FeniXX réédition numérique (Autres Temps)
Jean-Claude Rey, l'incontournable conteur du Luberon, nous propose la suite de ses chroniques de Radio France Provence. Au travers de la « petite histoire » de personnages connus (« La MST qui fit la gloire de Daudet ») ou inconnus, il peaufine ainsi la mémoire profonde de la Provence. Bien sûr, « tout est vrai », comme il nous l'assure, puisque le regard et l'oreille sont deux instruments pour Jean-Claude Rey aussi importants que le stylo ! Mais cet « ethnologue du quotidien », en véritable conteur, y apporte sa touche personnelle de verve humoristique. Ses histoires, plus vraies que nature, font le délice de plus de 200 000 auditeurs sur Radio France Provence, depuis près de dix ans ! Mais aussi sur France Inter et sur les diverses chaînes de télévision où il apparaît. Avec le livre, ainsi, sa parole et son rire s'inscrivent dans la grande geste populaire.
Les autoroutes informatiques sont bien étranges ! Et malheur à qui s'y engage. Surtout en sens interdit ! Osée Caspio, écrivain à succès en quête de sa propre identité, part en croisade contre les images, les 3615 et Internet. Ce fou de mythologie se sert de son écriture comme arme et refuge à la fois. Et pendant ce temps-là, les meurtres succèdent aux meurtres, littérairement codés, comme si un lien de fiction les reliait les uns aux autres. Et puis, il y a ces trois femmes, Tisiphone, Alecto et Mégère, qui décrochent l'une après l'autre leur téléphone (sans se connaître ?), suite à une annonce parue dans un journal : « H. 40 ans (riche et séducteur) souh. renc. 3 F (aventureuses et consorts) ».
Des parents inquiets qui tournent en rond chez eux... Des enfants en promenade qui découvrent la ville avec toutes ses surprises... Le temps qui passe et accentue l'angoisse des uns, la joie et le bonheur des autres... Et, pour faire le lien familial, le téléphone qui, de cabine publique en cabine publique, permet des appels et des conversations régulières racontant le voyage au coeur de la cité...
L'île d'à côté. Rarement titre a su aussi bien dire, en quelques mots, exactement ce qu'il voulait dire, nommant tout à la fois la proximité et la distance, le voisinage et la rupture - discontinuité territoriale oblige - de cette île méditerranéenne qui, par sa géographie comme par son Histoire, est à elle seule un abrégé de continent. Démesure insulaire ? Peut-être. Sans nul doute l'expression naïvement maligne - ainsi sont nos montagnards corses - d'une réalité qui nous entoure et nous dépasse. Paul Silvani, qui conte si bien la Corse, ne s'en laisse point conter. Avec une fureur parfois iconoclaste, il remet les choses en perspective, dénonce les faux-semblants, fustige les excès de toutes sortes - à commencer par les excès verbaux. Là où la légende, fût-elle complaisamment valorisante, lui paraît controuvée, préjudiciable à la vérité, vous le trouverez debout, obstiné, méticuleux et sincère. Travail de Sisyphe ! Perpétuel recommencement qui exige une vigilance à toute épreuve pour tout ce qui touche à sa terre. Sentinelle dressée dans l'aube pleine des fragrances du maquis et des appels d'une nature - pour combien de temps encore - sauvage, Paul Silvani, qui ne récuse rien des métamorphoses de son temps, sait bien qu'en Corse aussi, le soleil se lève à l'Est. Jacques Lovichi
- Regarde ! Regarde ! Là-haut, vers le moulin ! s'exclame Manu en me montrant du doigt, par-dessus la caserne des pompiers, la colline qui domine Gardanne, avec un vieux moulin et ses ailes en bois. Bien sûr, je n'ai rien vu puisqu'il faisait presque nuit. - Une lumière vert fluo, il insiste, faut qu'on y aille voir ! Faut qu'on y aille voir ! D'après lui, c'était évidemment suspect cette lumière au-dessus de Gardanne, en pleine nuit.
Que se passe-t-il lorsqu'un conteur, invité dans une classe un peu turbulente, est obligé de laisser sa colombe aux bons soins de tous les élèves pour quelques jours ? Avec beaucoup de délicatesse et d'affection, Jean-Claude Rey nous invite à l'éveil de l'humanisme et de l'amour de l'autre chez nos enfants.
