Classical Music
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Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l'Europe se remplit de musique. Partout, la pratique musicale s'organise, se déploie, se structure, portée par la présence de grands fondateurs : Monteverdi, « Inventeur de l'Opéra », Rameau, « Fondateur de l'Harmonie », J.S. Bach, « Père de toute la Musique », et d'autres noms bien connus : Couperin, Vivaldi, Handel, Purcell, Lully... La musique de cette époque, qualifiée entre temps de « musique baroque », a connu un important mouvement de renouveau au XXe siècle et se trouve aujourd'hui plus jouée que jamais. Elle occupe une place importante dans la programmation des salles de concert, des radios, et touche un public éclectique et nombreux. Face à cet engouement, le moment est venu de faire le point : Pouvons-nous précisément définir ce qu'est la musique baroque ? Pourquoi la jouer aujourd'hui ? Sur quoi fonder la régénération des pratiques qui pourront continuer de nourrir la fascination des musiciens et des auditeurs ? Pour mener cette réflexion, il est ici question de techniques de composition, d'ornementation et de basse-continue, de notre relation au temps, à l'écrit, aux sources historiques, des rapports du musicien à son instrument et de ce qui lui permet d'être un vecteur d'intensité et d'expression. Un ouvrage à destination des mélomanes et des musiciens, pour mieux comprendre, mieux écouter ou mieux jouer la musique baroque.
Comment naît une voix ? Comment un accent devient-il musique ? Dans ces entretiens, Georges Aperghis revient sur un parcours qui a déplacé en profondeur les frontières de la création musicale. Né à Athènes en 1945, arrivé à Paris en 1963, il traverse les mondes de la musique, de la scène et de la littérature sans jamais se fixer. De Iannis Xenakis à Mauricio Kagel, de Peter Brook à Antoine Vitez, de l'ATEM à ses grands spectacles musicaux, de "La Bouteille à la mer" à "Migrants", il raconte une vie d'expérimentations, de rencontres et de bifurcations.
La musique est un art qui s'écoute et c'est par l'écoute que nous entrons dans les oeuvres musicales. S'il peut être utile de connaître l'histoire des oeuvres ou des compositeurs, il est surtout indispensable d'apprendre à écouter pour ne plus avoir la sensation de « passer à côté ». C'est ce que permet ce livre interactif, qui envisage l'écoute comme une pratique musicale à part entière, accessible à tous, aux musiciens comme aux non-musiciens. En s'appuyant sur des extraits musicaux accessibles sur le site de l'auteur, il donne des conseils d'écoute, décrypte les codes musicaux et propose des exercices pratiques. Il vous aidera ainsi à modifier durablement votre manière d'appréhender la musique classique. Se familiariser - S'exercer - Apprécier
Ce livre rassemble des textes écrits sur une période d'une vingtaine années, récents et inédits ou plus anciens, édités mais non disponibles. Il témoigne d'une recherche que Daniel Deshays a mené durant quarante années dans des réalisations sonores effectuées au théâtre, dans la musique et pour le cinéma. Ces réflexions interrogent une donnée commune à tous ces champs : l'écoute. L'écoute, au coeur de la relation établie entre auteur et auditeur préside à la confection de tout objet audio, théâtral ou audiovisuel. Elle est le lieu même du partage du sensible. L'ouvrage livre au lecteur les arcanes de ce dont il n'a que très peu conscience dans ses relations quotidiennes avec le sonore du monde. C'est une approche critique acquise lors des confections sonores d'une grande diversité de créations et pensée depuis cet axe de création et non de la simple analyse des objets achevés. Ce n'est aucunement un ouvrage technique, il se tient plutôt du côté du sensible, dans ces rapports entre l'oeuvre, sa réalisation, l'auditeur et le monde. Il interroge les modalités de confection des représentations : qu'est-ce que représenter avec le sonore ? Il tente de fonder une mise en conscience de cet "objet son" qui hors de l'aspect de ses nuisances passe à côté de nous tous comme un objet inconscient, fantomatique. C'est par la désignation des variables internes aux oeuvres sonores - le plus souvent issues du cinéma - autant que des processus de constructions artistiques que la révélation de l'ampleur du sujet s'échafaude.
