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Pourquoi un régime qui semblait devenir une démocratie libérale depuis la fin du XIXe siècle a-t-il emprunté dans les années 1930 une voie qui l'a fait comparer aux fascismes européens ? Contrairement à l'Italie et à l'Allemagne, le Japon a basculé dans l'ultranationalisme sans qu'un parti fasciste ne prenne le pouvoir et sans qu'on puisse distinguer un moment plus décisif que les autres. Convaincu que la démocratie n'a pas d'avenir si l'on ne cherche pas à comprendre la dynamique profonde de cette évolution, Maruyama Masao s'attache à mettre en lumière les singularités du cas japonais. Abordant tour à tour l'idéologie officielle, le rôle des mouvements d'extrême droite et la psychologie des dirigeants, il nous explique comment le système hérité de l'ère Meiji (1868-1912) a fini par engendrer ce « fascisme atrophié » qui a conduit son pays à un désastre pourtant prévisible. Écrite et publiée au lendemain de la guerre, cette analyse fit date et reste aujourd'hui encore incontournable.
« Le Ciel, dit-on, ne crée aucun homme supérieur aux autres hommes ni aucun homme inférieur aux autres hommes. Cela signifie que, étant tous engendrés par le Ciel, les hommes sont égaux entre eux et qu'il n'existe pas, à la naissance, de distinctions de rang ou de classe. [...] Les différences qui existent entre les hommes proviennent uniquement des connaissances que les uns ont acquises par l'étude et que les autres n'ont pas. [...] La liberté et l'indépendance concernent par ailleurs tout autant les pays que les individus. [...] Que le pays soit humilié, et tous les Japonais sans exception devront en effet donner alors leur vie pour défendre son honneur et sa dignité. C'est en cela que consistent la liberté et l'indépendance d'un pays. » L'Appel à l'étude, publié entre 1872 et 1876, est l'ouvrage le plus important de l'ère Meiji (1868-1912). Son auteur, Fukuzawa Yukichi (1835-1901), s'y livre à un double exercice : penser la manière dont le Japon peut et doit « accéder à la civilisation » et convaincre ses compatriotes de le suivre dans cette voie, la seule à même selon lui d'éviter à son pays la colonisation par les puissances étrangères. Best-seller absolu de l'époque, ce livre, qui a joué un rôle capital dans la construction du Japon contemporain, offre de nombreuses clefs pour comprendre ce que fut vraiment la restauration de Meiji pour les Japonais. Le traducteur, Christian Galan, est professeur de langue et civilisation japonaises à l'université Toulouse-Jean Jaurès et chercheur au Centre d'études japonaises de l'Inalco.
Comment expliquer les origines de l'impressionnant développement économique japonais au cours du XXe siècle ? Alors que les thèses habituellement avancées soulignent le rôle du pouvoir central (gouvernement et zaibatsu), Nakamura Naofumi nous fait parcourir le Japon de l'ère Meiji (1868-1912) dans toute son étendue, du nord au sud, à la découverte des fondations régionales de la « Révolution industrielle ». Analysant la mentalité des acteurs, leur capacité à l'échange d'informations, à l'activation de réseaux de proximité, à la mobilisation de capitaux, l'auteur décrit une pléthore d'entrepreneurs et d'agents publics locaux dynamiques. Engagés dans le lancement d'entreprises innovantes de dimension régionale, ils réalisèrent des aménagements industriels (filatures, charbonnages, chemin de fer ou secteur électrique) dans tout l'archipel entre les années 1880 et 1900. À l'heure où la désindustrialisation des régions s'accompagne d'une croissance économique en berne, la démonstration de Nakamura Naofumi n'apparaît que plus riche de sens.
« La pensée d'après-guerre nous lègue une attitude critique à ne pas négliger. La situation politique aujourd'hui nous invite à cet exercice. Profitant du sentiment d'angoisse qui s'est installé après la catastrophe du 11 mars 2011, le gouvernement Abe cherche à liquider l'après-guerre, dont il fait une lecture simpliste. On est en train d'assister à une rupture radicale, qui fait écho à l'évolution du capitalisme dans le monde. Il est désormais nécessaire de réévaluer notre propre position dans cet après-guerre, de retrouver les réflexes critiques des intellectuels qui nous ont précédés, pour penser cette rupture et ses conséquences, et éventuellement, y résister. » (entretien avec Narita Ryûichi) Après Japon colonial 1880-1930. Les voix de la dissension (Les Belles Lettres, 2014), le Groupe de Genève présente ici la traduction commentée de quatre penseurs majeurs du Japon de l'après-guerre.
