FeniXX réédition numérique (Éditinter)
Découvrez 184 fables de Pierre Béarn, un recueil malicieux et profond où chaque histoire, entre humour et sagesse, interroge notre rapport au monde moderne.
Entre réalité grinçante et échappées fantastiques, Aux bords de la vie de Claude Schnerb vous invite à croiser des personnages aussi décalés qu'inoubliables : un fils de fée et de crapaud, une lady gourmande de chocolat.
Michel Lucarelli retrace ici le chemin de douleur enduré par Georges Mounin grand linguiste ami des poètes ; mais il met aussi en lumière la voie royale ouverte aux auteurs par ce critique hors pair. Ces textes aigus qui se veulent témoignage et communion entraîneront le lecteur en terre d'exigence.
« La rêverie est le dimanche de la pensée » confiait Amiel à son journal intime. Et n'est-ce pas cette rêverie d'un funambule de l'instant en équilibre balancé sur son fil de vie qui peut susciter, au-delà des petits riens du quotidien, la survenance d'une certaine poésie vagabonde ? Nul n'échappe à cette errance de l'esprit, à ce fantasme du beau, à cette quête incessante de l'absolu et du toujours. La plupart gardent cette richesse en eux et pour eux. Le poète, lui, s'efforce de la transcrire et de la communiquer en toute simplicité. Le dire se veut ici informel ou rythmé, réaliste ou surréaliste, passionné ou sensuel, cartésien ou abscons, joyeux ou nostalgique. Mais il se veut aussi panaché d'humour tendre afin d'autoriser la survie souriante des zéros pointés que nous sommes ou serons tous.
L'auteur est un amoureux constant, fragile et sensible, qui tente de sauver l'âme des rêves, lorsque le corps sombre dans les profondeurs de la pénible réalité. Un hommage vibrant aux Christelle. « Copyright Electre »
À travers l'étendue de l'épopée, le poète suggère les vertiges de l'espace-temps, célèbre la gestation des mondes face au néant. Faut-il commencer ou finir par l'Harmonie ? L'OEuvre d'art ne permet-elle pas justement d'assumer cette alternative, puisqu'elle s'avère un creuset où se coulent toutes les sensibilités ? L'Homme saisi par l'Esprit, s'éveille enfin grâce au miracle de l'Amour qui justifie la Vie jusques après la mort.
Laurent Bayart, en chroniqueur des riens et du cosmos, du détail et de l'essentiel, nous propose une quête de son quotidien et par là même du nôtre. Recherche obsédante mais également nourricière, où la « feuille blanche vient, tel un chaton, réclamer une caresse ». Tantôt légère, sa plume saisit l'anecdote pour nous faire vivre des scènes familiales à la Pagnol. Sucettes en prose, à déguster en plein soleil. On apprécie son humour et sa manière d'écureuil de décortiquer les mots comme des noisettes. À travers sa gourmandise parfois gargantuesque du verbe et sa propension à l'énumération, on ressent Bayart non seulement butiner les fleurs de l'imaginaire ou faire du « goutte à goutte avec lui-même », mais aussi s'attarder au jardin des êtres. On musarde ainsi au gré de « l'apologie de la petite vitesse », mordant parfois à belles incisives dans quelque question existentialiste, aussitôt tournée en dérision. Claude Luezior
Dans « Le temps immobile » Françoise Urban-Menninger invite le lecteur à entrer dans la danse aérienne d'une poésie où les mots suspendent l'instant à la lisière de la vie et de la mort, créant ainsi un véritable état de grâce. Poèmes de l'aparté, du silence mais aussi de l'ironie douce-amère, cette poésie touche l'âme, l'éblouit avec des mots simples mais limpides qui transcendent les limites du poème.
Répondant à l'expression chère à Jean Cocteau « La poésie est ce qui étonne », les poèmes de ce recueil explorent l'univers de la pensée en s'exprimant, le bilan ou le choix fait, avec des mots ou des expressions empreints de mystère, d'émerveillement, de philosophie ou simplement de bonne sagesse. Mais les mots, comme les expressions, restent accessibles à tous, transparents en somme, et c'est l'art de les choisir et les assembler qui leur donne, comme au jeu d'un kaléidoscope, les mystérieuses envolées sans lesquelles il n'y a pas de poésie. Là cohabitent et s'interpénètrent les images et les rêves. De leur confluence naît l'harmonie, fragile, mais aboutissement d'un savoir habilement maîtrisé. Le poète peut alors se dire « Fileur de vers » !