Hormis Pygmalion, dans sa version cinématographique My Fair Lady, l'oeuvre de Bernard Shaw est aujourd'hui presque complètement inconnue du public français. Parmi les mélomanes, rares sont ceux qui ont lu le Parfait wagnérien ou qui en connaissent même l'existence ; plus rares encore ceux qui savent que ce célèbre essai était le fruit d'une familiarité professionnelle avec la musique. C'est en effet comme critique musical, et rapidement l'un des plus talentueux d'Europe, que Shaw est entré dans la carrière journalistique et littéraire. Pendant près d'une vingtaine d'années (de 1876 à 1894), il a tenu avec un brio croissant une chronique musicale régulière dans la presse londonienne ; et même lorsqu'il cessa cette activité, il n'en continua pas moins à publier, de temps à autre, des articles marquants. Wagner et les interprètes wagnériens de son temps constituant le massif central de ses écrits sur la musique, ceux qui en traitent ont été ici rassemblés. Mais cette anthologie ne devrait pas intéresser seulement les wagnériens. Comme, dans les articles de Shaw, Wagner voisine souvent avec d'autres compositeurs précédents ou contemporains ; et que ses principaux interprètes outre-Manche, tant à l'opéra qu'au concert, venaient principalement de l'étranger et s'illustraient aussi dans d'autres répertoires, c'est une large part de la création et de la vie musicales européennes dans la seconde moitié du XIXe siècle qui s'y trouvent évoquée par un critique d'une indépendance de jugement et d'une verve incomparables.
En 1937, disparaissait avec Ravel un des plus grands compositeurs français, dans la lignée de ses grands classiques Couperin-Rameau, et même un des plus radieux génies de toute l'histoire de la musique. À la fois traditionaliste et novateur, sa perfection atteignit les cimes de son art. Par sa science compositionnelle, et par l'atmosphère émotionnelle de ses nombreux chefs-d'oeuvre, qui ne se résument pas au Boléro, universellement admiré. Ici sont rassemblés pour la première fois de nombreux exemples notés, qui permettront à qui possède un instrument domestique, piano, violon, guitare, flûte, d'avoir sous les doigts la substance même de cette musique. Avec une suprême distinction, une harmonie magique qui fascine l'oreille, et une intensité de sentiment qui atteint le coeur au plus profond.
Cet ouvrage contribue à combler une lacune : celle de l'étude de la musique de chambre dans une province française dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle et au début du vingtième siècle. Il relève de la sociologie tout autant que des problèmes du lieu du concert, des conditions d'interprétation, des réactions du public, du rôle et de la valeur de la critique à travers le relevé de cent dix-neuf concerts, leurs annonces et leurs comptes rendus. Diverses annexes complètent ce panorama : statistiques des oeuvres jouées par les diverses formations, périodes d'activité de ces groupes de musique de chambre, portraits des protagonistes.
Ce premier volume des publications de l'Institut Théodore Gouvy, fruit du colloque tenu en 2019, rassemble des contributions cherchant à éclairer les multiples facettes de Théodore Gouvy dont la vie et la carrière furent partagées entre la France et l'Allemagne. Les recherches récentes, qui s'appuient sur la sociologie, la génétique et l'analyse musicales, permettent d'entrer dans le détail de l'utilisation singulière des formes musicales par Gouvy, des particularités de son style harmonique, de ses réadaptations de mouvements antérieurs et de sa réécriture des poètes de la Pléiade, dont la mise en musique constitue un important épisode de leur redécouverte au xixe siècle. L'exploration des fonds d'archives et de la correspondance donne plus de relief à la réalité quotidienne d'un compositeur aux prises avec ses éditeurs, ses critiques et ses collègues et aussi à une reconnaissance progressive (élection à l'Académie des Beaux-Arts de Berlin, intégration dans les dictionnaires de musique).
Il y a cent cinquante ans, Frédéric Chopin disparaissait. En trente-neuf années d'une brève existence, il léguait au monde une oeuvre aussi remarquable, par sa richesse mélodique, que par son caractère personnel. Chopin, en effet, avait inventé une musique aux couleurs et aux sonorités toutes nouvelles ; musique du coeur, musique de l'âme, qui jaillissait comme une source bienfaisante et provoquait, chez ceux qui l'écoutaient, la plus vive émotion. De plus, grâce à une virtuosité incomparable, Chopin ouvrait au piano des horizons nouveaux, imposait une technique éblouissante, qui faisait de l'interprète l'égal du compositeur. Au même titre que Mozart, Chopin est un pur génie de la musique, en même temps qu'un novateur. Mais Chopin ne fut pas simplement ce jeune homme romantique que l'on se plaît à décrire ; il fut aussi un personnage plein d'humour, n'hésitant pas, pour divertir ses amis, à faire, à son piano, un véritable "numéro". Il fut aussi un amoureux passionné, qui vécut auprès de George Sand une longue romance. Ce sont toutes les facettes du musicien que Claude Dufresne met en lumière dans son livre, ce sont les recoins secrets de son âme qu'il explore, les richesses de sa personnalité que l'auteur s'efforce de découvrir. Ayant eu, dans sa jeunesse, le privilège de s'entretenir avec le dernier élève survivant de Chopin, c'est donc un portrait inattendu du grand homme, que Claude Dufresne offre à ses lecteurs.