Au Japon, la Seconde Guerre mondiale et l'occupation américaine ont gardé aujourd'hui encore une forme d'actualité. Entre conviction profonde et instrumentalisation de la mémoire, la lecture de l'histoire des années 1940 détermine toujours de nombreuses positions sur la scène politique et culturelle de l'Archipel, qu'il s'agisse de la réforme de la Constitution, des relations avec la Chine et les États-Unis ou de la commémoration des héros de la nation. En ce sens, et peut-être plus qu'ailleurs, l'après-guerre y est une réalité du présent. Ce livre examine de façon précise et ordonnée les différentes modalités du rapport à la guerre. Pour mettre en relief l'ampleur et la complexité du thème, de nombreux domaines sont ici explorés, comme la politique, l'éducation, l'environnement, mais aussi les arts et la littérature. Les contributions réunies au sein de cet ouvrage ont été rédigées par certains des meilleurs spécialistes du Japon moderne et contemporain. En annexe, sont présentés et traduits plusieurs textes historiques de première importance, comme la déclaration impériale du 15 août 1945 ou le principal rapport américain sur les bombardements stratégiques.
Au milieu du XIXe siècle, le Japon connaît des bouleversements intenses. La féodalité est abolie, un État-nation moderne est construit avec le retour de l'empereur sur le devant de la scène. S'agit-il d'une restauration monarchique ou bien d'une révolution ? Deux géographes anarchistes, compagnons de Bakounine, apportent à cette question une réponse originale, surtout si on la compare à la vision des autres visiteurs du Japon qui, à cette époque, sont essentiellement des diplomates, des militaires, des négociants, des missionnaires ou des voyageurs souvent conservateurs. L'un, Léon Metchnikoff (1838-1888), a été invité à Tokyo par les dirigeants du nouveau régime en vertu de ses talents polyglottes et de son passé garibaldien. L'autre, Élisée Reclus (1830-1905), bénéficie des connaissances de son ami, parmi de nombreuses autres ressources, pour rédiger le volume consacré au Japon et à l'Asie orientale au sein de sa monumentale Nouvelle géographie universelle, puis certains passages de L'Homme et la Terre, sans jamais se rendre lui-même dans le pays. Élisée Reclus, dans son analyse du Japon de Meiji, traite de sujets sensibles comme les « races », les « civilisations » ou le « péril jaune », et propose une analyse souvent ponctuée de remarques visionnaires. Libre de toute approche dogmatique et sans préjugés de classe ou de race, il replace le Japon, et plus largement l'Extrême-Orient, dans un cadre géopolitique et métagéographique mondial qui transcende la classique dichotomie Orient-Occident.
Parcourant huit siècles de l'histoire de la Chine, ce livre nous plonge dans la vision taoïste de l'humanité et de sa destinée. Les sources historiques du Moyen Âge chinois dépeignent un monde englouti par le mal, où l'existence humaine est gagée dès la naissance et accablée davantage au cours de la vie par une accumulation de dettes, ici-bas et dans l'au-delà. La propagation du bouddhisme vient bousculer la pensée chinoise sur les causes de la souffrance, la nature du mal et les visées de la rédemption. S'appuyant sur des textes de prière, des sermons liturgiques et des récits de témoignage, Franciscus Verellen conte comment sacrements taoïstes, pratiques de dévotion, rituels et exercices thérapeutiques agissaient sur le monde invisible pour surmonter l'angoisse liée à la perte, à la maladie, à la mort, et pour faire passer des ténèbres à la lumière l'« homme intérieur », affranchi, purifié, guéri.
