Petite Bibliothèque Payot
Et si la psychiatrie servait moins à soigner qu’à contrôler ? À travers des témoignages de médecins et de directeurs d’institutions, Travail, famille, psychiatrie révèle comment la société fabrique l’aliénation pour mieux s’en protéger.
Londres, début du XXe siècle. Quand des cartes anonymes frappées d’un cercle rouge sèment la terreur parmi les hommes d’affaires, Scotland Yard se mobilise.
Entre Séville, Bangkok et la Provence, Lami de Gérard Coste tisse une saga familiale où peinture, diplomatie et quête spirituelle s’entremêlent.
Découvrez Taoïsme, Le livre des récompenses, un texte fondateur anonyme qui révèle comment nos actions influencent notre destin selon la doctrine taoïste.
Et si les rêves détenaient les clés de notre existence ? Au-delà des portes du rêve invite à explorer, avec Roger Dadoun et Claude Mettra, les territoires cachés de l’inconscient, là où se jouent nos désirs et nos peurs.
Décryptez les racines et l’héritage de la civilisation arabe, de l’émergence de l’Islam à son influence majeure sur l’Occident. La civilisation arabe de Jacques C.
Et si l’émancipation féminine redéfinissait aussi la place des hommes dans la société ? La condition masculine de Catherine Valabregue, pionnière du féminisme.
Découvrez la civilisation andine à travers le regard d’un ethnologue passionné : Les Indiens des Andes révèle une culture méconnue, où respect de la nature et savoir ancestral redéfinissent notre vision de l’Amérique latine.
Et si la morale, au lieu de nous guider, nous emprisonnait ? Les maladies de la vertu d’André Berge, médecin et psychanalyste, explore comment nos principes les plus nobles peuvent se retourner contre nous.
L’ethnologie est-elle condamnée à disparaître ou peut-elle renaître de ses cendres ? Dans Éthnologie : le deuxième souffle, Michel Panoff, ethnologue engagé et fin observateur.
À 85 ans, Carl Gustav Jung livre ses ultimes confidences : l'inconscient collectif, ses divergences avec Freud, et ses rencontres avec Einstein ou Toynbee. Un dialogue rare, clair et profond, pour comprendre l'homme et son œuvre.
La beauté, c'est ce qui nous rend supportable la monotonie ; la grâce, c'est ce à quoi on s'abandonne lorsqu'on à fait taire le moi. Ces deux thèmes traversent toute l'oeuvre de Simone Weil. Ce nouveau recueil de la philosophe, tiré principalement de ses célèbres cahiers, permet d'aborder les notions de contemplation, d'attention, de nature, d'esthétique, de religieux et de mystique.
«Les voix noires radicales, en particulier celles qui jouissent de certains privilèges, doivent avoir le courage de parler de la classe.» Que signifie vraiment, quand on est racisé·e, de changer de classe sociale et de faire partie d'une élite? Comment éviter le mépris de classe et ne pas se laisser corrompre par la culture blanche? Cette question est un angle mort des luttes féministes et antiracistes. bell hooks s'y attaque dans quatre essais ("Classe et race: les élites noires", "Féminisme et pouvoir de classe", "Rester près de chez soi: classe et éducation", et "Les intellectuelles noires") où elle montre comment l'ascension sociale de quelques personnes noires est utilisée par la suprématie blanche pour mieux diviser et étouffer toute possibilité de révolte. Revenant également sur sa propre expérience, elle partage les moyens qu'elle a trouvés pour garder un lien avec son passé et sa communauté, cultiver sa propre vigilance critique, et ne pas faire passer le pouvoir de classe et les privilèges économiques avant la solidarité raciale. Critique culturelle, pionnière de l'intersectionnalité, bell hooks est l'un des grands noms de l'afroféminisme avec Audre Lorde, Angela Davis, Patricia Hill Collins et Kimberlé Crenshaw. Elle est l'autrice, aux Éditions Payot, de Regards oppositionnels, Blackness et Sororité.
