FeniXX réédition numérique (Le temps qu'il fait)
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Une brume bleuâtre annonçait une journée brûlante. Les regards portaient loin. Ils observaient l'horizon courant comme un postiche au menton de l'univers. Les vagues brillaient. Elles atteignaient des hauteurs d'arbres et s'écroulaient comme des palais ébranlés. Les deux jeunes gens se recueillaient. L'humilité s'emparait d'eux, et, subitement surgi d'une profonde caverne intérieure, l'orgueil les faisait rire.
« Cinq pièces faciles » d'une critique « expressionniste » qui « ne concerne que la Parole », « l'au-delà de la littérature », et en néglige résolument l'en-deçà démotique de l'histoire et de la biographie. « Cinq pièces », presque entièrement composées d'expressions empruntées à Ponge (« la densité la plus forte en centons est la marque de la pensée la plus profonde »), parées de la sagesse et du prestige de ses quasi-proverbes. Pour un Francis Ponge parce que Ponge mérite d'être traité comme il a aimé Malherbe, avec une démesure dans l'admiration qui seule répond « à une si digne passion », aussi parce que l'auteur a lu Pour un Malherbe « avec des transports mécaniques de joie, d'admiration et d'étonnement » et que ce livre l'a révélé à lui-même.
Clémence Grenouille prit son élan, ramassa dans son coeur ce qu'il restait de force et, d'un bond, sauta par dessus le bois ravi.
Voici le récit d'une expérience singulière, celle d'un vagabondage perpétuel, qui n'est ni d'exil, ni de fuite, mais tout entier voué, semble-t-il, à ce pur plaisir, aussi difficile à définir que précieux à éprouver : celui de ne pas peser sur le monde. Plaisir fragile, plaisir discret de cette longue flânerie d'allure désinvolte, mais qui requiert aussi toute l'habileté du funambule. Car, pour accéder à cet état, sans doute faut-il se défaire, non pas une fois mais chaque jour, à chaque instant, à chaque regard, du poids de la peur, de toutes ces peurs insidieuses, insistantes, secrètes ou ostensibles qui alourdissent le corps et voilent la sensibilité... Ainsi les mille facettes de la mort dans la vie rôdent, piègent, ombrent la marche, ainsi tout ce qui enclot, immobilise, menace et détruit la vie est, encore et toujours, là. Nous ne sommes pas dans une idylle mais c'est dans l'attention singulière, précise et insouciante à la fois, à l'éviter que se préserve, discontinue, rythmique, l'expérience même dont ce récit déploie sa force - si faible à tant d'égards -, celle peut-être que nous envions aux oiseaux.
Le jour où Franklin mangea le soleil, personne ne s'aperçut de rien. De toutes façons, personne ne s'aperçoit jamais de rien.
Je suis dans un train en Espagne. Je vois monter une dizaine de jeunes Gitans. Ils s'adressent à tout le compartiment. « Vous allez nous donner un peu d'argent. Pour vous aider à mettre la main à la poche on vous propose deux choses : ou on sort les couteaux, ou on sort les guitares. » Tout le monde a crié : « Les guitares ! » Au-delà du folklore des terrains vagues et du pittoresque des bords d'écluses à quoi, dans notre très occidental désir d'appropriation, nos représentations du monde tsigane ont souvent mené, Alexandre Bouglione nous invite à reconnaître ici la part la plus nue et la plus authentique de la vie. (...) Ainsi, s'il nous montre d'emblée l'importance de l'or c'est pour dire celle du sang et poser les termes d'un monde dont l'archaïsme rend seul possible l'épopée. Préface de Dominique Pagnier.
C'est une sorcière qui vous parle. C'est une sorcière qui a écrit ce livre. Si vous ne souhaitez pas qu'une sorcière entre dans votre chambre, il est encore temps de fermer le livre...
« J'ai traité de brute un flic qui houspillait un peu fort un pauvre type. Évidemment, ça n'a pas été tout seul. Le soir, on m'a relâché, mais le lendemain matin, la voiture de police s'est ramenée, et en avant. Le commissaire de police avait été nommé ici depuis deux jours. Il a voulu faire du zèle. Alors, j'ai passé le jour et la nuit dans une espèce de cage. Je sais maintenant comment vivent, si j'ose dire, les flics. Je le dirai. Parfaitement infernal. »
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Voici un recueil de variations autour d'un thème : celui de la rencontre de la femme. Sur le ton de la confidence plus que de la fiction, l'auteur évoque l'aveuglement du désir affronté aux exigences du réel et aux surprises de la vie amoureuse. À la lumière de l'analyse, entre une rêverie qui se donne comme modèle (en hommage au cinéaste Ingmar Bergman) et le tendre souvenir d'une grand'mère rendue vivante par l'évidence de ses dons, quelques jeune femmes prennent corps, littéralement, après avoir été d'inaccessibles formes. Seule une inconnue, dont la folle détresse exclut toute possibilité de rencontre, fait douter de la réalité de ces figures emblématiques.
« Les planches de l'Encyclopédie n'ont nullement la transparence qu'on leur a abusivement prêtée, et la réalité qu'elles représentent n'est pas aussi simple, aussi unie qu'elle le paraît. Elles ne reflètent en aucune façon la société réelle du XVIIIe siècle. Elles nous ont en revanche transmis fidèlement l'image qu'une petite partie de cette société se faisait d'elle-même et voulait donner comme modèle aux autres. A ce titre, elles ont une fonction tout à fait comparable à celle de l'image publicitaire dans le monde contemporain. » Jacques Proust montre ici que la double utopie d'un monde entièrement connaissable et d'une société idéalement vouée au luxe, ne parvient pas à masquer l'« arrière-planche » qui trahit une réalité à laquelle le parti-pris esthétisant fait imparfaitement écran : « la misère et l'exploitation, la fatigue, la douleur, la violence, la peur... » notamment. C'est donc bien une méthode de lecture critique que l'auteur nous propose, tout à fait nouvelle et excitante pour le spécialiste comme pour le profane.
Textes de Guy Benoit, Madeleine Chapsal, Andrée Chedid, E. M. Cioran, Pierre Drachline, Jean Dubuffet, Jean-Louis Giovannoni, Constantin Jelenski, Dominique Labarrière, Patrice Repusseau, Dora Vallier, Yvonne Vineuil, Serge Wellens. Traduction par Paul Valet d'un poème de Joseph Brodski. Textes inédits de Paul Valet. Iconographie, bibliographie.
Une suite de six poèmes où le corps est la matière textuelle à partir de quoi monte le chant du malheur. L'incarnation n'est cependant pas sujet (ou objet) d'un regret. Non. Ce que l'on déplore ici, c'est la mésaventure du corps (maladie, suicide, guerre, accident...). Une tradition aussi ancienne que la poésie française elle-même - depuis le XIIe siècle. Une danse des corps mourants. Dévotion.