On August 15, 1945, the voice of Emperor Hirohito cried out from every radio station in Japan, announcing the end of World War II. Hurt and ruined, the Empire of the Rising Sun now faced a looming and unique demographic crisis; the country had lost its colonies along with the war, and 8 million people were being repatriated to their homeland archipelago. Hunger gripped the nation, and the queues in the streets for just a simple bowl of soup stretched endlessly. Amidst this gloom, an idea was born from a daring spirit. Legendary entrepreneur Ando Momofoku had touched a broad range of interests in textiles, aviation, coal, and schools. In 1951, he launched into the ramen market with a guiding principle that was unprecedented: dried noodles that could be ready to eat in only three minutes. Easy, nutritious, and delicious. Resounding commercial success followed, and one of the world's largest food companies was born-Nissin Food. ABOUT THE AUTHOR Jean-François M. Chambon spent his youth studying in Paris, France. He was married in the artists' district of Montparnasse, which was his principal place of residence for more than thirty years. In 1990, he suddenly left for Hong Kong and settled down in Wanchai. In 1992, he joined the very secret world of international finance and was trained by the best. After 2000, he again became actively engaged in the development of Asia. In this role, he travels to the land of the rising sun, Japan, on a regular basis. To this day, the main elements of his new mission remain quite unknown. All we can gather is that it concerns the financial circles of the region, and that large Japanese and Asian groups are involved. In 2018, the author began a battle against an enemy within. What he himself calls a war, has taken him at times beyond his own limits. This fight, immortalized in the book "Papa, the fight for life", continues to this day and can only end in victory.
La compréhension du Japon actuel dépend de l'actualité. L'originalité de la période contemporaine pour ce pays réside dans l'association, à jamais à ce point réalisée, de dynamisme et de cohérence. « Copyright Electre »
Les samouraïs incarnent l'image d'un Japon iconique. Figures militaires et morales majeures pendant près de mille ans, ils fascinent toujours. Qui sont-ils vraiment ? C'est ce qu'explore Benjamin Brillaud avec un collectif d'experts chevronnés. Derrière les fantasmes se cache une réalité complexe et méconnue. Cette synthèse inédite, réalisée par les meilleurs historiens, retrace mille ans d'histoire : l'apparition de cette caste guerrière, ses codes d'honneur, son art de la guerre, ses figures légendaires. De la féodalisation du Japon jusqu'à l'ère Meiji, découvrez comment les samouraïs ont façonné une civilisation entière. Une plongée passionnante dans un univers familier et mystérieux, dont l'héritage inspire encore aujourd'hui écrivains et cinéastes. Voyage dans le temps et le Japon mythique et historique.
Vingt figures, un pays. Des impératrices antiques aux artistes contemporains, des guerriers légendaires aux figures anonymes devenues universelles, ce livre propose une autre approche du Japon : 20 grandes figures du pays, célèbres ou inattendues, mises sur un pied d'égalité pour raconter plus de quinze siècles d'histoire.L'originalité de l'ouvrage tient à son regard résolument occidental -; assumé -; qui bouscule les hiérarchies traditionnelles japonaises. Empereurs, samouraïs, poètes, moines, artistes, femmes du peuple ou étrangers devenus Japonais : tous sont abordés comme des acteurs essentiels d'un récit collectif, permettant au lecteur de saisir les spécificités et les contours d'une civilisation souvent perçue comme lointaine et énigmatique.À travers des figures fondatrices comme la reine Himiko ou le prince Shõtoku, nous plongeons dans le Japon originel. Avec l'écrivaine Murasaki Shikibu, le maître du thé Sen no Rikyū ou le poète Matsuo Bashõ, nous découvrons comment ce territoire insulaire, longtemps hermétique, a produit certaines des plus grandes créations culturelles de l'histoire mondiale. Les trajectoires du samouraï Hasekura Tsunenaga ou des intellectuels Fukuzawa Yukichi et Lafcadio Hearn montrent au contraire un archipel ouvert, curieux de l'étranger, capable d'absorber et de sublimer les influences venues d'ailleurs.Le livre éclaire aussi les périodes de rupture et de violence, incarnées par les guerriers Tomoe Gozen, Tokugawa Ieyasu ou Saigõ Takamori, avant d'aborder le XXe siècle à travers deux figures radicalement opposées mais intimement liées : Hirohito, empereur d'un pays en guerre, et Sadako Sasaki, enfant d'Hiroshima devenue symbole mondial de paix.Enfin, le Japon contemporain s'incarne dans quatre figures emblématiques : Yukio Mishima, écrivain déchiré entre modernité et tradition, Yayoi Kusama, artiste vivante la plus célèbre du monde, Mineko Iwasaki, dernière grande geisha - star, et Hayao Miyazaki, maître d'un art populaire devenu universel : l'animation.Accessible sans être simpliste, érudit sans être académique, ce livre s'adresse à tous. Il révèle un pays paradoxalement proche de nous : un Extrême-Orient qui emprunte à l'Occident, sans jamais cesser d'être profondément japonais. Une révélation.
