Travelling
Im-pos-si-ble, lui avait dit le doyen de la Faculté de Sao Paulo, votre père est à peu près l'unique Blanc à pouvoir se hasarder seul dans ces contrées. Quelle déception ! Six ans que Pierre Laumière n'a plus vu son père, ethnologue au Brésil. Une chance unique l'a amené à Rio mais, hélas, à l'heure qu'il est, papa Laumière se trouve dans le Mato Grosso, chez la tribu des Bororos. C'est alors que tombe du ciel la proposition inespérée de son ami Oliveira : Je pars demain en inspection sur nos chantiers. Cela te plairait-il de m'accompagner ? - Ils sont loin ? - Assez. Près de Cuïaba, dans le Mato Grosso...
« Elle avait quinze ans et une mobylette rouge. On l'a retrouvée dans un fossé. Nue. Recroquevillée. Les yeux fixes. Elle s'appelait Céline. C'était ma fille. » Ainsi commence ce qui n'est qu'un fait divers. Du moins pour les autres. Mais pas pour Laure, la mère de Céline. Pas pour le père, Philippe Jaujac (le narrateur), pourtant rompu - par son métier de journaliste - aux drames de l'actualité quotidienne. Pris entre le besoin de savoir de Laure, et le doute de la Justice, Jaujac va réagir. À sa façon. Il ne veut pas la peau de l'autre. Seulement sa vérité ! Parce que le meurtrier présumé a menti. Au moment de l'aveu. Ou après. Et que le bénéfice du doute profite trop souvent au mensonge. Parce que Jaujac n'a qu'une certitude : la condamnation de sa fille. À perpétuité. C'est là tout le problème posé par ce qu'on appelle, de nos jours, « la légitime justice ».
Lise, Brigitte. La mère et la fille, une adolescente comme tant d'autres. Au cours d'une discussion (« Tu sais l'heure ? », « D'où viens-tu ? », « Tu aurais pu me prévenir ! »...), Brigitte lance à sa mère ces paroles terribles : « Ta sévérité, je m'en fiche. Je retournerai chez Bernard, parce que je suis amoureuse de lui. Tu ne comprends pas ça, toi. Forcément ! Tu n'as jamais été jeune et tu n'y connais rien à l'amour. » Atteinte au plus profond d'elle-même, Lise commence alors - pour sa fille - un long récit, celui d'une petite juive allemande, appelée Lise Bloch, qui voit son bonheur s'écrouler quand les Nazis arrivent au pouvoir. Un jour, elle doit fuir, quitter ceux qu'elle aime. Elle se retrouve en Alsace, dans un pensionat, avec d'autres jeunes également séparés de leur famille. Puis, la guerre éclate. La peur grandit, les questions se font de plus en plus angoissantes. C
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Prisonnier sur une île minuscule, presqu'à l'autre bout du monde, je n'ai plus rien à faire qu'à reconstituer le puzzle de mon existence. Je suis comme un mathématicien perdu dans ses calculs. Je fais le bilan de mes profits et pertes. J'accumule les chiffres, dans la colonne plus et dans la colonne moins. Je n'arrive jamais au même résultat. Je chiffonne le papier, je m'obstine. Recommençons encore une fois... Qui parle ? Napoléon. Où est-il ? À Sainte-Hélène. Que fait-il ? Il feuillette l'album d'images de sa carrière fulgurante. Quel roman que ma vie, a-t-il déclaré un jour. C'est ce roman, rédigé sous la forme originale d'une autobiographie, qu'on va lire ici. Un livre passionné et passionnant, comme son héros.
Ils gravirent l'escalier aux marches craquantes - cette mémoire des vieilles demeures - et pénétrèrent dans une chambre, au milieu d'un sombre couloir. On venait de démolir une fausse cheminée pour agrandir la pièce... La découverte de cette mystérieuse boîte à musique, va conduire le jeune Hugues des Ardennes à Pau, en passant par Bruxelles, au fil d'une aventure pleine de rebondissements, à la solution d'une énigme très ancienne.
Hélène Althusser a disparu. Son fils adoptif, un jeune Indien obèse qui vit reclus depuis son arrivée en Europe, décide de partir à sa recherche. Avec humour, le jeune homme nous raconte sa rencontre avec les nains qui l'aideront dans sa tâche, et son périlleux combat contre une bande de dangereux body-builders. Au bout de l'enquête, retrouvera-t-il Hélène Althusser et, lui-même, se trouvera-t-il ?
