Signets Belles Lettres
L'Antiquité nous a donné les premiers génies, dont les génies du mal. Du mythe et de la fable à la littérature chrétienne, le lecteur de ces pages découvre ébahi les différentes facettes du jardin des supplices : meurtriers, princes et rois corrompus, dictateurs et tyrans, personnalités dépravées ou toxiques, pervers ou simples charlatans... Non seulement les Anciens les ont tous décrits, analysés ou représentés, mais ils ont eu quelques modèles d'exception. Entre pitié pour leurs victimes et fascination pour le mal, l'Antiquité tisse une tapisserie bigarrée des différents aspects du méchant, comme autant de figures fascinantes de l'altérité. Précédé d'un entretien sur le mal avec Daniel Mendelsohn, prix Médicis Étranger pour Les disparus.
Les exploits guerriers de l'Antiquité n'ont cessé de nourrir notre imaginaire. De la guerre de Troie aux conquêtes d'Alexandre le Grand, de la guerre des Gaules menée par Jules César aux éléphants d'Hannibal et à la défaite de Carthage, ce sont autant de récits qui nous fascinent ou nous bouleversent encore aujourd'hui. La guerre occupe une place prépondérante dans les textes antiques : historiens, poètes, philosophes, rhéteurs, auteurs de traités techniques en dénoncent les excès, expliquent son caractère immuable ou bien en louent les bienfaits. Si la guerre a contribué à l'évolution historique des cités grecques, des royaumes hellénistiques et de l'empire romain, elle a aussi influencé leurs institutions, leurs façons de vivre et leurs systèmes de valeurs. Ce volume, composé d'une centaine de textes d'auteurs grecs et latins en traduction, nous donne à entendre les cris de guerre, de victoire ou d'horreur des enfants d'Athéna et de ceux de Mars et nous aide à comprendre le phénomène guerrier dans toute sa complexité et son humanité.
Les catastrophes naturelles ne sont pas, dans l'Antiquité, très différentes de ce qu'elles sont de nos jours. Ce qui change, ce sont les façons, différentes, d'habiter la nature et de l'exploiter, si bien que les mêmes catastrophes peuvent être aujourd'hui beaucoup plus dangereuses et beaucoup plus meurtrières. En s'invitant dans ces pages, admirables mais peu connues, dans lesquelles géographes, historiens, littérateurs, poètes, philosophes et prédicateurs exaltent le monde méditerranéen antique - et sa lumière inimitable -, saisi dans les instants terribles où il se dérobe, visité dans ses décombres, évoqué en vain dans ses ruines, on retrouvera toujours la même humanité fragile, mais irrésistible : capable de transfigurer ses désarrois et de prendre le beau risque de survivre.
Les figures antiques peuplent notre imaginaire érotique et, il y a peu, l'« amour grec » désignait pudiquement l'homosexualité. L'enlèvement par Zeus du jeune Ganymède est légendaire, tout comme les vers de Sappho célébrant le désir et la beauté des femmes de Lesbos. Célèbres également sont les discussions philosophiques entre Socrate et les beaux éphèbes athéniens, à la sortie du gymnase, ou l'attachement d'Alexandre le Grand pour son amant Héphaïstion. Pourtant, au sens où nous l'entendons aujourd'hui, il n'y a pas d'homosexualité antique, pas plus qu'il n'y a d'hétérosexualité: il s'agit d'un monde où le sexe de la personne aimée ne définit pas une catégorie, un monde où les individus ne sont pas classés en fonction d'une orientation sexuelle. En circulant entre ces textes variés, drôles, émouvants, violents ou perturbants, des textes familiers mais aussi moins connus, en parcourant cette première anthologie française consacrée à l'homosexualité dans l'Antiquité, le lecteur comprend qu'en matière d'amour et d'érotisme, tout peut s'inventer.
Ni Platon ni Homère ni Cicéron n'ont prononcé le mot magique « utopie », forgé par Thomas More en 1516. Pourtant ils l'ont non seulement pensé, mais décrit dans des textes somptueux et profonds, tous rassemblés dans ce volume surprenant. Au lecteur de découvrir un véritable foisonnement, les mythes de l'âge d'or ou du paradis terrestre, les pays et les lieux imaginaires, les architectures, les villes, les Arcadies heureuses où il fait bon vivre, à l'écart, loin, les millénarismes enfin et les annonces prophétiques, bouleversantes, d'un règne divin. Paix, justice, égalité, communauté des biens, la recherche d'une société idéale témoigne, en creux, du malheur et de la misère de la société humaine réelle, de l'injustice, des guerres, et de l'espoir inextinguible d'un monde meilleur.
