History of Music
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« Sans la musique, la vie serait une erreur », affirmait Nietzsche. Art du son et du temps, la musique occidentale se distingue des musiques ethniques par son incessante évolution liée à son système de notation. Cette musique savante est à la fois art, science et philosophie. Vocale ou instrumentale, elle accompagne les sociétés dans leurs rituels et dans leurs festivités. Brigitte François-Sappey retrace l'histoire de la musique européenne, du IVe au XXIe siècle, au fil de trois parties chronologiques : l'âge modal, l'âge tonal, l'âge de la « tonalité suspendue ».
La musique classique est partout, dans les films, dans les séries, dans les publicités et sur scène, plus moderne que jamais. Mais qu’en connaissons-nous vraiment ? Qui pourrait soupçonner que Carmen fut d’abord un échec pour Bizet avant de devenir l’opéra le plus joué ? Qui a composé le premier opéra ? Comment Liszt, première « rockstar » du XIXe siècle, déclencha les transes de ses spectateurs, avant de prendre sa retraite comme abbé ? Révisons Nos Classiques nous propose une plongée dans l’histoire à travers 49 événements, morceaux et compositeurs célèbres ou oubliés, mais incontournables pour comprendre la musique qui nous berce aujourd’hui. Avec 49 morceaux commentés à écouter dans la playlist Warner Classics accessible en ligne.
Ces entretiens investissent et analysent les processus de création du jeune Pierre Boulez après ses années de formation sous l'Occupation auprès d'Olivier Messiaen et de René Leibowitz. Cette publication prend à contrepied l'approche hagiographique trop souvent pratiquée à l'égard de Pierre Boulez et de son oeuvre. Le ton ici adopté vise à interroger concrètement la réalité des étapes de la construction du langage musical du musicien, loin des idéologies musicologiques, et à resituer Pierre Boulez dans le contexte complexe de la Libération.
L'oeuvre de Vladimir Jankélévitch mêle intimement philosophie et musique, régime de correspondance auquel le philosophe-musicien a toujours aimé se tenir. « La musique, rappelle-t-il, est un art temporel non point secondairement, comme la poésie, le roman ou le théâtre, mais essentiellement. » Son domaine est la « temporalité enchantée », le mystère de l'instant, le charme de la nostalgie, du nocturne et des parfums de la nuit, du lointain, du silence surtout, puisque la musique, née du silence, y retourne. Ce livre réunit des textes peu connus, inédits ou depuis longtemps inaccessibles. Comptes rendus de concerts et de festivals, évocations poétiques des musiciens chers à son coeur : les musiciens français, particulièrement Debussy, Ravel, Fauré ; les musiciens de l'Europe centrale, Chopin et Liszt, le rhapsode et baladin du monde européen, image même de notre modernité ; les génies de la musique russe, notamment Moussorgski et Rimski-Korsakov. Pour Vladimir Jankélévitch « on ne pense pas la musique », mais on peut penser en musique, ou musicalement. Le lecteur retrouvera dans ces textes le bonheur de la mystérieuse connivence d'une pensée sur la musique qui donne à entendre musicalement.
Résonner, réverbérer, paysager, cartographier, retentir : une réflexion philosophique sur le lieu du son, de l'esthétique musicale à l'habitat sonore, au croisement des études du son, de la musique et de la technique, et de la phénoménologie. Que signifie le fait que le son ait (un) lieu, à l'ère du son enregistré et donc délocalisé ? En cinq parties, l'ouvrage se propose de questionner le lieu du son (qui est aussi, mais pas seulement, celui de la musique), en se donnant pour point de départ l'émergence, au cours du XIXe siècle, des techniques de son enregistrement. Il faut mobiliser la physique (résonner), l'acoustique architecturale (réverbérer), l'écologie sonore (paysager) et le soundmapping (cartographier), mais aussi, in fine, la phénoménologie (retentir), pour savoir si le son a vraiment lieu, si son retentissement n'est pas bien plutôt l'éclatement de toute assignation possible à un lieu. Dans cette affaire, la philosophie du son est toujours aussi celle des techniques qui permettent de lui donner un lieu, tant une phénoménologie naturaliste doit, en l'espèce, être remplacée par une phénoménotechnique du son.
De Joséphine Baker à Juliette Armanet, ce livre révèle comment la chanson française a su dire l’amour lesbien, entre sous-entendus malicieux et audaces assumées. Un voyage musical et historique aussi savant que jubilatoire, illustré avec esprit.