Les femmes sont-elles vraiment libres de choisir d'avoir ou non des enfants aujourd'hui ? Un livre profondément féministe sur la liberté de procréer et les injonctions et entraves qui la compromettent toujoursaujourd'hui. Des pistes pour que les femmes puissent envisager leur projet d'enfant ou leur choix de ne pas être mère en conscience et sans pression. Sortie du poche en parallèle de "Notre corps, leur choix ?" en collection Résistance.
Pour conquérir le pouvoir, il faut d'abord prendre l'opinion publique, donc la culture. La politique se joue autant dans les esprits que dans les urnes. Antonio Gramsci (1891-1937) est le grand théoricien de cette hégémonie culturelle qui passe par une lente préparation idéologique au sein de la société civile. Les idées doivent infuser dans les esprits, ériger en "sens commun" les valeurs que l'on défend, afin d'organiser une idéologie dominante, partagée par le plus grand nombre. Du temps de Gramsci, cela passait déjà par l'école, la presse, l'Église ou les syndicats ; aujourd'hui, s'y adjoignent les associations, les think tanks, les médias et les réseaux sociaux. Qui remporte la bataille des idées, ouvre les portes du pouvoir.
« Prospérité : du latin prosperus, "conforme ou favorable aux espérances, aux attentes". » La poursuite d'une croissance toujours plus vorace ne fait pas de nous des peuples prospères. Le modèle capitaliste, qui sacrifie humains et ressources sur l'autel de la croissance et du profit, est en cause. Dès lors, Gabriel Malek propose de penser la décroissance qui s'impose à nous, à l'heure où sept des neuf limites planétaires sont désormais franchies, comme un cadre pour construire un nouvel ordre prospère qui profiterait à tous, vivants et écosystèmes.
Sur le complexe d'oedipe, notion la plus populaire de la psychanalyse, il n'existait pas encore de recueil de Freud. C'est chose faite avec ce livre qui rassemble, dans des traductions inédites d'Olivier Mannoni, les principaux textes de Freud sur ce concept clé (notamment "Dostoïevski et le parricide" et "La disparition du complexe d'OEdipe "), ainsi qu'un choix emblématique d'extraits tirés de l'ensemble de son oeuvre.
"Les milices espagnoles furent le microcosme d'une société sans classes. Dans cette communauté où personne n'agissait par intérêt, où nul ne regrettait les privilèges et les léchages de bottes, s'esquissait peut-être ce que pourraient être les premières étapes du socialisme." Fin 1936, Orwell est à Barcelone, il veut combattre le fascisme ; il s'engage dans une milice du Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM) ; les six mois qui suivent vont bouleverser sa vie. Sur la guerre d'Espagne, la lutte contre les totalitarismes et la confrontation des idéaux à la réalité, Orwell a écrit un "livre ouvertement politique". Publié au printemps 1938, porté par un formidable talent narratif, "Hommage à la Catalogne" est unanimement considéré comme sa meilleure oeuvre de non- fiction.
Un chantier naval, le vent qui change, une île pas loin, un château calme, une grande fille sur un voilier blanc, le rythme des marées, et mille petits bruits inquiets, clapotis, frémissements, craquements. Sensoriel, aux aguets, tendu vers le vent qui seul découvre ce qui se cache, ce premier récit de l'inoubliable auteur d'"Armen" tourne autour d'une émotion rare, celle qu'on éprouve soudain à la certitude d'avoir trouvé un lieu à soi. À sa façon d'arpenter le paysage, de frayer chaque chemin, inlassablement d'y revenir, de pousser jusqu'à ce que s'entrouvre un autre monde, la prose de Jean-Pierre Abraham possède une certaine splendeur.
