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Au tout début du XXème siècle, une vallée reculée des montagnes du Massachusetts, dans le village fictif de North Dormer. Charity Royall a dix-neuf ans et elle ne se fait aucune illusion. Elle s'est résignée à une vie étriquée, rythmée par les heures qu'elle passe à dépoussiérer et ordonner la minuscule bibliothèque municipale. Elle a beau être plus belle et plus intelligente que toutes les autres filles du village, elle se sait aussi différente, parce qu'on l'a « ramenée de la Montagne » quand elle était enfant, c'est-à-dire éloignée de la communauté de hors-la-loi misérables qui vivent là-haut. L'homme qui l'a adoptée, un avocat, bien que lui aussi très supérieur aux habitants de North Dormer, a un passé douteux lié à son alcoolisme. Le roman d'Edith Wharton (publié en 1917) raconte l'initiation sentimentale et sexuelle de Charity, depuis sa première rencontre, un après-midi torride de juin, avec un jeune architecte venu de la grande ville, Lucius Harney, jusqu'à la fin inévitable de leur liaison, au tout début de l'automne. En un été, Charity vit en accéléré toutes les étapes d'un amour d'emblée condamné, d'abord par la société, mais surtout par son propre caractère : lucide, rebelle, orgueilleux, courageux. Si Été a fait scandale à sa parution, c'est parce qu'il adopte le point de vue d'une jeune femme qui assume ses désirs et voit les hommes tels qu'ils sont. Il traite avec franchise de la sexualité féminine, comme une force vitale puissante. Pendant estival et féminin d'Ethan Frome (six ans plus tôt), Été est moins tragique (difficile de l'être autant !), la nature rayonnante y est au diapason des découvertes sensuelles de Charity, et sa résolution douce-amère est à son image : désenchantée mais puissante.
Découvrez Peter Pan et Wendy, le roman culte de James Matthew Barrie enfin traduit dans une version inédite qui révèle toute sa profondeur.
« Peter Pan a 115 ans et toutes ses dents (de lait) ». Mais qui a vraiment lu Peter Pan ? Son créateur, l'Écossais J. M. Barrie invente le personnage dans une pièce de théâtre : Peter Pan ; or The Boy Who Wouldn't Grow Up (Peter Pan ou le garçon qui ne voulait pas grandir) dont la première eut lieu à Londres le 27 décembre 1904. La version romanesque, Peter and Wendy, suit en 1911. C'est un roman méconnu. Le dessin animé de Disney n'en a retenu que les aspects légers et primesautiers, l'envol des enfants, la fantaisie de Peter Pan dans son habit vert, la méchanceté du Capitaine Crochet et le doux tintement de la fée Clochette. Mais le roman écrit en 1911 n'a rien à voir ou presque avec cette histoire inoffensive. C'est un roman caustique et profond qui parle de l'ambiguïté des mères, des familles dysfonctionnelles, du déclassement social et du refus de grandir pour habiter le monde des adultes. C'est aussi une romance étrange entre Wendy, l'aînée de la famille Darling, et Peter Pan. Si de prime abord, le récit n'a rien de féministe, dans cette nouvelle traduction, Wendy est mise à l'honneur, devient un personnage central et complexe. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que James M. Barrie avait intitulé sa version de 1911, Peter and Wendy. Cette brillante nouvelle traduction redonne vie à ce roman fantasque et mélancolique, parfois tragique. Elle en restitue toute l'étrangeté et l'inventivité, l'humour typiquement britannique, les jeux de langage, l'onomastique si particulière, les messages disjonctifs et contradictoires, le mille-feuille de ce qui est peut-être plus qu'un simple roman d'aventures pour la jeunesse. Elle remet ce couple d'enfants à l'honneur, et Wendy dans la lumière, pour donner à entendre d'une oreille plus adulte et contemporaine le roman des enfants que nous sommes : « innocents et cruels ».
"Ce que moi, Georges Perec, je suis venu questionner ici, c'est l'errance, la dispersion, la diaspora. Ellis Island est pour moi le lieu même de l'exil, c'est-à-dire le lieu de l'absence de lieu, le non-lieu, le nulle part. C'est en ce sens que ces images me concernent, me fascinent, m'impliquent, comme si la recherche de mon identité passait par l'appropriation de ce lieu dépotoir où des fonctionnaires harassés baptisaient des Américains à la pelle. Ce qui pour moi se trouve ici ce ne sont en rien des repères, des racines ou des traces, mais le contraire : quelque chose d'informe, à la limite du dicible, quelque chose que je peux nommer clôture, ou scission, ou coupure, et qui est pour moi très intimement et très confusément lié au fait même d'être juif." L'immense Sami Frey s'empare du récit percutant et poétique de Georges Perec, et donne à entendre avec force les mémoires de l'exil.
