le nord-est de la Floride, puis basé à Macon, en Géorgie, The Allman Brothers Band fut le premier groupe du Sud à percer au niveau national, ouvrant la voie à toute la vague du rock sudiste. Mais son aura ne se circonscrit pas à son aire géographique ni à cette famille musicale. Au fil d'une carrière courant sur quarante-cinq ans, les Allman Brothers auront incarné une maestria musicale sans équivalent, devant autant au blues qu'au rock et au jazz, et surmonté les tragédies les plus lourdes pour devenir l'un des grands mythes du rock américain. Cet ouvrage, fondé notamment sur des entretiens avec les membres du groupe, retrace leur histoire, traversée à parts égales de panache et de mélancolie. L'auteur a déjà publié aux éditions Le Mot et Le Reste les livres Lynyrd Skynyrd (2017), The Band (2020) et JJ Cale (2022).
Pourquoi l'Australie ? Parce que c'est l'impensé de notre culture musicale. Trop isolé, trop méprisé, trop complexé par rapport à la Grande Bretagne, le pays a pourtant produit tout un pan de l'histoire du rock et inventé une formule plus brute et sauvage qu'ailleurs, au diapason de sa géographie, traçant une filiation entre le rhythm'n'blues des Easybeats, le hard rock d'AC/DC, le punk des Saints, le rock gothique de Nick Cave ou le garage rock de King Gizzard and the Lizard Wizard. Mais l'Australie a aussi vu germer d'étranges graines qui ont fini par envahir d'autres contrées : INXS, Dead Can Dance, Tame Impala, Dr. G Yunupingu... S'il explore la musique australienne à travers cent disques, ce livre se rêve d'abord en essai qui étudie les rapports entre géographie, histoire et musique. Emmanuel Chirache est journaliste. Aux éditions Le mot et le reste il a publié Covers, Une histoire de la reprise dans le rock (2015).
Aux États-Unis, la musique folk a accompagné l'essor des minorités et la contestation sociale, ce, depuis l'enregistrement de chants amérindiens et africain-américains par les premiers ethnomusicologues, en passant par la musique des ouvriers anarchistes, jusqu'au succès de Woody Guthrie qui chantait pour les fermiers migrants pendant la Grande Dépression. Dans les années cinquante, un milieu underground a ressuscité les traditions folks : le folk revival préfigurait la lutte pour les droits civiques. Devenue par la suite plus commerciale, la musique folk se combinant avec le rock s'est éloignée de la politique. Bien qu'incarnée pour beaucoup par Bob Dylan ou Joan Baez, la musique folk a une histoire antérieure et souterraine largement méconnue en France que cet ouvrage propose d'explorer. Régis Meyran est journaliste (Alternatives économiques, Sciences Humaines, Le Courrier de l'UNESCO...) et anthropologue associé à l'Ecole pratique des hautes études. Auteur d'études et d'ouvrages sur les questions de racisme et d'identité mais aussi sur la question de la démocratie, il anime avec Michel Wieviorka et Philippe Portier la plateforme internationale sur le racisme et l'antisémitisme.