Vénus naissant de l'écume, les querelles de Zeus et de son épouse, Europe enlevée par Jupiter, Phaéton brûlé par le Soleil ou Proserpine arrachée au jour par le seigneur des Enfers, les dieux du Panthéon ont donné lieu à mille et une histoires gaies, émouvantes et ravissantes qui ont peuplé le monde antique et peuplent encore le nôtre. Le Panthéon en poche réunit les meilleurs textes consacrés aux divinités de la culture gréco-latine. Chaque dieu fait l'objet d'un chapitre regroupant les traductions des pages les plus fameuses ou les plus représentatives le concernant. Plus de 100 extraits issus des traductions Belles Lettres, allant du VIIIe siècle avant J.-C. au VIe siècle après J.-C., sont rassemblés, assortis d'une brève présentation destinée à éclairer leur lecture. Une visite du Panthéon guidée par Homère, Virgile et leurs pairs.
En une centaine de textes, d'Apollonius à Théon en passant par Euclide et Ptolémée, vous ne verrez plus les mathématiques de la même manière. Qui a déjà lu l'énoncé original du théorème de Pythagore, qui sait qu'il existe un autre théorème qui porte le nom de Thalès, qui sait où trouver les anecdotes les plus fantasques sur Archimède ? Ce livre permet de donner la parole aux grands mathématiciens de l'Antiquité pour dissiper les mystères qui les entourent : Thalès qui tombe dans un puits, Archimède qui compte le nombre de grains de sable qu'il faudrait pour remplir l'univers, l'invention oubliée du zéro par Jamblique, la quadrature du cercle, le nombre d'or... Cet ouvrage est le premier du genre en France. Accessible à celles et ceux qui sont allergiques aux mathématiques tout en étant passionnant pour les mathématiciens chevronnés, il présente les mathématiques de l'Antiquité gréco-romaine par ses textes, permettant de découvrir comment elles étaient pensées, formulées et rêvées. S'appuyant sur le fonds des Belles Lettres, le livre est enrichi par de nombreuses traductions inédites.
Le monstre est celui que l'on pointe du doigt, que l'on désigne, avant de déguerpir en courant, terrifié, ou, envoûté, de se laisser hypnotiser par son inquiétante étrangeté. Répugnants ou merveilleux, les monstres sont nés de l'imaginaire antique. Ils peuplent encore le nôtre. D'où viennent-ils? Que signifient-ils? De quelle contrée extraordinaire, de quel repli de la conscience émergent-ils? Hybrides gigantesques, prodiges dotés de pouvoirs divins ou malheureux malformés, ils se rencontrent dans des domaines aussi variés que la mythologie, la médecine, l'art, la philosophie ou l'histoire des idées. En creux, ils dessinent les contours de l'humain, l'homme se définissant par opposition aux créatures fantastiques ou aux barbares lointains, quand il ne constate pas la monstruosité logée en lui-même. Plus de cent extraits, issus des traductions Belles Lettres et accompagnés d'une brève notice destinée à éclairer leur lecture, invitent à écouter la voix ensorcelante des Sirènes ou les énigmes de la Sphinx, avant d'apprivoiser centaures, furies, dragons et cyclopes.
Comment conquérir les coeurs ? Séduire comme un dieu. Leçons de flirt antique effeuille la grammaire des comportements amoureux des Anciens, leurs conseils, leurs espoirs, leurs triomphes et leurs déconvenues. Plus de 100 extraits, issus des traductions Belles Lettres et assortis d'une brève présentation destinée à éclairer leur lecture, racontent l'amour grec et la passion latine. Billets doux,oeillades audacieuses, sourires câlins, poses lascives ou suggestives, mains dérobées et baisers volés, flatteries badines ou histoires tragiques, de la plus raffinée des galanteries à l'amour vache, l'Éros antique a maintes flèches dans son carquois: elles ne manquent jamais leur cible. Karine Descoings et Laure de Chantal sont normaliennes et agrégées de Lettres classiques. L'une est latiniste, l'autre helléniste.