Depuis 1600 en Europe, puis 200 ans plus tard en Amérique, l'opéra reflète les thèmes culturels et les différents aspects de la vie quotidienne. Neuf chapitres retracent chronologiquement cette histoire de l'opéra des origines à nos jours ; contexte historique, style lyrique, décor de théâtre et biographie des compositeurs regroupés par écoles jalonnent ce florilège des principales oeuvres du répertoire. Cet outil indispensable en résume les arguments, clarifie les principaux termes musicaux et s'attarde parfois plus longuement sur les grands succès. Par force de détails, précisions, anecdotes et autres curiosités, l'auteur invite le lecteur à découvrir les lieux magiques, où les sentiments des protagonistes sont traduits par les paroles et soutenus par la musique. Ce livre s'adresse à tout mélomane, enseignant, étudiant, musicologue, ainsi qu'aux professionnels du spectacle, interprètes, programmateurs musicaux et décorateurs sonores. À PROPOS DE L'AUTEUR Bernard Wodon, docteur en Philosophie et Lettres, a enseigné à l'université de Liège (Belgique), à l'Institut des hautes Études des communications sociales (I.H.E.C.S.) de Bruxelles et, comme invité, aux universités de Louvain et de Bruxelles. Cet ouvrage prolonge son Histoire de la musique parue chez Larousse en 2014. Son importante synthèse avec lexique, "1500 ans d'arts et de musique en Belgique", édité en 2021 par La Renaissance du Livre, réserve, elle aussi, une large part à ce genre musical.
Olivier Latry a beau être titulaire d'un des plus prestigieux orgues du monde, celui de la cathédrale Notre-Dame de Paris, il n'en est pas moins, depuis des années, un artiste-voyageur, arpentant la France et le monde au fil de ses nombreuses tournées. De riches découvertes, des moments émouvants ou plus cocasses, des rencontres passionnantes avec des musiciens aux instruments les plus divers... Avec l'orgue, l'aventure se renouvelle chaque jour et la surprise est toujours au rendez-vous. De Meaux à Montréal, de Remiremont à Budapest, de Toulouse à Tokyo, l'organiste itinérant marche sur les pas de Johann Sebastian Bach, Georg Friedrich Haendel ou Franz Liszt, mais aussi sur ceux, plus près de nous, de Gaston Litaize ou Olivier Messiaen. L'auteur de ces carnets évoque avec pudeur et fantaisie le rapport étroit qu'il entretient à l'indicible, à la foi, dont tout artiste se fait l'apôtre, parfois à son insu. Olivier Latry, né en 1962 à Boulogne-sur-Mer, organiste, concertiste et professeur d'orgue, est titulaire du grand-orgue de Notre-Dame de Paris. Il a publié chez Salvator avec Stéphanie Friédérich, À l'orgue de Notre-Dame (2021).
Les années 1970 ont été l'âge des extrêmes, entre sexe, drogue et bien-sûr, rock'n'roll. Barry Miles raconte ici ses rencontres, à New York et à Londres, avec les légendes des années 1970 et montre à quel point des artistes comme Patti Smith, ou The Ramones, mais aussi des écrivains comme William Burroughs ou Allen Ginsberg, ont influencé l'émergence d'une contre-culture. Figure incontournable de la contre-culture, Barry Miles est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la musique, la littérature, l'underground des sixties et des seventies : Hippies (Octopus/Hachette, 2004), Beat Hotel (le Mot et le Reste, 2011), Ici Londres ! Une histoire de l'underground londonien depuis 1945 (« Rivages Rouge », 2012). « Le leader de la section intellectuelle de l'underground. » - The Guardian « Un regard original sur les années 1970. » - ELLE (UK) « Miles est un pivot du Londres contre-culturel des années 1960-1970... Saisissant ! » - Metro (UK) « Une formidable plongée dans l'âge d'or de la culture underground. » - France Inter
Laurent Jaoui retrace l'histoire des émissions musicales radiophoniques les plus emblématiques des années 1960 à nos jours. Il s'est entretenu avec une vingtaine de présentateurs qui ont marqué l'histoire de la musique : Georges Lang, Yves Bigot, Francis Zegut, Éric Jean-Jean, Rebecca Manzoni, Patrice Blanc-Francard ou Émilie Mazoyer. Entre anecdotes et souvenirs, ces présentateurs reviennent sur leur parcours, les moments clés de leur carrière, la découverte d'artistes et de groupes mythiques. Ils livrent les secrets de fabrication et les coulisses de ces émissions. Laurent Jaoui revient sur plus d'un demi-siècle d'histoire de la musique à la radio raconté par ceux et celles qui l'ont marqué.
