FeniXX réédition numérique (B. Leprince)
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La mondialisation désigne deux phénomènes : l'emprise d'un système économique, le capitalisme, sur l'espace mondial et le processus par lequel le monde se fait société globale. Socialement parlant, c'est un fait : il existe bien un monde. Être pour ou contre n'a pas de sens. En revanche, réfléchir sur l'orientation que nous voulons donner à la mondialisation est indispensable. Nous ne sommes pas seulement des producteurs et des consommateurs, mais d'abord, et avant tout, des citoyens. Il faut préciser la nature même de la mondialisation, choisir entre deux voies possibles : celle de l'économie hégémonique, des marchés généralisés, de la concurrence et de la déréglementation et celle du développement humain, du bien commun et des normes de civilisation commune. Ensuite, il faut définir le rôle, les responsabilités et les moyens d'action du citoyen d'aujourd'hui. C'est l'enjeu décisif de cette fin de siècle. Cela suppose de s'interroger sur deux séries de problèmes : quel type de régulation doit-on mettre au centre de la mondialisation humaine et démocratique ? Qu'advient-il, dans ce contexte, du cadre national ?
La violence aujourd'hui nous cerne de toute part. Lorsque nous ne sommes pas directement confrontés à elle, nous entendons parler d'elle. Dans les villes, dans les écoles, dans les familles parfois, dans le monde entier... nous craignons de la rencontrer. Elle est sur tous nos écrans, elle est à chaque coin de rue. D'où vient la violence ? La violence est-elle innée en l'homme ou bien éclate-t-elle dans les relations que les hommes ont établies entre eux, qu'elles soient sociales, économiques, politiques, familiales, conjugales, sportives ? Comment de latente devient-elle explosive ? Est-elle seulement relayée par les moyens de l'information de masse, ou est-elle exaltée, aggravée par eux ? Est-il possible de répliquer à la violence autrement que par la violence ? Pour identifier, contrôler puis éliminer cette violence, ne faut-il pas agir sur les structures qui régissent les relations humaines : mais cela suffit-il ? Quelle place pour une véritable Éducation à la Paix ? On trouve certains éléments de réponses dans l'éthique, dans la politique, dans l'art, dans l'éducation. Toutes passent par l'impératif du respect de la personne, de ses libertés, de ses droits. Albert Jacquard
Pendant près de 45 ans, l'Europe et le monde ont vécu sous l'égide du partage de Yalta qualifié aussi d'« équilibre de la terreur ». La chute du mur de Berlin, suivie de la réunification de l'Allemagne et de l'effondrement de l'empire soviétique a ouvert en 1989 une autre époque en modifiant profondément les relations internationales. Dans le même temps, les incroyables progrès accomplis dans les technologies de l'information et de la communication ont créé une nouvelle donne dans les rapports humains. Qui parlait il y a dix ans de « mondialisation », d'« Internet » ou de « nouvelle économie » ? Notre pays n'a évidemment pas échappé aux conséquences de ces bouleversements qui ne sont pas pour rien dans l'évolution de la société française et dans les alternances politiques intervenues au cours de cette période. En reprenant l'essentiel des réflexions et des commentaires du « Bloc-Notes » qu'il tient depuis dix ans dans l'hebdomadaire du PS, Claude Estier retrace dans cet ouvrage les étapes parfois oubliées de ce cheminement accéléré.
La démocratie de représentation est en crise. Abstention croissante depuis 20 ans, votes extrêmes à gauche comme à droite en sont les signes les plus apparents. Mais au-delà, une véritable défiance persiste envers la « classe politique ». Et si tout cela tenait à un comportement, à des formes de rapport au pouvoir forgées par l'histoire de nos institutions qui ont fait du monde politique un monde à part, régi par d'autres règles que celles qui organisent la société. Tant que le monde politique sera aussi éloigné de la société qu'il est censé représenter, la crise persistera. Il faut rénover, moderniser la vie politique et tout cela commence par la fin du cumul des mandats, mère de toutes les réformes. Le reste viendra naturellement : renouvellement, rajeunissement, féminisation, statut de l'élu. C'est à cette réhabilitation du politique que veut contribuer ce livre afin de donner corps à la citation de Jacques Julliard : « Pour que la politique devienne quelque chose pour tous, il faut qu'elle cesse d'être tout pour quelques-uns. ».
À l'orée du XXIe siècle, la pensée purement abstraite ne peut être le moteur de la société car seuls les actes construiront l'avenir. Mais entre la pensée et l'acte, le lien est l'homme. Les dogmes économiques relèvent d'abstractions pures éloignant les sociétés de leurs racines. Ils interdisent l'exercice noble et démocratique de la politique, font exploser le tissu social des nations, sont antinomiques d'une construction cohérente. Aujourd'hui, imaginer l'avenir implique de replacer l'homme au centre des débats : la prospective intellectuelle, scientifique, industrielle, économique n'est fondée que si elle repose sur ce postulat. Soit les sociétés dites développées évolueront vers ce type d'équilibre, soit elles imploseront.