"Ce que moi, Georges Perec, je suis venu questionner ici, c'est l'errance, la dispersion, la diaspora. Ellis Island est pour moi le lieu même de l'exil, c'est-à-dire le lieu de l'absence de lieu, le non-lieu, le nulle part. C'est en ce sens que ces images me concernent, me fascinent, m'impliquent, comme si la recherche de mon identité passait par l'appropriation de ce lieu dépotoir où des fonctionnaires harassés baptisaient des Américains à la pelle. Ce qui pour moi se trouve ici ce ne sont en rien des repères, des racines ou des traces, mais le contraire : quelque chose d'informe, à la limite du dicible, quelque chose que je peux nommer clôture, ou scission, ou coupure, et qui est pour moi très intimement et très confusément lié au fait même d'être juif." L'immense Sami Frey s'empare du récit percutant et poétique de Georges Perec, et donne à entendre avec force les mémoires de l'exil.
Les montagnes du Massachusetts à la fin du XIXe siècle. Ethan Frome est un jeune homme pauvre qui aime les livres et rêve de voyages. Il a hérité d'une ferme et d'une scierie qui ne rapportent rien, épousé une vieille cousine hypocondriaque. Et, sans comprendre ce qui lui arrive, il tombe amoureux pour la première fois. En trois jours, sa vie va basculer. Même la mort ne voudra pas des héros de cette tragédie rurale, chef-d'oeuvre atypique d'Edith Wharton.
Les montagnes du Massachusetts à la fin du XIXe siècle. Ethan Frome est un jeune homme pauvre qui aime les livres et rêve de voyages. Il a hérité d'une ferme et d'une scierie qui ne rapportent rien, épousé une vieille cousine hypocondriaque. Et, sans comprendre ce qui lui arrive, il tombe amoureux pour la première fois. En trois jours, sa vie va basculer. Même la mort ne voudra pas des héros de cette tragédie rurale, chef-d'oeuvre atypique d'Edith Wharton.
Découvrez Tristes Pontiques, l'œuvre poignante d'Ovide traduit par Marie Darrieussecq, où l'exil et la mélancolie se mêlent à une poésie intemporelle. Une plongée unique dans l'âme d'un poète romain arraché à sa patrie.
En vue d'une réception qu'elle donne le soir même, Clarissa Dalloway sort acheter des fleurs. Commence alors une très longue journée de déambulation qui oscille entre le présent et le passé, l'intérieur et l'extérieur, le désespoir et l'amour de la vie, les heures frappées par le carillon de Big Ben. Sous le grand ciel bleu de ce jour de juin, Londres devient une houle qui, tour à tour, submerge, réconforte, transporte Peter, Hugh, Richard, Elizabeth, Sally pour les ramener tous autour de Clarissa, à sa soirée. Paru en 1925, Mrs Dalloway reste l'un des fleurons du roman moderne qui déconstruit les sensations, le temps et l'action, avec la grâce d'un poème en marche. Nouvelle traduction inédite de Nathalie Azoulai.
Je me suis dit que cet homme était une catastrophe que je serrerais contre moi jusqu'a` ce que la mort nous sépare.
Je me suis dit que cet homme était une catastrophe que je serrerais contre moi jusqu'a` ce que la mort nous sépare.
J'avais pris du bide. Maigri. - Relâchement abdominal, m'a dit le kiné que je suis allé voir au bout d'un an de mal au dos. J'ai fait des séances de rééducation. J'ai repris la gym. Quand je suis revenu en France, j'avais commencé à me récupérer. Mais je pensais toujours que j'étais vieux. Moche. Fini. J'ai squatté à Paris. Je suis retourné dans les bars et dans les boîtes. La nuit tout est plus simple. La nuit est libre. On ne sait jamais ce qui va se passer. Mais il arrive toujours quelque chose. Il suffit de tenir le coup.
J'avais pris du bide. Maigri. - Relâchement abdominal, m'a dit le kiné que je suis allé voir au bout d'un an de mal au dos. J'ai fait des séances de rééducation. J'ai repris la gym. Quand je suis revenu en France, j'avais commencé à me récupérer. Mais je pensais toujours que j'étais vieux. Moche. Fini. J'ai squatté à Paris. Je suis retourné dans les bars et dans les boîtes. La nuit tout est plus simple. La nuit est libre. On ne sait jamais ce qui va se passer. Mais il arrive toujours quelque chose. Il suffit de tenir le coup.
