Julliard
Vingt-cinq ans après , son premier roman, Philippe Besson explore les années qui ont précédé l'acte fondateur d'écrire. Bien plus qu'une introspection, est une autobiographie collective, où le récit d'une vocation littéraire se mêle à l'évocation de toute une époque.
Après le succès du (prix Décembre 2024), le nouveau roman d'Abdellah Taïa. Un texte superbe et d'une grande force politique, l'accomplissement d'une oeuvre.
Demi-Lune, Lassdeg, Tac-Tac et les autres : le grand retour de David Lopez, dans la lignée directe de , prix du Livre Inter 2018.
Plongez dans Une pension en Italie, le nouveau roman solaire de Philippe Besson, où un été caniculaire en Toscane des années 60 révèle un secret familial enfoui.
Franck Courtès raconte à travers un double fictionnel une jeunesse du mauvais côté de la vie et de l'amour. Un des années 1980, un Antoine Doinel à mobylette, par l'auteur d'.
La romancière Anne Plantagenet a suivi en octobre 2025 le procès de Cédric Jubillar. Pour observer, écouter, comprendre. De ces quelques semaines en immersion, elle construit un grand livre dont la justesse et l'éthique impressionnent autant qu'elles bouleversent.
Dans les Alpes-de-Haute-Provence, au pays de Jean Giono et d'Elzéard Bouffier, l'homme qui plantait des arbres, des industriels rasent des forêts pour installer des panneaux photovoltaïques à grande échelle. La transition écologique, disent-ils. Laurine Roux enquête au coeur de la montagne et raconte la lutte des opposants à ces projets. En chemin, elle croise le fantôme de sa grand-mère, pionnière du solaire dans les années 1970. Un récit à la fois intime et combatif, où se mêlent mémoire, présent et avenir. " Quatre questions, pas plus, mais redoutables : le projet est-il dépouillé de tout égoïsme ? L'idée qui le dirige est-elle d'une générosité sans exemple ? Ne cherche-t-il de récompense nulle part ? Rend-il le monde meilleur ? À n'en pas douter, bon nombre d'entreprises auraient à revoir leur copie. Qu'en serait-il des géants du photovoltaïque qui arrachent les arbres où le patriarche imaginaire les plantait ? "
Un été. Deux drames. Une vie entière pour affronter la vérité.
En chacun de nous une fêlure passe, elle menace l'ensemble, l'organise, elle est notre chance et notre péril le plus haut. C'est sur cette conviction que j'ai conçu ce livre, comme une enquête vivante, littéraire, incarnée, sur les petites et les grandes tragédies de notre sort partagé, et qui sont sans doute le lieu à partir duquel nous pensons et aimons avec la plus grande intensité. C'est aussi le lieu où nous risquons de casser, de nous détruire, de perdre, d'abîmer les autres, de nous gâcher mais où nous sommes capables de déplacer notre identité et de réinventer notre existence. Il y a des effondrements visibles et spectaculaires, et des craquelures minuscules en surface, dont on ne prend conscience qu'après, une fois qu'on est brisé. Ce livre n'est pas un traité, ni un récit, encore moins une confession. Il faudrait plutôt le voir comme une traversée, une série de variations sur un même thème, à partir d'une célèbre nouvelle de Fitzgerald et à travers les oeuvres des écrivaines Ingeborg Bachmann, Colette ou Marguerite Duras, de la poétesse Anna Akhmatova, du navigateur Bernard Moitessier ou du chanteur J. J. Cale, et bien d'autres. La chanson de nos vies où se rejoue sans cesse une idée fixe : quelque chose de nous est cassé ; tant mieux.
Après (prix Essai France Télévisions), Beata Umubyeyi Mairesse revient avec un récit passionnant et engagé sur le scandale de l'accès aux trithérapies, et sur son propre engagement fondateur avec Act Up.
