Lethielleux Editions
Fruit de la première thèse de doctorat en français sur le démon, cet ouvrage de théologie convoque aussi les analyses de l'histoire et des sciences, les textes de la Bible et des Pères de l'Église ainsi que ceux des religions non chrétiennes.S'appuyant principalement sur l'oeuvre de saint Thomas d'Aquin pour examiner les problèmes des exorcistes actuels, l'étude offre une réflexion spéculative au service d'une urgence pastorale.Sont décrits les diaboliques tactiques ordinaires (tentations) et extraordinaires (vexations, obsessions, infestations et possessions), et les liens maléfiques, en particulier la magie, le spiritisme ou les vices.Mais le démon reste soumis à Dieu. C'est pourquoi sont détaillés également les armes pour la contre-attaque et les remèdes que saint Thomas propose, avec la Tradition de l'Église, contre l'Ennemi infernal. Les rôles du Christ, de la Vierge, des anges, des sacrements ou des exorcismes, mais aussi des vertus morales ou de la prière sont ainsi précisés.C'est un véritable manuel de combat spirituel que l'Aquinate a rédigé sans le vouloir, en éparpillant dans ses écrits des centaines d'affirmations, qui formaient autant de pièces d'un puzzle ici reconstitué.L'Écriture Sainte, la Tradition catholique, le Magistère, la vie des saints et l'expérience des exorcistes montrent alors que la tentation de la révolte face à la violence de ces attaques maléfiques s'efface dans la contemplation de la Sagesse divine, qui sait utiliser la méchanceté du démon pour stimuler la sainteté des hommes. Né en 1971, le père Jean-Baptiste (Guillaume GOLFIER), chanoine régulier à l'abbaye de Lagrasse, est diplômé en philosophie, en histoire et en théologie (doctorat ICT-ISTA, Toulouse). Cet ouvrage est le fruit de sa thèse, d'accompagnement de personnes en souffrance et d'échanges avec de nombreux exorcistes et théologiens.Préface du Père Philippe-Marie MARGELIDON, o.p.
Maurice Zundel est un mystique immense. Certainement l'un des plus grands des temps modernes. Ses intuitions, ses illuminations sont fulgurantes. Ainsi que l'avait bien compris le pape Paul VI, qui le connut très tôt, Zundel est un véritable génie spirituel. Là est sans doute la raison, paradoxale, pour laquelle il fut totalement incompris par ses supérieurs et demeure encore aujourd'hui si peu connu du monde. Car, l'histoire nous l'apprend, il faut aux hommes ordinaires souvent des dizaines d'années, voire plusieurs siècles, pour se familiariser avec de tels génies et commencer à en prendre la vraie mesure".".
En 1928, le père Marie-Joseph Lagrange publiait L'Évangile de Jésus-Christ. Le succès fut immédiat, car il s'adressait à un public plus large que celui des exégètes et des spécialistes. Le fondateur de l'École biblique et archéologique française de Jérusalem était alors au sommet de son expertise - aussi bien dans la connaissance de la Terre sainte que des écrits bibliques qui y sont nés -, il venait de présenter, à l'usage de ceux qui entendaient puiser eux-mêmes aux sources directes, le texte intégral des quatre évangiles dans une synopse grecque.L'Évangile de Jésus Christ avec la synopse évangélique propose donc le commentaire du P. Lagrange, avec, en tête de chaque section, et pour en faciliter la lecture, les colonnes de la synopse traduite en français par le P. Lavergne.L'originalité du P. Lagrange tient à l'harmonie qui existe entre sa science exégétique et sa foi ardente. Attaché au sens littéral des Écritures et à la méthode historico-critique qu'il a développée, le dominicain ne recherche pas la seule érudition, mais un acte de foi et l'union intime avec Dieu. C'est pourquoi cet Évangile de Jésus Christ, malgré quelques marques du temps, se laisse aujourd'hui encore lire avec bonheur par quiconque est désireux d'approcher les évangiles de manière informée, historique et contemplative à la fois. Puisse cet ouvrage aider chacune et chacun dans ce pèlerinage aux Écritures dont on ne revient jamais indemne.
Dans son livre Comment Jésus est devenu Dieu, Frédéric Lenoir exprime ses convictions sur l'identité de la personne de Jésus de Nazareth. Pourquoi lui répondre" ? Parce qu'il donne à penser que l'Eglise avait finalement décidé de la divinité du Christ au IVe siècle sous la pression des empereurs romains. Selon ce livre toujours, "les évangiles laissent planer un doute sur l'identité de cet homme hors du commun"... Une mise au point sur un sujet aussi important apparaît donc nécessaire, faite à la fois en historien et en croyant. En historien, parce que la thèse fondamentale de l'auteur n'est pas fondée au regard des données qui ont été l'objet d'une recherche considérable. Dès l'époque apostolique les chrétiens de la "grande Eglise" ont cru que Jésus de Nazareth était Fils de Dieu et donc Dieu au sens fort de ce terme. En croyant aussi, parce que si le Jésus de Frédéric Lenoir reste un personnage exceptionnel, celui-ci semble réduire la figure de Jésus et relègue au loin tout mystère. ? Les réponses solides et argumentées du théologien Bernard Sesboué.".