Sous les tilleuls qui s'ébrouent dans une fine poussière d'or, alanguis sur un banc à la peinture craquelée, pour faire comme tous les petits couples enlacés qui viennent chercher, ici, la preuve que les amoureux ne sont pas seuls au monde... Philippe et Claire : un coup de foudre les a unis. Ils vivent leur amour avec toute la sincérité, la fougue et l'indécence de leurs 16 ans. À notre âge, on a le droit d'être heureux sans en rendre compte à personne, écrit Philippe dans son journal. Peut-être certains adultes considéreront-ils cette expérience d'un oeil réprobateur ? Avec un peu de nostalgie aussi...
Frank, le jeune protagoniste de Comme une bombe (Travelling n° 86), assiste au mariage de sa tante, la séduisante Noëlle. Il va faire la connaissance de Marie-Agnès, qui suit des cours de danse et de piano et que ses professeurs trouvent très douée, et l'emmener dans une nouvelle et dangereuse enquête. Mené tambour battant, et avec un humour ravageur, voici un roman qu'on ne lâchera pas avant la dernière ligne.
Daniel ouvre les yeux. Il ne voit que du blanc, un blanc très doux au regard, épais comme du lait ou de la crème. Il n'ose pas faire un geste. Il reste à attendre quelques minutes, tandis qu'affluent à son esprit une foule de questions et de sensations tout aussi étranges les unes que les autres. Une soudaine panique tourbillonne en lui. Serait-il mort ? En jouant au foot dans la cour de récréation, Daniel est frappé à la tête par le ballon. Au même moment, en Angleterre, Mary se fait renverser par un bus. Deux drames, deux faits divers tels qu'il s'en passe chaque jour, mais qui débouchent sur une étrange rencontre...
Dommage qu'on ne puisse pas vivre dans la rue, il n'y a que là qu'on est bien. Au lieu de ça : le home, les autres filles à supporter, le chahut, les portes qu'on claque, le réfectoire, les édus si gentils, la chambre-dortoir, jamais seule, jamais un petit coin à soi, en plus c'est vendredi, on mange du poisson, oh merde, merde, vivement demain ! Demain, Chantal fait une fugue. La sixième en un mois. Chantal et les autres évoque la détresse des enfants du juge. Mais ce roman est surtout une histoire d'amour entre parents et enfants.
Alors Mademoiselle l'instruite, chuchota la voix mauvaise d'Isabelle, on a eu la permission de minuit ? Sandrine sursauta et se tourna vers sa compagne de chambre. - J'ai un examen demain, tenta-t-elle d'expliquer, et je voudrais tant le réussir. - Pourquoi faire ? Ici, personne n'a jamais eu de diplôme. Tu es comme les autres ! Éteins cette lampe qui m'empêche de dormir. Une plaque de verglas sur la route et, du jour au lendemain, Sandrine, une adolescente choyée, se retrouve orpheline. Elle est placée dans un home avec des filles de son âge, pour la plupart des cas sociaux. Elle y est reçue comme une étrangère, elle qui a eu la chance d'avoir une vraie mère. Mais ce home est maintenant sa famille, et Sandrine tente de s'y intégrer, écoutant avec les autres les chanteurs pops hurler sur l'électrophone. En même temps, l'adolescente voudrait poursuivre ses études et garder ses amis d'avant. Et elle se trouve devant un énorme dilemme, déchirée entre deux mondes différents et incompatibles. Pour être acceptée par ses compagnes, Sandrine devra-t-elle renoncer à ses études, à ses amis et à sa famille d'accueil ?
Les premières représentations de la pièce L'ours en cage se déroulent dans un climat extrêmement tendu : disparition du jeune premier, sabotage des décors, coups de téléphone mystérieux, coups de feu sans victimes apparentes. Romain Colomb, jeune homme pressé, fréquente beaucoup les coulisses du théâtre, depuis que son amie, la jolie Florence, tient le rôle principal de la pièce. Il assiste à ces événements mystérieux, et va mettre à jour une machination particulièrement redoutable.
Mon père vint me réveiller à neuf heures. Un beau matin d'été, frais et clair, comme j'en avais tant connu, mais à l'amer parfum d'exil, déjà. Nous écourtâmes les adieux. Ma mère, en s'inclinant devant le chef de famille, ne savait pas, ce matin-là, qu'elle ne le reverrait jamais.
