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Discours de réception de Robert Kemp à l'Académie française
Le 27 mars 1958, Robert Kemp prononce un discours mémorable à l’Académie française, marquant son entrée parmi les Immortels.
shield_question Frequently Asked Questions
person_edit À propos de des auteurs
Robert Kemp et Émile Henriot incarnent deux figures majeures de la critique littéraire et théâtrale française du XXe siècle. Leur collaboration, notamment lors de la réception de Kemp à l’Académie française, illustre leur engagement commun pour la défense de la culture, de la langue et du théâtre. Leurs échanges, marqués par une prose élégante et une pensée exigeante, reflètent une époque où la critique était considérée comme un art à part entière, au service du public et de la création.
Robert Kemp
Robert Kemp (1879–1959), journaliste, critique littéraire et dramatique, fut une voix majeure de la presse culturelle française. Chroniqueur au Temps puis au Monde, il couvrit pendant plus d’un demi-siècle la vie littéraire et théâtrale, avec une verve et une liberté de ton remarquables. Élu à l’Académie française en 1956, il y défendit une vision exigeante de la critique, comme service public et art à part entière. Son discours de réception reste un texte de référence sur le métier de critique.
newsmode Revue de presse
Je suis critique dramatique d’un journal, et littéraire d’un autre. Voilà mon bagage. Vous l’avez pesé avec une bienveillance qui me comble de gratitude. Si je suis l’ambassadeur, le représentant de la presse, dans votre assemblée, et si vous m’autorisez à prendre parfois leur parti, à les louer de leurs travaux, j’en éprouverai une joie profonde.
Le métier de critique est difficile. Il exige du savoir et du goût, de la conscience, du courage, de la liberté. Vous répondez, Monsieur, à ces exigences, et c’est pour cela que nous vous avons élu, quand bien même vous ne faites pas toujours plaisir à chacun de nous.
La critique ainsi entendue est de service public, et Robert Kemp toute sa vie s’est acquitté de ce service avec une abondance et une générosité qui n’ont d’égales que son désintéressement, jetant au vent comme il l’a fait au cours de plus d’un demi-siècle, tous les jours et sur tous sujets, ces milliers d’articles du Temps, du Monde, des Nouvelles littéraires, qui rempliraient une bibliothèque s’il s’était donné la peine non seulement de les rassembler, mais encore de les conserver.
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