Pendant que, dans notre dos, un train traverse la gare sans s'arrêter, un aviateur coiffé d'une casquette blanche, un gradé sans aucun doute, sort du buffet et ordonne à notre petite troupe de le suivre et de quitter le quai. Dehors, sur la place et à l'ombre des platanes, des camions bâchés nous attendent. Une pancarte, avec une grosse flèche rouge, posée contre un arbre nous fait savoir que l'École des apprentis mécaniciens de l'Armée de l'air commence ici, dans ces camions. Trop tard maintenant pour rebrousser chemin, j'appartiens à ce troupeau docile qui trottine, chargé de bagages, vers les véhicules. Les chauffeurs patientent dans les cabines ou fument, assis sur les marchepieds. Par signes, comme si nous étions sourds, ils nous montrent les plates-formes bâchées et les ridelles qu'il faut escalader. L'un d'eux me regarde dans les yeux et froidement crache à mes pieds. L'a-t-il fait exprès ? À quelques pas, le gradé en casquette blanche a suivi la scène sans piper mot. Donc, me dis-je, il ne l'a pas fait exprès. Cette fin de journée de septembre est encore très chaude et la chaleur emmagasinée sous les bâches m'étouffe et m'assomme. Dans la pénombre, le dos appuyé contre la cabine, quelqu'un parle tout seul. Il est arrivé par le premier train de l'après-midi et il se demande, d'une voix pâteuse et pour la centième fois certainement, s'il ne serait pas plus raisonnable de tout plaquer et de rentrer à la maison.
Une fois terminé ces deux longs poèmes, je me suis rendu compte que, inconsciemment, j'avais utilisé un déroulement du temps différent pour chacun. Pour le poème sur les voyages j'ai utilisé un temps rythmé, séquencé par les étapes, les rendez-vous, les haltes. C'est le temps du voyageur moderne, de l'homme d'affaires, de l'agenda. C'est le temps qui correspond au rythme de vie des Anglo-saxons et des Occidentaux en général où tout est organisé à l'avance. Le temps des saisons, au contraire est celui des Chinois, des Japonais, des Orientaux. Toutes les choses y ont valeurs égales, les rendez-vous peuvent attendre, ce que l'on commence peut ne jamais être terminé, la rêverie et la sociabilité y occupent une grande place. Edward T. Hall, l'anthropologue américain a qualifié les premiers de monochromes et les seconds de polychromes. Ceci explique, en partie, l'impression, le ton différent qui se dégage de chacun des deux poèmes. Enfin, sans l'avoir fait exprès, du reste je l'ignorais jusqu'à une date très récente, j'ai placé au chant I du poème sur les saisons ce que les trouvères appelaient « L'exorde saisonnier », une célébration du printemps, symbole de la renaissance de la vie, exorde qui, comme son nom l'indique, débutait très souvent leurs propres poèmes. Je suis très heureux de ce hasard.
L'or intérieur est la rencontre de deux sensibilités. Celle de Françoise Urban Menninger, poète et nouvelliste qui, en publiant son septième recueil de poèmes, signe certainement son ouvrage le plus abouti. Camille Claus, peintre et poète, propose une aquarelle et huit lavis pour « accompagner », comme il se plaît à le souligner, ces poèmes qu'il a aimés. Ces deux artistes sont alsaciens et résident à Strasbourg.
Que l'on plonge au fond de soi ou dans les profondeurs marines, l'essentiel n'est-il pas de savoir nager entre les lignes ? Voilà pourquoi l'encre et l'eau sont si intimement liées dans ces poèmes. « Copyright Electre »
À travers L’Itinéraire du petit enfant, Gérard Lecha nous offre une poésie fulgurante, où l’enfance devient refuge et déflagration de beauté face à l’angoisse.