Reprise de chroniques historiques, parues dans Var Matin, où se mêlent petits et grands événements de l'histoire locale. « Copyright Electre »
Un journaliste doit écrire un livre sur un sujet d'actualité : les banlieues nord. Celui-ci fait alors appel à un nègre qu'il charge de rédiger l'ouvrage en y intégrant les ingrédients porteurs de l'actualité du moment. Un regard sans concession sur la société actuelle. « Copyright Electre »
Le conteur du Lubéron a rassemblé ici ses plus belles histoires de Noël. « Copyright Electre »
L'abbé Gaufridy : le héros malgré lui d'une histoire de sorcellerie, de possession et d'exorcisme qui fit grand bruit dans les années 1610-1611. Cette affaire est, depuis, devenue exemplaire. Jacques de Retz, jeune oratorien, est envoyé à la Sainte Baume pour assister la « guérison spirituelle » d'une demoiselle de la noblesse marseillaise, réputée habitée par les démons : Madeleine de Demandolx. Il est ainsi projeté dans l'irréversible engrenage qui doit broyer fatalement l'abbé Gaufridy. Dans ce roman, le lecteur est à la fois grand témoin et enquêteur au jour le jour. Regard externe, il remonte les fils ténus d'une histoire trouble, en une Provence chargée de ses émotions et de ses mystères. La reconstitution de l'atmosphère et des mentalités de l'époque, les personnages croqués dans le vrai du moment, s'échappent de la plume vive et subtile du romancier et historien Alain Gérard qui, en la circonstance, a su retrouver la richesse du style et du vocabulaire du XVIIe siècle.
Il y a onze ans - c'était un 7 novembre -, la Tunisie entamait, avec enthousiasme et volontarisme, son parcours dans la modernité. Choix difficile dans un environnement géographique et politique qui avait déjà d'autres stratégies. Arabo-musulmane, la République tunisienne ne pouvait que faire le choix fondamental de la culture pour réussir son pari économique et social avec une éducation fondée sur l'égalité des options individuelles philosophique et religieuse, et un statut de la femme parfaitement égalitaire. Ainsi, de par la structure même de sa société nouvelle, la Tunisie devenait le fer de lance de l'humanisme et des valeurs démocratiques aux portes d'une Afrique du Nord et d'un Moyen-Orient profondément agités par les intégrismes les plus divers, les totalitarismes les plus rétrogrades. C'est cette Tunisie qui s'apprête à entrer par la grande porte dans le troisième millénaire, que Salvatore Lombardo est allé visiter, interroger, rencontrer pour un ouvrage passionné, nécessaire à toute réflexion sur l'Euro-Méditerranée. Gérard Blua
La mesure est à hauteur d'homme et entend s'adapter à tous les registres de l'humain, spécialement à celui de l'émotion tue - principe fondateur de la poésie d'Yves Broussard. Daniel Leuwers
Le XXIe siècle sera-t-il le siècle du massacre des innocents ? Au fur et à mesure que sur le pavé des rues, le désordre des banlieues, le parvis des lycées, des jeunes meurent sans savoir pourquoi, la question, de fait, se pose. [...] Parce que l'assassinat de Nicolas (le 9 septembre 1996), transcendé par son père, a été la triste occasion de poser enfin le problème de la délinquance juvénile, le père et le fils, unis dans l'amour boiteux de la séparation, ne se sont plus quittés pour mener un combat social : dire à ceux qui tremblent en dormant, que la société, si elle continue comme cela, se perdra dans la barbarie de la rue. [...] Un jeune qui en tue un autre, le tue pour rien. C'est le meurtre qui se justifie par le meurtre. C'est le meurtre qui se regarde dans le meurtre et qui attire le meurtre. [...] Merci à Michel Bourgat, père Noël de la tristesse, qui essaie d'apporter dans ce monde de deuil les lumières de son histoire. Il a su tirer de la hotte du malheur des cadeaux d'espérance pour chacun d'entre nous. Lui à qui l'on a tout pris, ne cesse de nous donner. Extrait de la préface de Me Gilbert Collard
Ça s'est passé en Provence et ça ne pouvait évidemment échapper à Jean-Claude Rey, le Conteur du Luberon ! Ses rendez-vous radiophoniques sur les ondes de Radio France Provence lui permettent régulièrement de nouvelles rencontres riches de la mémoire populaire et malicieuse qui demeure sa raison d'être. Ce second tome comporte autant d'histoires savoureuses cueillies au hasard de ses pérégrinations que de connaissances apportées sur les origines souvent surprenantes des lieux et villages qui constituent le voyage de ce recueil. Voici donc à nouveau plus de 100 récits, chroniques ou histoires qui apportent aux lecteurs un savoir parfumé à l'ail et aux fines herbes. Sans oublier en prime, de grands éclats de rire !