« Du pain et des jeux », mais aussi des spectacles, des promenades, de la lecture, du sport, des banquets ou des voyages:l'Antiquité a élevé le divertissement en art de vivre. L'Empire romain a fait davantage:il l'a étendu à tous, octroyant à chaque homme libre, en même temps que la citoyenneté, le plus grand des privilèges, le loisir. Rome à la légendaire vertu, Rome qui réunit sous sa coupe les peuples de l'Atlantique à l'Euphrate et du Rhin aux sables du Sahara, nous a laissé pour modèles des citoyens oisifs qui, chacun selon son éducation et sa fortune, s'adonnent aux plaisirs de l'otium, la liberté de jouir de son temps. À travers plus de cent textes traduits du grec et du latin, ce livre nous propose de poser nos pas dans ceux des Anciens à l'heure du repos afin de goûter à la volupté tranquille du Roman way of life.
Scoops, sexe et scandales, bienvenue dans le monde des people antiques! En matière de célébrité les Grecs et les Romains sont des prédécesseurs illustres et exemplaires. À côté des déchirements des Atrides, les vicissitudes de la famille royale d'Angleterre paraissent bien ternes, les vies fulgurantes d'Achille et d'Hippolyte n'ont rien à envier à celles de James Dean ou Kurt Cobain, les lolitas hollywoodiennes les plus sulfureuses sont des modèles de vertu comparées à l'impératrice Messaline. Quant aux nuits de débauche des empereurs romains, elles feraient rougir les critiques les plus malveillants de nos gazettes contemporaines. Il faut reconnaître que les chroniqueurs d'alors, de Martial à Procope en passant par Plutarque ou même Homère, avaient la formule assassine et l'anecdote vitriolée. Celebriti recueille plus de cent extraits, issus des traductions Belles Lettres, les rumeurs les plus folles, les ragots les plus incroyables, tous millésimés et édifiants, à dévorer en toute bonne conscience!
Vespasien, qui ne manquait pas d'humour, s'écria, au moment où il se sentit envahi par la maladie: « Malheur! je crois que je deviens dieu », exprimant ainsi son attachement à la vie et le peu de prix qu'il accordait à l'immortalité liée à son statut d'empereur. Cette divinisation des souverains apparaît pourtant comme le point culminant d'un processus au cours duquel, des épopées homériques au néoplatonisme, l'Antiquité n'a cessé d'explorer les frontières séparant l'humain du divin. C'est le récit de ces variations que ce livre propose, depuis la proximité très charnelle des hommes et des dieux dans la mythologie jusqu'au moment où les rois hellénistiques et les empereurs romains décidèrent qu'il était plus simple d'affirmer qu'on était un dieu que de suggérer laborieusement qu'on pouvait presque le devenir. De l'homme-dieu à l'avènement du Dieu-homme, plus d'une centaine de textes en traduction nous raconte l'histoire d'un rêve éternel, l'immortalité.
L'exclusion n'est pas l'apanage des sociétés contemporaines. Une large part des hommes ayant vécu dans l'Antiquité était soit privée de droits, en tout ou en partie, soit sous la menace de la dégradation civique, de l'ostracisme ou de l'exil. Quant aux femmes, même dans le meilleur des cas, leur statut d'éternelles mineures reléguait leur influence à la seule sphère familiale. Si le mot « exclusion » n'a d'équivalent ni en latin ni en grec, sa réalité est omniprésente en Grèce comme à Rome. À travers une sélection de textes en traduction, parmi les plus forts de l'Antiquité, ce « Signet » invite le lecteur à explorer les sociétés antiques par leurs marges, à la limite de ce qu'elles jugeaient tolérables, à la frontière de ce qu'elles définissaient comme l'humain. À côté de grandes figures d'exilés (Ovide, Cicéron) ou de révoltés (Spartacus), il y découvrira des figures d'exclus qu'il a rarement l'occasion de rencontrer, comme les atimoï, les pharmakoï, les pauvres et les parasites. Ces témoignages souvent poignants dévoilent une dimension fondamentale de la vie des Anciens : pour tous, partout, sa très grande fragilité.
