Biographies
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1519 : un Portugais nommé Magellan, banni par son roi, persuade Charles Quint de financer une expédition folle. Son objectif ? Trouver un passage vers l’ouest et prouver que la Terre est ronde. Trois ans plus tard, un seul navire rentre à Séville.
Combien avait-elle dû se battre, Jeanne Chauvin, avant de pouvoir enfin prêter serment, trois ans après avoir essuyé un humiliant refus, alors qu'elle était pourtant munie de tous les diplômes nécessaires !Le présent ouvrage retrace la vie de cette femme digne et résolue, ses combats, son humanité, ses espoirs. Il ressuscite une Jeanne plus intime, avec ses passions, sa sensibilité, et évoque la condition féminine à l'orée du XXe siècle. Michèle Dassas s'est spécialisée dans les destins de femmes remarquables et méconnues de la fin XIXe et du début du XXe siècle, notamment : À la lumière de Renoir, prix Charles Oulmont de la Fondation de France 2020 et Augustine Tuillerie, prix de l'Académie du Maine 2023.
Découvrez l’homme derrière le mythe : cette biographie inédite révèle la vie secrète de Bram Stoker, créateur de Dracula, et son influence sur la culture moderne. Un voyage captivant entre littérature, théâtre et occultisme victorien.
CHEF PEPER, aujourd'hui connu comme le premier influenceur militaire, cumulant plus de sept millions d'abonnés sur ses réseaux, nous livre le témoignage de son parcours de militaire, de père de famille et d'influenceur. PEPER, c'est avant tout dix-huit ans en compagnie de combat au 2e régiment d'Infanterie de Marine (2e RIMa). Il décrit l'identité forte des " marsouins " et plusieurs missions à l'étranger en zone de guerre, sous le feu de l'ennemi. PEPER, c'est aussi l'histoire d'un couple et d'une famille qui a su s'adapter aux impératifs de la vie de soldat, partant même plusieurs années ensemble dans la forêt guyanaise. Et PEPER, c'est désormais le militaire le plus célèbre d'Internet. Avec sa famille, il est bien connu pour ses vidéos humoristiques, souvent réalistes et toujours bienveillantes. Un livre unique et attendu. Celui d'un soldat, d'un père de famille et d'un influenceur pas comme les autres !
Découvrez l'itinéraire intellectuel et politique de Robert Badinter, figure majeure de la justice française, à travers une analyse inédite de ses écrits, de ses combats et de ses contradictions.
Et si la Modernité n’était qu’un mythe fondateur ? Wiktor Stoczkowski déconstruit, avec rigueur et audace, le récit des sciences sociales et révèle les illusions de notre époque.
1917, Pétrograd : une jeune étudiante juive vit la Révolution russe de l’intérieur. Des décennies plus tard, Nina Gourfinkel en tire une biographie de Lénine aussi vivante que nuancée.
Découvrez Mémoires de Somerset Maugham, une plongée intime dans l’esprit d’un des plus grands écrivains du XXe siècle.
Un magnifique portrait de femme quinqua en quête d'elle-même et de sa liberté. La vie d'Adèle Carlier, 52 ans, lui échappe peu à peu : ses enfants quittent le nid, sa mère se fane tout comme sa carrière, et son mari continue à tracer sa route, négligeant ses états d'âme. Adèle se sent vieillir, devenir transparente et inutile. Des bouffées de chaleur aux publicités ciblant la femme quinqua, tout le lui rappelle. Qui est-elle vraiment, hors de sa tribu ? Un matin, lassée d'attendre son homme toujours en retard, elle prend seule l'avion à destination de Lyon. Envolée sur un coup de tête pour s'affranchir du monde, Adèle en découvrira un autre sur le chemin qui la mènera jusqu'en Espagne, composé de personnalités égarées, chacune dans sa propre quête de sens. Jusqu'où Adèle devra-t-elle transgresser ses principes pour apprivoiser sa propre liberté, à l'automne de la vie ? À moins qu'il ne s'agisse d'un second printemps... À PROPOS DE L'AUTRICE Femme par délicatesse, autrice par instinct, maman par amour, ingénieure commerciale de formation, Isabelle Bary a écrit une dizaine de romans dont "Zebraska", mettant à l'honneur des héros hypersensibles. Elle anime également des conférences et des ateliers d'écriture créative.