« En même temps que je commençais à m'imaginer en compositeur, je décidais de devenir musicologue. » Jamais je n'aurais pensé qu'il soit possible de dissocier composition et théorie musicale, recherche et création. Inversement, il m'était difficile d'imaginer devenir un compositeur qui ne soit pas aussi un praticien, c'est-à-dire un transmetteur : instrumentiste, mais aussi accompagnateur, improvisateur et, bien entendu, enseignant. Mon parcours ne s'est pas présenté à moi comme un effort pour affranchir, puis concilier des disciplines ou des domaines dont le cloisonnement m'étouffait. Je l'ai vécu intimement comme le déploiement naturel, logique et nécessaire d'une conception personnelle de la musique, élaborée dans un va-et-vient incessant et fécond entre la solitude du chercheur ou du compositeur et le partage avec les publics académiques ou mélomanes, ainsi qu'avec les autres arts, en particulier la littérature et le cinéma.
Depuis la fin du xixe siècle, la sociologie de la musique (dont Max Weber fut un pionnier) a voulu montrer que « la musique, c'est toujours plus que de la musique » ; que, « fait social total » (notion empruntée à Marcel Mauss), elle fait entendre un écho de la société dans laquelle elle est produite tout en influant sur sa vie collective. L'ethnomusicologie s'est ensuite attachée à rendre compte de la place et du rôle de la musique dans des sociétés où elle est transmise oralement, pour s'ouvrir plus récemment à toutes sortes de genres. Parallèlement, s'est développée une sociologie des musiques populaires qui a étudié, entre autres, les mécanismes de sa production et de sa diffusion, les paroles des chansons et ses significations sociales. Ce livre, qui se rattache à cette dernière discipline sans négliger les enseignements des précédentes, présente une conception de ce que la sociologie des musiques populaires peut apporter à la compréhension des phénomènes sociaux et politiques. Il propose en outre des études de cas, échelonnées dans le temps, réparties dans l'espace, qui abordent les questions de la créolisation des musiques dans des sociétés modelées par le colonialisme et envisage notamment les héritages de l'esclavage inscrits dans les genres populaires aux xxe et xxie siècles, tout en illustrant certaines perspectives et méthodes. Ces études portent sur différents répertoires de musique sud-africaine, de musique antillaise, de musique afro-étatsunienne pour finir par une réflexion sur le phénomène de la world music.
Unique opéra de Beethoven, Fidelio, composé entre 1804 et 1814, présente une vision héroïque de l'amour conjugal, en même temps qu'il dénonce l'arbitraire et célèbre la liberté. Laissant rarement indifférent, cet opéra ouvre de multiples pistes de réflexion dont cet ouvrage, issu d'un projet de recherche collectif franco-allemand, souhaite donner un aperçu le plus stimulant et original possible.Chercheuses et chercheurs de différentes disciplines (musicologie, histoire, droit, littérature), représentants de la scène musicale et théâtrale (metteuses et metteurs en scène, interprètes) interrogent les transferts, circulations transnationales et appropriations dont Fidelio a fait l'objet, de sa genèse jusqu'à nos jours, en Europe et sur d'autres continents. Dans une perspective d'histoire culturelle, une lecture esthétique et philosophique de l'oeuvre est mise en perspective avec l'analyse des contextes socio-culturel et politique des multiples productions, exécutions et réceptions de Fidelio.
Cet ouvrage représente une démarcation par rapport aux travaux antérieurs de l'auteur ; toutefois, il s'inscrit dans la démarche d'une analyse structurale des « lieux », non plus architecturaux et/ou anthropologiques, mais dans celle d'un principe musical (scansion, tensivité, accords) entendu au sens de la tradition occidentale jusque dans ses expressions les plus contemporaines (Xenakis, Messiaen). L'expression « architectonique » (architecturale, musicale) représente ainsi une telle continuité.Plus largement, cette entreprise s'inscrit dans une sémiotique générale (textualité et iconicité) dont elle participe par de nombreux aspects en ce qu'elle fait appel à de nombreuses considérations (totalisation et modalisations, principalement) dépassant le cadre d'une simple logique de la substance sonore.