Le père Louis Pelletier nous invite à une rencontre personnelle et intime avec Jésus. En nous enracinant dans le Christ, notre vie intérieure d'enfants de Dieu devient semblable à la sienne, nous grandissons harmonieusement et portons des fruits d'amour.À l'école du Christ est à la fois théologique et spirituel, concret et facile à lire : nous sommes saisis dans toutes les dimensions de notre vie. Nourri des Saintes Écritures et de l'enseignement de l'Église, le père Louis Pelletier nous offre une oeuvre majeure pour notre conversion et la nouvelle évangélisation. « Le père Louis Pelletier désirait transmettre l'insondable mystère du Christ. Tel est l'objet de cet ouvrage : former le coeur et l'intelligence des baptisés afin qu'ils puissent témoigner du Christ devant les hommes. Puisse À l'école du Christ contribuer à nous enraciner dans le Christ , pour la gloire de Dieu et le salut du monde. »Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris À l'école du Christ comprend trois volumes :?? Volume 1 : S'ouvrir au Père?? Volume 2 : S'enraciner dans le Christ?? Volume 3 : Vivre dans l'Esprit SaintSe nourrir et vivre de la sagesse de Dieu ! Le père Louis Pelletier (1960-2015) a été enseignant à l'École cathédrale de Paris, aumônier d'hôpital, vicaire, accompagnateur spirituel et confesseur recherché. La richesse de son ministère nourrit À l'école du Christ, dernière oeuvre de sa vie.
En quoi l'Évangile de Matthieu est-il différent des autres ? Quand, comment, pourquoi a-t-il été écrit ? Son témoignage reflète-t-il le vécu historique de Jésus ?Au moment où les tendances au fondamentalisme se font jour de toutes parts et où, plus que jamais, notre génération est placée devant la responsabilité de la transmission de ce texte fondateur, il est utile d'entendre l'apport passionnant des historiens, archéologues, spécialistes des langues, sociétés, littératures et religions, dont les travaux se sont multipliés depuis une cinquantaine d'années : la foi chrétienne gagne à se construire dans une meilleure intelligence des textes. Ces chercheurs permettent de faire plus lucidement la part entre le mythe, l'événement, l'acte de foi, de mieux réfléchir sur ce que pouvaient signifier en leur temps les notions de « Fils de Dieu », de miracle, de Jugement dernier, de Résurrection... Le résultat est décapant, mais constructif : il révèle la beauté incomparable de ce livre, sans doute rédigé à Antioche-sur-Oronte, à la croisée entre la culture sémitique, gréco-romaine et iranienne, en même temps que l'apport spécifique du christianisme. À terme, il rend plus fort devant les interrogations du monde moderne.Colette Deremble, ancienne élève de l'École normale supérieure, agrégée de Lettres classiques, diplômée de théologie à l'Institut catholique de Paris, docteur en histoire, est professeur honoraire d'Histoire de l'art à l'Université de Paris X.Jean-Paul Deremble, docteur en Littérature comparée, habilité au doctorat de théologie à l'Institut catholique de Paris, est maître de conférences honoraire à l'université de Lille III.Leurs compétences croisées de chercheurs en littérature, théologie et histoire des sociétés leur permettent de mieux éclairer les milieux culturels du bassin méditerranéen au temps de l'écriture des Évangiles.
Parmi les grandes figures de l'Ancien Testament, Joseph occupe une place majeure, en particulier par le lien étroit qui relie nécessairement le dernier des patriarches à la terre d'Égypte.Et pour les chrétiens, Joseph se comprend aussi dans l'économie du salut qui trouve sa plénitude en Jésus de Nazareth à la fois "fils de Joseph" et "fils de David", descendant de Juda, le quatrième fils de Jacob. La tradition juive affirme qu'à la fin des temps apparaîtra un Messie "fils de Joseph", Messie souffrant et anéanti, ouvrant la voie à un Messie triomphant "fils de David". Ce second volume de La Bible pas à pas s'appuie donc sur les symboles qui se rapportent à cette belle figure, comme autant de clés dévoilant son mystère (Joseph et la tunique, Joseph et les songes, Joseph et la citerne...) et puise aux sources de la tradition juive qui a longuement ruminé les textes saints.Voilà le combat prodigieux que Joseph initie en terre d'Égypte contre l'idolâtrie. Dieu désigne l'Égypte comme la "maison de servitude". Bien au-delà de l'esclavage physique que Pharaon impose aux Hébreux, c'est de l'oppression des âmes dont il est question, celle dont le Christ est venu nous délivrer.
On dit souvent que le mal n'est pas justifiable, qu'il ne peut être réduit à une solution simple, tant il demeure incompréhensible. Il est scandale et provocation pour la conscience humaine. Or, la question de Dieu donne à celle du mal des proportions redoutables qui ne placent cependant pas la raison dans l'incapacité de dire quelque chose d'intelligible et de sensé sur ce qui apparaît à la fois comme un problème et un mystère. La théologie, qui est exercice de la raison dans la lumière de la foi, n'est pas condamnée à se taire. Dieu, certes, est inconnu en lui-même, et le mal demeure irréductible à toute entreprise de réduction, mais, à partir de tout ce que nous pouvons affirmer de Dieu par la raison et par la réflexion croyante, il est possible de donner quelques repères à ce qui demeure pour l'esprit un défi. Ces balises ne cherchent pas à justifier ou expliquer le mal, mais sont comme des tentatives raisonnées de comprendre et dégager de l'intelligibilité dans ce qui se présente, surtout en christianisme, comme un rapport difficile à penser : Dieu et le mal. Professeur de théologie et directeur de la Revue thomiste, le frère Philippe-Marie Margelidon, o.p., dirige le studium de théologie des dominicains de la province de Toulouse.