Bombay. La rue est emplie de dormeurs couchés dans des haillons, certains pelotonnés sur eux-mêmes, d'autres à plat ventre, mais tous les uns contre les autres, haleine contre haleine. Nalini, elle, ne peut plus dormir. Elle a trop faim. La faim est en elle comme un chacal qui la dévorerait... Va-t-elle se lever ? Elle hésite à réveiller son enfant, pour aller disputer les ordures aux bêtes, dans un quartier trop lointain pour ses forces. Avec un soupir résigné, elle retrouve le geste millénaire de l'Inde affamée. Entre les pavés de la rue, elle gratte un peu de terre qu'elle mâchonne...
William porte son attention sur la piste. Une gerbe d'étincelles jaillit devant ses yeux... une auto effectue un bouchon. Deux autres, soudées entre elles, sautent par-dessus les bottes de paille qui bordent l'extérieur de la piste et disparaissent derrière. Crédieu, ce bouchon ! pense William. Pourvu que ce ne soit pas Gil...
Sans un mot, ni un regard, Philippe sortit de la salle à manger, d'un pas rapide et décidé, mais calme. Ses parents le virent décrocher sa veste du portemanteau, l'enfiler en se dirigeant vers la porte de l'appartement. Il avait déjà sa main posée sur la poignée quand son père lui cria : - Phil, je te préviens : si tu franchis cette porte... Mais il n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Cette porte, Philippe l'avait franchie et refermée derrière lui, doucement, sans même la claquer avec rage. Quand on a 17 ans, ce n'est pas évident de s'entendre avec ses bourgeois de parents. Lucas a de la chance, lui : il s'est tiré. Finie l'école. Finies les querelles avec le paternel. Pourquoi Philippe ne ferait-il pas de même ?
Au coeur de la nuit médiévale, l'androïde Tyo débarque sur la planète Terre, et prend l'apparence d'une jeune fille. Sa mission : retrouver la trace d'un autre androïde, envoyé autrefois sur terre. Sur sa route, elle va rencontrer le Prince des Lumières, et bien d'autres personnages inquiétants. Technologie ultrasophistiquée et ténèbres du Moyen Âge sont au rendez-vous de ce roman initiatique, qu'on ne lâchera pas avant la dernière page.
Il y a soixante ans. Un petit village avec ses coutumes, ses croyances, ses superstitions. Un village qui serait sans histoires s'il n'y avait Janou. Elle a le don, le pouvoir, celui de commander à distance, de voir ce que les autres ne perçoivent pas, de guérir les brûlures, mais aussi de faire le mal si elle le désire. Au début, on l'admire, puis vient la crainte, la suspicion. Bientôt, on la fuit, on la redoute. Elle-même s'interroge, s'effraie : Si j'étais une sorcière ?
On quitte la maison du marchand de perruques aussi mystérieusement qu `on y est entré. Vers quelle destination ? Moins on en parle, moins on risque d'être trahi. Surtout quand nazis et collaborateurs, aidés par des centaines de policiers du pays, rivalisent pour se débarrasser du maximum de Juifs. C'est la guerre... Bien des années plus tard, Gabriel et Tony se lancent sur la piste des souvenirs. La clé de l'énigme les attend au bout d'un long voyage. Qui a dénoncé les Juifs qui se réfugiaient chez le mystérieux marchand de perruques ?
De la déclaration d'amour : Combien d'amours ne sont-ils pas nés et morts, plongés dans les entrailles de la terre, étouffés dans l'oeuf du métropolitain ?, à la rupture : Notre amour déraille,... c'est fini. Je t'aimais trop !, en passant par l'échec : Je te déteste, parce que tu es la créature la plus belle et la plus fascinante que j'aie jamais rencontrée, parce que je suis fou amoureux de toi et que si, de temps en temps, tu levais les yeux de ce livre, peut-être que je t'aimerais. Les amours se font et se défont, au gré des mots et des stations de métro. À la suite d'un concours s'adressant aux jeunes Bruxellois de 14 à 24 ans, plus de 1500 lettres sont parvenues aux organisateurs en trois semaines. Présidé par l'écrivain Amélie Nothomb, le jury a primé les missives les plus belles. Aujourd'hui nous les retrouvons dans ce volume particulier de la collection Travelling. Un document brut, parcouru d'émotion, de tendresse et de violence : l'amour vu par une génération qui renoue avec les sentiments, parfois les plus amers.
Quand il la découvre, au camp des Kel Rea, le journaliste Pasquier remarque tout de suite que Mariemma n'a pas le type Targui. Il flaire une histoire à sensation : des articles à la une dans les grands journaux suisses. Du coup, il n'a plus qu'une idée en tête : démontrer que la jeune Targuia est en fait une Européenne, la fille d'un couple de savants suisses morts dans un accident de voiture sur la piste du Mont Ilamane, quatorze ans auparavant...