Se prévenir de la société de contrôle, c'est bien plus facile que de l'éradiquer une fois qu'elle s'est installée, ne l'oublions pas. Cette mise en garde de George Orwell s'adresse à nous, aujourd'hui. Ayant fait à la BBC de la propagande durant la guerre, il savait très bien que tous les gouvernements mentent. Dans "1984", il imagine une attaque totale contre la vérité par un pouvoir cherchant à rendre inconcevable toute pensée dissidente. De l'appauvrissement des mots et des idées au contrôle de la réalité, du passé et de la mémoire, en passant par les moyens de résister à la mentalité totalitaire et de préserver sa liberté intérieure, ce sont les pages les plus frappantes du grand roman d'Orwell qu'on retrouvera ici, mais aussi des scènes de "La Ferme des animaux", des articles et essais des années 1940, ou encore des extraits des récits ayant influencé sa réflexion, qu'il s'agisse du "Talon de fer" de Jack London, de "Quand le dormeur s'éveillera" de H. G. Wells, ou de "Nous autres" d'Evgueni Zamiatine.
Pas plus que trois heures par jour ! Voilà tout le temps qui devrait être consacré au travail, pour Paul Lafargue. Dans son brûlot de 1880, "Le Droit à la paresse", il nous rappelle que le temps libre est le bien le plus inégalement réparti : quand les riches se prélassent, les plus pauvres se tuent à l'ouvrage. Dès lors, il nous exhorte à ne plus considérer la paresse comme un vilain défaut mais comme un projet de vie politiquement subversif. À renverser la question du rapport entre l'activité salariée et le temps libre. La paresse n'est toutefois pas synonyme d'inactivité, mais d'activités libérées de l'emprise marchande. Ne pas travailler ne veut pas forcément dire ne rien faire. Paresser, c'est aussi créer, réparer, tisser des liens : vivre dignement.
Comment être un sujet malgré l'oppression ? La pensée révolutionnaire et l'oeuvre de Monique Wittig dialoguent aujourd'hui avec les analyses et politiques féministes et LGBTQIA+, sa théorisation matérialiste du lesbianisme irrigue les mouvements queer et le féminisme contemporain. En proposant une analyse fine du fonctionnement de l'hétérosexualité comme régime politique total, Wittig théoricienne, écrivaine et militante ouvre la possibilité d'un monde au-delà des catégories de sexe et de genre, fondé sur une nouvelle définition de l'humain. Ce livre se veut une boussole pour s'acheminer vers un tel horizon.
Sur l'expérience du racisme, le suprémacisme blanc et la résistance aux idées toxiques qui s'infiltrent dans les médias, sur l'identité, l'altérité et l'invisibilisation de la pensée critique noire, voici quatre essais limpides et empathiques de bell hooks, dont le célèbre "Noirité postmoderne" (Postmodern blackness). Tous ont en commun une question : comment faire émerger une subjectivité noire radicale ? Critique culturelle, activiste et pionnière de l'intersectionnalité, bell hooks est l'un des grands noms de l'afroféminisme avec Audre Lorde, Patricia Hill Collins et Kimberlé Crenshaw. Elle est notamment l'autrice de "À propos d'amour" (Divergences), "De la marge au centre : théorie féministe"(Cambourakis) et "Sororité : guérir des blessures psychiques infligées par la domination" (Payot).
C'était au XVIIe et au XVIIIe siècle. De nombreuses femmes et de rares hommes donnaient alors de la plume et de la voix pour revendiquer les droits et l'émancipation des femmes. Le mot n'avait pas encore été créé, mais aujourd'hui c'est une évidence : elles et ils étaient féministes. Ce recueil vous offre les meilleures pages de trois d'entre eux. François Poullain de La Barre, dont les idées nourriront celles de Simone de Beauvoir, dénonce en précurseur les préjugés sexistes dans "De l'égalité des deux sexes" (1673). Mary Wollstonecraft, pionnière de la philosophie féministe, célébrée par Virginia Woolf et Emma Goldman, s'insurge contre les injonctions de la société patriarcale et affirme le rôle émancipatoire de l'éducation dans "Défense des droits de la femme" (1790). Et Olympe de Gouges, critique radicale du machisme révolutionnaire, invisibilisée pendant deux siècles, rappelle dans sa "Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne" (1791) que le principe d'égalité ne doit pas concerner que les hommes.
