Histoire du Maghreb & du Moyen-orient
Histoire du Maghreb & du Moyen-orient
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Jérusalem, la « ville trois fois sainte », symbolise le caractère apparemment insoluble du conflit israélo-palestinien. Investie d'espoirs messianiques et revendiquée comme capitale et par les deux camps, elle a toujours été présentée comme la pierre d'achoppement des processus de paix. Depuis près de soixante ans, elle est l'objet d'une politique d'intense « judaïsation » au détriment d'une population palestinienne au statut précaire, mais n'en reste pas moins, sur le plan démographique, la ville la moins juive d'Israël, ainsi que la plus pauvre et la plus inégalitaire... Alors que tous les regards sont tournés vers Gaza et la Cisjordanie, la situation dramatique des Palestiniens de Jérusalem reste largement méconnue. Pourtant, sous le sacré et le politique, Jérusalem est avant tout un espace urbain, avec ses quartiers, ses particularismes et ses habitants, dont aucun ne souhaite la partition de « sa » ville. En retraçant son histoire depuis 1948 et la manière dont les choix politiques ont contribué à radicaliser les antagonismes, les deux auteurs, l'un historien, l'autre diplomate, esquissent une autre voie. Cette voie, ce n'est plus celle de la partition, mais celle du partage. En s'inspirant paradoxalement de l'expérience européenne, ils montrent comment les fondements du conflit pourraient constituer demain les ferments d'une paix possible pour Jérusalem et, au-delà, pour la région tout entière. Vincent Lemire, historien de la ville de Jérusalem, s'est imposé ces dernières années comme l'un des spécialistes les plus reconnus du conflit israélo-palestinien. Il est notamment l'auteur de la bande dessinée Histoire de Jérusalem (Les Arènes). Bernard Philippe, ancien diplomate européen, a été en poste à Jérusalem de 2012 à 2015. Membre du comité de liaison mis en place à la suite des accords d'Oslo, il a joué un rôle actif dans la construction des institutions palestiniennes et le dialogue avec Israël.
1870-1950 : voici la période charnière où s’enracine un conflit souvent réduit à ses explosions médiatiques.
Gaza, 2025 : une enfant tuée, un chirurgien brisé, une artiste en exil. Quand le monde dort donne la parole à celles et ceux que l’on n’entend jamais.
Quinze jeunes voix de Gaza, guidées par le poète Refaat Alareer, brisent le silence imposé par la guerre.
L'histoire de la question d'Orient ne commence pas, comme on le croit trop souvent, au XVIIe siècle. Pour être intelligible, elle doit aller de la période hellénique à nos jours. Dans cet esprit, René Grousset cherche à suivre l'évolution des frontières - spirituelles et politiques - entre l'Europe et l'Asie. Ces frontières ont singulièrement varié au cours des siècles. Pour l'Athénien du Ve siècle, elles se situaient entre Milet et Sardes. Avec Alexandre, les frontières de l'Europe, englobant d'un seul coup toute l'Asie antérieure, sont brusquement portées jusqu'au-delà de Samarqand et de Lahore, au seuil de l'Asie Centrale et de l'Inde gangétique. À l'époque des rois grecs de Bactriane, vers 150 avant J.-C., la vallée du Caboul se trouve en Europe, comme Antioche et Alexandrie... Cette conquête politique, cette hégémonie spirituelle de l'hellénisme dans l'Asie proche, eurent comme conséquence inattendue la pénétration du monde hellénistique par l'esprit oriental. À partir du IIe siècle de notre ère, les religions orientales s'élancent à la conquête du monde romain. L'Empire byzantin ne sera, à bien des égards, que l'iranisation, au point de vue politique, et la sémitisation, au point de vue religieux, de l'Empire romain et de l'esprit grec. À la pénétration morale de l'Europe par l'Asie s'ajoute, vers le milieu du VIIe siècle, la grande révolte de l'Asie qu'on appelle l'islam. Byzance va lutter pendant plus de deux siècles contre les invasions arabes... Telles sont les premières étapes de cette histoire de la question d'Orient que René Grousset a entrepris d'étudier dans ce livre qui demeure l'un des plus marquants de son oeuvre.