Narendra Modi, ancien vendeur de thé devenu Premier ministre de l’Inde, dirige depuis dix ans la troisième économie mondiale.
Stefan Zweig, génie de la nouvelle psychologique (Amok, 1922 ; Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme, 1925 ; Le Joueur d'échecs, 1942, etc...) est entré tôt en dialogue avec le fondateur de la psychanalyse. Dans l'essai qu'il lui consacre en 1931, il trace de lui un portrait particulièrement vivant. Nourri des multiples entretiens qu'eurent les deux hommes, ce texte s'enracine dans la « conception intuitive » qu'avait Zweig de cette nouvelle discipline. L'auteur du Monde d'hier ne fut pas un freudien « de stricte observance ». À l'instar de Freud lui-même, il craignait l'utilisation de la méthode par des « mains maladroites ». Mais surtout l'hommage sincère qu'il rend à une figure à ses yeux incomparable allait de pair avec une prise de distance sur des points importants. Les impulsions reçues comme les convergences mises au jour se doublent ainsi du souci de sauvegarder l'autonomie de sa vision et celle de la création littéraire. À bonne distance des thuriféraires et des renégats, Zweig nous a laissé une présentation exceptionnelle de l'homme Freud, des grands motifs, révolutionnaires, qui structurent ses écrits, de l'évolution de son oeuvre, de Vienne à l'exil londonien.
Budapest, 1944. Giorgio Perlasca, ancien fasciste italien, sauve plus de 5 000 Juifs de la déportation en falsifiant des papiers espagnols. Un récit bouleversant sur la transformation d’un homme ordinaire en héros, face à l’horreur nazie.
1945, Brésil : un enfant pauvre devient l’un des hommes politiques les plus influents du monde. Lula : de la lutte syndicale au combat politique retrace l’ascension fulgurante de Luiz Inácio Lula da Silva, ouvrier devenu président.
Biographie d'une intellectuelle et vision de l'histoire tchécoslovaque Milena n'était pas de ces gens qui tiennent une autorité quelle qu'elle soit pour absolue. Personne ne pouvait la forcer à écrire ou à parler contre ses convictions, dans quelque intérêt que ce fût, sous couvert de la discipline du Parti ou d' autre chose. Jana Cerná Jana Cerná était encore une petite fille lorsqu'elle vit pour la dernière fois sa mère, Milena Jesenská, dans les couloirs de la prison de la Gestapo à Prague. Depuis sa mort à Ravensbru¨ck en 1944, la journaliste Milena Jesenská n'a cessé de hanter l'opinion publique de son pays : exprimant ouvertement des prises de position antistaliniennes et antifascistes, elle est une des personnalités les plus remarquables de la société intellectuelle tchèque d'entre-deux-guerres. La publication des Lettres à Milena de Kafka révèle au monde celle qui fut aussi sa première traductrice. En 1955, l'Institut Yad Vashem de Jérusalem lui décerna en hommage posthume le titre de « Juste parmi les Nations ». Jana Cerná retrace la vie de sa mère à partir de ses propres souvenirs, de témoignages récoltés, de correspondances et d'articles. Frappé d'interdit à sa sortie en 1969 en Tchécoslovaquie, Vie de Milena restitue une image personnelle et intime de Milena Jesenská et s'avère également un passionnant document historique. Plongez-vous dans la vie d'une femme à contre-courant ! EXTRAIT Dès les premiers temps, Milena reconnaît la valeur littéraire de Kafka. La mesurant très tôt, elle agit en conséquence : elle s' intéresse à ses oeuvres et entreprend leur traduction. Elle sent également qu'il possède une sorte de grandeur dont elle a l'intuition dès les premières lettres. Mais c'est une grandeur tellement particulière, tellement différente de son propre naturel à elle, qu'elle en éprouve comme une angoisse. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Jana Cerná, que sa mère et ses proches (Egon Bondy, Bohumil Hrabal et bien d'autres) appelaient Honza, offre aux lecteurs un document passionnant, extrêmement fouillé et sensible. - Jacques Josse, remue.net Cette biographie vaut bien des romans, mais elle conserve sur ces derniers l'avantage d'avoir été vécue. Et puisque nous avons le désir de vouloir surprendre les hommes et les femmes dans leur vie intérieure profonde, faisons bon accueil à ce livre dont l'auteur a l'art d'aiguiser le tranchant des ses idées. L'art d'écrire en somme. - La Marseillaise À PROPOS DES AUTEURS Jana Cerná naît à Prague en 1928, de l'architecte avant-gardiste J. Krejcar et de Milena Jesenská, la célèbre Milena de Kafka, journaliste et résistante. Confiée à son grand-père à la mort de ses parents, Jana Cerná a suivi des études artistiques. Personnage fantasque à l'existence rocambolesque, elle est l'une des personnalités marquantes de la dissidence tchécoslovaque. Elle meurt en 1981 dans un accident de la route. Barbora Faure est née à Prague où elle a passé son enfance avant de vivre en France. Passionnée par la littérature de la dissidence tchèque, elle se lance dans la traduction dès 1968, d'abord d'ouvrages de vulgarisation naturaliste, puis d'oeuvres littéraires.