Aux yeux de l'Occident, le Japon a toujours été un mystère, nourri de clichés et de fantasmes : Cipango aux murs couverts d'or rêvée par Christophe Colomb, la terre de mission de François Xavier, l'empire soudain clos sur lui-même, l'adversaire acharné de la guerre d'Asie- Pacifique, la victime des premières bombes atomiques, l'inventeur du zen et de l'ikebana, le colossal concurrent technologique et commercial... L'histoire du Japon est d'abord celle d'un peuple épris de nouveauté, d'origine hétérogène, qui a su évoluer au contact d'autres mondes et se muer en État-nation impérial, puis industriel : la Chine lui apporte code, croyance, écriture, de quoi tisser une culture de son cru ; l'Occident échoue à le convertir au christianisme au XVIe siècle, mais, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, l'oblige à suivre son modèle technique sous peine de colonisation brutale. Le Japon, pourtant la référence économique suprême dans les années 1980, subit une récession sensible depuis le début des années 1990 et se retrouve aujourd'hui pris en tenaille entre la Chine et les États- Unis. Il n'en reste pas moins encore la troisième puissance économique mondiale, affiche sa présence sur tous les foyers de la mondialisation, diffuse tous azimuts les produits de son soft power et ne cesse d'innover et souvent de surprendre. À l'aube de l'ère Reiwa, Gérard Siary retrace le mouvement d'ouverture et de fermeture à l'ailleurs et à l'étranger, qui a toujours rythmé l'évolution de l'archipel et modelé son identité culturelle. Il aborde des thèmes souvent peu évoqués : image du Japon en France et à l'étranger, mythes et mythologie, racisme et minorités, diaspora, etc. C'est cette histoire renouvelée d'un peuple à nul autre pareil, qui a dû et su faire son miel de la prétendue « modernité », sans y perdre son âme ou son identité, qu'il nous raconte avec passion.
Le Japon fascine et attire les voyageurs du monde entier : sa culture et sa longue histoire, sa nature et ses rites suscitent curiosité et admiration. Mais son apparente perfection a des revers. Une journaliste révèle la face cachée de l'archipel. La démocratie est-elle aussi solide qu'elle en a l'air ? Comment un Premier ministre - Shinzo Abe - a-t-il pu être assassiné en pleine rue dans un pays où la délinquance est si faible ? Par quel moyen l'école y fabrique-t-elle des enfants si parfaits ? Quel sort y réserve-t-on aux immigrés ou aux minorités sexuelles ? Que cache la folle industrie du manga ? Au fil de ses reportages et de son expérience personnelle, Karyn Nishimura-Poupée raconte les réussites éclatantes et les atouts d'une société singulière et révèle, derrière ce grand pouvoir d'attraction, de plus sombres réalités - sociétale, politique, judiciaire, médiatique, éducative.
Le Japon est-il toujours une puissance innovante ? Les traditions bloquent-elles les évolutions sociales ? Les relations sino-nippones sont-elles vouées au conflit ? Le Japon peut-il être un acteur majeur de la scène internationale ? Les relations nippo-américaines sont-elles solides ? Après avoir dominé la scène économique mondiale à la fin du XXe siècle, les défis de Tokyo sont multiples : blocages politiques, croissance stagnante, population vieillissante, conditions peu favorables aux femmes, sentiment de repli sur soi. Pourtant, le Japon conserve une efficacité et une capacité de résilience hors normes héritées de ses multiples épreuves. Place financière incontournable, le pays le plus occidental d'Asie affirme ses valeurs face à une Chine qui inquiète tous ses voisins. Voici toutes les clés pour mieux comprendre ce pays qui fascine toujours et dont les atouts prouvent qu'il est loin d'être hors course. ÉDITION ACTUALISÉE
Découvrez les récits fondateurs du Japon, des dieux Izanaki et Izanami à la déesse du soleil Amaterasu, en passant par les héros et les esprits yokai.