Attiré par le fumet de viande rôtie, Zeus se laisse tromper par Prométhée au creux du cou de sa belle l'amant vient chercher un avant-goût d'extase et si Rufus n'a pas de succès avec les femmes, la raison en est simple: ses aisselles abritent un bouc, insoutenable. L'Antiquité est un monde d'odeurs, un pot-pourri de senteurs méditerranéennes, volatiles mais tenaces, qui accompagnent chaque moment de la vie quotidienne, la toilette bien sûr, mais aussi le mariage, le banquet, la mort et la prière. Ouvrez grands vos yeux et vos narines pour suivre les parfums enfuis de la boutique d'un apothicaire, de l'ombre du gymnase, de l'intimité du gynécée ou du brouhaha des cuisines, extraits d'une centaine de textes de l'Antiquité, connus parfois, surprenants souvent, qui sentent ou puent, embaument ou encensent, se répandent et se partagent même une fois le livre fermé.
La mer pour les Anciens n'est ni bleue ni verte, mais violette, ou vineuse, et versatile. Dans ces pages pleines de sel et d'embruns on lira les craintes et les espoirs de ceux qui vont en mer, les plaintes et les angoisses de ceux qui restent à terre. On naviguera au commerce, à la plaisance ou au cabotage, avec des équipages aguerris, aux ordres de capitaines qui se repéraient aux étoiles pour maintenir leur cap, sans instruments, sans cartes mais avec un sens marin confondant. Malgré les prières adressées aux dieux on croisera parfois la route peu recommandable d'un pirate et on essuiera des tempêtes monstrueuses. Plus de 100 extraits, issus des traductions Belles Lettres, rassemblés et assortis d'une brève présentation destinée à éclairer leur lecture, racontent le quotidien de ceux qui vont sur l'eau ainsi que les créatures extraordinaires qui la peuplent, tantôt bénéfiques comme les Néréides, tantôt maléfiques comme les Sirènes ou le gouffre Charybde.
Les Grecs et les Romains, dont les chemins se sont très tôt croisés, ont aussi rencontré bien d'autres peuples sur lesquels ils nous ont laissé leurs témoignages. Ils sont en outre à l'origine des premières réflexions sur le droit de cité, la citoyenneté et l'autochtonie. Quelle image, ou plutôt quelles images, les Grecs et les Romains ont-ils les uns des autres, des Perses, des Scythes, des Carthaginois, des Numides, des Gaulois ou des Germains? Près de 150 extraits, allant du VIIIe siècle avant J.-C. au VIe siècle après J.-C., en traduction Belles Lettres ont été rassemblés et assortis d'une brève présentation destinée à éclairer leur lecture. Du droit du sol aux politiques d'intégration, en passant par les propos racistes et les mariages mixtes ou bien encore les coutumes étranges des Barbares, À la rencontre de l'étranger montre les multiples facettes d'un monde cosmopolite, le monde antique!
Autour d'une bonne table, on mange, on chante, on boit, on échange quolibets et bonnes histoires, on refait le monde. La vie quotidienne est rythmée par la recherche de la nourriture et de la boisson: in vino veritas. Du nectar des dieux au canard d'Apicius, en passant par Dionysos enseignant la culture de la vigne aux mortels, les fruits inaccessibles de Tantale ou encore le festin de Trimalcion, la culture antique regorge d'anecdotes délicieuses sur l'art et la nécessité du boire et du manger. À La Table des Anciens invite le lecteur à déguster les meilleures pages des auteurs antiques dédiées à la cuisine. Plus de 100 extraits, issus des traductions Belles Lettres, sont rassemblés et assortis d'une brève présentation destinée à éclairer leur lecture. À La Table des Anciens sont réunis Pétrone, Homère et Virgile pour raconter la préparation et l'organisation des repas, les mets de tous les jours ou les ingrédients fabuleux, les disettes, les banquets fameux, les goinfres mythiques ou les préceptes de diététique, avec, pour la bonne bouche, les meilleures recettes de l'Antiquité... à savourer!
Bienvenue dans les joyeux banquets et dans les aimables cercles littéraires des Grecs et des Romains ! Les Anciens, de joyeux drilles ? Eux, les dignes, les sérieux, les vénérables fondateurs de notre philosophie, de notre politique, de notre littérature, ont pourtant un aspect très moderne : leur aptitude à faire rire le lecteur en créant avec lui une connivence amusée, tout particulièrement en usant de cette forme de comique subtil que nous appelons l'humour. L'humour est présent partout : bien sûr dans les comédies qui s'élèvent souvent au-dessus de la farce, mais aussi dans des genres moins attendus comme l'épopée ou l'histoire. Mais c'est surtout à l'occasion de dialogues, d'échanges épistolaires, de récits, que chacun laisse libre cours à sa fantaisie, en cherchant à faire rire ou sourire un interlocuteur qui sait apprécier les jeux de mots, l'impertinence du point de vue, les imaginations plaisantes. Alors, à votre tour de sourire avec la centaine de textes courts et piquants rassemblés ici.
