La paix et la joie de vivre n’étaient pas au programme lors de la lecture de La Porcelaine de Chine au studio du Théâtre français. En effet, l’œuvre de la Congolaise Marie-Léontine Tsibinda ne semble pas être de prime abord une ode aux relations hommes-femmes, mais plutôt un regard acerbe sur la guerre civile du 5 juin, qui martyrisa le pays pendant près de cinq mois. Aussi noire que la trame puisse paraître, elle se veut également optimiste sur certains aspects et montre l’importance d’intermédiaires bienveillants.
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La porcelaine de Chine
Plongez dans La porcelaine de Chine, une pièce de théâtre poignante où Marie-Léontine Tsibinda explore la fragilité des vies brisées par la guerre et la résilience des femmes.
Tu peux l'avouer à qui tu veux dans la langue que tu veux. Il ne faut pas être un devin pour voir que le résultat n'est pas bien brillant. Tant pis, la comédie a assez duré. Tu auras des retenues dès ton premier salaire. Regarde-moi ça : quel gâchis! Mes assiettes et quelles assiettes! Ma porcelaine de Chine. Pour l'avoir à moi, il m'a fallu casquer plus que les autres clientes à toi (elle bégaie et lui met les débris sous le nez), tu la mets en miettes depuis que tu es en service. A ce rythme (avec insistance), tout ton salaire va y passer.
Maya, bien embarrassée
Je voulais juste la faire briller comme le soleil levant. (Hésitante.) Ah, madame, mes sens ne m'obéissent plus. (Elle regarde ses mains qui tremblent, tient sa tête pour constater qu'elle est bien en place.) Dans ma tête, des coups de canon, des bombardements et autres bruits terrifiants, madame ; vous me comprenez, madame? Madame a vécu la guerre, madame comprend aussi?
shield_question Frequently Asked Questions
person_edit À propos de l'auteur
Marie-Léontine Tsibinda, née en 1958 au Congo-Brazzaville, est une figure majeure de la littérature congolaise. Poétesse, nouvelliste, dramaturge et comédienne, elle s’est d’abord illustrée comme la première poétesse du Congo-Brazzaville, avant de se consacrer au théâtre, son « premier amour littéraire ». Son œuvre, marquée par l’exil et l’engagement, explore les thèmes de la guerre civile, de la condition féminine et de la résilience. Elle a été récompensée par le Prix national de poésie en 1981 et le Prix UNESCO-Aschberg en 1996 pour sa nouvelle Les Pagnes mouillés.
newsmode Revue de presse
On se délecte de l’écriture de Marie-Léontine Tsibinda, qui joue sur la polysémie des mots, établit des comparaisons subtiles, emmenant le lecteur d’un terrain à un autre. Le théâtre constitue donc, en quelque sorte, son premier amour littéraire, et l’on sait combien le premier amour marque une existence. C’est ce plat garni d’un optimisme modéré que Marie-Léontine Tsibinda-Bilombo nous sert ici, sans excès de sel ni de pili-pili (piment) dans ce qui reste de la porcelaine de Chine.
Marie-Léontine Tsibinda, s'est fait connaître dans son pays grâce à la poésie, devenant la première poétesse du Congo-Brazzaville. Aujourd’hui, c’est au sein des auteurs de la rentrée littéraire 2013 canadienne qu’elle figure, avec sa deuxième pièce de théâtre : La porcelaine de Chine, une œuvre qui interroge la fragilité des vies et des objets face à la violence de l’histoire.
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