Le premier roman phénomène de l'astrobiologiste Nathalie A. Cabrol. Un thriller entre réalité et fiction. Spectaculaire, haletant et cosmique ! France, 1519. Léonard de Vinci s'éteint en laissant derrière lui des carnets dissimulés, emplis de visions et d'avertissements qui ont hanté ses dernières années. Cinq siècles plus tard, leur réapparition déclenche une course effrénée à travers le monde, alors que trois objets extraterrestres s'écrasent au Chili dans l'Altiplano. Recouverts de symboles étranges, ils renvoient au dernier secret de la Renaissance et annoncent une menace impossible à ignorer. Mais ceux qui s'en approchent le paient souvent de leur vie. Du Népal aux États-Unis, de Paris aux caches oubliées du Clos Lucé, jusqu'aux Andes, chercheurs, enquêteurs et forces cosmiques rivales s'affrontent dans une quête vertigineuse. Au coeur de cette poursuite se cache une révélation qui traverse l'espace et le temps, sur la nature de l'univers et le destin de l'humanité. Dimensions est un thriller haletant. Un formidable roman quantique, tissé de mystères et d'intrigues, où nul n'est ce qu'il paraît être. Une course contre la montre, à travers les siècles, les continents et les dimensions, où se joue l'avenir de la Terre.
Plongez dans Une forêt de bruit, le recueil poignant de Mosab Abu Toha, où chaque vers raconte la résistance et l’espoir de Gaza sous les bombes. Un témoignage littéraire essentiel, entre exil et mémoire, pour comprendre la guerre par la poésie.
Plongez dans L'immontrable, le récit poignant de Pauline Delabroy-Allard, où une photographie interdite devient le symbole d’un deuil indicible. Un livre bouleversant sur la perte, l’amour et l’écriture face à l’absence. Comment dire l’impossible ?
Découvrez Première amoure d'Emmanuelle Richard, un récit audacieux et poétique sur le désir féminin et l'amour égalitaire à l'ère post-MeToo. Une quête intime et féministe pour réinventer les relations amoureuses, entre autofiction et manifeste.
Enfant mélancolique, Théodore a passé une partie de l'adolescence à se perdre dans le cannabis avant de trouver dans le rap un exutoire, et dans son ambition, une force motrice. Quand son coeur semble littéralement le lâcher, et tandis que sa carrière est en pleine ascension, un deuil ancien se rappelle à lui. Celui de cet oncle Benoît, sorte d'alter ego sombre qui tourmente Théodore depuis plus longtemps qu'il ne le croit. Des bancs de la fac au train qui le conduisait au pensionnat jusqu'au trajet solitaire de l'écolier en mal de repères, on remonte avec lui le fil des apprentissages. Ses fantasmes de réussite dans une industrie qui se révèle cruelle, ses amours déçus puis retrouvés, ses conversations avec sa grand-mère Mamo et ce secret qui les relie... Tout à la fois roman initiatique, éducation sentimentale et manuel de survie à l'usage des jeunes poètes, Big bang, mon amour est un texte habité par une voix d'une grande sensibilité, où l'écriture et le recours à la fiction apparaissent comme un remède au spleen contemporain.
À la fin du XIXe siècle, Bilal Seck achève un pèlerinage à La Mecque et s'apprête à rentrer à Saint-Louis du Sénégal. Une épidémie de choléra décime alors la région, mais Bilal en réchappe, sous le regard incrédule d'un médecin français qui cherche à percer les secrets de son immunité. En pure perte. Déjà, Bilal est ailleurs, porté par une autre histoire, celle qu'il ne cesse de psalmodier, un mythe immense, demeuré intact en lui, transmis par la grande chaîne de la parole qui le relie à ses ancêtres. Une odyssée qui fut celle du peuple égyptien, alors sous le joug des Ptolémées, conduite par Ounifer, grand prêtre d'Osiris qui caressait le rêve de rendre leur liberté aux siens, les menant vers l'ouest à travers les déserts, jusqu'à une terre promise, un bel horizon, là où s'adosse le ciel...Ce chemin, Bilal l'emprunte à son tour, vers son pays natal, en passant par Djenné, la cité rouge, où vint buter un temps le voyage d'Ounifer et de son peuple.De l'Égypte ancienne au Sénégal, David Diop signe un roman magistral sur un homme parti à la reconquête de ses origines et des sources immémoriales de sa parole.
