Institut français d´études anatoliennes
Cette étude se propose d'analyser - principalement sur la base de sources turques de l'époque - les modalités d'un processus d'aménagement caractérisé par une contradiction permanente entre projet urbain et dynamiques urbaines de facto, durant la période 1919-1950. Pour chaque moment successivement distingué (quatre en tout : 1919-1923, puis 1923-1928, 1928-1938 et enfin 1938-1950) on s'efforce de prendre en compte à la fois le contexte, les acteurs et les expressions concrètes du processus. Au lendemain de la Première Guerre, Ankara est un modeste chef-lieu au coeur de l'Anatolie occidentale, qui ne compte pas plus de 20 000 habitants. Entre 1923, date de la promotion officielle en tant que capitale, et 1928, aucune « politique d'aménagement » cohérente, n'est impulsée. Si le pouvoir municipal est consolidé, le faible degré de coordination entre les parties prenantes (ministères/municipalités/acteurs privés) empêche toute réalisation effective. Les cadres du nouvel État ne trouvent pas à se loger décemment. Face à ce malaise, les autorités se résolvent à organiser en 1927 un « concours international », afin de doter Ankara d'un « plan d'aménagement » général et prospectif. En parallèle est créée en 1928 une « Direction à la Construction de la ville d'Ankara », instance dépendante du ministère de l'Intérieur. La décennie 1930 s'individualise comme celle où, relativement, le volontarisme est le plus net. Mais les moyens engagés restent insuffisants. Dès lors, l'aménagement d'Ankara est peu à peu abandonné aux intérêts privés et catégoriels. En 1950, sur une population officielle de près de 300 000 habitants, la moitié au moins est mal-logée. L'État préfère investir dans des opérations de prestige, alors que la municipalité n'a pas les moyens de faire face en matière d'adduction égalitaire d'eau. Au total, le cas d'Ankara illustre de façon frappante le divorce entre l'urbanisme de projet et l'urbanisation réelle, entre la ville rêvée/planifiée et la ville effectivement produite.
Mimar, ehirci, Bizans ve Osmanl tarihçisi, jeopolitik uzman, çok ynlü aratrmac ve düünür Stefanos Yerasimos 29 Ocak 1942'de stanbul'da dodu. lkokulu Zapyon Rum Kz Lisesi'nde, ortaokulu Zorafyon Rum Erkek Lisesi'nde okuduktan sonra, Güzel Sanatlar Akademisi'nde mimarlk renimini tamamlad ve 1966'da Paris Universitesi Institut d'Urbanisme'de ehircilik okudu. 1972-2005 aras Paris VIII Üniversitesi'nde, ehircilik ve jeopolitik blümünde asistan, doçent ve ardndan profesr olarak retim üyelii yapt. 1994-1999 arasnda stanbul'daki Fransz Anadolu Aratrmalar Enstitüsü'nün müdürlüü grevini üstlendi, 2001-2002 ve 2003-2004 yar yllarnda Sabanc Üniversitesi'nde retim üyelii grevinde bulundu. Otuz alt kitaba, doksandan fazla makaleye, seksene yakn kolektif çalmaya imza atm olan Stefanos Yerasimos 19 Temmuz 2005'de 62 yanda Paris'te aramzdan ayrld. Stefanos Yerasimos'u farkl yapan birçok ey vard. Bunlarn banda üphesiz ufkunun genilii ve bunun bilimsel üretimine olan yansmas gelmekteydi. Mimarliktan tarihe, seyahatnamelerden kent tarihine, halk efsanelerinden yemek ve mutfak tarihine, milliyetçilikten harp tarihine kadar uzanan bu denli geni bir yelpazede gezinebilen baka bir tarihçi hayal etmek