Histoire de l'Afrique subsaharienne
Histoire de l'Afrique subsaharienne
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Le génocide perpétré au Rwanda d'avril à juillet 1994 a été exceptionnel par son envergure, sa rapidité et son mode opératoire : plus d'un demi-million de Tutsi ont été exterminés en cent jours. Les victimes sont généralement tombées sous les coups d'un très grand nombre d'assassins ayant eu recours à des armes rudimentaires. Quels ont été les ressorts d'une telle tragédie ? Quelles en ont été les causes, lointaines et plus immédiates ? Comment s'est-elle déroulée ? Quelles séquelles a-t-elle laissées ? Ce génocide n'appartient pas qu'à l'histoire : il reste un enjeu politique contemporain, tant au Rwanda qu'ailleurs dans la région et de par le monde, notamment en France. Les débats restent intenses ; les oppositions, souvent violentes. Filip Reyntjens, en s'appuyant sur des faits communément admis, offre des clés de lecture pour une interprétation plus sobre de ce qu'on a appelé le « dernier génocide du XXe siècle ». « Filip Reyntjens, fin connaisseur de la région des Grands Lacs [...] rappelle que la communauté internationale est loin d'avoir accompli son examen de conscience. » Le Monde, 4 avril 2017 « Filip Reyntjens [...] aborde le génocide comme un fait politique et, en bon universitaire, analyse sobrement les positions des uns et des autres. » Le Soir, 1-2 juillet 2017
À la fin du xixe siècle, sur le littoral de l'actuel Kenya, une cité-État swahili tente de survivre aux bouleversements politiques et aux appétits impériaux. Fondée en 1862 par des é
En 1880, l'Europe, convaincue de sa supériorité technique et de sa mission civilisatrice, envoie ses soldats prendre possession des territoires africains que se partagent ses diplomates. Révoltes, rébellions, migrations, grèves, boycotts, pétitions, renvois de délégations... Longtemps minimisées, sous-évaluées ou dissimulées, on compte pourtant pas moins de 2 000 manifestations de résistance armée au cours de la seconde moitié du xixe siècle. Loin d'avoir accepté leur sort, des figures comme Muhammad Ahmad le Mahdi, le messie islamique, Ahmadou Bamba, le mystique soufi, Samory Touré, le « Napoléon des savanes » ou Rabah, le seigneur de guerre esclavagiste, se sont élevées contre cet impérialisme européen. Un pays en particulier incarne le cri de révolte des peuples africains : l'Éthiopie. En 1896, à la bataille d'Adoua, Ménélik II met un brusque coup d'arrêt aux prétentions italiennes. Le tournant du xxe siècle voit pour la première fois un pays africain assurer son indépendance et imposer sa souveraineté. Une victoire qui entre dans l'Histoire : Adoua devient un véritable mythe et un symbole international, essentiel à la naissance du panafricanisme. La course à la colonisation n'était pas jouée d'avance : c'est ce que montre le récit vif et captivant de ces combattants africains.
L'An Mil est un chrononyme, un de ces noms d'époque fabriqués par les historiens pour qualifier un morceau de temps, parfois à partir de l'histoire des sociétés étudiées, souvent à partir de leur interprétation du passé. Promu par le grand historien médiéviste George Duby pour saisir les sociétés chrétiennes un millénaire après l'incarnation de leur seigneur, ou par le géographe médiéviste André Miquel pour rendre compte d'un monde islamique à son zénith impérial, l'An Mil évoque tour à tour l'enchâtellement, le féodalisme, la splendeur des cours des califes, ou encore des sociétés régulées par la vie religieuse... Bien qu'ayant été étendu, le rayonnement géographique de l'An Mil est resté confortablement confiné aux oekoumènes des deux grands monothéismes. L'An Mil, Afrique de l'Ouest dépayse volontairement les quelques familiarités attachées au chrononyme. Moment d'un premier optimum du commerce caravanier transsaharien, d'affirmation des traditions religieuses ouest-africaines mais aussi des débuts de l'islamisation au sud du Sahara... l'Ouest africain prit dans les rets de la science arabe médiévale émerge comme un centre majeur d'un An Mil mondialisé.