Découvrez comment l’Empire byzantin, né en 330 et tombé en 1453, a marqué l’histoire par son incroyable résilience et son héritage politique, religieux et intellectuel.
Derrière l'expression « chrétiens d'Orient » se cachent des siècles d'histoire, de diversité et de résilience. Bernard Heyberger brise les idées reçues et révèle le rôle actif de ces communautés, bien loin du cliché de la victime passive.
Quatre millénaires d’histoire, trois religions, une ville mythique : Histoire de Jérusalem décrypte les secrets de la cité sainte, des origines cananéennes aux enjeux contemporains.
Six siècles d’histoire, de Constantinople à la chute en 1922 : voici l’épopée d’un empire qui a façonné l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Un essai clair et synthétique pour comprendre son héritage toujours vivant aujourd’hui.
Malgré des siècles de dominations successives de toute nature, qui sont allées jusqu'au génocide, entrecoupées de tentatives parfois réussies d'indépendance, l'Arménie, n'abandonnant jamais la lutte pour le maintien de son identité, n'a cessé en ce sens d'être une Arménie arménienne. Claire Mouradian évoque dans ces pages l'histoire de ce peuple maudit, courageux et finalement irréductible, de cette terre en perpétuelle reconquête, carrefour convoité entre l'Europe et l'Asie, enjeu passé et présent aux confins de trois empires (perse, russe, turc), rendant hommage à la grandeur d'une civilisation.
Et si la paix entre Israël et la Palestine passait par une souveraineté sur les peuples plutôt que sur les territoires ?
Beyrouth, 1975-1990 : loin de l’image d’une armée passive, ce livre révèle le rôle méconnu des soldats libanais dans une guerre qui a redessiné le Moyen-Orient.
Quelle est l'histoire des Arabes depuis le premier millénaire (avant l'Islam), en passant par la constitution d'un empire et jusqu'à la renaissance du monde arabe aux XIXe et XXe siècles ? En dépit des apparences, il n'est rien de plus malaisé à écrire que l'histoire des Arabes, dans la mesure où ce dernier terme, aujourd'hui d'usage courant pour désigner un vaste ensemble de populations arabophones, a recouvert dans le passé une réalité difficile à cerner. Ainsi, on ne peut le réserver aux seuls habitants de l'Arabie qui y vivaient avant l'apparition de l'Islam car une appellation aussi limitative ne permettrait de rendre compte que très partiellement de l'évolution à partir de laquelle naquit l'usage actuel, qui insiste sur les liens culturels et linguistiques unissant la Libye et le Maghreb aux pays du Proche-Orient arabe.