« Il n'y a pas d'école pour les écrivains, ni de concours d'entrée. Ou plutôt il y en a un, la VIE. En principe tout le monde en a une... mais la plupart des êtres ne s'en aperçoivent pas. Ni de la leur ni de celle des autres. Ils n'ont pas le temps, ils ont autre chose à faire, ils passent leur existence à gagner leur vie. À moins qu'ils n'attendent, sans beaucoup d'espoir, de gagner leur vie pour pouvoir commencer à exister [...]. Mon ami Provane n'a jamais oublié de vivre. » Ainsi, Yvan Audouard commence-t-il sa préface. En connaisseur. Car il le sait bien lui, l'infatigable conteur de la Provence, combien il faut savoir écouter, rencontrer, comprendre, côtoyer l'autre, pour s'imprégner d'une authenticité que l'on veut retranscrire. Non point pour son plaisir personnel, mais, tout au contraire, pour participer de la survivance d'une culture. Dans son ouvrage, René Provane saute allègrement de « la légende des cloches de Pâques » à celle du « poisson d'avril », d'un « mirage arlésien » à un « loto miraculeux », en passant par « Moussu lou Conse » ou « la libellule de Bédoin ». Ainsi, si vous aimez la Provence dans toutes ses diversités, tout comme Yvan Audouard vous pourrez conclure : « J'ai voulu être le premier de tes lecteurs à te remercier publiquement de nous les faire partager. »
D'une date à l'autre - la défaite impériale de 1870 et le début de la seconde guerre mondiale comme jalons extrêmes - c'est la chronique d'une lignée familiale qui nous est ici contée. Ou plutôt, que l'auteur déroule et anime, sautant alertement de l'un à l'autre de ses nombreux personnages. C'est donc une galerie pittoresque et attachante d'hommes et de femmes que nous voyons naître et grandir, s'entêter ou évoluer, aimer et souffrir, et imprimer leur histoire individuelle sur une toile de fond claire ou contrastée où elle rencontre parfois, par touches brèves, l'Histoire tout court, rassurant repère. Cette formidable généalogie est incontestablement dominée par la figure hautaine et respectée du pater familias Gianu, dont les attitudes et la rectitude restent nimbées de mystère et d'un silence têtu tant sa nature est « à jamais rétive aux manifestations de joie et de sensibilité ». Mais lorsque la chronologie pourrait devenir austère - car c'est là l'une des difficultés majeures de toute saga ! - l'auteur a su inscrire les destinées particulières dans cette oscillation pendulaire de l'île vers son port d'attache marseillais ou d'autres rivages continentaux plus lointains, comme si ce mouvement d'exil, sorte de constante historique signalée par ailleurs, était consubstantiel au caractère insulaire même et le faisait flotter sans cesse « entre plaisir et remords ». Jacques Fusina
Entre mélancolie insulaire et verve rageuse, Guitares d’hiver de Geo Catoni réinvente le réalisme poétique français. Une ode à la liberté de ton et à la tendresse humaine, entre pessimisme et éclats de rire.
Ce livre sur les avocats n'est pas un livre d'avocat où seules fourmillent les anecdotes éculées et les historiettes fanées des Pas Perdus. C'est un beau, un bon livre parce qu'il raconte une histoire d'amour : celle de Pierre Temin - rappelé trop tôt au tribunal de Dieu - et d'un héros de légende, tantôt mendiant, tantôt démiurge, Émile Pollak. L'auteur se révèle un écrivain de qualité qui n'a peur ni de ses passions, ni de l'humour. Au moment où la vie n'en finit pas de finir, il a su de main de maître - bien sûr - ressusciter l'un des plus grands défenseurs du siècle, sans doute le dernier improvisateur du barreau français. Décrire Émile Pollak exige le talent de Daumier, de Brueghel et de Dubout. Pierre Temin, qui fut son collaborateur le plus intime, en trace ici un inoubliable portrait. Dompteur de mots, roi des Gitans, dictateur d'audience, Émile Pollak n'était pas un défenseur : il était la défense. Extrait de la Préface de Paul LOMBARD
Les grands espaces de Haute-Provence semblaient à l'abri de tout événement dramatique. Certes, il y eut bien l'Affaire D... Mais c'était juste après la guerre et depuis... le calme, les oiseaux, la quiétude. Jusqu'à ce que l'on retrouve cet étrange bonhomme, en jupe, pendu par les pieds au Pont Mirabeau. Ce qui a pour effet de faire sortir de la naphtaline l'inspecteur Marcel Dugenoux, quinquagénaire désabusé, quasiment en préretraite à Marseille. Il est natif de Manosque. Alors pourquoi pas ? Et lorsqu'il va soulever le voile qui recouvre l'apparente tranquillité du paysage, il ne sera pas le dernier étonné devant l'étrange défilé de personnages incroyables, travestis campagnards, vieille femme exorciste aux pouvoirs paranormaux, sans compter cette auberge où se nouent de sordides rencontres. Dans ce méli-mélo inattendu et pittoresque, le passé va exploser sous le regard mélancolique de Marcel Dugenoux. Et la mort amonceler ses traces.
