FeniXX réédition numérique (Néo)
Et si la mort n’était qu’un passage ? L’éternité en somme raconte le voyage vertigineux d’Éric, qui renaît après sa mort et traverse des mondes à la frontière du fantastique et du mystique.
Dans une chambre située au bord du monde, l'espace est découpé en mètres cubes qui constituent chacun un labyrinthe déconcertant. Le voyage se déroule au cours de ces volumes étranges que forment les mètres cubes. La dernière femme de l'antiquité gréco-romaine peut tendre les bras vers la fraîche et première femme du Moyen Âge, et les hommes peuvent devenir des monceaux de réalité, sans que la succession des siècles les projette au-delà des parois déroutantes de cette chambre folle. L'auteur, dans une langue éclatée, fait corps avec ces êtres de chair. La certitude qu'il a de se répandre dans la chambre inouïe est un fourmillement d'absurdités parfaitement claires. Ainsi, son rêve débridé jette une viande épaisse sur la peau du monde, et tout peut se produire sur une terre sans cesse redistribuée. C'est et ce n'est pas de la science-fiction, c'est et ce n'est pas de la poésie : c'est un étrange roman.
Au fond, le journalisme m'a servi et desservi. Il m'a empêché de poursuivre une vie d'écrivain que j'avais ébauchée mais il m'a aidé à me faire une représentation personnelle de l'univers. Certes, cette vision était déjà à l'intérieur de moi, on peut la discerner dans « La Mésaventure Espagnole ». Je crois que tout ce que je suis devenu, ce que j'ai pu écrire, est en germe dans ce livre. Là sont mes racines de journaliste et d'écrivain, là est mon bicéphalisme, là s'annonce ma vie, si torturée et si : merveilleusement préservée. C'est pour cela que j'ai accepté de voir renaître ce texte si loin de moi et qui est déjà moi. Toujours le tragique et le ridicule. Le désespoir dans la vie et pourtant l'espoir dans cette vie.
« L'être, c'est Cejtlin, le néant, c'est la province. Néant, La Rochelle. Néant, ce cul-de-sac, ce port de la désespérance. L'être, c'est lui qui tourne en rond..., c'est ce fantôme errant sur les digues, dans les rues mornes, guettant les hebdomadaires du samedi qui n'arrivent là-bas que le lundi... Oui, l'être Cejtlin a parfaitement décrit ce qu'il appelle : son processus de démolition. Mieux, c'est là un documentaire hallucinant sur la mort morale de la vie régionale. Comme éditeur, j'ai failli le publier deux trois fois, me ravisant toujours au bord de réaliser son rêve... Et puis, quand son jeu d'épreuves m'arriva, je compris soudain mon erreur d'avoir hésité... Car l'évidence est éclatante : il y a en Cejtlin un écrivain rien qu'un écrivain, comme l'écrivait Marcel Arland de Valery Larbaud. À l'heure actuelle, rien n'est plus difficile à trouver. Oui, Cejtlin, perle rare, prise dans la gangue de sa province, comme dans la coquille d'une huître pêchée, cela va sans dire, à La Rochelle... ». Jean Edern Hallier
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
« Voilà un récit totalement surréaliste... C'est assez dire que ce qu'il nous raconte est d'une effroyable exactitude. Son absurdité est à la démesure du réel, voire du quotidien... Car le Roi Bissextile existe... Non seulement au sommet de l'État, mais à tous les niveaux de l'État... Il est ce personnage omniprésent par la bouche duquel le pouvoir se joue à lui-même la farce du pouvoir... Bouffon parce qu'empereur, empereur parce que bouffon... Et autour de lui s'entrecroisent des majordomes chefs et des bouffons chefs qui pourraient s'appeler Soisson, Stirn ou Lecanuet, tandis que le syndicat des insurgés demande la permission d'installer ses Chevènement ou ses Marchais sur les strapontins d'honneur... Oui, le Roi Bissextile est partout... Livre terrible, en définitive, que ce Roi Bissextile... Un mélange explosif de Tocqueville et de Pierre Dac, de Montesquieu adapté par Ubu et de Rousseau revu par Ferdinand Lop... Jean Paul Rosart a, décidément, fait oeuvre utile en poursuivant jusqu'aux dernières limites de la dérision, et quitte à démystifier d'avance sa propre démystification, son voyage au bout de notre nuit... » Jean François Kahn
« L'hôpital est le lieu clos par excellence, isolé du reste du Monde, entouré de « murs plus impénétrables que jamais », gardé par des vigiles et des infirmières en bleu, assiégé par des hordes de loups gris ; mouroir moite aux odeurs de sanie hanté par les valets de la mort et par des infirmières en chaleur, où le sexe triste réservé au corps médical et les comprimés d'Hypnocalmine pour les malades sont les derniers remparts contre les morsures des Dragons de la Peur... Autres lieux d'enfermement : un rendez-vous de chasse perdu dans les marais fétides et sauvages de la planète Kwân, un quartier de la ville séparé du reste de la cité par l'apparition d'une lézarde, une planète « Jordan IV », l'Île du docteur Morlo, la citadelle inexpugnable de Xooo défendue par le capitaine Morgenland... Autant de symboles de l'univers clôturé de l'enfance, dont la quête alimente l'impossible regressus ad uterum du héros walthérien. » Denis Guiot (Préface).