Extraites du volumineux journal de celui qui partagea la vie de Virginia Woolf de 1912 à 1941, les pages de ce livre jettent une lumière inédite autant que passionnante sur la personnalité de cette immense figure de la littérature anglaise du XXe siècle. Esprit fort et lucide, Leonard diagnostiqua très tôt la psychose maniaco-dépressive de son épouse et les pulsions suicidaires qui s'ensuivirent. « Sans lui, a dit son neveu Cecil Woolf, Virginia n'aurait pas vécu assez longtemps pour écrire ses chefs d'oeuvre. » Les révélations de Leonard Woolf sur les instants de vie douloureux partagés avec Virginia dont il évoque la violence, l'anorexie comme les basculements vers la folie font de ce livre un texte essentiel pour tous les admirateurs de Virginia. Juif athée assumé, Leonard Woolf (1880-1969) est l'auteur d'une oeuvre substantielle. Outre les 5 volumes de son Journal, on lui doit notamment le roman Le village dans la jungle, oeuvre anticolonialiste, et quantité d'essais où il se révèle comme un grand penseur politique (il fut secrétaire du parti travailliste). Co-fondateur avec notamment Roger Fry, Duncan et Vanessa Bell, E. M. Forster, Lytton Strachey, John Maynard Keynes et Virginia du mouvement d'avant-garde Bloomsbury, il devait créer en 1917 la maison d'édition The Hogarth Press dont il assura la direction jusqu'à sa mort. Il y fit paraître tous les livres de son épouse.
Derrière le mythe du vampire se cache un homme de chair et de sang : Vlad III, prince de Valachie au XVe siècle. Michèle Barbier lève le voile sur la véritable histoire de Dracula, entre guerre, propagande et légende noire.
Au cœur des Landes, une bergerie en ruine devient le théâtre caché de l’Histoire. Latche, la maison des secrets révèle comment François Mitterrand y a tissé sa légende, entre intimité familiale.
Découvrez le destin tragique de Marie-Antoinette, reine de France, à travers le regard perçant de Stefan Zweig.
117 jours en mer, un budget dérisoire, une équipe de bénévoles : découvrez comment Denis Van Weynbergh est devenu le premier Belge à boucler le Vendée Globe.
Toscane, été 1964. Paul, père de famille français en vacances, voit sa vie basculer en quelques jours. Soixante ans plus tard, son petit-fils, écrivain, part sur les traces de ce secret enfoui.
« Il est cinq heures, le cours est terminé » sont les dernières paroles prêtées à Henri Bergson sur son lit de mort début janvier 1941 à Paris. Avec Bergson disparaissait « le dernier grand nom de l'intelligence européenne » (Paul Valéry). Né au milieu du siècle précédent, Bergson avait suivi un itinéraire à nul autre pareil qui le conduisit des salles obscures d'une pension israélite à Paris où ses parents l'avaient abandonné enfant, aux cimes éblouissantes de l'École normale supérieure, de l'agrégation de philosophie, du Collège de France, de l'Académie française et du Prix Nobel de ittérature, en laissant derrière lui une oeuvre magistrale nimbée, comme d'une poussière d'étoiles, d'honneurs, de distinctions, de récompenses et de titres. Ascension vertigineuse, qui porta Bergson à l'apogée de la gloire et même de cette « rallonge bizarre de la gloire qu'est la légende » (Thibaudet), mais qui s'acheva dans la désolation d'une nuit d'hiver où la France qu'il chérissait tant, s'enfonçait dans la honte de la collaboration et de la persécution des Juifs dont il ne voulut pas se désolidariser en renonçant à une conversion catholique annoncée. Plus de quatre-vingts ans après sa disparition, la figure de Bergson s'est estompée comme sur ces vieilles photographies qui avec le temps ne laissent voir que des silhouettes fantomatiques. Il est cinq heures, le cours est terminé veut replacer dans la lumière celui que Raymond Aron sacrait « le plus français des philosophes ».