hemen hemen imkânsiz. Daha dorusu, bu genilik ve çeitlilikteki bir alanda faaliyet gsterip de ister istemez yüzeysellik tuzana dümeyen birini düünmek mümkün deil. Bu anlamda Stefanos Yerasimos'u farkl klan dier çok nemli bir zellik, yntem ve analiz konusunda gsterdii tavizsiz tutumdu. El att her konuda meselenin züne kadar inmekte, düzgün bir analitik çerçeve kurmakta, kaynaklarn ise adeta posasn çkarmakta gsterdii kararllk ve bu yolda harcad zaman ve enerji, kendisini tanyanlarn hep hayret ve gptayla kariladklar bir durumdu. Bu katmerli ilginin ve birikimin karsnda, Stefanos Yerasimos'u bir alam, bir dnemi veya bir corafyay tarif etmeyi iddia eden bir ibarenin içine hapsetmenin ne kadar abes olaca aikârd. Üretim ile geçmi olan bu hayata geri dnüp bakldnda bütün bu olgularn toplanabilecei ve indirgenebilecei asgari müterein bilgi olduunun farkna vardmzda, olabilecek en gerçekçi tarifn eski allâme kelimesinde gizli olduunu düündük. Franszca savant (bilgin) ve Türkçeye tercümesi imkânsz érudit (derin bilgi sahibi) terimlerinin bir tür karm niteliindeki allâme kelimesini Osmanllarn en çok kullandklar ve bu durumda bize daha da manidar gelen bileik ekliyle almay tercih ettik: allâme-i devran, ya da allâme-i cihan. Öyle bir allâme-i cihan ki, miras, yazdklarnn da tesinde, beraber çalt, dost olduu, destek ve ilham verdii kiilerin sadece hatrasnda deil, her yeni çalmasnda hâlâ yayor. Burada toplanm olan yazlar, bu kiilerin zlem dolu sevgi ve saygsnn içten bir ifadesidir.
Camondolar 19. yüzyl boyunca finans, kültür ve sanat alanlarnda birçok baarya imza atm bir aile. Yabanc fin an s kaynaklaryla Osmanl Saray arasnda bir kprü oluturan bu aile ayn zamanda Galata, Pera, Karaky ve Tophane semtlerinin yeniden imarna ncülük etmi ve ehrin bugünkü çehresine kavumasna da katkda bulunmutur. Yahudi cemaati için yaptklar modern eitim çabalaryla adlarndan sz ettiren Camondolar, bir dnem stanbul'da zenginliin ve modernliin simgesi olmulard. 1869'da Paris'e gç eden aile, ksa zamanda burada da tibar kazanm ve zellikle sanat hamisi olarak ünlenmitîr. Paris'in en nemli kültür merkezlerinden olan Champs-Elysees Tiyatrosu ve 18. yüzyl sanatnn seçkin rneklerinin sergilendii Nissim-de-Camondo Müzesi, ailenin Paris sanat dünyasna kazandrdklar arasndadr. Isaac de Camondo'nun Louvre Müzesi'ne hibe ettii ve Degas, Monet, Manet gibi empresyonist ressamlarn bayaptlarndan oluan elli tabloluk koleksiyon da müzeye yaplan en büyük kiisel hibe olarak tarihe geçmitir. Bu baarlara ramen, Camondo ailesinin hikâyesi bir esrar perdesiyle rtülüdür. Ne olmutur da bu itibarl aile unutulup gitmi, müterek hafzadan silinmitir? Nora eni ve Sophe Le Tarnec akc bir anlatmla kaleme aldklar bu kitapta belgelere dayanarak Camondo esrann çzüyorlar.
Istanbul, fin XIXe siècle : et si l’apartman, ce nouveau type d’habitat collectif, marquait bien plus qu’une rupture architecturale ?
Dans ce travail de longue haleine mené entre Paris et Istanbul, fait d'archives et de souvenirs, Michèle Jolé, sociologue de l'urbain trace le portrait de ces étudiants turcs venus poursuivre leur formation en France tout autant qu'elle nous permet de suivre le développement du champ de l'urbanisme en Turquie dans ces années fondatrices que sont les débuts de la République.