Le syriaque a été une langue de culture majeure en Syrie-Mésopotamie du IIe au XIIIe siècle de l'ère chrétienne. Fruit des contacts et du métissage à la frontière des Empires romain et parthe, cette forme d'araméen n'était la langue ni d'un État ni d'un peuple particulier. Mais avec la christianisation, le syriaque a connu un développement exceptionnel. Il s'est répandu de la Méditerranée à l'Asie orientale et constitue aujourd'hui encore la langue classique, littéraire et religieuse de plusieurs Églises orientales. Le syriaque est à côté du latin et du grec la troisième composante du christianisme ancien, ancrée dans l'hellénisme mais également descendante de l'antiquité proche-orientale et sémitique. Dès les premiers siècles, dans un mouvement symétrique à celui de la tradition chrétienne gréco-latine vers l'ouest, le christianisme syriaque s'est développé vers l'est, jusqu'en Inde et en Chine. Il a aussi été la branche du christianisme la plus en contact avec l'islam au sein duquel il a continué à vivre. Avec plus de 100 illustrations, 11 cartes en couleurs, une chronologie et de nombreux textes des différentes é
Les hôtes de marque pénètrent dans la majestueuse salle à coupole du palais de la Magnaure. L'empereur byzantin les reçoit, assis sur un trône d'or, couronné de pierreries, chaussé de pourpre et richement vêtu. Derrière lui, semblent rugir des lions dorés. Le maître de l'Orient est entouré de sa cour. Le Xe siècle marque assurément l'apogée de l'empire romain d'Orient qui perdura un millénaire, à l'époque même où l'Occident vivait ce que les hommes de la Renaissance ont appelé le Moyen Âge. Témoin de ce siècle et de ses hommes, l'empereur Constantin VII Porphyrogénète (913-959), nous a laissé un document exceptionnel : le Livre des Cérémonies. Cet ouvrage unique brosse le tableau des fastes de la cour impériale, à cette époque la première puissance de la chrétienté. Michel Kaplan nous ouvre les portes de ce monde quelque peu irréel et nimbé de gloire, où brillent l'or et la pourpre. Il nous rend accessible la description des cérémonies, de l'idéologie politique de l'Empereur devenu lieutenant de Dieu sur terre, des courtisans, avant tout des fonctionnaires civils et militaires, animant ce pouvoir, mais aussi de la vie quotidienne du palais impérial comme de la capitale, la légendaire et remuante Constantinople.
Indissociable de son histoire singulière, complexe et tourmentée, le plus grand pays d'Afrique est marqué par ses crises chroniques et ses paradoxes contemporains. Dotée d'un fort potentiel géostratégique, économique et humain, l'Algérie, deuxième puissance militaire d'Afrique et dixième plus grande productrice de gaz dans le monde, ambitionne de revenir sur le devant de la scène internationale. En abordant successivement les aspects économiques, politiques, sociétaux et internationaux de l'Algérie, cet ouvrage passionnant et accessible donne des clés de lecture pour découvrir ce pays au-delà des clichés. Ainsi, il permet de comprendre comment le passé colonial impacte encore aujourd'hui la politique du pays, tout en explorant les contradictions de son économie, la place de la femme dans cette société en évolution mais aussi ses conflits avec le Maroc et son départ pour une "Algérie Nouvelle".
Jusqu'aux années 1970, le monde turc et ottoman à l'âge classique restait aux yeux des Occidentaux une curiosité mêlant orientalisme exotique et de très anciens clichés. Gilles Veinstein a fait partie de cette génération de jeunes chercheurs qui a accompagné l'ouverture progressive des archives de l'Empire. Il en a résulté une compréhension profondément renouvelée - car captée de l'intérieur - de ce monde.Les études présentées dans ce volume, publiées entre 1978 et 2009, s'attachent, à partir de cas concrets, à éclairer le fonctionnement et l'évolution de l'État, de l'économie et de la société ottomane, les rapports de pouvoir et les relations entre communautés. Aux mythes qui obscurcissent souvent encore notre vision, Gilles Veinstein oppose les connaissances qu'il a contribué à établir et les conclusions nuancées que lui a inspirées sa fréquentation intime, sur de longues années, de la réalité ottomane.
Iraq abbasside, VIIIe–Xe siècle : comment l’État imposait-il son autorité ? Imposer l’ordre révèle le rôle méconnu de la police dans la construction d’un pouvoir politique, social et moral.