Il suffit de prononcer le mot Japon pour qu'aussitôt un déferlement d'images et de mots s'impose à nous : kimono, samouraï, geisha, esprit zen, karaoké, manga, sushi, Kenzo, Murakami ... tous font partie de notre univers et appartiennent à notre quotidien. Dans un ouvrage kaléidoscopique où s'entremêlent l'histoire, la géographie, les traditions et la modernité, la littérature et la mode, Richard Collasse nous invite à dépoussiérer nos idées reçues et décode pour nous les multiples énigmes de ce pays. Il nous offre un Japon de l'intime où les traditions et les superstitions occupent toujours une juste place au XXIe siècle en un équilibre bien subtil des netsukes aux kimonos, des shungas aux paysages d'Hiroshige, de L'Empire des signes à L'Empire des sens, de Kawabata à Murakami, de Takada Kenzõ à Kyotographie, de la cérémonie du thé aux sushis, du théâtre nô à Madame Butterfly, d'Hiroshima à Fukushima, des yakuzas aux Love hotels...Ce dictionnaire amoureux est un ouvrage de mémoire éclatée, tant l'auteur, vivant au Japon depuisprès d'un demi-siècle, marié à une Japonaise et parlant parfaitement le japonais, y a mené toute sa carrière et s'est naturellement fondu dans les strates de ce pays multiple.
Au Japon, mégapoles surpeuplées, transports saturés, violences sociales côtoient créativité, solidarité nationale, perfectionnisme et politesse. Terre de contrastes, l'Archipel s'enorgueillit de marier avant-gardisme esthétique ou technologique et coutumes ancestrales. Sorti exsangue de la Seconde Guerre mondiale, le Japon est devenu en l'espace de quelques décennies la deuxième puissance économique planétaire. Aujourd'hui, après sa rétrogradation derrière la Chine, l'accident de Fukushima ou la pandémie de Covid-19, le pays est confronté à de nouveaux défis qu'il n'a peut-être plus la force de relever. Témoin alerte et passionnée, Karyn Nishimura-Poupée scrute la vie quotidienne des Nippons et décrypte les ressorts historiques et socioculturels du fonctionnement troublant de cette société unique.
Le samouraï, entre mythes et réalités.Samouraï. La seule évocation de ce mot, passé intact dans presque toutes les langues de la Terre, suffit à susciter un puissant imaginaire, peuplé de héros en armures laquées de jais, sabres au côté, mus par le Bushido, le code du guerrier, ou encore de spadassins au visage balafré. Depuis plus d'un siècle, l'Occident s'est pris de passion pour le guerrier insulaire, devenu d'abord l'emblème de la singularité nippone et des ambitions du jeune État moderne japonais, puis celui de sa spectaculaire renaissance des cendres de l'apocalypse nucléaire. Une abondante production littéraire, relayée par un foisonnement d'oeuvres cinématographiques, a nourri cet engouement, les auteurs ne s'autorisant toutefois que très exceptionnellement un léger pas de côté en dehors de cet univers martial. En réalité, figure multiple et protéiforme, le samouraï s'est fait au fil de l'histoire pirate, brigand, soudard, voire bonze. Raison pour laquelle, qu'il inspire la crainte, le dégoût ou l'admiration, il suscite des sentiments contrastés. Spiritualité, diversité des trajectoires, relation aux arts, voire sexualité, sont dès lors autant de facettes méconnues que Julien Peltier entend explorer au gré d'un périple à travers les âges. Et notamment en donnant la parole aux autres groupes sociaux afin d'interroger leur perception de cette élite combattante, qui imposa sa suprématie en premier lieu par la force avant de s'efforcer de la justifier en s'érigeant en modèle. C'est là le propos dual de cet ouvrage, décliné au travers d'une approche chrono-thématique s'étendant sur plus d'un millénaire, depuis les origines du guerrier japonais jusqu'aux ultimes récupérations de son idéal revendiqué au siècle dernier.
Une lecture très originale des tensions à l'oeuvre dans la culture japonaise.