Par-delà les incohérences culturelles et politiques d'une époque confuse et dramatique, la Tunisie contemporaine décline l'ouverture comme d'autres la négation du partage. Édifiant, au fil des années, depuis son salutaire changement de 1987, une nouvelle société arabo-musulmane en phase avec son aspiration à la modernité autant qu'avec sa soif de retour aux sources ; luttant avec succès contre les intégrismes religieux et politiques ; dénouant les fils pernicieux du conformisme occidental ; effaçant les effets pervers d'un siècle de colonialisme, la Tunisie s'ouvre au troisième millénaire et à l'Euro-Méditerranée, avec une société équilibrée, généreuse et créatrice. Exit l'extrême pauvreté, la violence et l'illettrisme, place à une culture de modernité dont les femmes sont le fer de lance ! Les témoignages recueillis dans ce livre, à l'instar de l'engagement de l'auteur, ramènent les campagnes anti-Tunisie d'il y a peu, à leur juste valeur.
Entre les « deux courtes heures avant midi » et le petit matin où « paraît Aurore aux doigts de rose » s'étend l'espace de l'accomplissement de la tragédie. Sous l'implacable regard du dernier des Assembleurs de Mots et de Nuées - qui ressemble étrangement au démiurge qu'est fatalement l'écrivain -, Torche et Halciel, dans le cocon d'un petit port méditerranéen - entre la rue Schliemann et le Grand Café Sophia -, déroulent les chapitres d'un affrontement qui échappe complètement à leur volonté. L'issue sera fatale. Hélène en fait le préalable à son amour pour Torche. Mais ni l'un ni l'autre ne savent pourquoi, comment ni où. Un feu brûle seulement en eux, qui les pousse à s'épier, se provoquer, s'attendre, dans des saveurs de sang et d'éternité. Mais toujours dans un luxe de sentiments dont le respect réciproque est le pivot. Mené tambour battant, comme une spirale déroulant la trame de l'énigme, ce roman luminescent nous entraîne sur les traces vivantes d'une Iliade toujours contemporaine. Nombre d'événements actuels pourraient en attester si besoin était. Gérard Blua.
Six heures du matin : une jeune femme est violemment interpellée à son domicile par la police, pour une affaire dont elle ignore tout. Marionnette manipulée, devenue une sorte d'otage qui devrait provoquer la chute d'un autre qu'elle a connu et qu'elle a aimé, elle entre dans l'enfer de la garde à vue, des questions en rafale, des intimidations, puis de l'emprisonnement. Cette longue chute, décrite avec une précision glauque et écoeurante, est descriptive d'un univers carcéral constamment aux limites de l'humain. Les policiers, les juges, les avocats, les matonnes, les prisonnières, tout ce petit monde d'acteurs d'une autre vie tourbillonne autour de l'innocence piégée. Jusqu'à la folie. Jusqu'à la mort. Jusqu'au dénouement final. Rêve réalisé ou réalité rêvée.
Les fax tombent les uns après les autres sur le bureau du capitaine Weiner, les coups de téléphone se succèdent comme les meurtres particulièrement horribles commis dans le 13e arrondissement de Paris : une chercheuse de laboratoire, un chirurgien, un journaliste, un juge, un homme politique. Dans l'imbroglio des mises en scènes médico-macabres qui commencent à interpeller l'instinct du fin limier, des photos jaunies apparaissent comme des témoins inattendus. Anne-Marie Mitchell nous égare, ici à chaque page, comme en tout bon roman à énigme, pour mieux nous faire goûter la sourde motivation du meurtrier qui émerge lentement.