Octobre 1740. Dans une Venise crépusculaire, rongée par les intrigues et les fêtes, Antonio Vivaldi, le « prêtre roux », jadis célébré dans toute l'Europe, sent peu à peu le monde se dérober sous ses pas. Derrière les fastes du carnaval et les ors de la Sérénissime, le compositeur des Quatre Saisons lutte contre la mélancolie, les rumeurs, la solitude et l'usure du temps. Harcelé par ses créanciers, il se voit contraint de quitter Venise et part pour Vienne, croyant encore aux promesses que lui a faites, des années auparavant, l'empereur Charles VI : devenir son maître de chapelle. Ce long voyage d'hiver devient alors une traversée intérieure, celle d'un homme au soir de son existence, hanté par la musique, par Venise et par l'amour impossible d'Anna Girò. Un voyage qui s'achèvera dans la solitude de Vienne : jeté à la fosse commune, Vivaldi connaîtra un purgatoire de près de deux siècles, pour rejoindre auprès de Bach, de Mozart et de Beethoven, le Panthéon des plus grands compositeurs de tous les temps...Dans ce récit envoûtant, Alain Vircondelet fait revivre un Vivaldi intime et bouleversant, prisonnier d'une ville aussi magnifique que mortelle, et offre une méditation lumineuse sur la création, la gloire et le vertige du temps qui passe. Alain Vircondelet est écrivain, biographe et universitaire. Spécialiste notamment de Camus, Duras, Saint-Exupéry, Rimbaud... il a consacré plusieurs ouvrages à Venise dont il est un familier depuis les années 1970. Ses travaux sur la ville sont traduits en italien, notamment son Grand Guide de Venise.
De Pékin à Paris, de Hong Kong à Los Angeles, le témoignage déchirant d'une femme broyée par la Révolution culturelle chinoise et sauvée par la musique.Pékin, 1969 : Zhu Xiao-Mei est un " être de mauvaise origine ". Autrement dit, avant la révolution maoïste, ses parents étaient des bourgeois cultivés. Une tare d'autant plus lourde à porter pour la jeune Xiao-Mei qu'elle a un don précoce pour le piano et une passion pour la musique décadente - Schumann, Mozart, Bach. Elle est donc envoyée en camp de rééducation : il faut éradiquer en elle tout désir autre que celui de mourir pour Mao. Les années passent... Xiao-Mei est devenue une bonne révolutionnaire. Mais, un jour, elle trouve dans le camp un vieil accordéon. Elle caresse les touches, se risque à jouer un accord, quelques notes de musique s'élèvent... Par enchantement le temps perdu s'efface, les rêves reviennent, l'espoir renaît. Xiao-Mei jure qu'elle rejouera du piano. Il lui faudra encore dix ans pour atteindre son but, dix ans de souffrances, de lutte acharnée, d'exil. Aujourd'hui, Xiao-Mei est célébrée dans le monde entier comme une pianiste virtuose et une immense artiste.
Mettez-vous au diapason ! Vous aimez la musique classique, mais, avouez-le, vous n'y connaissez pas grand-chose. Ce guide vous initie de manière sérieuse mais décontractée à l'univers de Mozart, Beethoven, Wagner, etc. Grâce aux extraits musicaux, fournis sur le CD et en ligne, expliqués pas à pas dans l'ouvrage, les grands chefs-d'oeuvre de la musique classique n'auront plus de secret pour vous !
-; Qu'est-ce qui arrive en premier : la mélodie ou les paroles ? -; Le chèque ! Richard Rodgers, compositeur américainArtistes extravagants, critiques acerbes (et à côté de la plaque), compositeurs peu tendres les uns avec les autres... tels sont les personnages qui habitent ces pages. Derrière les figures adulées, Christian Morin raconte et croque avec humour et tendresse les vrais hommes et femmes qui ont fait la musique. Le rappel que nous attendions toutes et tous ! Préface de Franck Ferrand
L'un des plus grands penseurs français sur la musique nous invite à redécouvrir Bach, authentique témoin de l'optimisme des Lumières, plus que jamais salutaire en ces temps incertains. Tout a été dit sur Bach, sa vie, son oeuvre, mais pas assez ce qui fait aujourd'hui son urgence. Au jour où l'esprit et l'art sont déboussolés, où règnent l'incommunication, l'exclusion, le malentendu, seul Bach sait encore rassembler et réconcilier. Sa musique manifeste un ordre et un sens auxquels tous peuvent consentir. Elle nous recentre. Elle nous fait citoyens du meilleur des mondes. Il faut découvrir ce Bach salutaire, en qui continue de rayonner l'authentique optimisme des Lumières. Explorant l'oeuvre du compositeur, cet essai montre à quel point ne font qu'un le Bach esprit souverain, qui conçoit et combine, et le Bach serviteur, sans cesse appliqué à faire de la musique le pain quotidien de tous. Un essai magistral sur ce créateur universel par le plus grand penseur français d'aujourd'hui sur la musique.