Étudier l'histoire du Japon des années 1392 à 1709 permet de voir comment une petite formation sociale féodale aux assises économiques globalement fragiles, dotée de structures étatiques rudimentaires, et située aux marges orientales de l'Empire chinois, est devenue une société plus prospère, coiffée par des structures d'État désormais assez puissantes pour encadrer de près une population nationale de trente millions d'âmes et s'affirmer sur la scène internationale, par le biais de politiques impérialistes et partiellement isolationnistes. La fin du Moyen Âge (XVe et première moitié du XVIe s.) est une période de transition qui permet l'intégration profonde et définitive de l'archipel dans l'espace régional de l'Asie orientale puis dans l'espace-monde, et crée ainsi les conditions de la formation d'un « Japon moderne » à partir de la seconde moitié du XVIe s. Le Japon affirme alors une identité nouvelle à l'extérieur (conquêtes, « fermeture du pays », domination des Aïnous) comme à l'intérieur (essor démographique, perfectionnement de l'État, développement économique, bouillonnement culturel, redéfinition du paysage religieux) et constitue lui-même le socle de la « modernisation » de l'époque de Meiji (1868-1912). L'ouvrage présente une réflexion inédite sur cette période de transition. Il intègre toutes les dimensions de l'histoire de ces trois siècles, qu'elles soient politiques, sociales, économiques, culturelles ou religieuses. On y découvre également l'impressionnant travail des historiens japonais d'hier et d'aujourd'hui.
Que savons-nous du Japon ? C'est à cette question que l'auteur de cet ouvrage tente de répondre, en dressant un portrait sensible et dynamique de ce pays lointain. La jeune génération, bien que toujours traumatisée par la guerre, est différente de celle de ses parents. Dans nos esprits, les Japonais ont une notion du sacrifice pour le travail sans commune mesure... Or, comme partout ailleurs, les jeunes ont désormais soif de liberté et de loisirs. En parallèle, le patriarcat, encore profondément enraciné, laisse peu à peu la place à un univers plus féminin. Surtout, l'auteur expose le lien unique d'une population en phase avec son environnement. Un livre actuel sur la place de ce pays, ses ressources et les difficultés qu'il affronte, donnant aux lecteurs les clés pour comprendre les mouvements qui le traversent, et qui tente d'effacer certaines idées reçues. Une lecture rafraîchissante. Pierre-Antoine Donnet est l'ancien rédacteur en chef central de l'Agence France-Presse, dont il a été le correspondant à Pékin, à Tokyo et à New York. Pierre-Antoine Donnet, diplômé de chinois, est l'ancien rédacteur en chef central de l'Agence France Presse, dont il a été le correspondant à Pékin et à New York. Il a déjà publié, chez le même éditeur, Le leadership mondial en question, Chine, le grand prédateur et Confucius aujourd'hui.
Le 17 mars 1865, un groupe d'une dizaine de paysans d'un village voisin de Nagasaki se presse devant les portes de l'église, symbole de l'ouverture du Japon à l'Occident. Le 17 mars 1865, un groupe d'une dizaine de paysans d'un village voisin de Nagasaki se presse devant les portes de l'église, symbole de l'ouverture du Japon à l'Occident. Ces Japonais tiennent absolument à adorer la statue de la Vierge à l'Enfant qui se trouve dans l'édifice, et à rencontrer les " moines français " pour leur avouer un secret : ce sont des chrétiens cachés, des descendants de catholiques de la première évangélisation (XVIe-XVIIe siècles). Malgré la proscription, ils ont continué à respecter la foi et les rites ancestraux chrétiens tout en portant en apparence un culte aux bouddhas et divinités locales. C'est l'histoire de ces communautés que retrace ici Martin Nogueira Ramos. Une histoire au long cours qui s'ouvre en 1614, date de l'interdiction du catholicisme par les autorités, pour s'achever à la fin du XIXe siècle, avec la promulgation de la première Constitution moderne qui octroie la liberté religieuse aux Japonais. Époque de clandestinité, partielle ou totale, pour ces chrétiens qui doivent pratiquer leur religion en secret ; époque aussi d'échanges entre l'Occident et le Japon dont ces villageois sont souvent parties prenantes. À partir de nombreux documents manuscrits éparpillés entre Kyushu, Tokyo, Paris et Rome, l'auteur fait revivre la vie sociale et religieuse de ces communautés. Il montre que les chrétiens participent, eux aussi, aux transformations qui bousculent alors l'archipel, tout en assumant la continuité des modes d'organisation légués par leurs ancêtres. Leur histoire permet de revisiter par le bas la société japonaise prémoderne.
