Myth'o
Étranger indésirable, pour un jour ou pour toujours, le Sans-papiers est un mythe qui participe aux fondements culturels d'une nation. Avec ses héros, ses luttes glorieuses et ses épisodes dramatiques, le mythe du Sans-papiers renvoie à des enjeux politiques, sociaux et symboliques fondamentaux : qu'est-ce que mener une vie à la fois ordinaire et non-officielle ? Comment le Sans-papiers et l'État s'accommodent-ils, chacun, du légal et de l'illégal, jusqu'à la régularisation, acte de quasi-transsubstantiation par lequel l'État transforme l'inconnu en connu, l'innommable en nommable, l'officieux en officiel ?
Adossé au mythe de la banlieue, le mythe des cités-ghettos fait surgir dans notre esprit de multiples images, du ghetto de Varsovie aux ghettos noirs américains, et une crainte fondamentale, celle d'y vivre ou d'y être confrontés. Instrumentalisé par les politiques, entretenu par les médias, ce mythe opère à partir d'images simplifiées pour une appropriation par le plus grand nombre, faisant oublier qu'un mythe peut en cacher un autre...
En moins de dix ans, l'iPod est devenu le marqueur d'une génération. Objet design, culte, économique, il est surtout ce nom emblématique des baladeurs numériques, ce symbole des nouveaux modes d'appropriation de la musique et des contenus numériques chez les « natifs digitaux ». Vénéré, critiqué ou simplement utilisé, l'iPod n'est-il pas, au final, la continuité de ce qu'était le Walkman dans les années 1980, et voué par conséquent à disparaître au nom de cet idéal technologique qui l'a fait naître ?
Comportements et discours people des politiques, mise sur orbite de « vedettes » au succès médiatique aussi immédiat que sans lendemain, étalage consenti ou forcé de l'intimité... Aujourd'hui, la peopolisation est à la fois omniprésente et universellement contestée. Mais au-delà de ses mythologies rose et noire, son expansion va de pair avec la démocratisation de notre société. Aussi, pourquoi ne pas voir en elle un facteur d'ouverture et de dynamisation de l'espace public plutôt qu'un énième avatar de la société du spectacle ?
En 2002, sept ans après leur lancement respectif en Suède et en Norvège, Metro et 20 minutes bousculent le landernau de la presse française. En 2007, 20 minutes devient le quotidien national le plus lu en France, et en 2009, les gratuits dans leur ensemble comptent 4,5 millions de lecteurs quotidiens. Passées les premières polémiques, ces journaux, symboles d'un nouveau mode d'accès à l'information, semblent désormais incontournables dans notre paysage médiatique. Refl ets de notre société et de son rapport à la culture, sont-ils pour autant devenus l'horizon indépassable de la presse d'aujourd'hui ? Rien n'est moins sûr.
Pur produit de l'Occident qui s'exporte aujourd'hui avec fracas, le musée est en réalité une institution coupée de la vie, qui s'est constituée en mythologie, voire en uchronie (monde privé d'histoire). S'il témoigne de notre besoin d'une référence identitaire stable, il n'en est pas moins en porte-à-faux avec les réalités sociales contemporaines. Doit-il fermer ses portes ou peut-il se rénover ? Dans le sillage des différentes utopies proposées à la fin du XXe siècle, les récents musées de société tentent d'échapper à toute forme de dogmatisme en pratiquant l'ouverture et la mise en question délibérée.
Au-delà des polémiques franco-françaises sur les dangers liés au téléphone portable, le mobile est désormais un symbole de globalisation culturelle. À la fois produit de masse et support de personnalisation, il invite à dépasser les discours sur la fracture numérique. Jusqu'à inverser les rapports Nord /Sud dans ce domaine. Car l'avenir de la mythologie du téléphone portable se trouve en Afrique ou en Inde, à Gaza ou en Iran, bref, dans les pays du Sud, nouveaux inventeurs de la culture mobile de demain.
Controversés à la fin du XXe siècle, ce début de XXIe siècle voit le retour en grâce des jeux vidéo, promoteurs d'intelligence et de créativité... et nous finirons par remplacer l'école par des programmes adaptés sur console. Comment un tel renversement de pensée a-t-il pu s'opérer en si peu de temps ? Par la force de frappe des industries du jeu et le discours des « experts ». Discours qu'il était temps de déconstruire...
Faisant fi de tout jugement formaté par l'intelligentsia, les téléspectateurs du XXIe siècle se sont emparés du phénomène « séries télévisées ». Comment expliquer ce goût si prononcé, quasi addictif, pour les séries ? Faut-il y lire, à la suite de ce que provoquent d'autres arts populaires comme la bande dessinée ou le polar, une envie de communiquer à l'unisson et de laisser entrer le héros des temps modernes dans l'intimité de notre quotidien ?
Télé-poubelle pour les uns, nouvelle ère télévisuelle pour les autres... On a beaucoup parlé de la télé-réalité, pour la vanter ou pour la dénoncer. Mais on a oublié de s'interroger sur ce que son succès fulgurant et sa durée nous apprennent sur la société qui l'a produite. De quoi la télé-réalité est-elle le symptôme ? Que nous révèle-t-elle sur la France du début du XXIe siècle et sur ses spectateurs ? François Jost nous fait comprendre pourquoi la télé-réalité s'est imposée en moins de dix ans comme un mythe de notre temps.