Constantinople comme vous ne l’avez jamais vue : à travers les yeux des plus grands spécialistes, Bizans révèle la vie quotidienne, les monuments et les secrets d’une cité impériale, entre splendeur byzantine et héritage ottoman.
Longtemps Église purement locale pour les autorités turques, le Patriarcat grec orthodoxe de Constantinople a su devenir dans la deuxième moitié du XXe siècle, une institution internationale de poids dans le monde orthodoxe. Les débats sur son caractère « oecuménique » continuent de faire planer un flou sur son statut réel. Après avoir été menacé d'exil lors de la création de la République turque en 1923, le Patriarcat a réellement été isolé tout au long des années 1930 et 1940, ne s'occupant que des affaires religieuses de la minorité grecque de Turquie, vestige des temps ottomans, épargnée de l'échange obligatoire entre la Grèce et la Turquie en 1923. Les années 1950 ont coïncidé avec les tensions dans les relations entre la Grèce et la Turquie, dues principalement à l'affaire chypriote, qui ont naturellement affecté le Patriarcat. En même temps, il s'agit là des années de résurrection, du retour de cette institution sur la scène nationale turque. Paradoxalement, la réduction spectaculaire du nombre des Grecs de Turquie à partir de la deuxième moitié des années 1960, a permis au Patriarcat de se défaire de son rôle local pour se consacrer davantage au monde grec orthodoxe dans son ensemble. Cette internationalisation des activités s'est accélérée à partir des années 1990, sous le patriarcat Vartholoméos, dans une période d'ouverture des pays de l'ancien bloc soviétique au fait religieux.
Le champ politique ottoman présente de nombreuses discontinuités (les révolutions de 1908 et des années 1920). Par contre, l'étude des réformes nous amène à conclure à une évidente continuité à travers « le long XIXe », y compris au début du XX siècle. L'étude de cas de l'armée ottomane et des réformes militaires des Tanzîmât au XIXe siècle jusqu'à la Révolution kémaliste, au début des années 1920, montre différentes étapes d'un processus de changement. De ce point de vue, cette approche nous permet de reconsidérer les périodisations reçues et offre de nouvelles perspectives heuristiques. C'est pourquoi cette étude intéressera non seulement les historiens, mais en particulier les historiens militaires et les sociologues, les politologues couvrant le champ de la Turquie, de l'Empire ottoman et de la Méditerranée au sens large.
À l'heure où la Turquie frappe aux portes de l'Union Européenne, elle développe en parallèle une stratégie d'influence dans les républiques turcophones de l'ex-URSS, où sa présence économique et culturelle se renforce depuis le début des années 90. Cette présence turque en Asie centrale est largement l'oeuvre d'une puissante organisation religieuse, dirigée par l'énigmatique Fethullah Gülen, longtemps prêcheur officiel au service de l'État turc et actuellement en exil volontaire aux États-Unis. Charismatique et visionnaire, Gülen a choisi l'éducation comme vecteur de son expansion. Aujourd'hui, son mouvement est présent dans toutes les républiques d'Asie centrale : Ouzbékistan, Kazakhstan, Kirghizistan, Turkménistan et Tadjikistan où ses disciples animent un vaste réseau d'écoles privées. À long terme, ces « jésuites de l'islam turc » projettent de former les nouvelles élites centre-asiatiques qui réislamiseront les populations locales, longtemps soumises à la propagande athée soviétique. Cette entreprise a su se concilier l'appui tacite des gouvernement locaux et des puissances extérieures - Turquie et États-Unis notamment - qui craignent l'implantation d'éléments islamistes plus radicaux, d'obédience saoudienne. L'ouvrage a été traduit en turc sous le titre Orta Asya'da Islâm misyonerleri. Fethullah Gülen okullari aux éditions Iletisim.