Dans Paris-la-politique, l'enfer est ici et la-politique n'est pas une soirée de gala : « Je voudrais m'en aller, me mettre à l'abri, me reposer du mouvement et du bruit, aller chez moi. Mais c'est ici que j'habite en plein carnaval. Et quand je me fais rudoyer ou insulter, je ne peux pas quitter l'endroit comme on fait un théâtre si on n'aime pas les insultes des acteurs. » Tout geste est renversement. Or le renversement n'a pas aboli la division. Le renversement n'a pas fait révolution mais carnaval et dévore ses propres enfants. Wittig habite au carnaval. Paris-la-politique sera donc saturnale, satire. Anne F. Garréta Paris-la-politique et autres histoires est un ensemble daté de 1985 et publié pour la première fois aux éditions P.O.L en mai 1999.
Dans Paris-la-politique, l'enfer est ici et la-politique n'est pas une soirée de gala : « Je voudrais m'en aller, me mettre à l'abri, me reposer du mouvement et du bruit, aller chez moi. Mais c'est ici que j'habite en plein carnaval. Et quand je me fais rudoyer ou insulter, je ne peux pas quitter l'endroit comme on fait un théâtre si on n'aime pas les insultes des acteurs. » Tout geste est renversement. Or le renversement n'a pas aboli la division. Le renversement n'a pas fait révolution mais carnaval et dévore ses propres enfants. Wittig habite au carnaval. Paris-la-politique sera donc saturnale, satire. Anne F. Garréta Paris-la-politique et autres histoires est un ensemble daté de 1985 et publié pour la première fois aux éditions P.O.L en mai 1999.
Qu'est-ce qu'un bébé ? Pourquoi si peu de bébés dans la littérature ? Que faire des discours qui les entourent ? Pourquoi dit-on "bébé" et pas "le bébé" ? Qu'est-ce qu'une mère ? Et pourquoi les femmes plutôt que les hommes ?
Je veux savoir. Savoir pour mieux sentir, sentir pour mieux savoir. Je veux être simple. Ceux qui savent sont simples. Paul Cézanne Cette nouvelle édition de Cézanne, un grand vivant, est précédée d'un texte inédit de Charles Juliet, Cézanne, un chercheur d'absolu.
Terrorisme, guerre civile, guerre, dictature, catastrophe, diplomatie, politique, économie politique, agriculture, manifestation, religion, people, vie sociale, vie locale, transport, accident, medias, justice, homicide, suicide, viol, pédophilie, drogue, vol, folie, économie, entreprise, bourse, science, technologie, annonce immobilière, annonce de décès, annonce de naissance, offre d'emploi, météo, sport, littérature, art, musique, théâtre, danse, cinéma, télévision.
C'est un livre sur les voix, des voix enregistrées qui continuent d'émettre au présent, sur l'expérience de la perte et sur certaines ondes qui nous touchent.
Les textes de Tarkos ne cessent tout ensemble de rappeler le mensonge et de le combattre, souvent avec beaucoup de drôlerie, de sens de l'absurde - on glisse d'un registre à l'autre, du comique au tragique, comme on glisse d'un son à l'autre, retenus par, et poussés dans, la viscosité de la pâte-mot. Mais l'humour est violent : le verbe n'est pas seulement corporel, il est "comme un coup de feu". Nathalie Quintane . Christophe Tarkos (1963-2004) fait paraître ses premiers poèmes au début des années 1990 dans des revues. En une décennie, il impose la présence d'une voix singulière, l'une des plus originales de la poésie française. Depuis sa mort en 2004, à l'âge de quarante ans, son influence n'a cessé de se développer. Cette anthologie inédite rassemble ses textes et ses poèmes majeurs comme Le Petit Bidon, Je gonfle, Manifeste chou... ainsi que des extraits de Caisses, Anachronisme ou L'Argent.
Les textes de Tarkos ne cessent tout ensemble de rappeler le mensonge et de le combattre, souvent avec beaucoup de drôlerie, de sens de l'absurde - on glisse d'un registre à l'autre, du comique au tragique, comme on glisse d'un son à l'autre, retenus par, et poussés dans, la viscosité de la pâte-mot. Mais l'humour est violent : le verbe n'est pas seulement corporel, il est "comme un coup de feu". Nathalie Quintane . Christophe Tarkos (1963-2004) fait paraître ses premiers poèmes au début des années 1990 dans des revues. En une décennie, il impose la présence d'une voix singulière, l'une des plus originales de la poésie française. Depuis sa mort en 2004, à l'âge de quarante ans, son influence n'a cessé de se développer. Cette anthologie inédite rassemble ses textes et ses poèmes majeurs comme Le Petit Bidon, Je gonfle, Manifeste chou... ainsi que des extraits de Caisses, Anachronisme ou L'Argent.