Si parmi les pyrénéistes il en est un dont le nom est étroitement associé aux Pyrénées, c'est bien celui du comte Henry Russell. Quelles relations privilégiées a-t-il nouées avec ces monts pour que sa statue se dresse à l'entrée du village de Gavarnie, et à Lourdes dans le jardin du château ? Pour qu'un pic, un refuge, des rues portent son nom ? Pour qu'un siècle plus tard, ses Souvenirs d'un montagnard soient toujours réédités ? Comment le Roi du Vignemale est il devenu un être de légende ?
Découvrez l’histoire secrète de la famille Halliday, entre Belgique, Allemagne, Éthiopie et États-Unis, révélée pour la première fois par Carol-Makéda Ketcham.
Découvrez la biographie de référence de Talleyrand, l’homme qui a traversé la Révolution, l’Empire et la Restauration sans jamais perdre son influence.
Découvrez la biographie de référence de Talleyrand, l’homme politique le plus influent de son époque, à travers l’œuvre majeure de Georges Lacour-Gayet.
Sélection Grand Prix des lectrices ELLE 2023 « Lauren Hough a passé du temps dans le caniveau, à observer les étoiles avec une intensité que la plupart d'entre nous ne sauraient imaginer. » Cate Blanchett Née et élevée dans la secte Les Enfants de Dieu, Lauren Hough est trimballée avec sa famille d'un continent à l'autre, vit dans des foyers surpeuplés et connaît la pauvreté. Les enfants subissent notamment de nombreux abus sexuels lors de « nuits de partage » avec des adultes. À l'âge de 15 ans, Lauren quitte la secte avec sa mère et son frère pour aller vivre chez sa grand-mère au Texas. Pour satisfaire son goût du voyage, elle s'engage dans l'armée qu'elle devra quitter en raison de son homosexualité, puis part pour Washington où elle enchaîne les petits boulots : barista, videuse dans un bar gay et technicienne d'installation de réseaux câblés. Dans ce récit d'apprentissage passionnant, à l'humour féroce, le lecteur suit Lauren Hough qui passe de l'illusion de confort et de sécurité procurée par l'appartenance à une communauté, à la paix intérieure qui s'installe dès que sa liberté de penser se fait jour. Galvanisant !
1829, Bavière. Un jeune homme juif fuit la misère et invente, sans le savoir, le vêtement le plus porté au monde. Il était une fois Levi Strauss raconte comment une toile de tente est devenue le blue-jean, symbole de liberté et de résistance.
Le Fouché (1929) de Stefan Zweig occupe une place à part dans la série des Vies. L'ouvrage a pour cadre la France de la Révolution et de l'Empire. L'existence de celui qui fut associé à la Terreur, au règne napoléonien et à la Restauration comme « massacreur » et policier impitoyable n'est comparable à aucune autre. À bonne distance de la perspective universitaire illustrée par Louis Madelin (1901), Zweig s'est attaché à retracer la genèse psychologique d'une personnalité dont la cuirasse construite dans les épreuves et les humiliations fait obstacle à tout sentiment de sympathie de la part du lecteur. Chronologique, le récit est découpé en une suite de neuf chapitres. Son trait spécifique est une exceptionnelle intensité dramatique. Les face-à-face de Fouché avec Robespierre jusqu'à Thermidor puis avec un Napoléon dérivant vers la tyrannie avant d'être entraîné dans une chute inexorable, théâtralisent les moments clés d'une histoire aux retournements inattendus. Ces instants où opportunisme, conquête et volonté de conservation amorales du pouvoir se mêlent inexorablement, sont, aux yeux de Zweig, l'image désespérante du temps présent.