Des instants fluides qui décrivent des situations fugitives avec l'acuité d'une observation des détails. « Copyright Electre »
Au cœur de la Corse, une femme incarne la résistance et la solitude d’une île à la mémoire recomposée. Refuge explore avec une écriture nocturne et poétique l’identité insulaire, la passion et la dignité face à l’histoire.
Un peintre un peu « has been » accepte pour se refaire une santé, de prendre en main la destinée d'une galerie qui vient de se monter en Floride. Le voyage, le dépaysement, l'appel d'un pays mythique. Oui mais, voilà, la galerie est sous la coupe de deux margoulins de haut vol : une arnaqueuse qui a déjà fait carrière en inondant les USA de fausses lithographies de Dali, et un avocat marron, qui n'en finit pas de régler des comptes avec son passé. Pris entre le marteau et l'enclume, notre héros se laisse embarquer dans une sorte de canular artistico-littéraire qui l'amène à peindre à la chaîne de faux tableaux, dont le succès le dépasse et dans lequel il s'empêtre. Dans ce dédale artistico-tragique, on meurt gaiement, de la façon la plus pittoresque qui soit. Mais notre peintre a de la couleur et on ne mélange pas facilement ni longtemps ses pinceaux !
Paul Caparos fait, de toute évidence, partie de ces héros de l'ombre qui, toute une vie durant, mettent le meilleur d'eux-mêmes au service de la société. Éléments essentiels des grands équilibres qui font notre civilisation, ils oeuvrent dans le silence nécessaire et la modestie qui les caractérise, loin des tapages médiatiques et des confessions livresques qui créent des légendes de Far-West là où des réalités plus sobres n'en sont pas moins poignantes et humaines. Ayant gravi tous les échelons jusqu'au grade de commandant, il fut le meilleur tireur de la police et lauréat du Vase de Sèvres. Il a formé des milliers de policiers dont, parmi les plus célèbres, le commissaire N'Guyen Van Loc et l'ensemble du GIPN, qu'il rejoindra d'ailleurs rapidement pour participer à toutes les affaires importantes qui furent confiées à ce groupe d'élite. Dans ces pages, Paul Caparos se raconte, comme une confidence au coin du feu, comme un héritage dont chaque lecteur serait le légataire. Pour nous faire frémir, il n'a besoin de rien d'autre que des faits irréfutables qui forment ses souvenirs. La vérité, quelquefois, est le plus beau des romans.
Jeff Marney, grand reporter devant l'Éternel, coule des jours heureux entre ses enquêtes et ses conquêtes. Mais la dernière en date, Nadège, l'entraîne dans une spirale où la mort et l'amour se confondent. Ballotté par les événements, ne pouvant croire à tout ce qui lui arrive, Jeff Marney est le jouet de forces inconnues. D'individus dont il ignore tout. Et qui, de toute évidence, savent tout de lui. Sa vie devient un enfer d'incertitudes et de mauvaises surprises. Va-t-il plonger où l'on veut l'entraîner ou bien son instinct de limier prendra-t-il le dessus ? Tirez sur le journaliste ! Ne vous gênez pas ! Jeff Marney, pour sa première enquête policière, ne recule devant rien. Pour le plus grand plaisir des lecteurs.
Loin des coupables simplifications, des gémissantes palinodies, « Tous les matins de Corse » tente un pari impossible : aborder par l'écriture la réalité profonde de l'île et tenir résolument le cap vers l'avenir. Contrairement à ce que semblent croire certains de nos compatriotes, on n'est pas plus ou moins Corse. On l'est - dans la diversité, la douleur et la contradiction - ou on ne l'est pas. À sa manière, chacun des écrivains participant à ce livre l'est incontestablement, Après le découragement descriptif et analytique de Corse : « Défense île » (1992) tourné vers un passé que nous ne renierons jamais, nous nous étions promis d'aborder un jour aux rivages de demain et - naïve béatitude - de proclamer nos espérances. Jour est venu. On remarquera, en lisant cet ouvrage, que la parole poétique y domine de toute sa charge émotionnelle les textes qui le constituent. OEuvres de création qui révèlent, pour chaque participant, une implication profondément personnelle et fondamentale en ses objectifs. C'est qu'il s'agissait de prendre en compte l'acquis et de le dépasser pour aller plus loin, plus profond, sur les chemins du XXIe siècle. Voilà pourquoi, à l'image insupportablement déprimante d'une Corse crépusculaire, promue plaque tournante de tous les trafics et livrée à la déchéance d'une quelconque « baléarisation » nous préférons celle d'une île qui s'éveille doucement dans la fraîcheur lumineuse du matin.