L'ouvrage le plus célèbre du théoricien du socialisme libertaire, qui prône en particulier l'abolition de l'État, rejette le patriarcat et défend une société égalitaire fondée sur l'autogestion, la solidarité et la responsabilité individuelle. Son maître mot : la liberté de chacun dépend de la liberté de tous.
Mieux que la compétition et la lutte pour la survie, un modèle a fait la preuve de son efficacité depuis que les sociétés animales et humaines existent : l'entraide. Cette notion est au coeur de la pensée anarchiste de Kropotkine. Pendant près de quarante ans, depuis ses premières expéditions comme anthropologue en Sibérie, il ne cessa de réfléchir à la réciprocité dans les relations sociales, utilisant la théorie de l'évolution tout en rejetant le darwinisme social. Ses idées aboutirent à un ouvrage monumental, L'Entraide, un facteur de l'évolution, dont on lira ici les pages consacrées à la persistance des réseaux de solidarité face à la violence d'État. Ces textes sont suivis d'une adresse aux jeunes les appelant à questionner le sens et l'utilité pratique des études, et à se révolter contre l'injustice sociale.
Stefan Zweig avait le génie pour saisir, dans des portraits qui figurent parmi ses oeuvres les plus saisissantes, la vérité intime des grands esprits, des romanciers et poètes, et des puissants de ce monde. Son "Nietzsche" ne fait pas exception, qui raconte une soif absolue de vérité, d'indépendance, de poésie, mais aussi la défaite, celle du corps malade du philosophe, celle aussi de la raison, devenue l'esclave de la folie et la victime d'une forme de burn-out. Qu'on ne s'y trompe pas cependant, ce Nietzsche par Zweig est aussi, en creux, un Zweig par Nietzsche : hypercréativité, esprit de liberté, lutte contre l'effondrement.
C'est grâce à la main, au geste de la main, à sa virtuosité, que Rembrandt, Gauguin, Hokusai, parmi tant d'autres, artistes ou artisans, ont pu exprimer leur talent. Henri Focillon lui rend un magnifique hommage dans ce texte de 1939 tout de style, d'immense savoir et de poésie. Il est suivi d'un essai de l'ethnographe Robert Hertz (1881-1915), premier éloge de la main gauche dans un monde de droitiers.
Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Cette question est à la base de toute pensée, de toute science et de tout acte créatif. Dans "L'évolution créatrice" et "La pensée et le mouvant", Bergson lui a consacré, en interrogeant l'idée de néant, des pages célèbres qui forment ce petit recueil.
Publié en 1947, "La France contre les robots" s'insurge contre l'essor du capitalisme industriel et la religion du progrès technique, qui construisent un monde déshumanisé où la vie tout entière est orientée par l'efficacité, la performance et la rentabilité. À l'homme ratatiné, uniformisé, Bernanos oppose l'homme rêveur et réfléchi, et en appelle à la révolution des élans généreux et de la jeunesse contre la société matérialiste.
Un des meilleurs portraits de l'âme "british", de la mentalité anglaise, et de ce pays si déroutant. Orwell était profondément anglais, il aimait sans partage sa patrie, mais il était aussi très lucide sur les faiblesses d'une nation structurée par les inégalités sociales, une presse malhonnête et un système de classe au seul bénéfice de ceux qui sont en haut de l'échelle. À lire parce qu'on aime les Anglais, mais aussi parce que ce texte de 1941 nous parle de la société d'aujourd'hui.
Simple, limpide, bouleversant. Après le succès de "Dix histoires de vie, de souffrance et d'amour", J.-D. Nasio propose dix nouvelles histoires vraies qui vous feront entrer dans la danse de l'inconscient et y découvrir le mystère de nos joies et de nos chagrins.