Dans cette biographie magnifiquement écrite, Alison Weir nous brosse le portrait vibrant de l'une des femmes les plus célèbres de l'histoire, qui fut deux fois reine et à la tête de l'un des plus grands empires du Moyen Âge : Aliénor d'Aquitaine. Si Aliénor d'Aquitaine fut l'une des personnalités les plus importantes du Moyen Âge, elle fut aussi l'une des plus controversées. À une époque où le rôle social et politique des femmes restait insignifiant, Aliénor, ambitieuse et déterminée, imposait ses décisions, gagnant le plus souvent le respect des hommes. Deux fois reine, épouse de Louis VII de France, puis d'Henri II d'Angleterre, elle donna naissance à deux rois, dont le fameux Richard Coeur de Lion.Depuis huit siècles, cette figure féminine, complexe et d'une extrême originalité exerce une fascination sur le public et les romanciers. Mais la légende, qui, aujourd'hui encore, s'attache à son nom continue d'obscurcir la vérité. En étoffant son récit d'une foule d'anecdotes et de traits de son temps, qui révèlent une époque mêlant magnificence, intrigues et violence, Alison Weir signe une biographie vivante, bénéficiant de perspectives très innovantes, et parfois provocantes ; elle restitue cette femme vraiment hors du commun avec toute la richesse de ses contradictions. « Une biographie d'exception ; aussi riche qu'instructive ! » The Times
Marie-Hélène Lafon est issue d'une famille d'agriculteurs du Cantal. Professeure de Lettres à Paris, elle est demeurée viscéralement attachée à sa terre natale et à ses habitants, qu'elle s'emploie à faire revivre au fil d'une oeuvre singulière. Ses romans, suivis par un lectorat fidèle, ont été récompensés par des prix littéraires, depuis le premier, Le soir du chien (2001, Prix Renaudot des lycéens) jusqu'au plus récent, Histoire du fils (2020, Prix Renaudot). L'ensemble forme une suite, une sorte de fugue dont les variations éclairent les rapports familiaux dans un monde paysan menacé de disparition. Par une écriture précise, incarnée et imagée, parfois teintée d'humour, la romancière excelle à évoquer les sensations liées au pays, à rendre corps et voix à ces derniers Indiens. Mais la dimension sociologique, ethnologique même, de l'oeuvre, le cède à l'universalité de grands thèmes humains portés par un imaginaire puissant : le cycle de la vie et de la mort, la perte et la mémoire.
Face aux périls du temps des dictatures, Zweig fait d'Érasme son modèle. L'amour des lettres et de l'art, le commerce civil des esprits, le dialogue persévérant dessinent l'espace d'une tolérance où inscrire idéalement le présent. Le moderne qu'est Zweig met à contribution la psychologie de même que l'anatomie et la généalogie des systèmes. Identifiant dans la théocratie instaurée par Calvin à Genève la matrice des totalitarismes - la Terreur, le communisme soviétique, la dictature raciste -, il défend avec véhémence les valeurs morales. La plume sera sa seule arme. Refusant, ce qu'on lui reprocha vivement, l'engagement militant, il fuit l'Allemagne puis l'Europe avant de se donner la mort au Brésil. Pour lui cependant, le cours des choses n'est pas déterminé une fois pour toutes. Il est fait de retournements inattendus.
Une lecture de vacances, au hasard d'un séjour à Bath, change la destinée de David Ricardo (1772-1823) : la découverte des Recherches sur les causes et la nature de la richesse des nations d'Adam Smith, le conduira à refonder, en quelques années, l'économie politique. Nombreux sont ceux qui ont construit leur oeuvre en réponse à ses Principes ou en rupture avec eux : de Malthus, qui fut son meilleur ami et son plus fidèle adversaire, à Marx ou Keynes des années plus tard. Après Trafalgar et Waterloo, dans le décor d'une Angleterre qui est celle des gentilshommes campagnards de Jane Austen, mais aussi des ateliers de Manchester, tous les conflits sont loin d'être résolus : rentiers du sol contre industriels, ouvriers contre patrons, fermiers contre propriétaires... Ricardo est le premier à scruter les contradictions, mais aussi les espérances d'une société capitaliste. C'est le propre des classiques d'être toujours actuels, même deux cents ans après leur mort. L'armature forgée par ce prince de l'économie permet encore de poser, en toute objectivité, les termes des débats les plus biaisés en apparence. Quelle est la nature de l'opposition entre capital et travail ? Le libre-échange donne-t-il la clé de la prospérité ? Faut-il faire travailler l'homme ou la machine ? À quand la décroissance ? Ricardo élargit dramatiquement le diamètre du cercle de la raison économique : certaines réponses qu'il suggère risquent de vous surprendre.