Voici donc le troisième tome des chroniques et récits contant la mémoire du Var. Un pari engagé voici deux ans avec le quotidien Var Matin et qui a donné, depuis, à des dizaines de milliers de lecteurs tout autant du journal que des ouvrages publiés, plus de 120 textes, sous la plume alerte des trois mousquetaires varois que sont désormais devenus Gabriel Jauffret, Tony Marmottans et Jean Rambaud. C'est qu'il est riche de diversité ce département ! Ne serait-ce que pour ce tome, nous passons allègrement des Templiers à Charles Quint, de Malherbe à Paul Signac, de la première anesthésie, pratiquée à Toulon, à Jules Verne, Colette ou Christiane Rochefort. Sans oublier, bien entendu, Maurin des Maures ou la conquête de l'espace ! Ainsi, au jour le jour, se complète la mosaïque d'un passé riche sur tous les plans, constituant une véritable culture. Chacun s'y reconnaîtra, en tout cas remontera le fil de ses racines. Varois des hautes terres ou bien des côtes méditerranéennes ; de toute façon amoureux d'un lieu qui mérite grandement d'être connu et visité. Et, probablement, que cette longue saga des « Ça s'est passé à Toulon et en Pays varois » y contribuera largement. Que les trois auteurs soient remerciés pour la qualité de leur travail qui se double - il suffit d'avoir lu quelques-unes de leurs pages - d'un grand amour de leur terroir. Jean Franguyas
Les textes que vous allez lire ne sont point des « produits littéraires » mitonnés dans les creusets de la décence. Car Jean-Daniel Christophe n'écrit pas : il époumone sa plume sur un papier recyclé qui pleure une nature rasée par des Barbares humains. À l'opposé des écrivains cotés à la bourse de l'inutile, il mord à pleines dents dans les sommeils terribles, il plonge ses regards dans l'impassibilité des bonnes consciences, il s'écorche lui-même pour montrer aux frileux que le sang existe. Pour lui, réfléchir et écrire, hurler et aimer sont de pieux synonymes, et tous lieux - les plus sordides, les plus quotidiens, les plus anodins -, sont des autels où faire naître les hommes de demain. Ses aveux et confidences sont une mise à nu des mondes qui l'habitent ; ses silhouettes dans la nuit sont ses propres reflets dans les miroirs de rue ; ses abysses du ciel ouvrent des paradis glauques où l'écrivain n'est qu'un « passeur d'ombres ». Dans les désarrois primitifs qui accompagnent sa marche, le seul compagnon de route de Jean-Daniel Christophe est un espoir que l'on s'acharne à désespérer. Gérard Blua
C'est Jean-Daniel Christophe qui a mis entre mes mains le manuscrit de Jean-Daniel Pourre. Le populaire et talentueux journaliste de France 3 - qui colore tous les aspects culturels de nos régions de commentaires si justes - n'ajouta aucun mot à son geste. Subitement, lui, le joyeux promeneur de la terre, était devenu grave. J'ai ouvert les pages sans savoir que j'ouvrais par la même occasion une fenêtre sur le monde... de l'intérieur d'une personne encore capable d'irradier des désirs et des colères, de nous gratifier de quelques coups de gueule, de nous étonner de mots d'amour, d'étaler avec impudeur son rêve et son sens profond de l'amitié. C'est évidemment chez Jean-Daniel Christophe que j'ai eu le privilège de rencontrer Jean-Daniel Pourre. Je crois me souvenir de lui avoir dit la fraîcheur de ses textes, l'émotion qui affleure constamment du mot, l'insolence installée, l'appel de liberté rebelle qui sous-tend les mondes cruels et désabusés qu'il décrit entre aveu et excuse. Cela était-il trop ? Jean-Daniel Pourre en profita pour se lever, s'excuser d'avoir apporté tant de dérangements aux uns et aux autres. Il replaça sur son visage le masque de Jean-Daniel Christophe qu'il ne quittait plus depuis des décennies. Pour rire à nouveau, à n'en pas douter.