Que savons-nous vraiment des samouraïs, ces guerriers si chers à nos imaginaires occidentaux ? L'historien Pierre-François Souyri, fin connaisseur du Japon où il a longtemps vécu, raconte leur longue histoire, enrichie ici de récits anciens qui ont nourri leur geste. La légende de ces terribles guerriers, où un sens aigu de l'honneur le dispute souvent aux plus viles trahisons, n'y est jamais démentie. Pourtant, les samouraïs furent bien plus que de simples combattants aux moeurs exotiques. Ils ont évolué tout au long du millénaire que dura leur histoire et se sont adaptés aux réalités de leur temps. S'ils furent, lors des guerres médiévales, capables de la plus extrême violence, y compris envers eux-mêmes, ils s'imposèrent, dans les siècles qui suivirent, en administrateurs avisés, en hommes lettrés, pénétrés de poésie et de spiritualité, amateurs d'art, de thé ou de théâtre. Car - et ce n'est pas un paradoxe, mais la belle découverte de cet ouvrage -, si certains d'entre eux ne voulurent jamais rompre avec un passé révolu, nombre de samouraïs surent se porter aux avant-gardes politiques et intellectuelles, façonnant ainsi le Japon que nous connaissons aujourd'hui.
Que savons-nous vraiment des samouraïs, ces guerriers si chers à nos imaginaires occidentaux ? L'historien Pierre-François Souyri, fin connaisseur du Japon où il a longtemps vécu, raconte leur longue histoire, enrichie ici de récits anciens qui ont nourri leur geste. La légende de ces terribles guerriers, où un sens aigu de l'honneur le dispute souvent aux plus viles trahisons, n'y est jamais démentie. Pourtant, les samouraïs furent bien plus que de simples combattants aux moeurs exotiques. Ils ont évolué tout au long du millénaire que dura leur histoire et se sont adaptés aux réalités de leur temps. S'ils furent, lors des guerres médiévales, capables de la plus extrême violence, y compris envers eux-mêmes, ils s'imposèrent, dans les siècles qui suivirent, en administrateurs avisés, en hommes lettrés, pénétrés de poésie et de spiritualité, amateurs d'art, de thé ou de théâtre. Car - et ce n'est pas un paradoxe, mais la belle découverte de cet ouvrage -, si certains d'entre eux ne voulurent jamais rompre avec un passé révolu, nombre de samouraïs surent se porter aux avant-gardes politiques et intellectuelles, façonnant ainsi le Japon que nous connaissons aujourd'hui.
À l'automne 1600, Tokugawa Ieyasu, l'un des plus fascinants personnages de l'histoire du Japon, sort vainqueur de la plus grande bataille de samouraïs jamais livrée. L'enjeu est de taille, rien de moins que pacifier et unifier l'empire sous sa bannière. Avant de parvenir à engranger les dividendes de la paix, il aura pourtant fallu tout risquer une ultime fois sur le tapis vert des rizières de Sekigahara, mince vallée sise en plein coeur de l'archipel. La suprême querelle se vide au matin du 21 octobre 1600, mettant aux prises les meilleurs capitaines et les plus vaillants champions de leur temps. Épreuve du gigantisme, près de 170 000 combattants s'y sont taillés en pièces, laissant 30 000 d'entre eux sur le carreau. Il faudra attendre l'épopée napoléonienne pour voir se lever des effectifs similaires sous nos latitudes. À la charnière de deux siècles que tout oppose, Sekigahara bruit également du chant du cygne qu'entonnent malgré eux les guerriers de jadis. À l'issue de la bataille, le temps des seigneurs de guerre, des samouraïs cuirassés et des citadelles touche à sa fin.