...l'homme dont les diacres doivent s'inspirer, pour le pape François. Ce livre original répond à cette invitation, et constitue la première étude substantielle sur le sujet.La première partie se lit comme une énigme policière : « À la recherche du diaconat souvent méconnu de François d'Assise ». Elle met en valeur cette dimension du plus populaire des saints. La seconde, partant du développement du diaconat permanent depuis Vatican II, dévoile une convergence remarquable entre ce qu'a vécu en son temps François d'Assise et ce que l'Église demande aux diacres d'aujourd'hui.Et puisque « à chaque vocation commune à tous les chrétiens correspond aussi une consécration spéciale de quelques-uns, destinée à en renforcer le signe » (Y. Congar), on peut dire que non seulement les diacres mais tous les baptisés peuvent s'inspirer de saint François d'Assise, diacre. Voici donc un livre pour tous les baptisés. Didier Rance, diacre, franciscain séculier depuis plus de 30 ans, ancien directeur national de l'AED et historien. Il a publié une trentaine de livres dont John Bradburne, le Vagabond de Dieu, Grand Prix Catholique de Littérature 2013, Spiritualité du diaconat (2017) et À travers la grande épreuve (Artège, 2016).
Qui suis-je ? Quel est le sens de ma vie ? Comment vivre ? À ces questions fondamentales, l'Église catholique répond par l'annonce cette bonne nouvelle : Dieu nous aime et nous a créés pour que nous partagions sa vie divine.Avec À l'école du Christ, le père Louis Pelletier rend la révélation intelligible dans sa beauté et sa cohérence.Il touche les coeurs en conduisant au Christ par sa parole claire et vivante. Il nous accompagne dans un chemin de conversion concrète, qui tient compte des difficultés actuelles et unifie nos vies. « L'enseignement de la foi et celui de la conversion de notre coeur constituent un seul et même chemin de vie. Le Père Pelletier aspirait à vivre et à transmettre - car on ne donne que ce que l'on porte en soi - cette unification progressive de toutes nos facultés de mémoire, d'intelligence et de volonté comme une éducation à l'amour. »Mgr Michel Aupetit, Archevêque de Paris À l'école du Christ comprend trois volumes :Volume 1 : S'ouvrir au PèreVolume 2 : S'enraciner dans le ChristVolume 3 : Vivre dans l'Esprit Saint Le Père Louis Pelletier (1960-2015) a été enseignant à l'École Cathédrale de Paris pendant 15 ans. Il a accompagné spirituellement tant de personnes d'horizons différents. Les conversions ont été extrêmement nombreuses, car il touchait les intelligences et les coeurs. Il a consacré les dernières années de sa vie à la rédaction d'À l'école du Christ.
Qui sont donc les chrétiens orthodoxes ? Quelle est leur originalité au regard des autres grandes familles du christianisme, catholique et protestante en particulier ? D'après l'étymologie, le mot orthodoxie " signifie " ce qui est conforme à la vérité, qui suit une voie droite " ; mais aussi, " ce qui relève de la juste louange, de la célébration de la vérité ". Pour la première fois depuis la chute de Byzance en 1453, les Églises orthodoxes ont recouvré leur liberté à l'échelle plané
Pendant plus de dix ans, Jocelyne Tarneaud a raconté la Bible sur les ondes de Radio Notre-Dame. Pour elle, la Bible est fondamentalement une histoire de famille, avec tous ces moments de l'histoire d'Israël où la Création elle-même est venue au secours de la foi : la colombe de Noé, la baleine de Jonas.... Puiser aux sources de l'exégèse hébraïque permet d'entrer plus avant dans l'intelligence de la Parole comme le Christ nous y invite à travers la Samaritaine, lui qui est l'accomplissement des Ecritures, en affirmant : "le salut vient des juifs". C'est pourquoi, "raconter" est la nourriture indispensable à la croissance de la foi. Ce premier tome propose de cheminer d'Adam à Jacob à travers les symboles qui jalonnent le livre de la Genèse. Il sera suivi d'autres tomes permettant d'avancer dans tout l'Ancien et le Nouveau Testament et d'aider les lecteurs à acquérir les clés d'interprétation qui ouvrent au mystère des Ecritures.
" Qui lit saint Paul aujourd'hui perçoit non seulement une forte personnalité au caractère parfois difficile, une belle intelligence, un homme complètement donné au Christ... mais aussi un souffle missionnaire impressionnant et communicatif : " Malheur à moi si je n'annonçais pas l'Évangile ! " (1 Co 9,16). Grâce à lui, l'Évangile s'est répandu autour du bassin méditerranéen comme une traînée de poudre. Rien de tel que de méditer dans le Nouveau Testament les textes pauliniens, pour réveiller en nous l'élan missionnaire en découvrant la personnalité exceptionnelle de l'Apôtre des Nations. La trajectoire de son ministère, de ses voyages et de ses fondations montre à quel point la Parole est " vivante, énergique, et plus coupante qu'une épée à deux tranchants; elle pénètre au plus profond de l'âme, jusqu'aux jointures et jusqu'aux moelles..." (He 4, 12)... Cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon.