1994, Rwanda : les chants ont été bien plus que des mélodies. La chanson au coeur du génocide des Tutsi révèle leur rôle central, tant dans la propagande meurtrière que dans la résilience des survivants.
Tunis, 1200. Une flottille pisane attaque le port de la Goulette, déclenchant une crise qui révèle bien plus qu’un simple raid : un monde méditerranéen où commerçants, diplomates et pirates tissent des liens complexes.
On le sait peu, mais près d'un litre sur dix de l'essence vendue aux automobilistes français provient du delta du Niger. Cette région, qui ne doit pas être confondue avec le delta intérieur du Niger au Mali, se trouve sur la côte atlantique du Nigeria anglophone, le pays le plus peuplé d'Afrique et l'un des principaux producteurs de pétrole du continent. Ce dédale de criques, immense, s'étale sur des centaines de kilomètres et constitue le plus vaste delta d'Afrique - le troisième au monde par son étendue. Une grande insécurité caractérise aussi la région, liée à des conflits qui mêlent groupes armés et contrebandiers en tous genres, trafiquants hier d'esclaves, aujourd'hui de fûts de pétrole.Pour beaucoup d'observateurs, la ruée vers l'or noir est à l'origine de ces troubles. Le pétrole serait une malédiction, et le Nigeria un exemple emblématique de gaspillage financier, de gâchis industriel, de corruption endémique, de mauvaise gouvernance, de criminalité violente. Or, à y regarder de plus près, les nombreux conflits qui secouent le delta du Niger ne peuvent être réduits à une simple opposition entre des pêcheurs, des militaires et les multinationales du pétrole. La production d'hydrocarbures ne constitue qu'un des éléments d'un problème dont les racines sociales et communautaires sont beaucoup plus profondes.
Le terme « Berbère », qui désigne la population du Maghreb au moment de la conquête islamique, renvoie à l'idée du caractère autochtone de cette dernière. Cette altérité coexiste cependant dans les textes avec la revendication du caractère oriental des Berbères, à travers l'élaboration de généalogies fictives des tribus, qui présente le Maghreb comme orientalisé avant même la conquête. Mais cette construction s'est accompagnée, très vite, d'un discours des auteurs maghrébins qui revendiquait la place originale et éminente des Berbères face aux Orientaux dans le plan divin, par une inversion assumée des polarités de l'Islam et des hiérarchies des peuples musulmans. Les études réunies dans ce volume analysent cette tension permanente dans le discours, entre la revendication d'une origine orientale et celle d'un rôle éminent des populations musulmanes du Maghreb dans le destin de l'Islam.
Entre les discours selon lesquels l'Afrique ne serait pas « entrée dans l'histoire », ceux qui ne se fondent que sur l'orthodoxie économique opposant Nord développé et Sud qui ne le serait pas, et des visions archaïques bien souvent héritées du passé colonial, le continent africain souffre, en Occident, d'une réputation peu enviable. Une réputation aussi fausse que condescendante et que symbolisait déjà, en son temps, la « négrologie » de Stephen Smith. À l'opposé de ces visions étriquées, l'ouvrage d'Anne-Cécile Robert repose sur une connaissance profonde des réalités culturelles, économiques et politiques du continent, comme des regards qui sont portés sur lui. En posant ouvertement la question « Et si, à l'inverse des croyances les plus diffuses, il était possible que l'Occident ait besoin de l'Afrique et non le contraire ? », Anne-Cécile Robert inverse le champ d'analyse et permet d'interroger nos propres modèles économiques (en crise depuis des années) et auxquels l'Afrique pourrait fournir des réponses, notamment quant à la transition vers un modèle plus harmonieux dans l'équilibre entre les êtres humains et leur environnement.
Jan Vasina est l'un des pionniers d'écriture de l'histoire de l'Afrique ancienne. Historien, anthropologue et linguiste, il a été façonné par son intense fréquentation du terrain congolais et rwando-burundais. Sa méthode reposait sur un double pilier : la recherche sans concession de la vérité et la nécessaire intervention de l'imagination historique. En plaçant le passé de l'Afrique sous la dure lumière de l'histoire, il reconnaissait la place originale que ce passé occupait dans le concert des grandes cultures du monde. Ce recueil d'études sur l'Afrique centrale ancienne se veut un témoignage en hommage à ce grand africaniste belgo-américain.
