éditions Théâtrales
L'homme a rejoint la femme, s'est assis dos aux spectateurs, face à elle. Elle, ivre de désir et d'alcool, ivre d'envies et de mots, tourne autour de lui. Parle beaucoup. Crie, murmure, crache et avale son amour. Dégouline de mots quand lui en est avare. Elle va lui faire l'amour, c'est sûr. Le déshabiller, même s'il refuse. Mais avant, elle boira une bière supplémentaire.
Dans une chambre d’hôpital normand, Marie affronte les derniers instants de sa mère, entre souvenirs douloureux et mots non dits. Arromanches explore avec justesse la complexité des liens familiaux et la mémoire qui résiste.
Deux frères, un rêve et une île : August construit une tour pour honorer son père, tandis qu’Henrik fomente une révolte sur le continent.
Le juge Adam s'est introduit de nuit dans la chambre de la jeune Eve. Surpris par le fiancé de celle-ci, il casse une cruche en s'enfuyant par la fenêtre. Le lendemain, la mère de la jeune fille vient porter plainte devant celui qu'elle ignore être le coupable. Tel OEdipe, Adam est ainsi obligé d'instruire son propre procès. Or, ce jour-là justement, un conseiller est venu de la ville pour l'inspecter.
Exclus de leur société d'origine, déracinés, insulaires, six personnages à la mémoire commune constituent l'équipage de ce bateau qui erre au milieu de l'océan. Quête d'identité, ruptures, recherche de la vérité, apprentissage de la vie commune... La Nef, simple référence au chef-d'oeuvre de la littérature médiévale, traduit les errements d'une société malade. Ce huis-clos théâtral s'achèvera le jour où le navire accostera quelque part...
T. Souslova, célèbre cantatrice devenue sourde à la suite d'un accident, invite le Quatuor Conrad à venir répéter dans son chalet de montagne. Isolés du reste du monde par d'abondantes chutes de neige, les quatre musiciens se trouvent confrontés à un double silence : celui de la vieille T. Souslova qui, depuis le début de sa surdité et l'anéantissement de sa carrière, refuse de parler, et le silence des neiges qui étend son règne absolu autour d'eux.
Entre Berlin, London, Roma, Paris et une petite ville de province très française, trois générations d'une famille exilée se racontent leurs stories d'amour. Aimer, dormir, rêver, baiser, voyager, écrire, désirer, savoir, être étranger... on passe bien plus de la moitié de sa vie à ça. On n'en dit rien. Eux en parlent. Par fragments. Secrets. Les anges ne perdent jamais de plumes dans l'amour.
Le travail rigoureux réalisé sur le texte grec de Sophocle par Bernard Chartreux, donne à cette tragédie un ton et une dimension littéraires originaux ; il correspond en outre à une nécessité essentiellement théâtrale. Recherchant toujours le maximum d'intelligibilité au plus près du texte grec dans son mouvement, sa syntaxe, sa mise en page, il se refuse les facilités de la simplification et de l'explication du texte. Une écriture faite pour être dite et entendue, tout autant que pour être lue.
Colone. Petit bourg à huit kilomètres d'Athènes où plusieurs fois les Athéniens arrêtèrent l'avancée de leurs ennemis. Pays natal de Sophocle qui écrit sa dernière pièce, OEdipe à Colone, à 90 ans. C'est donc aussi l'oeuvre d'un homme qui attend la mort, la souhaite, et se construit une sorte de tombeau près du lieu où il est né. Au plus près du chef-d'oeuvre de Sophocle, Bernard Chartreux, dramaturge et écrivain, donne néanmoins à cette tragédie un ton et une dimension littéraire originales. Il se refuse les facilités de la simplification et produit une écriture faite pour être dite et entendue autant que pour être lue. Cette traduction n'est pas un acte de dévouement universitaire, ni une extrapolation poétique, ni un mélange des deux. C'est un texte de théâtre.
Belfast, 1974, une maison des quartiers ouvriers, entre catholiques et protestants. Malgré la présence du contexte politique de la guerre civile, le sujet de la pièce nous engage de façon poétique et espiègle sur la voie du renouveau et du changement.
Plongez dans l'univers poétique et théâtral de Quand Speedoux s'endort, où Louise Doutreligne explore avec finesse la solitude, le dialogue intérieur et l'absurdité des relations humaines.
Suzanne et son fils, deux solitudes qui se croisent sans se comprendre. Quand l’anniversaire de la grand-mère ravive les tensions, les mots deviennent des armes et des caresses.
Un homme crie dans le désert. Sans arrêt ses hurlements jusque dans l'oreille du dormeur. Faire taire le braillard tel est le souhait des dormeurs. D'abord en y mettant les formes. Puis moins. Puis plus. Jusqu'à ce qu'à la toute fin Celui qui ne dort jamais - vous l'aurez voulu - s'en mêle. Non sans dégâts, mirifiques les dégâts. Comme toujours lorsque Celui qui ne dort jamais - vous l'aurez voulu - s'en mêle. D'après Le Livre de Job.