Le langage chrétien fait souvent appel au vocabulaire de la grâce. On dit s'en remettre « à la grâce de Dieu » comme à sa providence. On dit aussi que « Dieu fait grâce », qu'il remet les péchés « par grâce », que l'homme vit « au gré de sa grâce ».Cependant, la grâce est un terme qui fait partie de ces vocables, comme l'âme ou la providence, qui sont devenus obscurs ou étranges à beaucoup. Pourtant ce terme est irremplaçable ; la théologie, pour ne pas dire la foi, ne peut se formuler sans lui. C'est que l'homme, en effet, selon la révélation biblique, est appelé, par une faveur divine gratuite qui est la grâce, à une destinée supérieure, que l'on qualifiera de surnaturelle. On mesure que cette manière de parler de grâce, de surnaturel, de faveur, de gratuité et de révélation recouvre une doctrine très riche, que ces quinze études ne prétendent pas épuiser, mais tentent de mettre en lumière.De longueurs inégales, ces quinze leçons cherchent à circonscrire l'étendue et la portée du mot grâce dans la tradition catholique. Il recèle probablement le secret le plus intime du christianisme. Professeur de théologie et directeur de la Revue thomiste, le frère Philippe-Marie Margelidon, o.p., dirige le studium de théologie des dominicains de la province de Toulouse.
« Plus peut-être que celle de l'homme d'autrefois, la mentalité contemporaine semble s'opposer au Dieu de miséricorde, et elle tend à éliminer de la vie et à ô
Si la souffrance humaine appelle avant tout le chrétien à la compassion et à l'engagement, elle n'en exige pas moins un effort de réflexion de la part du théologien. En effet, la manière dont nous concevons l'origine et la fin de la présence du mal dans notre monde conditionne notre vision de Dieu et de son dessein d'amour sur l'humanité. Il y a ici un véritable défi pour l'intelligence de la foi, défi que cet ouvrage s'attache à relever.On ne saurait, certes, présenter une solution rationnelle et suffisante à ce qui demeure le secret de Dieu. Cependant, un esprit en recherche ne peut esquiver des questions brûlantes : comment concilier amour divin et permission du mal ? Dieu est-il affecté par notre souffrance ? La passion du Christ était-elle nécessaire à notre salut ? Sans tomber dans une apologétique facile, l'auteur apporte des réponses claires et argumentées, offrant au lecteur une vaste synthèse inspirée par l'enseignement de saint Thomas d'Aquin.Cette étude magistrale nous invite non seulement à une réflexion renouvelée sur le drame de la souffrance, mais encore à la contemplation du visage d'un Dieu innocent et miséricordieux, un Dieu qui a daigné prendre sur lui la peine des hommes afin d'en faire un instrument de salut. Le Père Robert Augé, né en 1977, est moine de l'abbaye Sainte-Madeleine du Barroux et docteur en théologie (Institut Saint-Thomas-d'Aquin). Il a déjà publié Connaître Dieu par expérience (Artège-Lethielleux, 2016). Préface du cardinal Robert Sarah
Charles de Montalembert (1810-1870) est un des pionniers du catholicisme social. Ami de Lamennais et de Lacordaire il s'implique pleinement dans la vie politique du pays pour y défendre la liberté des catholiques à vivre leur foi. Persuadé qu'une accentuation trop forte de la monarchie pontificale peut susciter un climat d'hostilité il milite pour un catholicisme libéral résumé par la formule « une Eglise libre dans un état libre ». Ses positions ne seront pas soutenues par le pape auquel il se soumettra contrairement à son ami Lamennais.Montalembert a aimé et servi deux grandes causes, pour lui inséparables : Dieu et la liberté. Il écrit : « Je ne deviendrai un incrédule que lorsqu'on m'aura démontré que le catholicisme est incompatible avec la liberté ».Comme l'écrit le cardinal Poupard dans sa préface, « ce livre vient à son heure raviver notre mémoire oublieuse d'un combattant passionné de l'Église et de la liberté ».Aimé Richardt nous offre ici le récit d'une époque tumultueuse, où se posait déjà la question de la place laissée à l'Église dans la société civile. Aimé Richardt a publié de nombreux ouvrages, dont un Fénelon couronné par l'Académie française. Parmi ses biographies : Bossuet, Lacordaire ou François de Sales.
Le présent volume rassemble les écrits des années 1959-1961, à l'exception du livre Le Mal, paru en 1961, qui, ouvrira le volume XVII (1961-1963). Le seul livre de ce volume est Entretiens sur la grâce, chef d'oeuvre à bien des égards. On pourra aussi découvrir trois opuscules. Deux d'entre eux, sur l'Église et sur la messe, sont des « petits catéchismes ». Le troisième, L'Église et la Bible, traite des rapports de l'Écriture et de la Tradition dans l'Église. On trouvera en outre plusieurs ensembles de textes qui poursuivent dans l'oeuvre du théologien des sillons anciens, essentiels et féconds : le mystère des noms de Dieu, l'histoire des religions, la rencontre des religions et une étude sur « Palamisme et thomisme », confrontation de la théologie du docteur byzantin et de celle de Thomas d'Aquin. Enfin, c'est la substance de plusieurs traités - notamment celle qui est au coeur des deuxième et troisième tomes de L'Église du Verbe incarné - qui se trouve, ici, transmise et méditée. Ces écrits révèlent le prédicateur lumineux qu'était Charles Journet, pour qui le travail de théologien n'était jamais disjoint des préoccupations du pasteur. Prêtre, théologien, cardinal, Charles Journet (1891-1975) laisse une oeuvre intellectuelle considérable. Il avait aussi la capacité d'une merveilleuse tendresse humaine dotée de la douce lumière d'un ami de Dieu. Il participa activement au concile Vatican II. En France, une étroite collaboration l'associe à Jacques et Raîssa Maritain. Il fut aussi très proche, ou le protecteur, d'un très grand nombre d'artistes, poètes, peintres, sculpteurs ou musiciens.