Entre les ruines fumantes de Gaza et les pages jaunies des livres, un vieil homme attend. Il attend quoi ? Peut-être que quelqu'un s'arrête enfin pour écouter. Car les livres qu'il tient entre ses mains ne sont pas que des objets - ils sont les fragments d'une vie, les éclats d'une mémoire, les cicatrices d'un peuple.Quand un jeune photographe français pointe son objectif vers ce vieillard entouré de livres, il ignore qu'il s'apprête à traverser le miroir. " N'y a-t-il pas derrière tout regard une histoire ? Celle d'une vie. Celle de tout un peuple, parfois ", murmure le libraire. Commence alors l'odyssée palestinienne d'un homme qui a choisi les mots comme refuge, résistance et patrie.De l'exode à la prison, des engagements à la désillusion politique, du théâtre aux amours, des enfants qu'on voit grandir et vivre, aux drames qui vous arrachent ceux que vous aimez, sa voix nous guide à travers les labyrinthes de l'Histoire et de l'intime. Dans un monde où les bombes tentent d'avoir le dernier mot, il nous rappelle que les livres sont notre plus grande chance de survie - non pour fuir le réel, mais pour l'habiter pleinement. Comme si, au milieu du chaos, un homme qui lit était la plus radicale des révolutions.
Plongez dans L'enfant du doute, un roman poignant où Cécile Desprairies explore les secrets familiaux et la Françafrique des Trente Glorieuses.
Suisse, 1984. Margaux, neuf ans, se jette dans les eaux glacées du lac Léman. Pétrifié, Alexis, son camarade de classe, assiste à son sauvetage. Entre les deux enfants naît alors une complicité vibrante. Mais bientôt, Margaux disparaît mystérieusement. Quarante ans plus tard, tous deux se retrouvent par hasard. Lui, ancien consultant, a tout quitté, rongé par la culpabilité du scandale lié au Duroxil, un opioïde qui a ravagé l'Amérique. Elle, après une enfance dramatique, est devenue écrivain, célibataire et heureuse de l'être, mais ses romans sont peuplés de fantômes. Entre eux, l'amour est intact, aussi brûlant qu'au premier jour. Mais aimer à cinquante ans, est-ce encore possible, quand un père se meurt, quand les enfants grandissent loin, quand le monde lui-même semble s'effondrer ?De l'enfance à l'âge mûr, de la Suisse de la fin du siècle dernier à la France des années 2020, en passant par les États-Unis où s'annonce déjà le retour de Donald Trump, Aimer dessine une fresque éblouissante sur ces instants où tout peut encore basculer. Un souffle de vie inouï traverse ce roman lumineux, sur la grâce des secondes chances.
C'est l'histoire d'une collision entre un vieux break Volvo et une petite décapotable italienne au milieu des champs de tournesols. Un carambolage entre deux vies : celle de Greg, qui distrait ses inquiétudes de fils d'agriculteur endetté, ses complexes d'infirme et sa morosité boudeuse à coups de vinyles et de virées poker, et celle de Dolores, qui bataille dans sa villa dorée avec ses interrogations existentielles et ses problèmes de coeur. C'est que sa relation avec Marc-André, champion de handball hâbleur et volage, est orageuse. Mais sa mère, Rose, l'a prévenue : ce n'est pas une raison pour se fourvoyer avec un type précaire comme Greg, aussi séduisant soit-il. Surtout quand celui-ci vient de perdre son père dans des circonstances tragiques et tente tant bien que mal de s'occuper de sa mère, Meg, qui sombre dans la tristesse et l'alcool. Alors que le monde autour vacille, Greg et Dolores se cherchent, se repoussent et se retrouvent, indéfectiblement liés par les accidents de la vie et les cahots du désir.
Et si la recherche de la vie dans l'univers était un miroir puissant, offrant à l'humanité une clé pour traverser la crise environnementale actuelle et trouver enfin sa place au sein de la biosphère ? Dans ce nouveau livre, l'astrobiologiste Nathalie A. Cabrol tourne son regard vers la Terre, et explore les destins entrelacés de l'habitabilité planétaire, de l'environnement et de la vie. En examinant les rouages de cette coévolution, elle met en lumière les réactions en chaîne que les bouleversements actuels risquent de déclencher, à des échelles surpassant largement notre capacité à y répondre une fois le système emballé. Inséparables est une réflexion à la fois audacieuse et magistrale, un appel à la responsabilité collective. Mais c'est aussi un message d'espoir, offrant des clés pour un futur où l'humanité ne se considérera plus au centre de la biosphère et apprendra enfin à vivre en harmonie avec elle.
Plongez dans La Dernière nuit, un thriller social haletant où vengeance et justice s'affrontent dans un huis clos implacable. Odile d'Oultremont signe un roman percutant sur les dérives du patriarcat et l'antispécisme.