« Ostéoporose » : voilà bien le genre de mot qu'on peut trouver joli, « poétique », tant qu'on ne sait pas ce qu'il veut dire. Ça pourrait être, pourquoi pas, le bruit des vagues dans un coquillage en bord de mer... La réalité sémantique est plus douloureuse. A priori, donc, pas de quoi en tirer un chant. Et c'est là qu'intervient la magie d'Odile Caradec : car elle connaît la signification clinique du mot, mais elle le détourne, le magnifie plutôt, pour lui donner toute la poésie qu'il y a aussi dans ses os, ses sons, ses syllabes. Tout au long de ses poèmes, Odile Caradec ne nie pas l'hiver, la vieillesse, la souffrance, la mort, mais elle leur fait, fidèle à son style inimitable, de délicieux pieds de nez : Ah ! les pieds des grands-mères il faut les mettre sous la cendre comme les pommes de terre du temps jadis les merveilleuses pommes de terre cuites à la cendre mangées sans beurre, noires et chaudes la peau si bonne et la pulpe tant délectable C'est un livre dont on ne sort pas guéri (on ne guérit de rien), mais il fait devenir rieur et fraternel. C'est merveilleux. Jean-Claude Martin
Trente-quatre poèmes qui chantent l'espoir, la liberté et la douceur du quotidien. La Vie en forme d'alouette invite à redécouvrir la poésie comme un refuge et une lumière dans le tumulte du monde.
Entre mouvement et immobilité, Marche en la demeure invite à une méditation poétique où chaque pas devient une quête intérieure.
Entre terre champenoise et eau stagnante, Marine de Ludmilla Podkosova révèle une voix féminine qui murmure son réveil au monde.
Dans ces nouvelles poignantes, trois voix littéraires explorent les recoins sombres de l’âme humaine, là où la solitude et l’abandon dessinent des destins brisés.
Ce livre est un jardin : une manière d'habiter le monde au rythme des saisons. Comme les jardins classiques, il dialogue avec les paysages voisins et se souvient des saisons passées. C'est aussi, comme les anciens jardins basques, un lieu cerclé de pierres où l'on murmure les paroles de rites peu catholiques. Pour y pénétrer il faut suivre une ancienne piste de berger qui gagne le sommet de la colline en traversant la forêt. On peut aussi tourner les pages. Il veille sur le pays mouvant de la mer d'où viennent (Pierre de Lancre, démonologue illustre nous l'assure), avec les averses, la vielle Aphrodite et quelques Vierges marines, des sorcières effrontées (leurs soeurs ?) qui vont danser leurs métamorphoses dans les fougères. Naïves comme des poètes, elles pensent que leurs mots ont prise sur le monde. Pour l'instant, elles ignorent que Dieu les a chassées du jardin, où l'auteur prend plaisir à les retrouver.
À travers une écriture poétique et introspective, Carnets de doutes explore la quête de sens et la rencontre avec l'Autre. Christian Congiu y mêle foi, pardon et fragilité humaine, invitant à une lecture à la fois intime et universelle.
Ce peu que nous sommes À travers les saisons fugaces Butant contre l'opacité du monde Roulés comme galets par les remous du siècle... Comment le poète saurait-il capter autre chose Qu'un écho tremblant, presque inaudible, petite musique dérisoire et obstinée ?
Entre Champagne et souvenirs d’enfance, L’Usage de la parole révèle comment l’écriture naît de la révolte et de la tendresse. Un recueil poétique où chaque mot devient un pont entre terre natale et liberté conquise.
La pluie danse sur le toit. Il n'y a plus personne, l'histoire est terminée : c'est ici que commence ce texte. La pluie danse, après la mort, seule, cynique, indifférente, nue. Ennuyeuse. Que faire ? Rien ; presque rien. Parler, sans espoir de rétablir un sens univoque. Essayer seulement de parler juste, comme on construirait un chant sans musique. D'où ce bref recueil, ce long poème en trois mouvements. Ce jeu d'échos ouvert, qui voudrait en dire autant sur la grâce que les pommes et les rouges-gorges. Lucidement.
Entre désirs ardents et mélancolie lumineuse, Résidents du soleil invite à une traversée poétique où l’amour, la nature et la quête de sens s’entrelacent.