Cet ouvrage rend compte de récits croisés de trente Maghrébins, de part et d'autre de la Méditerranée, mis en perspective par des présentations de l'auteur. L'idée de ce projet, démarré en 2008 avec la collecte de plus d'une centaine de « récits de vie » dans six pays de la Méditerranée (Tunisie, Algérie, Maroc, Espagne, France et Italie) était double. D'une part, le désir de rendre compte de la multiplicité des formes de départ vers l'Europe - et vers la France en particulier - telles qu'elles se présentent aujourd'hui au Maghreb, mais aussi montrer les éléments qui poussent ces Maghrébins à quitter leur pays. La deuxième idée consistait à comprendre la façon dont ces Maghrébins récemment arrivés en France (mais aussi pour partie, en Italie et en Espagne) ont vécu leurs toutes premières années sur le territoire. Comment montrer une réalité - tant au niveau de ces parcours d'installation que des conditions qui poussent ces personnes à partir de leur pays - nuancée et très éloignée des raccourcis politico-médiatiques ? En choisissant de donner la parole à toutes ces femmes et ces hommes, en les écoutant nous raconter « leur histoire », parfois avec amertume, parfois avec enthousiasme, mais toujours avec émotion. À travers ces trente entretiens de longue durée sélectionnés pour leur qualité, leur richesse et leur représentativité, le lecteur découvrira une mosaïque de portraits lui permettant de comprendre « de l'intérieur », cette grande histoire des migrations, passionnante et toujours renouvelée.
La jeunesse marocaine a le droit de savoir. Le Maroc a connu au début des années 1970 des tentatives pour instaurer un régime politique alternatif à l'absolutisme. Brahim Ouchelh, membre actif de l'Union Nationale des Forces Populaires (UNFP) et acteur de ces faits majeurs, livre ici des révélations inédites qui éclairent les pages sombres de l'histoire marocaine. Un combat difficile a été engagé durant les années de plombs. Il y eut des milliers de victimes, des exécutions, de la torture, des prisons, et des bagnes. Dans cet ouvrage, l'auteur souligne l'importance de la mémoire pour comprendre ce qui a été, et pourquoi ce fut entrepris. Après toutes ces larmes et cet espoir, il appelle à la reconnaissance de la pleine citoyenneté pour les Marocains qui méritent une vie politique et sociale, juste et paisible dans un État de droit, ni contesté, ni contestable.
À travers une histoire sociale de l'Association des oulémas musulmans algériens (AOMA), de sa fondation en 1931 à sa réactivation dans les années 1990, ce livre retrace des débats toujours actuels dans l'Algérie contemporaine : la construction de l'État, la définition de l'islam et la place de la langue arabe. Fondé sur des sources en langues arabe et française, et sur un travail de terrain, L'Algérie des oulémas questionne les clichés liés à l'héritage de l'AOMA. Les activités éducatives et religieuses de l'association à la période coloniale, puis son positionnement dans la guerre d'indépendance ont conditionné l'insertion de ses membres dans l'Algérie postcoloniale. Les parcours de ses dirigeants donnent à voir les stratégies mises en oeuvre après la disparition formelle de l'association à l'indépendance. Si certains des cadres de l'AOMA participent au gouvernement du parti unique FLN, travaillent au sein de l'Éducation na tionale ou oeuvrent à construire les bases de l'islam d'É
De la Perse à la République islamique d'Iran Nationalisme fervent, politisation du religieux, modernisation de la société, économie en crise, tensions régionales... La République islamique d'Iran ne cesse d'évoluer et d'étendre son influence au Moyen-Orient. En abordant successivement les aspects historiques, politiques, internationaux, économiques et sociétaux de l'Iran, cet essai accessible et vivant donne des clés de lecture pour aborder ce pays, non seulement à travers sa profondeur historique, mais aussi à travers ses paradoxes contemporains. Ainsi, il nous permet de mieux saisir son positionnement actuel sur la scène internationale, caractérisé notamment par une oscillation entre idéologie et pragmatisme, mais aussi de mieux comprendre les défis internes de l'Iran, liés à la nécessité de répondre aux aspirations d'une société en pleine transformation.
Centralisation du pouvoir, restructuration économique, construction d'une nation, marginalisation du salafisme, émergence d'une société prenant le chemin de la sécularisation... Derrière sa façade immobile, l'Arabie saoudite a entamé une révolution silencieuse dont on a mal pris la mesure. En abordant successivement les aspects politiques, économiques, sociaux et diplomatiques de l'Arabie saoudite, cet ouvrage décrypte l'évolution d'un pays dont la stabilité politique fait exception dans une région troublée. On comprend à sa lecture combien anachroniques deviennent les clichés d'obscurantisme wahhabite ou de pays de l'or noir associés à l'Arabie saoudite, à l'heure où ses habitants tournent leurs regards vers la mer Rouge pour renouer avec leur tradition d'ouverture. Des cartes, des schémas et des tableaux viennent illustrer le propos.