Quatre saisons. Quatre lettres adressées à l'amie lointaine. Jour de printemps. Il marche dans les vignes, les bois, alors qu'un poème se compose dans sa tête. Ce texte parle de l'avidité de vivre. De l'attente. L'attente de ce qu'aucun mot ne saurait nommer. Nuit d'un été torride. Naguère, un enfant s'était enfoncé dans la forêt à la recherche de trois hêtres immenses. Il ne les avait pas trouvés, mais il avait vécu quelques minutes inoubliables près d'une source. Autre parcours : celui de l'aventure intérieure, avec ses aléas, ses angoisses, ses découvertes, et instamment espérée, ardemment attendue, cette seconde naissance qui permet enfin de consentir à la vie. Journée d'automne et de balade sur les collines dans la douce et déclinante lumière de la saison préférée. Elle fait songer à un autre automne. Celui d'une existence. Celui qu'éclaire et enrichit la plénitude de la maturité. Après-midi d'hiver. La neige. Les oiseaux. Le profond silence. Une totale passivité. Le plus enfoui affleure et la main note. Des instants d'abandon, de lentes dérives. Une parole nue. Celle qui sécrète le murmure de l'intime.
La première édition de ce livre culte, premier livre de Leslie Kaplan en 1982, a d'abord été publié dans la collection Hachette/P.O.L et repris en 1987 par P.O.L. L'excès-l'usine montre de face l'usine, le travail à l'usine et le devenir de ceux qui y vivent, leur enfermement dans cet espace immense, dans ' la grande usine univers ', infini en morceaux. L'usine est vécue au féminin, ce qui rend son impersonnalité d'autant plus impersonnelle (le ' je ' cède la place au ' on ') et le ' cela ' vécu dans l'usine dépasse, excède tous les mots qui pourraient le décrire, ces mots sont en trop. Cette nouvelle édition est augmentée d'un entretien de Leslie Kaplan avec Marguerite Duras réalisé en janvier 1982 ; ainsi que d'un texte de Maurice Blanchot sur L'excès-l'usine paru dans le journal Libération en 1987. ' Je crois qu'on n'a jamais parlé de l'usine comme vous le faites. Elle est complètement autre chose, elle est comme à l'origine d'un autre temps. On la reconnaît. C'est très impressionnant. Comme une donnée commune. Même à tous ceux qui n'ont jamais abordé ça. ' (Marguerite Duras) ' Des mots simples, des phrases courtes, pas de discours, et au contraire la discontinuité d'une langue qui s'interrompt parce qu'elle touche à l'extrémité. C'est peut-être la poésie, c'est peut-être plus que la poésie. ' (Maurice Blanchot)
Ce livre regroupe une série de textes parus en revue ou en volume ou à l'époque inédits, dans lesquels Valère Novarina expose ses conceptions sur le théâtre, les acteurs, la littérature. Conceptions peu conformistes, on s'en doute, essentiellement axées sur la libération des forces vitales et créatrices de l'écrivain comme de l'acteur.
Les pauvres et les riches ont profondément changé : les premiers ont été transformés en une foule semi-clandestine ; les seconds, en roue libre, se sont mis à enfourner et recracher du fric comme un distributeur détraqué. Alors que tout autour est dans le Zola ou dans le Barbara Cartland, le milieu du tableau continue à avancer prudemment en plein ciel après avoir perdu le contact avec la planète. Et si les classes moyennes étaient le seul véritable ennemi de la démocratie ?...
Les pauvres et les riches ont profondément changé : les premiers ont été transformés en une foule semi-clandestine ; les seconds, en roue libre, se sont mis à enfourner et recracher du fric comme un distributeur détraqué. Alors que tout autour est dans le Zola ou dans le Barbara Cartland, le milieu du tableau continue à avancer prudemment en plein ciel après avoir perdu le contact avec la planète. Et si les classes moyennes étaient le seul véritable ennemi de la démocratie ?...
En tant qu'enseignante, j'étais satisfaite. En tant qu'écrivain, je rechignais pour la forme. En tant que rien de spécial, je pensais pan dans les dents.