" De nouveau, je vous emmène en voyages. Mais cette fois, pas besoin de prendre l'avion ou le bateau. Je vous invite tout près, au plus près. Au coeur de votre coeur, au fil de votre sang et de vos larmes. Dans les mystérieuses citernes de votre cerveau. Bienvenue dans les secrets les mieux gardés, nos parcs naturels intimes où oeuvrent, sans relâche, d'innombrables micro-organismes. Sans oublier ces tout petits et palpitants espaces, ceux que nous qualifions, les yeux baissés et du fard aux joues, de "zones humides'. Embarquons ensemble pour vingt mille lieues sur, sous et dans la peau. Pour retrouver aussi musiques et légendes : elles aussi coulent en nous, elles aussi nous irriguent. Vous vous demanderez peut-être quelle folie m'a pris de tant raconter. En m'aventurant dans des domaines qui n'étaient pas les miens. L'âge venu, je voulais remercier la vie. Et comment remercier vraiment sans connaître ? " E.O.
" Je vous demande de vous mettre à notre place. Un instant. Rien qu'un instant. Votre enfant vient vous raconter l'humiliation, la persécution, le bannissement. C'est votre fils, votre fille, il a douze ans, elle en a huit ou quatorze. C'est la chair de votre chair, ce que vous avez de plus précieux au monde. C'est l'être que vous devez protéger, défendre, soutenir, aider à grandir. Et il vient vous avouer cela. Vous y êtes ? Vous la devinez, votre stupéfaction ? votre culpabilité ? votre douleur ? votre colère ? Ça vous envahit, pas vrai ? ça vous submerge, ça vous dépasse, ça vous anéantit. Et ça, ce n'est que le début. Que les toutes premières minutes. "
Plongez dans les coulisses brutales et poétiques des cuisines parisiennes, des étoiles Michelin aux brasseries. L'Exercice des mâchoires révèle la vie intense, les sacrifices et la magie des hommes et femmes qui nourrissent nos villes.
Dans un monde où tout se monnaye, comment préserver sa dignité, sa liberté ? Quel lien la prostitution entretient-elle avec d'autres formes de corruption, de compromission ? Est-elle l'origine même de la condition féminine ? Cloé Korman signe ici un roman féministe d'une écriture somptueuse où chaque mot résonne comme un acte de résistance.
Au tout début du XVIIIe siècle, le voyageur et orientaliste français Antoine Galland découvre le texte anonyme d'un conte arabe, " Sindbad le marin " puis plusieurs manuscrits de contes attribués, eux, à une inconnue nommée Schéhérazade. Il les traduit, les revisite, les réinvente et les publie sous le titre Les Mille et Une Nuits. À sa grande surprise, le succès est immense et le public ne cesse de lui en réclamer de nouveaux. D'autres contes existent mais leur manuscrit, semble-t-il, s'est perdu. Ouverture d'une fresque où s'entrechoquent les intrigues de Versailles, la passion de l'Orient et celle des bibliothèques, dans un monde où la trahison est reine et la poursuite des merveilles, érigée en principe de gouvernement. Autour de ce manuscrit perdu, Irène Frain brosse une galerie de personnages dont la présence s'imprime d'emblée dans l'imaginaire. Un roman haletant, porté par la conviction que la vraie vie, c'est la littérature qui l'invente.
" Je n'ai pas de première impression marquante ou solennelle qui aurait frappé ma mémoire et dessinerait le tableau de ma rencontre avec lui. Est-ce en cette fin d'après-midi ou une autre fois que j'ai rencontré Pierre Bourdieu ? J'éprouve la même sensation en revisitant ces années, de 1983 aux années 1990, à peu près, où j'ai partagé l'existence de cette famille. C'est une étrange nappe de souvenir égal, d'amitié et d'insouciance, comme si un enchantement enveloppait et me faisait idéaliser ce temps passé chez eux. "Dans les années 1980, Denis Podalydès se lie d'amitié avec Emmanuel Bourdieu, le fils du sociologue Pierre Bourdieu. Il part en vacances dans leur maison béarnaise et fait d'eux une famille élective tout en cherchant sa vocation. Portrait du sociologue en père travailleur, du comédien en étudiant admirateur, ces souvenirs tiennent du jeu de miroirs et du double portrait intime.