Avancer à pas de loup, se calfeutrer dans un tapis, se tapir dans l'ombre, revêtir un costume sombre ou disparaître derrière un écran de fumée : l'Antiquité fourmille d'anecdotes, de légendes et de mythes dans lesquels hommes et dieux agissent incognito et mêlent allègrement ruses, mensonges, déguisements et dissimulations. Leur inventivité en la matière est foisonnante et se décline à travers tous les domaines de l'action, du renseignement militaire aux intrigues politiques en passant par la séduction, les cultes religieux ou le vol. Des grands complots historiques aux jeux de cache-cache littéraires, l'art du secret se révèle être l'une des clefs essentielles pour mieux approcher les rapports spécifiques de l'Homme antique au monde. Ce volume, qui recueille une centaine de textes issus des littératures grecque et latine, des épisodes les plus fameux aux anecdotes les moins connues, nous fait entrer dans le bureau des légendes antiques, et nous en dévoile les secrets les mieux gardés.
Actéon le chasseur transformé en cerf, Daphné en laurier, Zeus en taureau... les métamorphoses sont partout dans la littérature grecque et latine. Qu'elles expliquent la naissance du monde, l'apparition des plantes ou des astres, elles content une autre histoire naturelle, non biologique mais poétique, nourrie des aspirations humaines les plus essentielles : dieux et hommes se métamorphosent, ou métamorphosent les autres, par vengeance, punition, jalousie ou convoitise. Pourquoi ces métamorphoses nous parlent-elles tant ? C'est qu'elles disent notre secret désir de vivre une autre vie, sous une autre identité. Ces très anciens récits nous plongent dans les origines de nos grands questionnements sur la séparation entre l'homme et l'animal, sur la question des genres masculin et féminin, et sur le dépassement des frontières entre humain et machine. La centaine de textes réunis ici trace un pont entre les métamorphoses grecques et latines et le XXIe siècle du posthumanisme, et nous rappelle que les robots de demain sont les Protée d'hier.
Pénétrer dans l'atelier de Clio, la muse de l'Histoire, c'est pour le lecteur moderne découvrir ou redécouvrir les grands événements et les petits faits qui ont façonné l'histoire d'Athènes et de Rome, portés par les plus belles pages de la littérature antique. C'est approcher Tacite, Hérodote ou Tite-Live et comprendre la manière dont ils écrivaient. C'est lire des pages mémorables où le souffle de la grande histoire, accompagné par un art du récit, côtoie l'anecdote et le fait divers. C'est aussi méditer sur les leçons morales et politiques du passé pour mieux comprendre le présent ; c'est enfin croiser des figures d'hommes illustres et déambuler au milieu d'une galerie de portraits de chefs, de soldats et de rois inoubliables. Des récits de batailles aux intrigues de palais, des complots immortalisés à la postérité organisée, du quotidien au spectaculaire, lecteur, suis donc Clio : c'est elle qui te servira de guide. Marie Ledentu, professeur des universités, enseigne la langue et la littérature latines à l'Université Jean Moulin - Lyon 3. Gérard Salamon, maître de conférences à l'ENS de Lyon, enseigne la langue et la littérature latines, principalement pour les élèves préparant l'agrégation de Lettres classiques. En collaboration avec Christophe Cusset, il a publié dans la collection Signets À la rencontre de l'étranger. L'image de l'autre chez les anciens (2008).