Polarisation politique, manquements démocratiques, turbulences économiques, crispations identitaires, question kurde, blocage européen... La Turquie se trouve régulièrement au centre de l'actualité internationale et fait fréquemment l'objet de jugements à l'emporte-pièce. En abordant successivement les aspects politiques, économiques, sociétaux et internationaux de la Turquie, cet ouvrage précis et didactique fournit des clés de lecture pour découvrir et comprendre ce pays qui résiste décidément aux analyses binaires. Loin des clichés et des préjugés, il propose des pistes d'analyse pour explorer la profondeur historique et les paradoxes contemporains de la Turquie sans esquiver ses contradictions et ses défis. Des cartes, des schémas et des tableaux viennent illustrer le propos.
Kirkouk, dans le nord de l'Irak, est l'une des provinces les plus touchées par la violence politique. Les conflits s'y superposent depuis plusieurs décennies : mobilisations sociales, guerre entre partis kurdes et État central, lutte d'influence entre les puissances régionales, insurrection arabe sunnite et montée en puissance des milices chiites. Kirkouk constitue donc un point d'observation privilégié des dynamiques politiques qui travaillent la société irakienne. En particulier, les partis - ethno-nationalistes ou religieux - sont à la fois producteurs de violence et intermédiaires obligés entre la population et les institutions étatiques, qui restent l'enjeu majeur des affrontements. Ils mettent en oeuvre des politiques d'ingénierie démographique et imposent de nouvelles hiérarchies identitaires. La guerre contre l' État islamique, à partir de juin 2014, radicalisera leurs projets et conduira, paradoxalement, à un retour de l'État par le biais des milices chiites. Fruit de plusieurs années de recherche sur le terrain, ce livre dépasse les lectures communautaristes ou géopolitiques du conflit irakien qui tendent aujourd'hui à prévaloir. Il apporte ainsi une contribution originale au débat sur le rôle de la guerre dans la formation de l'État.
Au cœur de l’Empire ottoman, découvrez comment des milliers de jeunes garçons, arrachés à leurs familles, sont devenus les esclaves du sultan — une élite militaire et administrative qui a façonné l’histoire.
Byzance, IXe–XIIIe siècle : comment les empereurs et les moines ont façonné ensemble un nouveau modèle de pouvoir, entre spiritualité et stratégie politique. Une plongée inédite dans les coulisses de l’Empire byzantin.
Durant l'été 1987, près de quarante ans après la fondation de l'Etat d'Israël, deux géants du judaïsme français, Léon Askénazi et André Chouraqui eurent des entretiens à Jérusalem sur le destin de leur peuple, du sionisme et de leur religion. Trente ans plus tard, ce document unique est rendu accessible pour la première fois au public, présenté et annoté par l'historien des idées Denis Charbit.Dans son essai introductif, celui-ci décrit le contexte intellectuel et politique dans lequel eurent lieu ces conversations amicales. André Chouraqui (1917-2007), traducteur de la Bible hébraïque, des Evangiles et du Coran, prophète inlassable du dialogue entre les trois monothéismes abrahamiques, était a priori bien différent du maître talmudique visionnaire que fut Léon Askénazi (1922-1996), connu de plusieurs générations d'élèves sous le surnom qu'il avait gardé du scoutisme : « Manitou ». Mais les deux hommes étaient tous deux issus du judaïsme algérien, tous deux avaient été formés dans l'esprit républicain français, tous deux avaient fait ensuite leur alya et ils étaient animés d'une commune ferveur sioniste. Sur quels fondements judaïques une telle ferveur s'appuyait-elle, comment chacun des deux interlocuteurs faisait-il le lien entre les dimensions spirituelle et temporelle, quelles conséquences politiques en tirait-il ? Avec trente ans de recul, le lecteur d'aujourd'hui peut relire ces échanges passionnés et passionnants à la lumière de l'Histoire.