Ils s'appelaient Aznavour, Piaf, Ferré, Leclerc, Robi, Julien, Vian... Ils avaient de curieux animaux domestiques, leurs parents en fuite se sont croisés quelque part aux confins de l'Europe et de l'Asie, ils ont fait de la prison, ont survécu à de tragiques accidents de la route, ils étaient ingénieurs avant d'être poussés sous les feux de la rampe ou sont devenus professeurs quand la lumière s'est éteinte, ils ne savaient pas lire la musique, leurs objets fétiches étaient leurs marques de commerce... Autant de petites histoires cocasses, dramatiques ou touchantes qui grouillent autour des grands noms de la chanson française des années 1920 aux années 1970. Autant d'anecdotes qui permettent de restituer dans leur splendide humanité ces icônes aux destins extraordinaires auxquelles Catherine Pépin voue un amour inconditionnel. Autant d'occasions pour nous, lecteurs et lectrices, de découvrir les talents d'une raconteuse née qui manie la plume comme d'autres l'archet.
L'ensemble à vent fait partie de ces objets sonores qui traversent les siècles. Symbole associé au pouvoir politique ou militaire, il sonorise les entrées royales, offre le faste des cuivres et des bois aux solennités civiles ou processions religieuses, rythme au son des fifres et tambours le pas du soldat et offre les premiers concerts publics dans le milieu urbain. De ses lointaines origines il ne garde que son aspect ostentatoire. Tout au long du XVIIIe siècle une longue construction organologique faite d'emprunts aux nations voisines donne naissance à la Musique d'Harmonie. Compositeurs et interprètes produisent pour ce phénomène de société mêlant civil et militaire. Le présent ouvrage entend explorer les aspects les plus significatifs de cette évolution mêlant pratiques sociales, insertions politiques et création musicale. Il est le premier opus d'un ensemble qui, tout en laissant une place de choix aux documents d'époque, permettra de suivre l'évolution de l'ensemble à vent de 1700 à 1914.
Le Conservatoire de musique de Paris est né du rêve d'apporter à tous ses enfants la paix, l'élégance et l'idéal élevé de la pratique musicale. La Révolution française révèle par là l'antagonisme d'une période d'agitation, mais aussi de sève créatrice. Les questions de concevoir, organiser, mettre en route une nouvelle école intéressent bien des publics, comme les professeurs de musique, les mélomanes et parents dont la descendance aspire à s'approprier l'usage d'un instrument ou de la voix, les historiens ou les directeurs des conservatoires. Lorsqu'on s'intéresse dans le détail à l'existence du Conservatoire de Paris au début du XIXe siècle, beaucoup d'éléments communs de 1800 à 2022 laissent surgir de fortes différences entre l'apprentissage, l'usage, le répertoire. C'est que les contemporains de Napoléon 1er n'avaient ni notre mentalité ni notre façon de vivre. Le lecteur pourra ici découvrir ces richesses sociales et culturelles de notre histoire.
Qu'est-ce qu'être musicien au XVIIIe siècle ? Dans un livre qui se lit comme un roman, Aurélien Gras restitue avec finesse et sensibilité l'univers social et professionnel de ces artistes d'Ancien Régime, qu'ils soient compositeurs ou interprètes. À partir de minutieuses recherches dans les fonds d'archives provençaux, de Marseille à Arles, en passant par Aix et Avignon, l'auteur fait résonner leurs notes partout, de l'église à la rue, du théâtre aux noces de quartier. Dans cette Provence moderne, les lecteurs verront aussi surgir tout un pan de la vie sociale, encore trop ignoré. Prenons donc plaisir à découvrir les conditions d'exercice d'un métier à la fois essentiel et marginal dans une société d'ordres qui ne pouvait subsister sans se célébrer en musique.
L'auteur aborde ici l'oeuvre des principaux compositeurs occidentaux des années vingt (Ravel, Stravinski, Prokofiev, Janácek, Bartók, Schnberg, Berg, Webern et d'autres). Il recherche leurs singularités et leurs convergences, afin de les inscrire dans chaque contexte national, ainsi que les rapporter aux tensions de cette période. Il semble que la créativité ait été alors le champ d'une double confrontation : l'une opposant un cosmopolitisme à des nationalismes, et l'autre une recherche d'abstraction à d'autres formes d'expressivité plus affectives.