Le travail du théologien Thomas d'Aquin a consisté en partie à commenter des oeuvres d'autres auteurs, et certains livres bibliques. Ces commentaires venaient compléter l'enseignement ex professo des Sommes et des Questions, qui ont donné lieu à un premier recueil : Thomas d'Aquin, Penser le politique (Dalloz, 2015, 608 p).À part la Politique d'Aristote, les oeuvres commentées par s. Thomas ne traitaient pas uniquement de questions de cet ordre, mais certaines de leurs parties y avaient trait : Sentences de Pierre le Lombard, synthèse, au XIIe siècle, des questions suscitées par l'explicitation du contenu de la foi chrétienne ; Éthique à Nicomaque et Métaphysique d'Aristote ; passages du Nouveau Testament importants pour l'évangélisation de la Cité humaine.Traitant de politique, Thomas use de références philosophiques plutôt que théologiques. Car la foi théologale ne dispense pas du travail d'analyse rationnelle dont les philosophes grecs ont été les premiers promoteurs : elle stimule ce travail comme une condition et un moyen de sa propre intelligence. La foi ne disqualifie pas plus la raison que la grâce ne supprime la nature : elles apportent un surcroît de perfection à ce qu'elles présupposent. Michel Nodé-Langlois, ancien élève de l'École Normale Supérieure, agrégé de philosophie, professeur honoraire de philosophie en Première supérieure (khâgne classique) au lycée Pierre-de-Fermat, et chargé d'enseignement honoraire à l'Institut Catholique de Toulouse.
Le droit de l'Église est une réalité informée en amont par la théologie de l'Église mais également en aval par la pratique pastorale qu'il veut servir pour le bien des âmes.C'est dans cette optique que la Faculté de droit canonique de l'Institut catholique de Paris édite ces « vademecum » pour accompagner les pasteurs, et tous ceux qui leur apportent leur aide, pour aider à la conduite du peuple de Dieu.Aujourd'hui, l'Église catholique accueille avec joie de plus en plus de catéchumènes adultes. Leur vie est quelquefois marquée par tel ou tel événement ou situation qu'il convient d'accompagner au mieux pour permettre un discernement de qualité qui respecte la liberté de chacun, tant le catéchumène que l'Église, dans le chemin parcouru ensemble. A travers les différentes contributions de cet ouvrage, expériences de terrain, pastorale diocésaine et apport du droit de l'Église se conjuguent pour le service de tous. Catéchuménat et droit de l'ÉgliseAbbé Ludovic DANTOCatéchuménat, catéchumène et liberté de conscienceAbbé Philippe GREINERLe statut canonique du catéchumène et l'intérêt du pré-catéchuménat dans l'ÉgliseR.P. Laurent TOURNIER, c.i.mCritères canoniques et pastoraux pour l'admission au catéchuménatMadame Catherine CHEVALIERLe catéchumène en prise avec différentes situations matrimoniales : état des lieux.Abbé Cédric BURGUNLa résolutions canoniques de situations matrimoniales complexes dans le cadre du catéchuménat.R.P. Bruno GONÇALVES c.o. Sous la direction de Bruno Gonçalves c.o. et Laurent Tournier c.j.m.
Reprenant le thème de l'explication de la Divine Liturgie inaugurée par le byzantin Nicolas Cabasilas, le père Staniloae commente chaque moment et chaque prière de la liturgie, lui donnant l'occasion d'un approfondissement du sens, d'une méditation personnelle et d'un commentaire homélitique propre à son génie. On y découvre le lien profond entre la théologie et la spiritualité liturgique et ascétique de l'Orthodoxie.À l'heure où les chrétiens d'Occident recherchent les richesses du christianisme oriental, ce livre est l'occasion d'un ressourcement sur le sens de la liturgie et de l'Eucharistie.Prêtre de l'Église orthodoxe roumaine, théologien, universitaire et professeur, Dumitru Staniloae est mort en 1993. Grand spécialiste des pères de l'Église, il est considéré comme l'un des plus importants théologiens chrétiens de la seconde moitié du xxe siècle.Le père Jean Boboc, doyen du Centre orthodoxe d'études et de recherche « Dumitru Staniloae » et professeur de bioéthique, est l'un des principaux traducteurs en langue française de l'oeuvre monumentale du père Dumitru Staniloae.
Internet a bouleversé notre société et notre quotidien. L'Église n'a pas échappé à cette révolution, qui a eu des conséquences sur le ministère même des prêtres. Beaucoup d'entre eux se sont résolument emparés de ce « continent à évangéliser » selon le pape Benoît XVI, « don de Dieu » selon le pape François. Ce n'est pas sans surprise qu'ils ont constaté que le web et ses réseaux étaient devenus comme la porte du presbytère à laquelle beaucoup de jeunes et de moins jeunes viennent frapper pour parler. Porte d'autant plus facile d'accès qu'on s'y rend sans aucun déplacement, au moyen d'un simple clic, à toute heure et en tout lieu sans même décliner son identité. Internet utilise pourtant une vieille ficelle : la rumeur ou buzz, lointain descendant du plus vieux média du monde qu'est le bouche-à-oreille, une technique de communication que Jésus lui-même utilise dans l'Evangile pour se faire connaître. Exemples à l'appui, cet ouvrage le démontre, non sans cacher que les belles « autoroutes numériques » conduisent parfois vers de dangereuses impasses. Mais il appelle néanmoins à l'avènement de nouveaux missionnaires du Net pour une Pentecôte d'un nouveau style : une Pentecôte numérique et médiatique de l'Eglise. Curé de paroisse dans les Yvelines, le père Pierre Amar est l'un des fondateurs du site Padreblog qui offre une parole de prêtres franche, directe et réactive sur l'actualité. Il fait partie de cette nouvelle génération de prêtres investie dans un apostolat numérique.