Nul ne peut résister aux fraîches voix des Sirènes: pour les Anciens, la musique est beaucoup plus qu'un art, elle est dotée de pouvoirs, de pouvoirs aussi étonnants qu'ambivalents: elle précède les armées car elle sait donner du courage aux guerriers, elle est un remède dont usent les thérapeutes car elle guérit des blessures de l'âme et du corps. Elle peut rendre sage et fou, adoucir les moeurs comme renverser les lois et parfois même émouvoir les dieux. Ces qualités en font un thème privilégié des mythes et un sujet de fascination pour les penseurs: la musique révèle le divin, l'ordre du cosmos et les lois mathématiques autant que la complexité des affects humains, le désordre et le sensible. Plus de 150 extraits de textes anciens, issus des traductions des Belles Lettres, accompagnés d'une courte présentation permettant d'en faciliter la lecture, racontent les différentes musiques des Grecs et des Romains,les circonstances dans lesquelleselles étaient jouées, depuis les fêtes privées, les mariages et les enterrements jusqu'aux grandes cérémonies publiques destinées à célébrer la splendeur des rois, de la religion et des États. Des lyres et cithares donne à entendre les voix austères des philosophes-musiciens, les plaintes charmantes des aulètes de petite vertu, les concerts endiablés des virtuoses adulés ou les couacs facétieux d'apprentis joueurs de cithares.
La parole vive anime les langues mortes. Cet instrument commun, central dans la vie publique, doit être efficace entre les mains de l'homme libre et du citoyen accompli. Ainsi est née une technique du discours: la rhétorique. Élaborée par les Grecs, adaptée par les Romains, elle a été fondamentale dans l'éducation des élites. Harangues, éloges et plaidoyers, évidemment, mais aussi prières, satires, badinages, impromptus de banquet et proclamations poétiques mettent en scène l'habileté à convaincre avec méthode et à persuader par le plaisir ou le pouvoir des mots. La culture et la littérature antiques sont toutes pétries d'un art de parler et d'écouter qui est également devenu un art d'écrire et de lire. À travers près de 150 textes grecs et latins issus des traductions publiées aux Belles Lettres, Dixit propose un parcours varié, dans lequel des extraits célèbres voisinent avec des pages moins connues, curieuses ou piquantes, afin d'inviter le lecteur à découvrir les principales formes de discours pratiquées jadis et le regard aigu que les Anciens ont porté sur elles.
Sortilèges, charmes d'amour, envoûtements et mauvais oeil : les Anciens, fascinés par l'occulte et le fantastique, ont maintes fois failli à leur réputation d'éternels raisonneurs. Qui sait en effet que la première baguette magique fut celle du dieu Hermès, que les balais volants de Harry Potter trouvent leurs origines chez Lucien de Samosate, ou encore que la formule abracadabra apparaît pour la première fois dans un grimoire latin du IIIe siècle après J.-C. ? De potions magiques en mixtures enchantées, plus de 120 extraits issus des traductions Belles Lettres invitent le lecteur à se pencher au-dessus du chaudron pour y contempler l'imaginaire envoûtant des Romains et des Grecs. Cérémonies maléfiques, imprécations nocturnes, invocations infernales, talismans enchanteurs et statuettes ensorcelées: bienvenue à l'école des sorciers antiques !
Temps du repos, des récits, de la sexualité, de l'ivresse et des plaisirs, la nuit est propice aux embuscades, aux conspirations, aux crimes, à la magie et aux initiations ésotériques. Elle dissimule les méfaits, mais révèle ce que le jour cache: le cosmos, les rêves et les cauchemars. On lui doit des savoirs essentiels à l'humanité comme l'astronomie, les calendriers, la météorologie, l'astrologie, ainsi que la science des rêves auxquels les Anciens attribuaient une valeur thérapeutique et oraculaire. En plus de 120 textes, ce voyage au bout de la nuit antique explore la vie, les pratiques, le savoir et l'imaginaire nocturnes des Anciens. Il permet en retour de penser notre rapport au sommeil, à l'univers, au sacré, à la mort, mais aussi d'affronter nos parts d'ombre et d'en mesurer la fécondité. Virginie Leroux est maître de conférences en littérature et civilisation latines à l'Université de Reims et membre junior de l'Institut Universitaire de France. Elle a édité les Juvenilia de l'humaniste Marc-Antoine de Muret (2009), dirigé un recueil d'articles sur La mythologie classique dans la littérature néo-latine (2011) et co-dirigé deux volumes collectifs sur les visages contradictoires du sommeil (Camenae, 5, 2008) et sur ses enjeux médicaux et philosophiques (2014).