Bach, l'homme de Leipzig : c'est l'un des plus beaux arias de la Passion selon saint Matthieu de Bach. Prêtre et organiste, Loïc Bonisoli retourne ici cette phrase comme si Dieu s'adressait à l'homme, pour nous faire découvrir la vie, l'oeuvre et la dimension spirituelle de Jean-Sébastien Bach (1685-1750), qui passe à travers l'expérience du beau. Ce livre n'est pas une biographie. En cette année 2023 qui marque l'anniversaire de l'arrivée du compositeur comme cantor à Leipzig, l'ouvrage du père Bonisoli est l'occasion de ne pas en rester à l'image austère qu'on se fait de Bach. Loin des ouvrages savants de musicologie, le livre de Loïc Bonisoli nous rend plus proche le personnage Bach par quelques biais qui font sa personne : Dieu, la vie, l'amour, la mort... Pour mieux incarner le propos, l'auteur propose des vignettes très vivantes qui évoquent les lieux où Bach a vécu ainsi que des pauses musicales bienvenues.
Faussaires, pasticheurs, épigones, algorithmes, auteurs d'un seul succès, profs... le domaine de la grande musique est peuplé de « petits malins » largement dévalorisés. En parcourant les biais de jugement qui pèsent sur les répertoires périphériques de la grande musique, l'ouvrage ne prend pas le temps de se lamenter sur l'invisibilisation de ses laissés-pour-compte, mais préfère s'arrêter sur les ruses utilisées par ces talents périphériques pour faire exister leurs oeuvres.
La musique contemporaine passe pour être compliquée, peu harmonieuse, hermétique pour qui n'en connaît pas les codes. En deux mots, élitiste et prétentieuse.Pourtant il existe un autre xxe siècle musical qui laisse place au plaisir et à l'émotion. C'est celui d'une musique qui repose sur un artisanat raffiné, rejette l'exigence de pureté de modernistes épris de théorie et refuse de se plier à des règles abstraites. Karol Beffa, l'un des plus grands compositeurs français vivants, dévoile dans ce livre son panthéon personnel où se côtoient entre autres Maurice Ravel, Richard Strauss, Gabriel Fauré, Claude Debussy, Nadia Boulanger, Francis Poulenc, Steve Reich, John Adams ou Vladimir Cosma...Des morceaux tellement entendus qu'on ne les connaît plus (comme le Boléro) aux musiques de film en passant par les facéties des minimalistes américains, Karol Beffa nous fait découvrir dans un langage simple et tout en sensibilité son autre xxe siècle musical.
Peut-on imaginer un dialogue entre un musicien contemporain et Beethoven ? La scène se passe dans l'atelier de Michaël Levinas, là où le pianiste travaille et explore depuis plusieurs décennies l'oeuvre de cet immense compositeur. Son incessante interprétation des Trente-deux Sonates, qu'il a jouées plusieurs fois en concert et auxquelles il a consacré une partie de son enseignement au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, est ancrée dans une tradition dont il remonte le temps et dans un avenir qui est encore à écrire. Ces entretiens sont l'occasion pour le lecteur, musicien ou mélomane, de suivre en temps réel le mouvement d'une lecture/relecture infinie. Michaël Levinas est un pianiste-concertiste et compositeur français internationalement reconnu. Il est Professeur émérite au Conservatoire national supérieur de musique de Paris et membre de l'Institut de France, l'Académie des Beaux-Arts. En France, il est le premier pianiste-interprète de sa génération après Yves Nat à avoir enregistré l'intégrale des Trente-deux Sonates de Beethoven entre 1988 et 1991. Danielle Cohen-Levinas est philosophe et musicologue, Professeure à la faculté des Lettres de l'université Paris-Sorbonne.