Le danger n'est jamais là où on l'attend... Chloé et Paul vivent dans une ferme isolée, au pied des Pyrénées. Ils partagent leur quotidien avec Mathieu, qui enseigne à Paul différentes techniques de chasse et de survie. Le trio a renoncé à tout confort moderne et s'est coupé du monde pour se rapprocher de la nature. Mais la réalité ne va pas tarder à se rappeler à eux quand l'impensable se produit, plongeant le pays dans la panique. Dans cet environnement devenu hostile, le moindre événement peut avoir des conséquences dramatiques. Une mauvaise chute, un animal sauvage qui rôde, l'irruption d'un inconnu… La vie déjà précaire de Chloé, Paul et Mathieu vacille. Pourtant, leur cauchemar ne fait que commencer : ils sont loin de se douter du véritable danger qui les guette. Avec ce roman à fort suspense psychologique, Valentin Musso mène le lecteur sur des pistes inattendues et le tient en haleine par son sens aigu du retournement de situation.
" J'ai mis des années avant d'oser écrire sur Hélène. Elle n'était pas que l'étranglée de la rue d'Ulm. Elle était un mystère, une femme aux multiples identités, une personnalité opaque, hermétique aux récits. Le meurtrier possède sa biographie en plusieurs tomes, des rayonnages entiers, des archives dédiées. On l'étudie. On le lit. Elle : rien. Il lui a écrit des Lettres à Hélène, des centaines de pages. Des mots publiés, sans ses réponses, à elle. Si cette femme est un mystère, si j'en sais si peu sur elle, que faire ? Lorsque l'on n'est ni historienne ni biographe, quel intérêt d'écrire sur une autre personne ? J'ai fini par répondre à cette question, parce que chaque femme a droit à la parole. J'ai longtemps tâtonné avant de la nommer. On l'appelle Althusser, Rytmann, Legotien. Comment choisir ? Un jour, pourtant, j'ai réussi à l'appeler Hélène. C'est drôle parce que chez les féministes, on se méfie des personnes qui appellent les femmes par leur prénom. Mais les choses se meuvent dans la vie et il m'a semblé que ce prénom disait tout d'elle, et la poésie et la mer, et la force et le langage. Il m'a semblé que le prénom Hélène la révélait davantage que ses patronymes changeants, ses noms de code et d'épouse. Il racontait aussi sans doute la tragédie qui l'attendait. "
Jean Bélias était un courtier en livres rares, et longtemps il ne fit jamais parler de lui. Jusqu'à ce qu'on découvre qu'il possédait une des plus belles collections d'ouvrages modernes et contemporains. À son décès, une partie de ses oeuvres est vendue à Drouot, et une autre - ainsi que son appartement - léguée à la prestigieuse bibliothèque Doucet, établie à Paris, place du Panthéon. On parle alors d'un véritable trésor. Mais pour l'établissement, ce legs se révèle être une malédiction. L'appartement de Bélias reste en l'état, sans surveillance, et les livres aussi. La situation alimente les rumeurs de vol, de trafic. Dans la bibliothèque, des clans se forment, s'épient, se dénoncent. Un beau jour, une conservatrice de Doucet, Sophie L., est accusée dans la presse d'avoir subtilisé deux pièces du fonds Bélias. Le lendemain, elle se pend à son domicile. Comment en est-on arrivé là ? Comment Sophie L., femme passionnée à la réputation d'intégrité, a-t-elle pu basculer ? Les livres de Jean Bélias valaient-ils le sacrifice de sa vie ?
En restituant les peines et les joies des habitants de Gaza dans sa poésie-reportage, Mosab Abu Toha donne chair à une terre en guerre, et à sa beauté insoupçonnée. Sa plume concrète, fulgurante, raconte la violence qui s'infiltre dans tous les recoins de l'existence. Comme Gaza elle-même, ces textes sont remplis de décombres. Mais ils sont aussi empreints de beauté et d'une profonde humanité, nichées dans les objets du quotidien, les amitiés qui se nouent et la nature immuable. Ils sont imprégnés de l'odeur du thé et des roses en fleurs. Des enfants naissent, des étudiants vont à l'université, des bibliothèques sortent de leurs ruines, tandis que les Palestiniens trouvent de nouvelles façons de survivre et de créer de l'espoir.