Plongez dans le procès théâtral de Pier Paolo Pasolini, figure maudite et géniale, à travers une pièce qui explore sa vie, sa mort violente et son combat contre l’exclusion.
Dans le désert américain, un Juif errant et un Indien en quête de sens s’affrontent dans un western yiddish aussi drôle que profond.
Dans un F3 où chaque objet porte le poids d’une vie, Agathe de Jean-Pierre Renault explore la résistance intime face à l’absurdité des normes sociales.
Évidemment que c'est la peste. En voici donc les dernières nouvelles, on n'est jamais trop prudent. La peste donc, mais d'abord une peste, peu importe laquelle. Les références viennent principalement de chez Daniel Defoe, la peste de Londres de 1665, mais ce n'est pas l'essentiel, ce qui compte c'est elle...
Une femme ment à son frère pour lui épargner la souffrance : elle cache la mort de sa belle-sœur et simule sa présence derrière une porte close.
Comment capturer l’essence même du théâtre, art de l’instant et de la disparition ? Dresser un monument à l’éphémère plonge au cœur du Théâtre du Soleil, révélant les secrets de création d’Ariane Mnouchkine.
C'est une traversée du désert en sept jours et sept nuits par six vieux comiques : Harpo Marx, Totô, Buster Keaton, Jacques Tati, Karl Valentin, Liesl Karlstadt et... une enfante. Dans Désert, désert, Jean-Pierre Renault s'empare de leurs vies à tous les six, en chair et en os, et les jette en vrai et en personne sur le théâtre. Un voyage imaginaire, avec trois cent cinquante-quatre objets, dont trois noeuds papillons... A mourir de rire.
Et si le football était bien plus qu’un sport ? Christian Rullier transforme le stade en miroir de notre société, où chaque joueur devient l’acteur d’une comédie humaine aussi dérisoire que fascinante.
Un homme avance, livre des fragments de sa vie, et transforme chaque pas en une métaphore de l’écriture et de l’existence. Il marche est une ode à la liberté, au mouvement, et à la quête perpétuelle de sens.
New York, années 1960. Deux adolescents en marge de la société croisent un étranger perdu, incapable de se faire comprendre. Leur rencontre bascule dans la violence, révélant les fractures d’une Amérique malade de ses inégalités.
Dans les chambres, on gît, on perd la mémoire, on râle, on attend, on reproche, on quémande, on ordonne, on chavire, on tombe, on menace, on soupire, on piaille, on dort (debout, assis, couché), on se plaint, on s'en veut, on s'envoie les mots à la figure, on hoquette, on étouffe, on meurt. De chambre en chambre, de lieu en lieu. Elle (la Femme à la natte), nous guide, plus qu'humaine (vaincue, folle, tueuse), éternelle.
Plongez dans Le Chantier de Charles Tordjmann, une pièce théâtrale percutante où trois ouvriers sur un échafaudage voient leur quotidien bouleversé par des explosions et des souvenirs qui resurgissent.
En l'an 2050, une série de catastrophes chimiques et nucléaires ont rendu la terre inhabitable. Exclus des zones protégées où de tout-puissants bureaux directeurs font régner la propreté et la terreur, quatre irradiés entreprennent la descente du Rhin en quête d'une terre d'une pureté qui leur soit encore accessible. Une désagrégation des identités personnelles doublée d'une désagrégation du langage. Une pièce désespérée.
Tout a lieu un quart d'heure avant la messe de mariage, dans l'urgence et l'incompréhensible : la mariée arrache son voile avec violence, le frère jumeau de la mariée refuse de s'habiller et reste en caleçons, les parents sont très nerveux, l'oncle qui est médecin découvre que la mariée est enceinte et que cette nouvelle stupéfie le nouveau marié. Qui est donc le père ? C'est le moment où le lourd secret affleure à la surface, et sème la panique...
18 mai 1536, veille de l'exécution d'Ann Boleyn. Henry VIII est seul dans une des salles du château ; à quelques mètres, dans sa cellule, Ann vit ses derniers instants. Les bruits de Londres, au loin. De soliloques étanches en dialogues télépathiques, l'intime complicité charnelle de ces deux êtres circule, irradie, se consume.
Dans Brien le fainéant, le talent comique de Motton, son goût pour le cocasse, le burlesque, se donnent libre cours. Ici, c'est la chèvre qui a mangé Brien, par mégarde... Une bête histoire d'argent où amour, paresse et aventure frôlent le fantastique. Un conte ironique et drôle dans lequel flotte un parfum de Swift et de Lewis Carrol.
Dans les faubourgs d’une grande ville, Chicken de Gregory Motton dépeint un monde où l’absurde côtoie le burlesque.
Un jeune Italien a été amputé d'une jambe. La difficulté de se trouver confronté à ce corps modifié et de vivre ce handicap.
Plongez dans Hélène & Fred, une pièce théâtrale percutante où Hélène Demuth et Frederick, figures oubliées de l’histoire de Marx, dialoguent avec le spectre du philosophe.