Redécouvrez l’héritage intellectuel d’Yves Person, pionnier d’une histoire africaine par les Africains, à travers des textes rares et des analyses inédites.
Toutes les familles ont leur histoire. Celle des dos Santos est extraordinaire. Elle met en scène un père autoritaire, une fille milliardaire, un fils en prison, un général effrayant et de nombreux intrigants. Elle se déroule en Angola, champion pétrolier lusophone dont la majorité de la population vit avec moins de deux dollars par jour, et dans sa capitale Luanda, longtemps présentée comme la « Dubaï de l'Afrique ». Arrivé au pouvoir presque par hasard, le père distribue pendant trente-huit ans les ressources du pays à ses proches. Cela fait de lui le chef tout-puissant d'un clan devenu très vite très riche. Ils sont intouchables. Leur règne s'annonce éternel. Jusqu'au jour où le boss est contraint de passer la main. Le nouvel homme fort, pourtant membre de la bande, veut faire le ménage. Dans son viseur, le système dos Santos. Rebondissements, coups tordus et manipulations, tels sont les ingrédients de cette haletante saga familiale. Ce livre est le fruit d'une longue enquête nourrie de faits, d'observations de terrain et d'analyses d'experts. Il comporte néanmoins une part de fiction pour mieux plonger le lecteur dans l'ambiance du pays et l'intimité imaginée de la famille dos Santos.
Et si l’Afrique, longtemps reléguée aux marges de l’histoire mondiale, détenait en réalité les clés d’une nouvelle épistémologie ?
Comment les Kongo de la vallée du Niari ont-ils construit, entre le XVIIe et le XXe siècle, les piliers d’une coexistence pacifique et solidaire ?
Entre Gambie et Guinée-Bissau, le peuple Baynounk porte encore la trace d’une malédiction ancienne : celle de Ngana Sira Banna Biaye, dernier roi du Kasa.
Ouidah, 1892 : de comptoir florissant de la traite transatlantique à ville fantôme sous domination française. Trajectoire d’une ville coloniale retrace le destin brisé d’une cité africaine, entre commerce, pouvoir et déclin irréversible.
Au cœur de l’Afrique, une région déchirée par les rivalités et les richesses naturelles : Géopolitique des Grands Lacs africains décrypte les luttes d’influence, les conflits miniers et les espoirs de coopération.
Et si la clé de l’Afrique de demain se cachait dans la grandeur de ses empires d’hier ? Les héritiers de nos empires revisite l’histoire des royaumes du Ghana, du Mali et du Songhaï pour éclairer les défis actuels de souveraineté et d’unité.
Comment la France maintient-elle son emprise sur l’Afrique après les indépendances ? Le néocolonialisme français à l’épreuve du panafricanisme de Calixte Baniafouna déconstruit, archives à l’appui, les rouages de la Françafrique.
Sud-Bénin, XVIIe–XIXe siècles : voici l’histoire inédite des vêtements, accessoires et parures qui façonnaient le quotidien et l’identité des populations avant la colonisation.
Au cœur du Cameroun, les chefs Tikar incarnent bien plus qu’un pouvoir : ils sont les gardiens d’une tradition où sacré et communauté ne font qu’un.
Ce livre est une reconstitution de l'histoire du village de Gaya autrefois appelé Kajaar, situé sur la rive droite du fleuve Sénégal, en terre actuelle de la Mauritanie. Mais malgré la disponibilité de l'eau et des terres, le site était sous le coup de l'insécurité. En 1786, l'Almamy Abd-El Kader Kane invita les populations de Kajaar, ses alliées, à s'installer sur la rive gauche du fleuve Sénégal, à une douzaine de kilomètres en amont de l'actuelle commune de Dagana. Avec cet ouvrage, Saïd Fall révèle comment l'organisation sociale épouse les contours de cette histoire de Gaya pour construire une mémoire sociale faite de gestion de la diversité avec une reconnaissance de la fonction de chaque communauté socio-professionnelle. Les communautés s'installent chacune dans un quartier et les statuts leur sont conférés. Tout rôle est rattaché à un statut pour faire société dans une inter-communauté fonctionnelle et une socialisation bâtie sur l'origine familiale.