Zombis, morts-vivants, fantômes, revenants, loups-garous ou vampires, le fantastique a d'antiques origines: toutes ces créatures des ténèbres hantaient déjà les mondes anciens. Pour les Grecs et les Romains, l'être humain n'est pas seul sur terre et les morts ne sont pas morts, ou plutôt, ils ne sont pas tout à fait morts. Ce sont même parfois de bons vivants: ils mangent, ils boivent - du rouge de préférence - mais surtout, ils aiment les plaisirs de la chair, fraîche bien entendu. Bénéfiques ou maléfiques, les voici à l'oeuvre, dans une sélection de près de 130 textes en traduction. Des textes pour faire trembler, rire, ou pleurer, mettre des mots sur les images et nous apprendre que la mort n'est pas une fin, mais un commencement, le commencement d'une vie nouvelle, une vie « différente ».
La femme honnête et respectable, pour les Anciens, est l'épouse légitime, docile gardienne du foyer destinée à assurer la descendance. À côté des intraitables Pénélope, chastes et tempérantes, vivant dans l'ombre et souvent anonymes, les « irrégulières », les Phryné et les Messaline, ont franchi l'écueil de l'oubli. Courtisanes de renom, infidèles dans l'âme ou libertines d'esprit, elles ont exercé le plus vieux métier du monde, par nécessité ou par passion. Plus de 100 extraits, issus des traductions Belles Lettres, rassemblés et assortis d'une brève présentation destinée à éclairer leur lecture, racontent le quotidien des « femmes en vue du plaisir », maîtresses raffinées ou pauvres filles de joie, tantôt naïves et touchantes, tantôt coquettes et scandaleuses, tantôt cupides, astucieuses et impitoyables. Nous initiant aux banquets où la musique envoûtante des joueuses de flûte accompagne les pas débridés des danseuses, aux rencontres nocturnes et impudiques au coin d'une rue interlope, ces Professionnelles de l'amour dévoilent tout un univers de désir et de transgression, mais aussi de débauche, de marginalité et de misère, où les femmes sont les protagonistes d'une comédie humaine qui nous plonge dans l'imaginaire et dans la réalité sexuels des Grecs et des Romains.
Dans l'Antiquité, l'école, pour ceux qui avaient la chance d'y aller, était une des clés de la réussite. Les Anciens ont beaucoup réfléchi sur les méthodes, les contenus, la finalité intellectuelle et sociale de l'enseignement, et notre système éducatif a hérité de cette réflexion dans une large mesure. Nous devons aux Grecs et aux Romains, entre autres, l'explication de texte, la dissertation, nombre de théorèmes de mathématique, les exposés oraux, la culture générale, les filières disciplinaires, les leçons de musique et l'éducation physique et sportive: mens sana in corpore sano! À l'école des Anciens réunit plus de 150 extraits d'auteurs différents, issus des traductions Belles Lettres, consacrés à l'activité des professeurs, des étudiants et des élèves dans le monde grec et dans le monde romain, du VIIIe siècle avant J.-C. au VIe siècle après J.-C. À l'école des Anciens l'on croise des maîtres dévoués aux prises avec des cancres turbulents, des personnels administratifs et techniques efficaces, des professeurs et des élèves d'exception comme Socrate ou Alexandre, des enseignants sous-payés, des gourous, des spécialistes s'interrogeant sur les châtiments corporels ou les nouvelles pédagogies, des parents d'élèves inquiets, redoutant la violence à l'école et préoccupés des débouchés pour leurs enfants.
Comment diriger ? D'où vient la capacité de certains hommes à enthousiasmer ceux qui les suivent, tandis que d'autres semblent dépourvus d'autorité ? Mus par le sens du service ou une ambition personnelle dévorante, au prix d'un travail acharné et de mille peines, les grands chefs de l'Antiquité - César, Cléopâtre, Périclès, Alexandre, mais aussi Cyrus, Zénobie ou encore Attila et Didon... - ont poussé leurs hommes à se dépasser et les ont menés jusqu'aux confins du monde connu. Ils s'appuyaient sur leur intelligence exceptionnelle, leur capacité à décider et à organiser, mais aussi leur maîtrise de l'art de la parole, qui apaise ou qui galvanise. Autant de talents précieux sur un champ de bataille ou face à une assemblée tumultueuse, pour le souverain qui règne sur un empire immense comme pour le propriétaire d'un domaine agricole. Composé de plus de cent textes issus des traductions des Belles Lettres, ce livre nous invite à mieux connaître les grands leaders antiques et à repenser l'art de commander. Charles Senard, docteur en études latines et diplômé de l'Essec, est consultant en management et spécialiste de l'évaluation et du développement des dirigeants.