Cette histoire de l'ancien régime japonais est la réédition d'un ouvrage paru en 1990 de l'historien Ninomiya Hiroyuki. Spécialiste de la France moderne, Ninomiya retrace ici l'histoire de son propre pays pour un public francophone et la " traduit " en quelque sorte, la met en perspective pour la rendre parfaitement compréhensible. Cette histoire de l'ancien régime japonais est la réédition d'un ouvrage paru en 1990 de l'historien Ninomiya Hiroyuki. Spécialiste de la France moderne, Ninomiya retrace ici l'histoire de son propre pays pour un public francophone et la " traduit " en quelque sorte, la met en perspective pour la rendre parfaitement compréhensible. En un style clair et concis, il revisite la foisonnante période qui court de la fin du XVIe siècle à l'effondrement du régime de shogun dans les années 1860. Tour de force étonnant qui permet de mieux comprendre aussi bien la nature d'une société d'ordres engagée dans un processus de modernisation, que le contexte historique donnant naissance au théâtre kabuki, à la poésie haïku ou à la peinture des estampes. Une époque charnière marquée par l'essor de la population urbaine, le développement d'un capitalisme marchand, mais aussi par une conflictualité sociale forte et une vitalité culturelle étonnante. Une échappée belle au coeur de cette époque d'Edo qui précède et annonce les grands bouleversements de Meiji. Préface de Pierre-François Souyri
Être femme au Japon, c'est d'une certaine manière être privilégiée. C'est naître et grandir dans une démocratie, évoluer dans un environnement sûr, bénéficier d'une bonne éducation, d'une protection sociale jalousée et d'un cadre légal stable... Mais sous cette liberté a priori enviable se cachent bien des privations et contraintes. Le Japon fascine et intrigue. Les femmes japonaises, à l'image de la société nippone dans son ensemble, sont l'objet de nombre d'idées reçues et fantasmes. Être une Japonaise, c'est se mouvoir dans un cadre serein mais rigide, se plier tôt à des codes, grignoter peu à peu des droits dans un corpus législatif patriarcal, suivre une trajectoire professionnelle plus lente, étroite et heurtée que celle de ses collègues masculins. L'élection d'une femme, Sanae Takaichi, au poste de Première ministre en 2025 ne doit pas tromper. Au-delà de ce symbole, à l'université, en famille, dans l'entreprise, en politique, bien que disposant des mêmes droits que les hommes, les femmes avancent dans un couloir parallèle assigné par des habitudes, des conventions sociales, des appréhensions qui entravent leur liberté. Pourtant, les premières concernées n'en sont pas toujours conscientes ni malheureuses. C'est cet environnement pétri de paradoxes que Karyn Nishimura-Poupée explore et analyse dans ce livre, avec l'oeil de la journaliste occidentale curieuse et critique.
Le Japon vit depuis trente ans une crise économique et sociale multiforme. Sa dette publique est la plus élevée du monde. Les revenus stagnent, le taux de pauvreté est le double du nôtre, sa population diminue et vieillit massivement, sa jeunesse paraît démoralisée... Pourtant, le Japon se tient et se supporte fort bien lui-même. Il est dur et brutal sous certains aspects, mais le chômage y est inconnu, la délinquance négligeable et les services d'une qualité inimaginable. Ce qui divise les Français, à commencer par les religions et les médias, y conforte au contraire la cohésion nationale. Sportifs et célébrités en tous genres se doivent d'être exemplaires, sous peine d'être durement sanctionnés par l'opinion. Du haut en bas de la société, on s'excuse, souvent pour très peu et parfois pour beaucoup, et ce rituel qui, vu de chez nous, semble n'être que du théâtre a une réelle efficacité sur le moral de la communauté. On peut y voir le résultat d'un formatage omniprésent dès la petite enfance, dont le conformisme tue le dynamisme, la créativité et les rêves. Mais on peut aussi penser que la manière dont le Japon échappe aux fractures qui stressent la France, et à certains des maux qui pourrissent la vie des Français, vaut d'être regardée de plus près. Quitte à ce que les leçons que peut donner le Japon semblent attentatoires à ce qui est politiquement (et autrement) « correct ». Jean-Marie Bouissou est normalien, agrégé d'histoire. Après avoir vécu quinze ans au Japon, il a été directeur de recherche et enseignant à Sciences Po (1990-2016) dont il est aujourd'hui le représentant à Tokyo. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur le Japon. Parmi les plus récents , Géopolitique du Japon (2014) et Manga. Histoire et univers de la bande dessinée japonaise (quatrième édition, 2018).