L'auteur nous invite à réentendre Chopin hors des clichés répandus, à partir de sa musique seule, encore insuffisamment comprise dans sa singularité et ses audaces. « Chez Chopin, seule la musique répond à la musique. Son oeuvre, à proprement parler, ne figure rien. Ni l'amour, ni la nature, ni l'humanité. Seul le vase clos et infini de la musique. » La vie et l'oeuvre de Chopin sont indépendantes ; le lecteur les suit donc en parallèle, comme le musicien, ce grand classique égaré dans les gouffres tapageurs du romantisme, le fait lui-même à travers ses pages si révolutionnaires et pures à la fois. Car l'oeuvre de Chopin se dérobe, par sa nature même, aux circonstances qui la voient naître. Elle s'affirme ainsi comme l'expression la plus affirmée de la solitude absolue du créateur. Elle révèle la dualité de son être comme de son expression - de son génie même : français et polonais, classique et romantique, révolutionnaire et conservateur, anti-littéraire mais doté d'une plume incisive, emporté et réservé, abattu et exalté, morbide et empli d'humour badin, mondain et secret... Toute sa vie, le musicien restera un exilé du monde. Chaque chapitre du livre s'appuie sur les oeuvres les plus importantes de Chopin, liées aux périodes essentielles de son existence, de la Pologne à Nohant, en passant par Majorque et Paris, comme autant de cheminements significatifs de son évolution.
L'un des plus grands penseurs de la musique nous invite à une lumineuse méditation sur l'oeuvre de Brahms. Tout ce qu'il a ressenti, tout ce qu'il a accompli, il l'a fait pour la part de nous-mêmes qui reste intemporelle, et aussi attenante au surnaturel. [...] Si on vous demande vers où un soir tardif d'automne cet homme-là nous a quittés, il faudra répondre : Abseits, à l'écart. Non pas de l'autre côté. Ici même mais à part. Mais il a vu l'autre côté. Sa musique pleinement le fait là, amical, hospitalier, ouvrant ses grands bras pour que nous nous y jetions, enfants que nous sommes, et ne cesserons pas d'être, toujours affamés et de pain et de chant. " Ce livre n'est pas un livre ordinaire sur l'oeuvre et la vie de l'un des plus grands compositeurs de tous les temps. Il est aussi, et avant tout, le fruit d'une longue et intense méditation à partir de deux pages essentielles écrites d'après les Écritures saintes, qui se répondent à presque trente années de distance : le Requiem et les Quatre chants sérieux, composés un an avant la mort de Brahms. Pages de deuil, mais aussi de salut, elle se donnent la main par-delà le temps, dégageant une autre image de Brahms, très personnelle, intime et proche de nous, où l'enfance et la mort correspondent, au-delà de toute " vanité "...
Daniel Barenboïm est une légende vivante de la musique. Né en 1942 à Buenos Aires, il a donné son premier concert de pianiste à 7 ans, jusqu'à devenir aujourd'hui un chef d'orchestre acclamé dans le monde entier. La trajectoire de Daniel Barenboïm est celle d'un virtuose. À 12 ans, le chef d'orchestre et compositeur Wilhelm Furtwängler lui propose de jouer un concerto avec l'Orchestre de la Philharmonie de Berlin. Son père refuse, il est trop tôt pour qu'un enfant juif se produise en Allemagne. Parrainé par le grand pianiste Arthur Rubinstein, il commence alors une carrière de soliste internationale. Après avoir épousé la violoncelliste Jacqueline du Pré à Jérusalem, durant la guerre des Six Jours, il devient le directeur musical de l'Orchestre de Paris, puis de l'Orchestre symphonique de Chicago, et il dirige aujourd'hui depuis plus de vingt-cinq ans la Staatskapelle de Berlin. Citoyen du monde - il a été nommé porte-parole de la paix par les Nations unies -, Daniel Barenboïm est aussi un homme de conviction. En 1999, convaincu que la musique est le « langage de la paix », il crée avec son ami le Palestinien Edward Saïd le West-Eastern Divan, un orchestre unique de jeunes musiciens israéliens et arabes issus du Moyen-Orient. Véritable monstre sacré de la direction d'orchestre, Daniel Barenboïm est sur scène presque tous les jours depuis soixante-dix ans. Il n'a pas d'autre passion que la musique. Pour la première fois, Myriam Anissimov nous raconte l'extraordinaire destin de « Dany le magnifique ».