La Tunisie, à l'origine de ce qui a été désigné comme les « printemps arabes », a inventé un type de révolution sans équivalent dans l'histoire. Qu'est-ce, en effet, que cette révolution qui n'est ni idéologique ni partisane ? Pourquoi rappeler l'ancienne garde pour assurer la relève ? Dans ce livre, Yadh Ben Achour - alors à la tête de la Haute Instance pour la transition démocratique - fait le bilan théorique et pratique du moment révolutionnaire. Les différentes étapes, le contexte sociologique, culturel, les acteurs impliqués, les retours en arrière : l'auteur suit pas à pas et sans concession l'histoire en train de s'écrire. Il démontre la portée de ce soulèvement, et l'importance du droit face à toutes les idéologies.
Kenza Sefrioui retrace dans cet ouvrage l'aventure unique de la revue marocaine, Souffles. Sa recherche considérable, qui aura mûri 10 ans, est complétée par une série d'entretiens avec les principaux acteurs de la revue mythique. Au cours de ses sept années d'existence, Souffles a joué un rôle de passerelle entre poètes, peintres, universitaires, ou encore cinéastes. Elle fut la scène sur laquelle ils menèrent leur action culturelle et à travers elle, leur action politique. « Le magnifique travail de Kenza Sefrioui, [...] est une victoire de l'intelligence, de la mémoire et une arme contre le désespoir » (Abdellatif Laâbi). C'est bien aux problématiques de la mémoire, de l'archive et de la transmission entre générations que cet essai de référence répond, en permettant de replonger dans un passé riche d'expériences novatrices et d'aventures humaines. Prix Grand Atlas 2013 - Préface d'Abdellatif Laâbi
L'histoire des Juifs d'Algérie a fait l'objet de nombreuses publications, souvent fondées sur des enquêtes orales dans une perspective mémorielle, mettant en lumière certains aspects du mode de vie de cette population. L'originalité de cet ouvrage réside dans l'exploitation de sources primaires, principalement les registres de conscription militaire et l'état civil. Il reconstitue le parcours de vie d'hommes appartenant à plusieurs générations nées entre le milieu du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Cette démarche met en évidence à la fois des caractéristiques communes et la diversité des trajectoires individuelles. Elle permet aussi de saisir les évolutions d'une génération à l'autre : les plus anciens, nés en 1858, sont venus au monde sous le statut d'« indigènes », tandis que ceux nés en 1901 étaient citoyens français et ont connu l'exil. Selon leur génération, ces hommes ont vécu différemment les grands bouleversements politiques et militaires, des deux guerres mondiales à l'indépendance de l'Algérie.
La Turquie est devenue un acteur clé des relations internationales contemporaines avec un positionnement parfois paradoxal entre Occident et Orient, entre modernité et archaïsme, entre laïcité et islamisme. Pour bien la comprendre, il est essentiel de connaître son histoire. Dès 1923, Atatürk et ses partisans fondent la République de Turquie, animés par une idéologie nationaliste unificatrice en rupture avec l'héritage ottoman. Afin de moderniser la société turque, ils mettent en place des réformes qui devront faire face à la résistance des masses conservatrices, encore attachées aux traditions et valeurs du passé. Dans ce climat de tension, entre modernité et héritage, Tayyip Erdogan s'impose sur la scène politique et renoue avec les partis traditionalistes. C'est au coeur de cette histoire riche, complexe et pleine de défis politiques que la République turque va se construire et fonder son identité. À l'occasion du centenaire de la République, ce livre se penche sur les paradoxes de la société turque avec une approche fouillée et didactique. Il se découpe en cinq parties : Politique, Société et Islam, Économie et crime organisé, Relations internationales et enfin Forces armées, services secrets et milices.