Sciences des discours
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Les récits policiers écrits en français, entre le début du XXe siècle et la Grande Guerre, sont devenus des classiques du genre. Apparus entre 1905 et 1913, les personnages de Fantômas (Marcel Allain et Pierre Souvestre), Rouletabille (Gaston Leroux) et Arsène Lupin (Maurice Leblanc) sont inséparables de ce qu'on a appelé la Belle Époque. C'est à cerner les caractéristiques des origines du genre du roman policier français à énigme, que s'attache cet ouvrage. Revue et profondément remaniée, cette nouvelle édition d'un essai d'un des meilleurs connaisseurs du domaine, reprend sa place au sein des nombreuses, et inégales, publications de ces quinze dernières années : celle d'un classique qui retiendra l'attention tant des amateurs de polars, que des chercheurs.
Sensible à la routine qu'engendre un usage répétitif et mécanique du langage, c'est, paradoxalement, à la pratique même de la répétition, que Ponge recourt pour contrarier cette tendance. Qu'il s'agisse de la langue ou du discours, la répétition lui sert à renouveler le déjà dit, par un travail qui touche aussi bien l'étymologie que le proverbe, les locutions figées ou le cliché. À différents titres, le goût de la tautologie ou de la compilation (appliquée au dictionnaire, comme à ses propres textes) témoigne de cette obsession de la répétition, véritable principe d'écriture, dont Ponge affirme qu'il suit le mouvement même de l'esprit. La tactique d'édition des avant-textes - brouillons, notes, dossiers qui n'ont pas leur statut ordinaire de variantes - témoigne encore du rôle particulier de ce procès. Montrer de quelles manières ces pratiques font jouer la répétition, et déterminer le rôle de celle-ci dans l'engendrement autocitationnel du texte, tel est l'objectif de cet essai qui, s'en tenant à cet aspect de l'oeuvre de Ponge, appréhende ce qui constitue, sans aucun doute, sa plus grande originalité.
Les théories narratologiques de la focalisation ont été introduites dans tous les manuels d'analyse des textes littéraires. À la question qui parle ?, il est devenu courant d'ajouter qui perçoit (voit, sent, entend) ? et qui pense ?. Le présent ouvrage propose une mise en ordre théorique et pratique étayée par l'étude d'un grand nombre d'exemples littéraires variés. Cet essai porte sur l'effet de point de vue, terme préféré à celui, trop métaphorique, de focalisation. Se débarrassant du mythe d'un focalisateur externe objectif et impartial, il révise la tradition, héritée de Genette, qui pense les focalisations à partir du foyer (qui sait ? qui voit ?), et recherche les traces de la source du point de vue, dans ce qui est perçu et dans le détail des marques linguistiques. L'analyse des textes et la stylistique gagnent beaucoup au passage, la linguistique de l'énonciation, attentive aux traces du sujet dans le discours, et aux effets idéologiques des discours, également.
Les crimes commis au nom du national-socialisme auront profondément marqué la société occidentale du XXe siècle. Le paysage littéraire et médiatique contemporain (cinéma, presse, radio et télévision) reflète, très largement, les interrogations de cette fin de siècle sur les raisons d'un tel abîme de la conscience. Le présent ouvrage se démarque des nombreux livres publiés ces dernières années, par une volonté d'aborder le fonctionnement textuel et sémiotique de quelques textes majeurs, de ceux qui ont tenté de dire leur expérience de l'univers SS et de l'extermination : ainsi L'espèce humaine de Robert Antelme, Auschwitz et après de Charlotte Delbo, Le sang du ciel de Piotr Rawicz, L'étoile errante de J.M.G. Le Clézio, etc. Les approches philosophiques, littéraires et linguistiques utilisées sont, ici, rigoureusement mises au service de l'écriture d'E. Wiesel, de R. Gary ou de G. Semprun. Les modèles d'analyse et les parcours de lecture proposés, ouvrent très largement la réflexion sur l'histoire, la mémoire, et les conceptions de l'art après Auschwitz.
Comment l'installation initiale de l'univers d'un texte est-elle effectuée par la première phrase ? La construction référentielle est, ici, conçue et décrite comme un ensemble d'opérations portant sur la désignation, la définition et la contextualisation des objets élaborés par le discours (personnages, temps, lieux, etc.). L'objectif d'une telle réflexion linguistique, sur l'accessibilité du monde représenté, est de permettre d'apprécier la signification des choix communicatifs effectués. Ainsi, en étudiant les modalités d'entrée en matière privilégiées par Balzac, on peut voir comment le romancier envisage, et alimente, le travail interprétatif de ses lecteurs potentiels.