The articles forming the present volume aim to contribute to the rich and evolving historiography on the multiplicity of the actors and the institutions of Ottoman legal system. As the title of the volume suggests, "forms" and "institutions" of justice are a common thread in the contributions. Each article concentrates on a specific historical moment and context in order to chart the articulation of different forms of Ottoman justice. This volume has emerged as an outcome of a workshop organized at the French Institute of Anatolian Studies (IFEA) on January 6-7, 2012, in Istanbul. At the outset we grappled with the following question: What were the multiple actors and normative sources that enabled the historians to talk about `justice' across different cultural and historical geographies under the rule of the Ottoman dynasty? Our concern was in part to question the unitary conception of an `Ottoman Justice' and the legal and procedural dominance accorded the kadi in Ottoman historiography.
Joycetu as connu plusieurs mondes, dans le temps et dans l'espace et j'ai entrevu, au cours de l'été 1956, entre la nationalisation du canal et l'intervention Anglo française, l'Égypte cosmopolite encore dans laquelle tu es née. Les minorités chrétiennes étaient encore là, à Alexandrie et au Caire.On lisait en ce temps-là, quand on était étranger, Lawrence Durrell et Constantin Cavafi.Des juifs avaient quitté le pays après 1949, vers l'Europe surtout. D'autres, qui se sentait chez eux, étaient restés. J'en ai rencontré en 1965, tandis que je fréquentais les gens du HADETO créé par Henri Curiel.
Au carrefour des mondes turc, iranien et russe qui l'ont façonné à travers les siècles, le Caucase resurgit sur la scène internationale et focalise les attentions à bien des égards depuis que la dernière puissance impériale qui l'a dominé, l'Union soviétique, s'est effacée. L'objectif du présent ouvrage collectif est d'explorer les facteurs d'analyse des renouveaux religieux, chrétien et musulman mais aussi juif, yezidi, molokane ou bahai dans l'ensemble de la Transcaucasie et du Nord Caucase. Ces renouveaux religieux sont analysés dans leurs principales composantes et leurs sources locales à la lumière des influences extérieures et nombreuses interactions multiformes qui lient les deux phénomènes. Il s'agit aussi d'observer comment le politique, héritier souvent laïque d'un ancien régime athéiste, se positionne en matière religieuse pour comprendre les nouvelles politiques identitaires nationales.
« Mon père, après la naissance de mon frère unique, partit pour Constantinople où il était appelé, et devint horloger du Sérail », lit-on dans les Confessions de J.-J. Rousseau. Artisan spécialisé dans le « rhabillage » des horloges, Isaac Rousseau séjourna à Istanbul de 1705 à 1711, à une époque où la civilisation ottomane s'apprêtait à se laisser aller à L'ivresse de l'époque des tulipes. Il y rejoignit d'autres Genevois qui se consacraient au commerce et à la réparation des « montres turques », objets dont la délicate mécanique ne servait pas seulement à mesurer le temps mais symbolisait aussi, aux yeux des philosophes, les rouages de la société humaine. De retour à Genève, Isaac fut-il l'un de ces voyageurs qui, revenus au bercail, envoûtent leurs proches du récit de leurs souvenirs ? L'oeuvre de Jean-Jacques est traversée de motifs qui semblent devoir beaucoup aux quelques années passées par notre rhabilleur sur les rives du Bosphore, au service d'un Sérail dont les secrets peuplaient l'imagination de l'Europe des Lumières. Quelle fut l'influence du fantasme oriental dans la vie et l'oeuvre du Citoyen de Genève ? C'est la question à laquelle veut répondre cet ouvrage. L'enquête porte d'abord sur Isaac et la congrégation genevoise d'Istanbul, mais prend également en compte les tribulations d'une branche « persane » de la famille Rousseau. Chemin faisant, elle se penche sur l'oeuvre de J.-É. Liotard, peintre genevois qui, ayant travaillé dans la capitale ottomane, contribua au succès des « turqueries ». Dans une deuxième partie, des spécialistes de J.-J. Rousseau sondent son oeuvre à la recherche de réminiscences paternelles, tandis que d'autres contributions cernent les cheminements de l'orientalisme littéraire en vogue au siècle des Lumières.