Chercher une phrase est paru initialement en 1991 dans la collection « Détroits » chez Christian Bourgois (dirigée par Jean-Christophe Bailly, Michel Deutsch, Philippe Lacoue-Labarthe). Ce n'est pas le premier livre de Pierre Alferi, précédé par la publication de sa thèse de philosophie sur Guillaume d'Ockham (Guillaume d'Ockham le singulier, Minuit, 1989). Mais Chercher une phrase était devenu un livre important, initiateur à la fois d'une pensée, d'une écriture. Comme le fait Jean-Christophe Bailly dans sa préface, on peut comparer l'approche très serrée de la notion de singularité chez d'Ockham et l'enchaînement sériel des brefs chapitres formant Chercher une phrase. Sous la forme de thèses se succédant dans une sorte d'accélération continue, ce petit livre unique devient pour son auteur une entrée dans la littérature. « Chercher une phrase, écrit Jean-Christophe Bailly, peut être lu comme la description d'un texte à venir qui, avant de se décliner selon des conformités de genre, même perturbées (poème, roman), sera d'abord un buissonnement de phrases d'une étonnante diversité. » Si, comme l'affirme Pierre Alferi, « la seule tâche de la littérature est d'inventer de nouvelles formes syntaxiques, de nouveaux rythmes » et, en conséquence « d'étendre le langage », alors il devient inutile et néfaste de border cette extension toujours à venir. Autant dès lors inventer la règle en même temps que le jeu, et c'est ce à quoi s'emploiera Pierre Alferi dans toute son oeuvre.
Chercher une phrase est paru initialement en 1991 dans la collection « Détroits » chez Christian Bourgois (dirigée par Jean-Christophe Bailly, Michel Deutsch, Philippe Lacoue-Labarthe). Ce n'est pas le premier livre de Pierre Alferi, précédé par la publication de sa thèse de philosophie sur Guillaume d'Ockham (Guillaume d'Ockham le singulier, Minuit, 1989). Mais Chercher une phrase était devenu un livre important, initiateur à la fois d'une pensée, d'une écriture. Comme le fait Jean-Christophe Bailly dans sa préface, on peut comparer l'approche très serrée de la notion de singularité chez d'Ockham et l'enchaînement sériel des brefs chapitres formant Chercher une phrase. Sous la forme de thèses se succédant dans une sorte d'accélération continue, ce petit livre unique devient pour son auteur une entrée dans la littérature. « Chercher une phrase, écrit Jean-Christophe Bailly, peut être lu comme la description d'un texte à venir qui, avant de se décliner selon des conformités de genre, même perturbées (poème, roman), sera d'abord un buissonnement de phrases d'une étonnante diversité. » Si, comme l'affirme Pierre Alferi, « la seule tâche de la littérature est d'inventer de nouvelles formes syntaxiques, de nouveaux rythmes » et, en conséquence « d'étendre le langage », alors il devient inutile et néfaste de border cette extension toujours à venir. Autant dès lors inventer la règle en même temps que le jeu, et c'est ce à quoi s'emploiera Pierre Alferi dans toute son oeuvre.
Giacometti est l'exemple type de l'artiste aux prises avec les difficultés de la création. À la fois dessinateur, peintre et sculpteur, il a édifié l'essentiel de son oeuvre au cours des vingt dernières années de son existence. Bien que tragique, sa vision de l'homme n'a rien de désespérée. Ses portraits aux regards effarés et qui interrogent, ses sculptures filiformes expriment certes notre solitude, la douleur d'être, la précarité de notre condition, mais ils affirment aussi avec autorité que la vie est finalement plus forte que tout ce qui la ronge et cherche à l'abattre.
Il était une fois, non, elle était une fois une nouvelle traduction de vingt-et-un contes de Grimm (d'après le texte de la dernière édition parue du vivant des frères Grimm, en 1857), précédée d'Elle était une fois, un texte contemporain, interrogeant la place de la femme dans cette littérature et dans notre mémoire collective. Savez-vous Sorcières que vous êtes à la proue des manifs féministes ? Savez-vous Jeunes vierges écartelées que Barbe-Bleue tremble de peur à l'orée de son procès ? Savez-vous Grenouilles que vous êtes une espèce en voie de disparition ? Savez-vous Vastes forêts profondes que vous brûlez de la Bretagne à l'Australie ? Savez-vous Dragons que vous êtes devenus figurines en plastique made in China ? Savez-vous Princesses que vous pouvez devenir Princes et inversement ?