L'actualité du Sahel, avec la disparition de Kadhafi, l'occupation du nord Mali, la guerre engagée par la France, a pris une résonance particulière, extrémiste, terroriste et mafieuse. Les réseaux Aqmi et Touareg, dans le cadre d'une alliance contre nature, avaient saisi l'occasion pour s'approvisionner en armes provenant de Libye et tenter de se tailler des territoires. Pour les Touareg il s'agissait de réaliser un vieux rêve d'indépendance que de Gaulle et les nouveaux états noirs leur ont refusé. Pour Aqmi il s'agissait de se doter d'une base à partir de laquelle ils pourraient installer la charia et entamer la conquête de l'Afrique Sahélienne au nom de l'Islam. Mais ces Touareg, en réalité peu islamisés, qui sont-ils, d'où viennent-ils? Tin Hinan est leur mère à tous, elle est leur référence. Qui était-elle ? Aujourd'hui encore Tin Hinan est reconnue par l'ensemble des Touareg et par les Historiens, comme étant à l'origine des tribus nobles Touareg du Hoggar. On a retrouvé sa tombe, digne d'une reine, à Abalessa, près de Tamanrasset.
Cet ouvrage retrace l'évolution du peuple manjak avant, pendant et après la colonisation, montre que les Manjaks ont pris leur destin en main, vivent l'amour de leur existence historique, et oeuvrent pour le dialogue des générations et des cultures. L'objectif de l'ouvrage est de faire savoir aux générations à venir et aux autres peuples que les Manjaks constituaient un peuple souverain, avaient une vision du monde, une logique sociale, des institutions, une structure sociale, des mécanismes de fonctionnement et une dynamique interne. Ils avaient un territoire, une constitution, un État, une académie, une justice garantie par un ordre social. Ils avaient des gouvernements qui, de système en système, avaient fini par produire un des systèmes les plus achevés, fiables et viables au monde. Ils avaient des métiers régis par ce système pour faire vivre leur projet de culture d'ouverture qui reposait sur le paradigme inclusif « Je suis, parce que tu existes », gage d'une paix durable.
Ce numéro 13 de la Revue sénégalaise d'histoire explore les dynamiques d'échanges, d'espaces et de réseaux en Afrique, depuis des siècles jusqu'à aujourd'hui. À travers plusieurs études de cas, les auteurs examinent l'impact des interactions commerciales, politiques et culturelles entre l'Afrique et le reste du monde, notamment avec l'Europe. Ils se concentrent sur des périodes charnières de l'histoire africaine, telles que la traite négrière et l'ère coloniale, pour montrer comment ces échanges ont façonné les sociétés africaines. En plus des aspects économiques, l'ouvrage aborde des questions de gouvernance sécuritaire, avec l'implication d'acteurs externes comme la Russie dans la région du Sahel. Ce travail est enrichi par des contributions sur l'intégration régionale autour du fleuve Mano et la coopération entre les communautés locales.
Les 19 octobre 1965, 29 avril 1972, 5 août 1988 et 21 octobre 1993 éclataient au Burundi les crises hutues-tutsies, aboutissement d'une longue élaboration idéologique depuis l'époque coloniale. Cependant, la crise de 1972 est la plus controversée, la plus politiquement instrumentalisée actuellement entre les élites hutues-tutsies. Tout en marquant une rupture profonde dans l'histoire contemporaine du pays, elle est venue renforcer les idéologies de libération d'un « peuple hutu » majoritaire de la domination tutsie, et d'une « minorité tutsie » à sécuriser. L'auteur procède par questionnement en soulignant le rôle et les contradictions des missionnaires catholiques et des colons dans l'élaboration de ces idéologies, ainsi que la part des élites burundaises dans leur instrumentalisation pour l'accès ou le maintien au pouvoir politique après l'indépendance. Il replonge ce dossier dans son contexte régional et international de la démocratie de la Baule, la guerre au Rwanda, l'avènement du multipartisme et l'impact de ces événements sur la crise de 1993.