Ce livre propose une première synthèse des recherches musicologique consacrées au compositeur Henri Tomasi (1901-1971). Des racines corses et provençales à sa carrière de compositeur, des aspects d'un lyrisme méditerranéen aux révoltes d'un musicien pleinement concerné par les bouleversements et les injustices qu'a traversés son siècle, Henri Tomasi fait de l'ensemble de son oeuvre l'écho d'un humanisme vibrant, qui l'amène de l'inquiétude mystique à un engagement exigeant. L'esthétique, la pensée, les différents domaines d'activités et les transversalités dans l'oeuvre sont d'abord abordées, avant plusieurs études détaillées consacrées à des pages essentielles de ce musicien, dont le legs demeure l'un des plus riches et des plus humains du XXe siècle. La singularité de cette personnalité, étrangère à tout phénomène de groupe, à toute chapelle musicale ou stylistique, trouve dans les travaux présentés sa toute première approche scientifique. Elle est la légitime corollaire d'une redécouverte désormais fermement amorcée dans l'esprit des interprètes, comme des publics du monde entier.
Verdi est un compositeur pour notre temps. Mystérieusement, il porte, comme son oeuvre, des traits qui caractérisent notre époque. Traits non seulement esthétiques, mais aussi moraux et, en un sens, politiques. Verdi, au long de ses opéras, parle des humiliés, des offensés, des mal-lotis ; il donne voix à ce que l'humiliation sociale suscite : la colère, la peur, et donc le désir de vengeance, l'instinct de sacrifice, le goût idéaliste des causes perdues, l'avidité du pouvoir. Aucun autre compositeur d'opéra n'a fait entendre de façon aussi puissante les élans profonds des âmes blessées, pour la simple raison que Verdi les a ressentis dans sa chair, en a fait l'épreuve dans sa vie d'homme.Ainsi ses opéras continuent-ils, aujourd'hui encore, de déchirer le voile des conventions et des accommodements faciles, alors que nous vivons toujours sous l'empire de ces conventions, des préjugés, des apparences. Verdi fut un homme en colère, un anticonformiste poussant parfois jusqu'à la cruauté l'expression de ses indignations ou de sa rage face à certaines situations. C'est cette insoumission foncière face aux injonctions de la mode, de la censure et des convenances, qui donne à son oeuvre la puissance qui lui a permis de traverser le temps et de rencontrer aujourd'hui encore nos rêves et nos révoltes. Sylvain Fort livre ici de cet insurgé un portrait qui n'est pas sans échos avec l'état de nos sociétés contemporaines.
Avec ce livre sur Brahms (1833-1897), Brigitte François-Sappey creuse plus profond le sillon de la musique allemande romantique, qu'elle a tracé dans de nombreux écrits. En s'engageant avec chaleur en faveur du compositeur exigeant du Requiem allemand, parfois mal compris, elle éclaire le parcours d'un jeune musicien irrésistible et surdoué, qui, né à Hambourg, a trouvé dans « la ville sainte de la musique », Vienne, le lieu propice à sa création. Sa rencontre décisive avec Schumann le marque d'un sceau indélébile. Toute son existence, il entretiendra une relation privilégiée, musicale et affective, avec Clara Schumann, et sera lié, de façon décisive pour son oeuvre, avec les grands interprètes de son temps, au premier rang desquels Joseph Joachim. En dépit de controverses esthétiques l'opposant à Liszt et à Wagner, ses aînés, il est reconnu comme un maître, couvert d'honneurs, et sera révéré par ses successeurs, ceux de l'école de Vienne entre autres. Cet ouvrage de référence - « actuel », pour paraphraser le « Brahms Aktuell » d'Adorno -, attendu par de nombreux mélomanes, entrelace une biographie vivante, intégrant toutes les oeuvres, un essai très personnel au plus près de l'espace mental complexe de Brahms et un vaste panorama de sa réception, particulièrement en France. Docteur ès lettres, professeur honoraire au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, Brigitte François-Sappey est l'auteur de nombreux ouvrages, en particulier chez Fayard : Robert Schumann (2000), Felix Mendelssohn (2008), La Musique dans l'Allemagne romantique (2009), De Brahms à Mahler et Strauss, le postromantisme allemand (2010), La Musique en France depuis 1870 (2013), La Musique au tournant des siècles, 89-14 (2015).
Convaincu qu'un orchestre existe d'abord par ses membres, Christian Merlin entreprend ici la biographie des légendaires « Wiener Philharmoniker ». Son ouvrage explore ainsi les spécificités qui font de cet orchestre un phénomène unique au monde : le mode de recrutement des musiciens, leur origine nationale ou ethnique, leur forte dimension familiale, pour ne pas dire dynastique, la place des femmes dans cette communauté longtemps exclusivement masculine, la manière dont ils défendent leur autonomie artistique et renversent le rapport traditionnel au chef d'orchestre, qu'ils élisent et peuvent révoquer, tous ces aspects sont mis sans cesse en parallèle avec la grande histoire, celle de l'Autriche et celle de l'Europe. En fil rouge de ce récit, émaillé d'innombrables anecdotes dues aux fortes personnalités des musiciens, se pose la question de l'existence et de la persistance de ce fameux « style viennois ». Universitaire, docteur en études germaniques et titulaire de l'habilitation à diriger des recherches en musicologie, Christian Merlin est aussi critique musical au Figaro et chroniqueur sur France Musique. Il est notamment l'auteur d'Au coeur de l'orchestre (Fayard, 2012) et des Grands Chefs d'orchestre du xxe siècle (Buchet/Chastel, 2013).
