Rencontres artistiques et littéraires
Entre ombre et lumière, Lumière obscure de Caroline De Luppe invite à une méditation poétique sur les contrastes de l’existence.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Ces poèmes racontent une vie, peut-être toute vie, fragile et belle comme ces ombres blanches, que le soleil d'hiver taille dans le givre : pour la faire naître, il a fallu la complicité et les efforts de toute une galaxie ; une haleine d'enfant la tuera. Suivons-en les étapes, variées comme un recueil qui sauterait d'un genre à l'autre, sans jamais se poser sur aucun.
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Guerres, chômage, crise des banlieues, insécurité, racisme, perte des valeurs et des repères, dépérissement de pratiques religieuses et de certaines adhésions à des engagements politiques et syndicaux... sont les mots usuels employés par les spécialistes pour caractériser notre fin de siècle. Bref, notre société occidentale est ébranlée, atteinte en son socle. Est-ce irréversible ? L'humanité est-elle conduite à un déterminisme de déclin ?
Le désastre de mai 1940 a marqué l'inconscient collectif français. Une armée, forte de ses victoires passées, se voyait écrasée - en quelques semaines - par les forces obscures de la plus terrible dictature engendrée par l'Homme. Aujourd'hui encore, la question demeure douloureuse, les faits guidant parfois nos concitoyens vers un mépris affiché d'eux-mêmes et de leur patrie, doutant de leurs capacités à préserver la démocratie. À l'inverse de la littérature des années 50, où chaque Français se doublait d'un Résistant, les années 80 ont bâti l'image du Français collabo, d'une armée de lâches, voire de pro-nazis. À tous ceux-là, on ne peut que conseiller la lecture de cet ouvrage. Henry-Claude Buret a vécu l'affrontement direct avec la Bête, a participé à ce choc de notre vieille IIIe République, et du royaume de feu et de nuit de Hitler. Point de patriotisme militant déplacé, point d'esprit de revanche, ou de jugements à l'emporte-pièce. L'auteur nous montre ici les pièces du puzzle d'une armée (ici armée de l'Air), qui vont entraîner sa perte. Dès les premières pages, il nous éclaire sur les carences irréparables, les incompétences, les compromissions. Et le lecteur comprend que ce conflit ne pouvait être gagné par la France depuis les premières minutes de la guerre. Qu'il avait été perdu auparavant, par la construction de la Ligne Maginot, par l'incompétence et la corruption du loby militaro-industriel. Et si la bataille de France fut un désastre, Buret en connaît les responsables : pas le peuple de France, pas ces aviateurs affrontant les oiseaux de proie de la Lutwaffe, sur des machines souvent désuètes, pas ces simples fantassins, ou ces tankistes perdus, armes à la main, dans l'océan mécanisé des blindés de la Wermarcht ou de la SS. La guerre fut perdue par la folie des politiques de droite, de gauche, se berçant - depuis des années - d'illusions pacifistes, multipliant les choix de matériels désastreux et, au jour du combat, par un haut commandement incapable. Le peuple français devrait, plutôt, se remémorer les sacrifices innombrables, les as de son aviation saignant à blanc la flotte de Goëring, l'affaiblissant gravement (ce dont devraient se souvenir nos alliés britanniques, car l'armée de l'Air française, par son action, les aida certainement pour la future bataille d'Angleterre). L'auteur sait nous guider près de tous, sans grades de l'entretien technique, as entr'aperçus en plein ciel, luttant à 1 contre 10, soldats d'un pays agonitique, plongés dans le cauchemar construit par ses « élites ». Son livre représente un témoignage de premier ordre des efforts individuels, sans donner pour autant dans la grandiloquence. Dans un style varié, adapté aux multiples situations, ironiques ou héroïques, Henry-Claude Buret nous redonne une joie simple : savoir et faire savoir à nos descendants, que la République française et ses fils ont tenu tête au monstre nazi.
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Annie Charles, peu de temps avant la seconde guerre mondiale a abandonné son enfant, le petit Julien, pour pouvoir épouser l'épicier Rudin, l'homme qu'elle aime de toutes ses forces. Le lecteur se trouve plongé d'emblée dans un roman de moeurs et d'aventure, car il n'est pas aisé d'être une femme de moeurs libres et une fille-mère dans cette période pourtant proche de la nôtre. Annie place discrètement par abandon et Assistance publique interposée le petit garçon dans la famille Boilard, habitant Targny près de Reims. Cependant à Paris, les Rudin continuent d'exploiter leur épicerie jusqu'au sombre jour où Philippe, le mari, est tué lors d'un bombardement. Annie s'engage alors dans la Résistance où elle s'acquittera de missions très difficiles. Mais un jour, en protégeant la fuite de militants, elle est heurtée par une voiture et meurt des suites du choc. Sa mission terrestre s'achève sur cette ambiguïté. C'est alors que commence l'extraordinaire influence posthume ! Annie Rudin se fixe comme mission astrale de veiller sur son fils ; elle lui fera connaître un professeur aux Beaux-Arts de Reims, Madame Mérineau dont il deviendra éperdument amoureux ; il cultive ses dons pour la peinture, se fait peu à peu une renommée. Dans des circonstances romanesques le jeune Ferdinand (c'est le prénom donné à Julien par l'Assistance publique) retrouvera son père, et épousera une jeune fille de bonne famille. Sceptique ou croyant, le lecteur s'attachera à ces personnages palpitants de vie et de vérité. Un roman qui conviendra particulièrement aux initiés, mais dans lequel nous trouvons une excellente peinture de la société des années 40 et suivantes. On serait tenté de dire : tout est bien qui finit bien. Mais ce n'est qu'une apparence : ce livre puissant se révèle à l'image de la vie...