Les Cahiers Maurice Ravel s'adressent aux musiciens, chercheurs, musicologues et mélomanes attachés à mieux comprendre la vie, l'oeuvre et la personnalité du compositeur. Le numéro 21 comporte 7 articles : « Ravel au miroir des salons » par François Porcile ; « L'Ariel français du clavier : Jean Doyen (1907-1982), pionnier, légataire » par Frédéric Gaussin ; « Les Miroirs » par Gérard Bégni ; « Leçons de style avec Jean-Efflam Bavouzet, François-Xavier Roth et Lucas Debargue », propos recueillis par Jean-François Monnard ; « Franz Liszt chez Maurice Ravel » par Manuel Brossé ; « Miroirs et Reflets Debussy et Ravel face à Mallarmé, une confrontation au sommet ? » par Bernard Demierre ; « Trajectoires croisées » par Jean-François Monnard. Il comporte également un compte-rendu des publications et de la discographie ravéliennes ainsi qu'un inventaire des pièces passant en vente aux enchères.
Le Roi René (1409-1480) fut étudié à de nombreuses reprises et sa passion pour les tournois et pour les arts lui a valu sa renommée. Mais on connaît moins l'importance que la musique occupe à sa cour. Pourtant, omniprésente chez René d'Anjou, elle se manifeste par la présence d'instruments de musique, de chanteurs et des archives font état de dépenses à ce sujet. Du château d'Angers à celui de Tarascon en passant par la Lorraine, la musique est de toutes les fêtes.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
La musique, c'est du son. Mais c'est aussi un lieu : un lieu de tension et de relâchement ; un lieu de rencontre avec soi-même et avec l'autre ; un lieu de réalisation, de mise en scène et de consommation ; un lieu de reproduction mais aussi de transformation. Bref, un lieu de pouvoir, un lieu du politique. S'engager en politique et faire de la musique, ce qui comprend l'écoute active, sont des façons d'interpréter et de changer le monde autour et à l'intérieur de nous. Mariella Pandolfi et Laurence McFalls ont invité des artistes, des intellectuels, des praticiens de différents domaines et disciplines à exposer leur « vérité » sur la musique. Ce faisant, ils jettent la lumière sur le lien profond, voire la convergence, qui unit le musical et le politique, ces deux domaines de la vie humaine et sociale où la passion et la raison, le déchaînement et la discipline, l'amour et la mort, la violence et la paix, le banal et le sublime luttent et se marient dans la recherche non seulement de la domination et de la résistance, mais aussi de ce qu'ils tiennent pour le beau, le juste ou le vrai. Tout en privilégiant une multiplicité de voix et une pluralité de registres (personnel, poétique, historique, psychanalytique, philosophique), Mariella Pandolfi et Laurence McFalls ont mis l'accent sur une forme particulière de la musique occidentale, soit l'opéra, sans toutefois oublier la musique orchestrale, le jazz ou la chanson populaire.
Un petit million de personnes (et plus de douze millions de téléspectateurs scotchés à leurs postes de télévision) s'est massé sur les Champs-Élysées pour rendre un ultime hommage à Johnny Hallyday, un « Héros National Français », dira le président Macron. Sept ou huit centaines de personnes ont assisté à l'oraison funèbre rendue à Pierre Boulez dans l'église Saint-Sulpice. Aucun discours du gouvernement. Pas de doute, Allumer le feu de Hallyday a drainé plus large que le Pli selon Pli de Boulez.Pour un gala de Johnny au Stade de France, cinquante mille personnes se précipitaient. Quand on joue un programme dévolu aux Beethoven d'aujourd'hui, rassembler mille personnes est une prouesse.Pourquoi ce décalage ? Pourquoi cet écartèlement ? C'est à quoi ce texte tente partiellement de répondre.
Fait unique dans l'histoire de la chanson, ils ont obtenu cinq fois le Grand Prix de l'Académie Charles Cros. Ils : ce sont Les 4 Barbus. Mythique quatuor de l'après-guerre, ces amis, troubadours des temps modernes, ont enchanté leur auditoire durant trente ans. Jamais en France, une telle perfection vocale, une telle homogénéité, ne furent atteintes au sein d'un groupe de chanteurs dit de variété. Véritables ambassadeurs, ces artistes appréciés de tous ont porté très haut les couleurs de la chanson française sur les cinq continents. Fidèles des maisons de disques Polydor, puis Philips, ils nous ont laissé quantité d'enregistrements, témoignages d'un travail d'exception, d'excellence, tant sur le plan de la technique vocale que sur celui de l'interprétation. Après une vie bien remplie, au service du spectacle vivant, ils décidèrent de retourner dans l'anonymat. Voici l'histoire émouvante tout autant qu'étonnante des 4 Barbus.