Les deux premiers tomes de la Bible pas à pas ont mis en lumière les grandes figures de l'Ancien Testament d'Adam à Jacob, puis celle de Joseph et son combat contre l'idolâtrie en Égypte.Dans ce troisième volume consacré à l'Exode, surgit la puissante stature de Moïse, le prophète par excellence. Les symboles qui le concernent, bien qu'universellement fameux, sont en réalité assez méconnus quant à leur rôle dans l'économie de la Révélation : les dix plaies, la Pâques, le passage de la mer des Joncs, la manne et les cailles, les tables de la Loi, et tant d'autres... Évoquer Moïse et l'Exode, c'est brosser la fresque épique de « l'homme le plus humble que la Terre ait porté » (Nb 12,3), lequel a libéré le peuple hébreu non seulement de la servitude d'Égypte, mais bien davantage d'un esclavage plus profond que tous les hommes ont en partage, à savoir la « peur de la mort » (Hb 2,15).En effet, Dieu n'a eu aucun mal à faire sortir le peuple d'Égypte, même au prix de la mer fendue en deux, afin qu'il y passe à pied sec ! À l'inverse, faire sortir l'Égypte du coeur de l'homme, tel est le défi véritable dévolu à Moïse sans qu'il parvienne à le relever. Jésus, nouveau Moïse, l'a accompli, lui, pour toute l'humanité, au prix de sa Passion et de sa résurrection. Scruter Moïse, c'est voir se dessiner en filigrane le visage du Christ, « le grand prophète » promis par Dieu au Sinaï (Dt 18,15) afin que quiconque l'écoute, vive éternellement (Jn 5,24).
Ce titre constitue le premier volet du diptyque - le second étant La femme et le salut du monde - que Paul Evdokimov a consacré aux charismes propres de l'homme et de la femme, ainsi qu'au « mystère » de l'amour humain, au mariage, à la place de la sexualité... L'auteur fonde sa réflexion sur les deux récits de la création de l'homme et dans la femme dans la Genèse, récits que Jésus associe pour poser simultanément dans le couple, l'unité et l'altérité... L'amour humain reflète la Communion trinitaire ; l'altérité de Dieu fonde l'altérité de l'autre, et sa grâce, celle de la rencontre. Paul Evdokimov (1901-1970) fut l'un des grands théologiens orthodoxes du XXe siècle, qui joua un rôle important de passeur entre les traditions chrétiennes d'Orient et d'Occident. Il a notamment publié Les âges de la vie spirituelle et La femme et le salut du monde.
La profondeur peu commune de la vie intérieure des mystiques est, à certains égards, une énigme. Au point qu'on hésite à voir en eux des exemples à suivre et des témoins de la perfection de la vie chrétienne à laquelle nous sommes tous appelés ! Faut-il, alors, soutenir que ce ne sont que des exceptions ? D'autre part, comment expliquer une telle différence entre eux et nous, si les vertus théologales de foi, d'espérance et de charité sont les mêmes chez tous ceux qui sont en état de grâce ?Ces questions sont lourdes de conséquences ! Et, qu'on le veuille ou non, on ne peut les éluder, pour la bonne et simple raison qu'elles sont au coeur de la définition de la sainteté. Le théologien n'a donc pas le choix : il doit les affronter. Encore faut-il qu'il ouvre son intelligence aux vérités mises en lumière par les docteurs mystiques, faute de quoi son analyse ne sera pas pertinente. Ce qui, pour un disciple de saint Thomas, devrait aller de soi ; à condition tout de même qu'il ne reste pas prisonnier de l'« esprit de géométrie». C'est aussi un des enjeux de ce livre ! Né en 1952, le Père Benoît-Marie Simon entre chez les Dominicains en 1972. Docteur en théologie (Rome, 1989), il enseigne pendant plusieurs années à la faculté de théologie de Bologne où il est le modérateur, ainsi qu'au studium de philospohie des dominicains de Bordeaux et dans plusieurs séminaires. Il vit actuellement au couvent de Montpellier et continue de prêcher des retraites et animer des sessions de théologie auprès de communautés religieuses en France et en Italie.
Depuis le concile Vatican II les fidèles reçoivent de nombreuses missions dans l'Église et sont appelés à fonder, innover et développer des initiatives selon leur charisme propre. Pour cela l'Église a prévu dans son droit de nombreuses possibilités de collaboration entre les structures ecclésiales et laïques afin de soutenir de telles initiatives. Ce livre recense les règles juridiques qui organisent une telle collaboration et donne concrètement les éléments pour créer puis gérer en harmonie de telles structures, de la plus modeste à la plus développée. Il propose des modèles de statuts, de demandes écrites et de décrets. Un ouvrage essentiel pour tous ceux qui veulent s'engager en tant que chrétiens dans la société en collaboration avec l'Église. Traduit en plusieurs langues et réédité de nombreuses fois c'est la référence dans ce domaine. Lluís Martínez Sistach, né à Barcelone le 29 avril 1937, est cardinal archevêque de Barcelone depuis 2015. Docteur en droit canon, il a écrit plusieurs ouvrages dans ce domaine. Il est consulteur dans différentes congrégations romaines et membre du Tribunal suprême de la Signature apostolique.