L'imaginaire collectif contemporain perçoit l'Antiquité comme sanguinaire. Sur scène, dans l'arène, sur le champ de bataille ou dans les sanctuaires, le sang coule. Porteur de vie et de mort, il est autant souillure qu'élixir, il a quelque chose de mystérieux ; il coagule ou non, il pervertit ou soigne. Le sang, c'est celui que l'on transmet à ses fils, celui des liens familiaux qui déterminent l'appartenance à une lignée ou l'exclusion, c'est aussi le grand baromètre de la vie, celui des saisons du corps féminin ou qui sourd de la blessure du guerrier, l'un donne la vie, l'autre la reprend. Ambivalent, impur et vital, mortifère et magique, le sang recèle tous les fantasmes et toutes les peurs de l'Antiquité. Mais la fascination et la répulsion qu'il exerce sur les Anciens nous sont-elles si étrangères ? Lydie Bodiou est maître de conférences d'histoire ancienne à l'université de Poitiers. Véronique Mehl est maître de conférences d'histoire grecque à l'université Bretagne Sud. Elles travaillent ensemble sur l'histoire du corps, des sensibilités et de la perception. Elles ont déjà co-dirigé Odeurs antiques (2011) ; La religion des femmes en pays grec. Mythes, cultes et société (2008) et avec Myriam Soria, Corps outragés, corps saccagés de l'Antiquité au Moyen Âge (2011).
Ceci n'est pas un livre sur les footballeurs. Mercato, mot italien pour le marché, est utilisé en français en référence au « marché » des joueurs de foot et il n'est pas question ici de rapprocher ces transactions modernes au commerce des personnes dans l'Antiquité. Pourtant, l'on trouve de tout sur les étals des Anciens : des esclaves bien sûr, mais aussi des fruits, des légumes, des chevaux, des professeurs, des poètes, des petites filles et parfois des hommes d'affaires véreux. Au coeur de la cité grecque et de la ville romaine, l'agora grecque ou le forum romain ont aussi inspiré une réflexion économique, sociologique et philosophique, souvent différente de la nôtre. Critiques, élogieux, ironiques voire sarcastiques, les plus de cent extraits de Mercato offrent un joyeux aperçu du marché antique sous toutes ses facettes, sociales, politiques, religieuses mais aussi pratiques et comiques. Évoquer l'économie antique, en percevoir l'altérité, c'est plonger dans la vie quotidienne des Anciens, mais également accroître notre esprit critique et acquérir un regard plus avisé sur le monde contemporain. Consommez intelligent et faites vos courses avec Aristophane, Cicéron et Platon !
Amputer, bastonner, décapiter, ébouillanter, lapider, scier: les punitions infligées dans l'Antiquité sont parfois (lugubrement) banales, mais les Grecs et les Romains ont aussi su faire preuve d'une grande ingéniosité. Phalaris, tyran de Sicile, fait rôtir ses victimes dans un taureau de bronze qui transforme les hurlements des malheureux en mugissements désespérés; le Romain Védius Pollion se sert de ses esclaves maladroits comme d'un pâture pour son vivier de murènes. Quant aux coupables d'adultère, punis à l'aide d'un raifort, d'un poisson ou bien exhibés sur un âne, ils pâtissent de l'imagination des Anciens. Les châtiments divins sont plus extraordinaires encore: Marsyas est écorché vif par Apollon et Érysichthon, frappé d'une faim insatiable, en est réduit à dévorer ses propres membres. C'est en une visite guidée de ce petit musée des horreurs que consiste ce livre, à travers plus d'une centaine de textes en traduction, sans négliger cependant d'explorer, derrière d'effrayantes anecdotes, les ressorts profonds qui expliquent la violence de la répression: en somme, pourquoi sévir ? Guillaume Flamerie de Lachapelle est maître de conférences de langue et littératures latines à l'Université de Bordeaux 3. Il est l'auteur d'une traduction des Sentences du mimographe Publilius Syrus (Paris, 2011) et d'une monographie intitulée Clementia. Recherches sur l'idée de clémence à Rome, du début du Ier siècle a.C. à la mort d'Auguste (Bordeaux, 2011).