Introduction et notes de Nathalie Krafft C'est un objet unique, engendré par une infirmité. La surdité de Beethoven était devenue telle les dix dernières années de sa vie que ses amis, ses proches, ses visiteurs durent recourir à l'écriture pour s'entretenir avec lui. Sur des tablettes qui restaient à portée de sa main, ou dans des carnets qu'il conservait toujours dans ses poches, ils écrivaient questions ou réponses grâce auxquelles nous connaissons aujourd'hui ses propos quotidiens, des soucis domestiques aux événements du temps, de ses lectures à son goût pour les bons mots, jusqu'aux esquisses musicales jetées sur le papier. Ainsi se sont forgés au fil des jours les Cahiers de conversation, un document exceptionnel qui nous plonge dans la vie musicale viennoise au tournant du XIXe siècle et nous offre un extraordinaire accès à l'intimité du compositeur, saisi aux moments les plus cruciaux de sa vie créatrice.
100 mots pour évoquer la musique classique, c'est beaucoup plus que les 3 clefs utilisées par les compositeurs, beaucoup plus que les 5 lignes d'une portée musicale, beaucoup plus que les 12 notes de la gamme.Mais 100 mots pour évoquer la musique classique, c'est finalement peu. Vouloir recenser tout le vocabulaire, les mots techniques, le jargon, sans oublier les emprunts faits aux autres arts, à l'italien, à l'allemand et à d'autres langues encore, espérer épuiser toutes les ressources du langage musical relève de la gageure.100 mots donc, pour raconter la « Musique classique » : le qualificatif, à lui seul, est un véritable repoussoir. Il évoque un monument qui impose le respect, reflet fidèle d'une pensée bien structurée mais sans aspérité. La norme froide. Pas de défaut donc aucune qualité. C'est oublier que l'imagination, la passion, la jubilation, la souffrance parfois, et pas seulement le travail acharné ont présidé à la naissance d'oeuvres qui traduisent plus d'émotion que tous les mots de toutes les langues !En 100 mots attendus ou surprenants, de « A cappella » à « Zarzuela », en passant par « Fricassée » ou « Eurovision », Thierry Geffrotin nous invite à suivre son parcours musical.
L'entrepreneuriat est devenu, en une vingtaine d'années, une discipline à part entière d'enseignement, de recherche et de gestion des entreprises. Il n'en reste pas moins un champ d'études qui reste encore à défricher. En témoigne la découverte de la toute petite entreprise pour nombre de disciplines, depuis l'artisanat, institution millénaire, jusqu'aux actuelles micro-entreprises. Ainsi, économistes, gestionnaires et sociologues n'hésitent plus à se pencher sur l'entrepreneur, en mobilisant pour cela des méthodes d'observation fondées sur les typologies, les cas d'entreprises et, plus largement, le recours à des grilles d'analyse inspirées par la découverte de la philosophie pragmatiste américaine. L'ouvrage, qui souhaite offrir une ouverture pluridisciplinaire sur la thématique de l'entrepreneuriat, est rédigé par un auteur considéré comme l'un de ses pionniers en France. Il rassemble plusieurs essais inédits de réflexion personnelle, venant souligner, dans un langage accessible à tous, la diversité des questions suscitées par les mutations en cours. Un large public de chercheurs, de praticiens et d'étudiants y trouvera des réflexions approfondies, et parfois iconoclastes, sur les logiques et les pratiques d'action que porte en elle la démarche entrepreneuriale.
Vladimir Jankélévitch, dont l'oeuvre a toujours mêlé philosophie et musique, perce dans cet ouvrage le mystère de l'instant qui est l'essence de la musique de Debussy.Deux mouvements inverses semblent, chez Debussy, parcourir l'espace musical : l'un est descente aux enfers de la profondeur ; l'autre remontée à l'air libre, ascension vers les grands espaces de lumière. Mais quand on étudie ces deux mouvements, on comprend bien vite que l'essentiel chez Debussy n'est ni l'un ni l'autre : l'essentiel est l'instant impalpable, celui-là même que nous appelons apparition disparaissante, surgissement sur fond de silence et de ténèbres ; cet instant est l'éclair, ou à l'inverse (ce qui revient au même) l'étincelle qui est l'apparition saisie à l'instant où elle disparaît : Midi est dans le même instant le comble de la lumière et la lumière saisie dans le premier instant de son déclin. Debussy donne une voix aux choses les plus impondérables et les plus précaires, les plus inconsistantes et les plus inexistantes de la création : une brève rencontre et une légère respiration, une réminiscence fugitive qui, comme l'étoile filante, traverse l'espace nocturne de la mémoire, un reflet qui tremble dans l'eau, un souffle de vent qui passe dans l'air du soir, un nuage dans le ciel.