Treize auteurs, une table, et des histoires aussi savoureuses qu’inattendues : 13 à table mêle humour, suspense et tendresse autour d’un repas. Un recueil de nouvelles à déguster sans modération, où chaque plat cache une surprise littéraire !
Découvrez Cantiques des couleurs, un recueil de poèmes où Emmanuel Berland mêle mystère, spiritualité et modernité. Chaque vers invite à une méditation sur la place de l’homme dans l’univers, entre lumière et ombre.
Marc arriva dans les premiers jours de mai à Saïda. Une petite ville algérienne accrochée à la montagne et traversée par une route qui conduit au désert. En ce temps-là habitée, en sus des autochtones, par beaucoup de militaires. Deux mois plus tard, il mourait. Sous mes yeux. Une espèce de folie héroïque l'avait poussé à faire le mariol devant la mort, comme un toréador devant le taureau. En quelques jours, j'en avais vu des hommes, et des meilleurs, tomber autour de moi, autant qu'un ancien de Verdun pendant la bataille. En y réfléchissant, j'avais beau me dire que c'était la guerre, il n'empêche. Un vrai massacre. On s'était battu pour me délivrer. Avais-je une quelconque valeur marchande ou politique, voire intellectuelle ? Rien du tout. On appliquait simplement la règle du jeu : j'avais été capturé, il fallait me libérer, question d'honneur. Si quelqu'un me l'avait demandé, j'aurais répondu que je ne valais guère plus qu'une crotte de chien. Et par-dessus le marché, moi, j'avais survécu à tous les mauvais coups ; mais pas le curé, mais pas Marc, et pas non plus le tirailleur et d'autres. J'avais bénéficié, au cours de ma capture, d'une succession de miracles, le mot n'est pas trop fort. Il fallait se rendre à l'évidence, la providence, le destin, ou, autant l'appeler par son nom, Dieu, m'avait accompagné et protégé. Pourquoi moi ?
Et si la vérité n’était qu’un jeu de miroirs ? Des mensonges gros comme le risque explore avec finesse les masques que nous portons tous, entre ego, création et quête d’identité.
Je ne joue plus aux petites voitures. J'ai perdu la dernière cet après-midi. Je ne dis plus de mensonges. Le poète rôde depuis quelque temps autour de la maison. Il me reste quelques signes inutilisés. Je pourrais construire plus tard certains poèmes. Le monde s'éloigne au fur et à mesure que je l'observe. Il devient une miniature entourée de gros cubes. Je ne dois pas faire de si grands gestes. De cette page tout risque de tomber.
Et si notre existence n’était qu’un souffle dans l’immensité du temps ? La Fragilité des choses interroge, avec élégance et profondeur, la brièveté de la vie et la place de l’homme dans l’univers.
Au fond du regard la besogne avance lentement. Mon père lâche ses outils, se redresse, s'appuie sur le coude et me scrute. - C'est sympa de faire ce chantier ensemble, me dit-il. La face orientée vers le soleil, il me sourit la main placée en visière au-dessus des sourcils ; je reste de glace. De fines croûtes strient sa bouche qui dans sa jeunesse aimantait celles des femmes. Souffrant d'une maladie de peau il l'égratigne sans cesse avec ses ongles, sans se les brosser, même quand il vient de réparer le carburateur de la voiture. Ses traits se tendent, la sueur ravine ses rides. - Tu fais la gueule ? m'interroge-t-il. Mes yeux abandonnent les siens pour mes chaussures, leurs coutures qui sautent, les lacets durcis par le ciment. À la commissure de mes lèvres point un sourire. - Tu dis rien ? insiste-t-il. Son visage respire la frustration ; au lieu de l'exprimer par des paroles il fait siffler ses naseaux. - Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Je hausse les épaules et shoote dans un silex. Sa vue et sa main qui coupait la lumière trop vive chutent sur les graviers. Des mots se fendillent à la lisière de sa bouche, je les devine plus que je les entends. Dans un soupir il remue la tête de droite et de gauche. Il est à terre je suis debout mon ombre tire un trait noir sur son corps.