De ses liens étroits, historiques et spirituels avec le mouvement rastafari et de ses valeurs originelles identitaires et révolutionnaires, le reggae garde une réputation phallocratique. L'étude approfondie que propose Laure-Hélène Swinnen des images de la « reggae woman » dans trois expressions médiatiques, confrontées aux représentations sociales délivrées par des entretiens réalisés sur le terrain auprès d'un panel de festivalières, livre des figures représentatives de la femme professionnelle ou amatrice de reggae pour lesquelles une concordance puissante a été constatée et une connexité forte, établie. Si les femmes du reggae sont encore aujourd'hui historiquement, contextuellement et injustement en déficit de représentativité et en carence de visibilité, l'air du temps semble cependant impulser un changement.
L'ouvrage est une riche évocation de tout le spectre des musiques, de celles de tradition orale aux plus savantes, en passant par les « mésomusiques » - les musiques « populaires » aux différents sens du terme. Il montre la dépendance des musiques à l'égard des idéologies, en particulier sous le régime communiste, ce qui n'a pas manqué de susciter quelques controverses à sa sortie en Roumanie en 2002. Il couvre le XXe siècle roumain à l'exception de son ultime décennie, les années 1990, trop chaotiques et trop marquées encore par les différentes orientations nationales puis nationale-communiste du siècle.
Le microphone est un exhausteur de son. Il permet à l'artiste, non pas de chanter plus fort, mais de baisser la voix. Il rend audible un chuchotement dans une grande salle de spectacle. Cet art de l'amplification sonore, encore balbutiant en France dans les années 1930, transforme radicalement le paysage musical et les codes de la performance vocale. Quelques chanteuses et chanteurs d'avant-garde essaient d'apprivoiser le potentiel de l'instrument, tout comme les crooners américains une décennie plus tôt. Ils ajustent pour cela leur manière de chanter, tentent de répondre aux exigences de la technique par de subtiles adaptations. Souffle, gestuelle, diction, déplacements et expressions du visage se réinventent. À la croisée de lectures socio-techniques, artistiques et historiques, ce livre propose d'explorer la façon dont le microphone et le corps de l'interprète se rencontrent, ouvrant ainsi la voie à la diversification musicale de la seconde moitié du xxe siècle.
Mieux connaître certains des chemins musicaux entre Espagne et France, telle est l'ambition de ce livre. L'auteur analyse aussi bien la vie musicale de la Cour et la pratique musicale des cathédrales que les réalités concrètes transmises par les récits des voyageurs français sur le sol étranger et qui embrassent des aspects quotidiennement vécus. Remarquablement documenté à partir des archives musicales et documentaires des deux pays, cet ouvrage témoigne des convergences et des différences entre leurs traditions respectives.
Après le triomphe de Guillaume Tell en 1829, opéra patriotique qui rompt avec le genre cher au compositeur, l'opera buffa, Rossini cesse de composer, à l'exception d'un Stabat Mater. Pourquoi ce silence ? Balzac, Stendhal et Dumas qui admiraient Rossini, ont tenté, chacun de son côté, de l'expliquer, sans convaincre. Évoquant la carrière musicale de Rossini sous Napoléon, alors roi d'Italie, et l'essor de la Légende née à Saint-Hélène après la mort de Napoléon, ce livre propose une autre interprétation de Guillaume Tell et du silence qui suivit son triomphe.
Les années 1945-2015, une traversée musicale de la deuxième partie du XXe siècle, vue par un musicien qui pratiqua plus ou moins toutes les formes d'expression musicale. Henri-Claude Fantapié, chef d'orchestre, compositeur, directeur de conservatoire, musicologue, fit aussi, selon les époques, des incursions dans les mondes du jazz, de la chanson, de la musique de rue, de la critique. Ce livre est le procès-verbal partiel et partial d'une vie dans un monde en constante mutation, qui va de l'immédiat après-guerre aux premières années du XXIe siècle.
Giovanni Pierluigi naquit en 1524 à Palestrina, l'ancienne Préneste, petite ville des États Romains, du nom de laquelle on a l'habitude de l'appeler. Cet illustre compositeur occupe une des premières places dans l'histoire de la musique. Une grande obscurité plane sur sa jeunesse ; on sait seulement que ses parents étaient pauvres et que c'est comme enfant de choeur qu'il apprit les éléments de la littérature et de la musique. On remarquera que c'est là le début ordinaire des plus grands compositeurs.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.