De petites graines rouges, luisantes... qui bientôt s'animent et mettent en branle la plus grande opération d'anéantissement jamais entreprise jusqu'alors. Des régions entières sont plongées dans un inexplicable phénomène de paralysie, d'autant plus atroce qu'il s'étend sans cesse, à des zones de plus en plus vastes. Inexorablement. Et par des moyens inconnus. Finalement, c'est toute l'humanité qui risque de sombrer, annihilée, et sans même pouvoir imaginer quel est cet être monstrueux et omniprésent qui ira jusqu'à faire sortir la Terre de son orbite naturelle : le Grand Kirn.
« Les espaces enchevêtrés » développe un thème assez classique : celui des univers parallèles, mais avec une puissance d'imagination que Gérard Klein saluait déjà à propos d'un des premiers romans de Bruss : L'un des rares remarquables romans sur le thème des mutants qui parviennent à égaler le « Rien qu'un surhomme » d'Olaf Stapledon et à dépasser, à mon avis, par la richesse de l'invention le « A la poursuite des Slans » de A.-E. Van Vogt. Mais ici, à cette invention délirante, Bruss ajoute deux éléments qui ne se rencontrent guère réunis que chez G.-K. Chesterton : l'humour et la métaphysique. Ce passionnant roman d'aventures propose en effet une réflexion sur l'Univers aussi farfelue que lucide et féroce dans un hilarant tourbillon d'images, de couleurs, d'odeurs, de sonorités, qui accompagne les plongées successives du héros dans ces espaces enchevêtrés et situés tous, bien sûr, au même endroit, « d'une manière encore plus précise que l'appartenance à un même oignon de ses peaux successives »... Roman populaire inclassable, ce livre de B.R. Bruss inaugure peut-être une branche à créer de la science-fiction : la « métaphysique-fiction ». B.R. Bruss, après deux grands livres aujourd'hui réédités par le Livre de Poche (« L'apparition des surhommes » et « Et la planète sauta »), fut l'auteur inépuisable d'une soixantaine de livres parus dans la célèbre collection de science-fiction du Fleuve Noir, « Anticipation » (S.O.S. Soucoupes, La guerre des robots, L'astéroïde noir, Terre siècle 24, La guerre des soucoupes, Le livre des Phtas...) et d'une dizaine de romans d'épouvante parus chez le même éditeur dans la collection « Angoisse ». Mais il est aussi, sous le nom de Roger Blondel, l'auteur de livres superbes et insolites, tels Le Boeuf, Bradefer et l'éternel, La grande parlerie, Le mouton enragé, Les graffiti, Les fontaines pétrifiantes..., parus chez Gallimard, Laffont et surtout Lattès. Aussi Bruss/Blondel est-il considéré à la fois comme un classique de la science-fiction française et comme un des grands écrivains les plus originaux d'aujourd'hui. Et, dans cette oeuvre double, « Les espaces enchevêtrés » apparaît comme un livre unique où les deux auteurs « parallèles » se rejoignent vraiment pour la première fois.
Le fantastique a renoncé depuis longtemps à être un exercice de style. Le fantastique fait partie de la vie et ne cesse, au mépris de la tradition, de susciter des monstres et des merveilles en tous lieux. Il a quitté les châteaux d'ombre, les abbayes sanglantes, pour étendre son aile ténébreuse sur tous les dominions de la conscience. Il grignote les territoires du jour et glisse ses doigts de velours et de gel, de cendre et de feu, d'acide et de venin dans toutes les encoignures de l'existence ; Vous n'êtes en sécurité nulle part, vos cauchemars ont droit de cité dans les grandes villes, sur les rivages des mers lointaines, et la mort vous tient par la main en toute saison, à toute heure du jour et de la nuit. Dans ces douze histoires, le fantastique n'est jamais de bonne compagnie, même s'il est un compagnon omniprésent, omniscient, tout-puissant.
Au cœur du mystère spirituel et artistique, La Transverbération de Thérèse d'Avila revisite l'extase mystique de la sainte à travers un oratorio salué par le Vatican.
1947, Paris. Antonin Artaud s’éteint, laissant derrière lui une œuvre fulgurante et une légende noire.
Et si le romantisme n’était pas mort, mais plus vivant que jamais ? La Bataille romantique explore cette résurgence inattendue, de Sarah Bernhardt à Mick Jagger, en passant par les utopies sociales et la quête de liberté absolue.
Un talisman maudit, une malédiction ancestrale et un Paris où passé et présent s’entremêlent : Le Pantacle de l’ange déchu plonge le lecteur dans une quête occulte où chaque découverte réveille des forces obscures.