L'indépendance suppose l'appropriation des attributs fondamentaux de la souveraineté nationale que sont la capacité à défendre le territoire national, l'indépendance de l'économie nationale, la souveraineté monétaire, la maîtrise du contrôle de la population, l'indépendance des politiques intérieure et extérieure. Or, du souverainisme ethnoculturel au souverainisme marxiste-révolutionnaire en passant par le souverainisme civique à caractère contractuel, le Burkina Faso n'a pas fait montre d'une indépendance économique véritable. Le colbertisme de Thomas Sankara et la non-double imposition entre le Burkina et la France, suffisent-ils pour la conquête de la souveraineté économique ?
Cet ouvrage dépeint avec précision et sensibilité les divers enjeux et visions d'une Afrique portuaire aspirant à une prospérité, une efficacité, et une inclusivité toujours croissantes. Il met en lumière l'importance de la solidarité et de la collaboration entre les nations du Sud pour sculpter un avenir portuaire africain résilient et florissant. Un livre essentiel pour ceux qui cherchent à comprendre et à apprécier les nuances et les potentiels de l'évolution portuaire de notre continent. Une lecture indispensable ! Hassan ABKARI, Directeur Général - Tanger Med Port Authority Ces histoires courtes africaines permettent de penser le temps long de nos développements portuaires. Les décideurs, les managers, les investisseurs, les opérateurs ou simplement les observateurs des secteurs maritime, portuaire et logistique y trouveront une source d'inspiration. Jean-Marie KOFFI, Secrétaire général - Association de Gestion des Ports. de l'Afrique de l'Ouest et du centre
Cet ouvrage s'invite, comme une espèce d'incursion dans les catacombes des oubliés de l'histoire camerounaise, pour en exhumer quelques personnages légendaires. Sur la base du dépouillement de certaines archives coloniales, de l'analyse de documents historiques et des témoignages des descendants directs de ces lignages, il propose, dans une démarche narrative de leurs hauts faits, quelques portraits types de ces héros nationaux que le présent et l'avenir se doivent de cristalliser au panthéon de la conscience collective. Ce sont les héros du Cameroun ! Fait très étonnant, au-delà des traditionnelles résistances connues, ce livre présente des politiques accomplis, des stratèges émérites, aux statures militaires établies et ayant pour certains, battu et repoussé l'envahisseur.
Les décennies se succèdent et posent par la même occasion les enjeux réels des indépendances en Afrique. Issu d'un colloque international de l'IARIS et rassemblant des spécialistes de renom, cet ouvrage interdisciplinaire examine plusieurs questions déterminantes et essentielles des 60 dernières années post-décolonisation, notamment la violence politique, aux systèmes de sécurité et de paix du continent, aux héritages des luttes politiques, à la géopolitique des frontières, aux médias, à l'économie.
Dans ce livre, l'auteur démontre que les peuples africains, traumatisés par des drames récurrents, firent appel aux forces enfouies dans une résilience arrimée au concept d'« Ubuntu » : les Afro-Américains, victimes de la déportation et de la ségrégation raciale, connurent une histoire extraordinaire de rédemption ; les colonisés du continent africain brisant le joug colonial en accédant à l'indépendance ; Patrice-Emery Lumumba et Laurent-Désiré Kabila résistant à l'hégémonie des puissances néocoloniales... L'auteur tente d'objectiver le concept d'Ubuntu : son origine, sa définition, son éthique, ses domaines d'intervention.
Le terme kongo est un code et un canal de communication qui ouvre sur d'immenses réalités physiques et surnaturelles. Antérieur à la création du royaume, il signifie tout à la fois : unité, terre, peuple et langue, etc. Le contenu sémantique du nom Kongo permet de saisir la mutation spatiale et politique qui le fait passer du clan (les Kongo, stricto sensu), conquis par le prince venu de Bungu, sur la rive droite du fleuve Congo, à un concept englobant comme identité des peuples divers, jadis circonvoisins, membres d'un espace politique appelé Ntotila ou kintotila. À partir de cette histoire, de la valeur et du contenu du nom chez les Kongo, l'étude répond aux questions : pourquoi les Kongo nomment-ils tant de réalités du nom kongo ? Quelles sont les représentations auxquelles il donne lieu ? Quelle est sa portée métaphysique ? Pour comprendre l'un des projets historiques les plus aboutis d'Afrique centrale.