Laprotection des mineurs contre les abus sexuels est une des priorités dulégislateur canonique. Comme la plupart des législateurs séculiers, il a admisdans son ordonnancement juridique l'institution de la prescription héritée dudroit romain tout en y intégrant des éléments éthiques. Dans des cas de crimessexuels perpétrés sur des mineurs par des membres de l'Église, il advient parfois que, les« survivants » de ces abus, ne puissent faire entendre leur cause enjustice lorsque le temps accordé par le droit pour se plaindre est écoulé. Devantle juge aussi bien séculier qu'ecclésiastique, la question de l'opportunité del'institution de la prescription desdits actes se pose avec acuité. Pour d'aucuns, la prescription criminelle canonique serait la manifestationde la volonté de protéger la structure qu'est l'Église, au détriment de lapersonne humaine, des valeurs de justice et d'équité. Quelles sont les raisons favorables quilégitimeraient l'instauration et le maintien de la prescription en général etde la prescription criminelle en particulier dans l'Église ? L'institutioncanonique de la prescription telle que règlementée par le Code de droitcanonique de 1983 se justifie-elle encore aujourd'hui lorsqu'il s'agit des crimescontre les personnes et plus particulièrement des delicta graviora contra mores commis par des clercs et desreligieux sur des personnes mineures et des personnes vulnérables ? ValèreNkouaya Mbandji est un prêtre jésuite, titulaire d'un Doctorat en droitcanonique (Ph.D) de l'Université Saint Paul d'Ottawa, d'une licence en droitcanonique (Master) de l'Université Pontificale Grégorienne de Rome et d'unelicence en droit civil de l'Université de Yaoundé II. Il détient entre autres uncertificat en droit international humanitaire de l'Institut International desdroits de l'homme de Strasbourg et un certificat en « tierce partieneutre » de l'Institut Canadien pour la Résolution des Conflits (ICRC). Ilest actuellement professeur de droit canonique à l'Université Saint Paul auCanada.
La pratique et la notion d'initiation ont des racines plus vieilles que le christianisme. Elles naissent en milieu païen, dans la Grèce archaïque. Depuis, la notion a été reprise et réinterprétée dans diverses traditions, dès l'Antiquité et jusqu'à nos jours. Actuellement, l'idée d'initiation désigne tout à fait globalement « les premiers pas » dans à peu près n'importe quelle discipline ou activité. Or, à voir de plus près, il s'agit plus précisément « du premier pas », « le pas décisif », essentiellement cultuel et communautaire, par lequel un sujet est agrégé à un nouveau corps social.La notion d'initiation n'est pas biblique, et les auteurs chrétiens des premiers siècles paraissent éviter délibérément le vocabulaire typique lié aux pratiques d'un paganisme encore bien vivant, alors qu'à la même époque les modalités d'intégration de la communauté chrétienne - essentiellement rituelles et communautaires - se fixent.Le thème de l'initiation chrétienne est relativement récent : il date de la fin du XIXe siècle. L'un des rituels majeurs de l'Église catholique en porte d'ores et déjà le nom. Cette étude se pose trois questions : qu'est-ce que l'initiation en tant qu'acte humain, en-deçà de la polyvalence actuelle du terme ? En quoi la pratique appelée « initiation chrétienne » est-elle une initiation ? Comment la Révélation de Dieu en Jésus Christ appelle-t-elle une pratique de ce genre ? Jean-Marie Brauns (1969) est Docteur en théologie. Prêtre de la Compagnie de Saint-Sulpice, il enseigne au séminaire Saint-Sulpice d'Issy les Moulineaux.
Ces dernières années, la pensée thomiste a connu un renouveau remarquable, pourtant, il n'existe pas d'étude sérieuse de la christologie thomiste, en particulier dans le dialogue avec les grands thèmes de la christologie moderne. Le Seigneur Incarné considère les thèmes centraux de la christologie dans une perspective métaphysique. Une attention particulière est accordée à l'union hypostatique, à la connaissance et à l'obéissance de Jésus, à la passion et à la mort du Christ, à sa descente aux enfers et à sa résurrection. Cependant, le livre cherche également à faire avancer une interprétation de la christologie thomiste dans un contexte moderne. L'enseignement de Thomas d'Aquin, donc, est au centre de l'étude, mais il est mis en conversation avec divers théologiens modernes, tels que Karl Barth, Karl Rahner et Hans Urs von Balthasar. Ce travail a pour objectif ultime de suggérer comment la théologie catholique peut se développer fructueusement dans les conditions modernes, et s'engager dans des controverses contemporaines. La conclusion du livre fournit une réflexion systématique sur la nature de la christologie en tant que discipline théorique et historique. Thomas Joseph White, prêtre dominicain, est directeur de l'Institut Thomiste de l'Angelicum à Rome et professeur de théologie. Il a fait ses études de doctorat à l'Université d'Oxford et a publié plusieurs livres et articles, notamment The Light of Christ, An Introduction to Catholicism (Washington, DC: 2017). Il est membre de l'Académie Pontificale de Saint-Thomas et co-rédacteur du périodique Nova et Vetera (édition anglaise).