Ce récit sincère et authentique livré par le pianiste prodige Evgeny Kissin, nous dévoile pour la première fois l'intimité d'un parcours exceptionnel. La trajectoire du grand musicien Evgeny Kissin est fulgurante. Né à Moscou en 1971, il révèle ses talents de pianiste de manière fulgurante et donne son premier récital à 11 ans. Il ne cessera ensuite d'enchaîner les concerts et deviendra rapidement l'un des plus talentueux pianistes de son temps. Il retrace dans ce livre, avec sincérité et enthousiasme, son itinéraire passionnant. Il raconte ainsi la Russie de son enfance, sa découverte du piano et de Bach, ses débuts en public, les musiciens prestigieux avec lesquels il a travaillé, les rencontres étonnantes qui ont ponctué son existence ainsi que ses réflexions sur son identité yiddish. Un texte d'une rare vitalité, d'un grand musicien conscient de sa chance, mais qui conserve une fraîcheur et une énergie de vie communicative partageant ainsi la passion qui l'anime bien au-delà du cercle des mélomanes.
Dans chacun des cinquante portraits qui composent cet ouvrage sont retracées la vie et la carrière de la cantatrice, analysée la spécificité de son art, permettant au lecteur de connaître les caractères de son répertoire et de sa discographie. Remarquablement documenté et accompagné d'une iconographie riche et originale, l'ensemble constitue une précieuse introduction à l'intelligence de l'art lyrique. De Géraldine Farrar à Edita Gruberova pour les sopranos, et de Conchita Supervia à Grace Bumbry pour les mezzos, en passant par Maria Callas, Elisabeth Schwarzkopf ou Kathleen Ferrier, près de 8 heures de musique donne à entendre chacune dans un air particulièrement représentatif de son art. 85 morceaux de musique sont inclus dans ce livre numérique enrichi. Les Grandes divas du XXe siècle. Version enrichie lisible exclusivement sur iPhone et iPad.
La biographie "complète" de Verdi - le compositeur comme l'homme privé et l'acteur politique - par un grand historien.Giuseppe Verdi n'est pas seulement l'un des maîtres de l'opéra mondial. Il fut aussi, au même titre que Garibaldi et Cavour, l'un des héros du Risorgimento italien, l'homme dont l'image s'est identifiée pour les Italiens avec celles de la liberté et de la nation. Comment ce fils du peuple, né en 1813 sujet de la France napoléonienne, est-il devenu trente ans plus tard le porte-parole d'un patriotisme italien dressé contre la domination autrichienne ? Dans une Italie où règnent l'analphabétisme et le pluralisme des idiomes, nombreux sont ceux qui, bourgeois ou représentants du peuple citadin, vont trouver dans la musique du maître de Busseto le moyen d'exprimer leur désir de vivre libres. Cette communion patriotique suscitée par l'opéra verdien ne saurait faire oublier que ses oeuvres sont acclamées de Paris à Londres et Saint-Pétersbourg. Verdi est bien le " patron " de la seconde moitié du XIXe siècle par l'ampleur et le renouvellement de ses créations. Et jusqu'à sa mort, en 1901, il tient en respect la jeune génération italienne comme l'astre montant de la musique européenne : Richard Wagner. Mais l'homme Verdi ne se réduit ni à sa production dramaturgique ni même au rôle mobilisateur qui fut le sien. Propriétaire terrien bâtissant, arpent après arpent, son domaine sur les rives du Pô, ce philanthrope se montre ami fidèle, époux et père brisé par la disparition des siens, puis compagnon de vie d'une autre victime du destin, la cantatrice Giuseppina Strepponi, qu'il lui faudra imposer face aux préjugés du temps. Tels sont, continûment mêlés, les traits d'un personnage qui, à l'instar en France de Victor Hugo, a mis son génie au service de la liberté. Pierre Milza est l'auteur de nombreux ouvrages à succès dont Une histoire des relations internationales, un Mussolini et un Napoléon III, couronné par le Prix Le Point de la biographie et le Prix des Ambassadeurs (2004).