Une longuefamiliarité avec Pascal m'a conduit à lire saint Augustin autrement qu'à partirdes Confessions, et à l'impression quetout au moins dans la Cité de Dieu,il convenait de distinguer entre l'ordre de l'esprit, c'est-à-dire larationalité, et l'ordre du coeur, autantdire la spiritualité. Distinguer sans opposer, en relevant des 'indices derationalité aussi évidents que le goût des nombre et des proportion - la ratio latine -, puis que l'éthique de la République elle-même, avec ses lois, sonjuridisme raisonnable, et la moralité naturelleet civique de l'honnête homme. Ce n'est qu'avec l'opposition entre le corruptibleet l'incorruptible que se dessine une opposition qui fait la part des deux cités. Une opposition que relève de l'ordre du coeur. L'amour desoi et l'amour de Dieu s'opposent et se répercutent sur la Cité. On en a tirédes leçons qu'il faut entièrement et radicalement réviser, ce qui se fait icigrâce au témoignage des meilleurs interprètes récents du grand Africain. S'il y a un combat entre les deuxcités, ce ne peut être qu'entre la tyrannie et ce que, vaille que vaille, nousappelons la démocratie. Mais c'est aussi, au coeur du chrétien et à l'intérieurde l'Église, un choix à faire constamment entre deux obéissances. PhilibertSecretan est un penseur catholiquesuisse. Après une carrière d'enseignant et de traducteur d'ouvragesphilosophiques, il publie des ouvrages de plus en plus marqués d'un souci de clarification. Ce quine va pas sans débats critiques ni prises de positions fermes.
Lors de la béatification de John Henry Newman, le 19 septembre 2010, le pape Benoît XVI soulignait que le nouveau bienheureux trouvait place dans une longue lignée de saints et d'érudits des Îles britanniques car en lui « cette tradition d'élégante érudition, de profonde sagesse humaine et d'ardent amour du Seigneur a porté des fruits abondants, signe de la présence pleine d'amour de l'Esprit Saint dans les profondeurs du coeur de peuple de Dieu, faisant mûrir d'abondants dons de sainteté ». Ce «service particulier » consistant « à appliquer son intelligence fine et sa plume féconde », le cardinal Newman l'a rempli tout au long d'une « vie consacrée au ministère sacerdotal, et spécialement en prêchant, en enseignant et en écrivant », tant comme ministre de l'Église anglicane, que comme prêtre de l'Église catholique. La prédication fut ainsi une réalité qui a caractérisé toute sa vie, dans une continuité dont son travail d'édition de sa prédication anglicane, alors qu'il était devenu prêtre catholique, offre un témoignage. En publiant pour la première fois en français, dans ce volume « Neuf sermons catholiques », nous espérons contribuer à cette prise de conscience que le pape Benoît XVI appelait de ses voeux : comprendre que les intuitions de Newman n'étaient « pas seulement d'une importance capitale pour l'Angleterre de l'époque victorienne », mais qu'elles « continuent à inspirer et à éclairer bien des personnes de par le monde », et ici, particulièrement, un public francophone.Arnaud Mansuy co
Henri Le Saux - Swâmî Abhishiktânanda - fut moine, sannyâsî, écrivain, poète et mystique. Après dix-huit années passées à l'abbaye Sainte-Anne de Kergonan, il se rendit en 1948 en Inde du sud pour y fonder avec Jules Monchanin, prêtre originaire du diocèse de Lyon, l'âshram du Saccidânanda, avant de remonter en 1968 en direction des contreforts de l'Himâlaya pour y mener une vie d'ermite et de pèlerin.Les quatre-vingt-douze lettres qu'il adressa à sa soeur Marie-Thérèse - en religion soeur Thérèse -, moniale à l'abbaye Saint-Michel de Kergonan, retracent son itinéraire en Inde de 1952 à 1973.En abordant cette correspondance, on est saisi par la proximité d'âme entre un frère et une soeur, que ni le temps ni l'espace ne sauraient gêner. Leur séparation n'empêcha pas - et développa même - une grande intimité spirituelle qui n'est pas sans rappeler celle de saint Benoît avec sa soeur sainte Scholastique. Leurs échanges de lettres rapprochèrent leurs âmes, un peu à la manière de l'amour mystique. L'âme de soeur Thérèse devint celle de son frère et réciproquement.Pour nous aujourd'hui, l'originalité de ces lettres réside en ce qu'elles nous conduisent sur les chemins de notre espace intérieur - notre « dimension de profondeur » - pour reprendre une expression chère à Henri Le Saux. Elles sont une invitation à chercher la Lumière au fond de soi, au centre de l'espace du coeur : « La véritable Résurrection, c'est le jaillissement au plus profond du coeur de la divine Lumière » écrit le frère très aimé à sa soeur le 25 mars 1956. Cette expérience intérieure, située au-delà de toute conceptualisation, appartient à l'histoire spirituelle de l'humanité. Armelle Dutruc est chargée d'études documentaires et auteur de sept ouvrages. Elle a notamment publié les lettres de guerre de François Josaphat Moreau, moine de Saint-Martin de Ligugé (Saint-Léger, 2018) et un ensemble de commentaires à propos des lettres d'Henri Le Saux adressées à sa soeur Marie-Thérèse (Grégoriennes, 2018).